25/06/2009

Kiwis is two

Pour les deux ans de notre petit réseau de blogueurs fréquentables, nous avons une nouvelle fois fait les petits fous, et nous sommes répartis les blogs des uns et des autres comme autant de terrains de jeu. A vous de deviner qui a fait mumuse ici...

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Il est mignon, il a deux ans le kiwi ! Pour marquer cette occasion, nous avons souhaité inscrire les blogs membres dans une démarche commune, comme nous avions pu le faire déjà l’an passé.

Cette année, nous avons échangé nos plumes, et c’est une nouvelle fois, à vous, lecteurs, de deviner qui est qui. Le destin l’a donc souhaité, je suis tombé sur le blog notes le plus célèbre de Boulogne Billancourt, celui de Pierre Catalan. Paradoxe, alors que nous devons, cette année, critiquer notre blog hôte, je tombe sur Pierre, seul et unique blogueur rencontré dans « la vraie vie », c’était au détour d’une république des blogs dans laquelle j’avais fait un timide passage.

Pierre, c’est d’abord un blogueur qui est à contre-courant des coutumes actuelles de ce gros machin qu’est la blogosphère. Il publie peu, voir très peu lorsqu’il s’agit de parler de la politique intérieure. Sa page est sortie du coma lors des dernières élections européennes. Quelle ne fut pas ma surprise… Il avait encore changé de cheval ! C’est, à mes yeux, une perpétuelle incompréhension. Pierre, je l’ai d’abord connu UMP, puis, en transit vers le Modem avant de terminer sa course, cette année, dans les rangs d’Europe écologie. De là à ce qu’il tracte pour Martine Aubry en 2012, il n’y a qu’un pas !

Le taulier a le droit de changer de chapelle, d’évoluer dans son raisonnement politique mais aussi de choisir, en fonction de chaque scrutin, le parti qui concentre la majorité des concepts qui lui sont chers.

A ce titre les élections européennes furent importantes pour le taulier du blog à la bannière représentant la tour Eiffel, décorée aux couleurs européennes… Nous en avons parlé, il l’a répété dans quelques billets, Pierre a voté Europe écologie car c’était, à ses yeux, le seul parti capable d’offrir à l’entité Europe, un projet politique, économique et social à la hauteur de l’idée qu’il se fait de l’Europe.

Pierre est-il un doux rêveur européen ? Peut-être. En même temps, je serais tenté de dire que l’Europe, à défaut d’être un projet fini, ne cesse de se nourrir de rêves pour avancer. L’Europe a donc besoin de petits Pierre Catalan.

Pierre Catalan et l’Europe, une longue histoire. Dans son attitude envers les autres, Pierre a quelque chose de cette fameuse Europe… Sur quelques thèmes ou discussions, il fait parfois preuve d’une franchise excessive et d’une ouverture d’esprit limitée… notamment lorsqu’il faut donner la parole à des anti-européens.

Au sein du Kiwis, nous en avons un. Le parfait anti-Pierre Catalan. Lui aussi accorde 90% de ses billets à l’Europe, mais pour la critiquer. Pierre ne le supporte pas et n’est quasiment jamais entré en débat avec Edgar. Je le regrette. De toute manière, je ne crois pas que le taulier de ce blog-notes soit un fervent défenseur du débat. A celui-ci, il préfère sûrement l’exposition d’opinions, les siennes de préférence. Il ne s’en cache pas, la preuve ! Il en rit lui-même dans le sous titre de son blog…

Quoi qu’il en soit, et malgré les quelques critiques que Pierre m’inspire, il demeure un des plus brillants blogueurs actifs sur les questions européennes. Pour comprendre les tenants et les aboutissants de ce gros « machin » complexe, il est parfois passionnant de disposer de ses compétences au sein du Kiwis. Merci à lui, et bon anniversaire au Kiwis !

17/06/2009

Les comptes fantastiques de Paulette de la Brosse (épisode 1)

Petite satire reçue par e-mail d'un primesautier citoyen d'une "grande ville d'Île de France, située dans l'Ouest parisien". Je la retranscris ici, ne pouvant m'empêcher de questionner la compétence de l'aréopage de cette grande ville... que je pense reconnaître.

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Le conte se passe dans cette grande banque franco-belge, DEXIA, spécialisée dans le crédit aux collectivités, qui fut si sévèrement touchée par la crise dite des sub-primes, que les états furent contraints de la recapitaliser lourdement pour éviter sa faillite.

DEXIA finance de très nombreuses villes en France, et certains montages fondés sur des variables exotiques ont été durement vécus par certaines d’entre elles, qui tentent désespérément de les renégocier.

Cette grande Ville de l’Ouest parisien, métropole majeure de l’Ile de France, n’a jamais accepté ces offres exotiques et toxiques, seulement des financements aux bases traditionnelles, un peu décalées dans la folie des années précédentes .

Ce jour là, l’adjointe aux finances de cette ville a pris rendez-vous avec le directeur du département Bernard Dupont, pour « étudier tous les prêts en cours ». Auparavant, DEXIA traitait directement avec le maire, et Bernard Dupont se souvient avec quelques frissons de l’ancien ministre qui jonglait avec les taux, le Pibor, la BCE et face à qui il fut de maintes fois en péril, ou de son successeur, haut fonctionnaire des chiffres, qui devait avoir un ordinateur à la place du cerveau tant il calculait vite et sans erreur.

Avec eux pas de fantaisie ou d’exotisme, de la rigueur jusqu’à l’austérité !

Bernard Dupont n’avait jamais encore rencontré la nouvelle adjointe aux finances, Paulette de la Bosse.

Elle se présenta à l’heure, et Bernard Dupont vint l’accueillir pour prendre l’ascenseur qui menait au 37eme étage de le tour, celui des réceptions VIP. Dès entrés dans l’ascenseur, Paulette de la Bosse l’entreprit sur les prêts à taux variables qui constituaient les toxiques tueurs des banques et des collectivités. Bernard Dupont vit là une dure entrée en matière, avec le rappel des turpitudes financières de DEXIA.

Dans le salon de la réunion, Paulette de la Brosse poursuivit sa diatribe contre les prêts à taux variables, assimilés à des variables toxiques, qui portaient en eux des risques mortels ; certains prêts contractés par la Ville étaient à taux variables, il fallait les changer.

Bernard Dupont n’en revenait pas !

Les prêts variables étaient indexés sur le TBB ou le PIBOR, en €uros, à des taux avantageux pour la ville, et l’évolution annoncée de l’inflation et des taux de la BCE permettait d’envisager une baisse réelle de leurs coûts.

Paulette de la Brosse expliqua alors que la Ville était au bord de la faillite à cause de la gestion précédente, et qu’une mise sous tutelle par le Préfet n’était pas à exclure ; dans ces circonstances, la Ville devait se défaire de tous ses prêts à taux variables, toxiques, et leur substituer des prêts à taux fixes que sa compétence de comptable permettait de comprendre et de gérer.

Etouffé de rire intérieur, Bernard Dupont s’excusa quelques minutes pour conter l’histoire à ses collaborateurs.
Décidemment le métier de banquier réservait bien des surprises, pas seulement mauvaises.

C’est ainsi que DEXIA accepta la renégociation des prêts variables en taux fixes, plus chers d’un demi-point.

Après tout, le métier de Bernard Dupont était de vendre de l’argent, dans les meilleures conditions pour sa banque,
pas d’enseigner la finance à une comptable.

16/06/2009

A Boulogne-Billancourt, Europe-Ecologie attise les nuls

C'est dans le Parisien, et les Verts de Boulogne s'en frottent les mains: au vu des 19,43% d'Europe-Ecologie à Boulogne (contre 9% pour le PS), les Verts devraient avoir un siège au Conseil municipal (groupe d'opposition @lternance gauche.verts) et pour cela, un des 5 membres du groupe PS devrait démissionner. Avançons rapidement quelques arguments à ces médiocres Verts.

  1. La victoire d'Europe-Ecologie n'est pas celle des Verts. Europe-Ecologie est un mouvement qui s'étend bien plus loin que le simple parti des Verts. C'est à moitié un parti, à moitié une ONG, en quelques sortes.
  2. Europe-Ecologie a rassemblé sur l'ambition européenne d'une part, sur le développement durable d'autre part, et tout cela dans un cadre de scrutin régional, incarné chez nous par Daniel Cohn-Bendit.
  3. La victoire d'Europe-Ecologie n'est donc pas celle des Verts (qui se placent dans un contexte national), mais bien celle d'une coalition incarnée par des figures qui sont justement tout sauf issues des Verts: Dany Cohn-Bendit, Eva Joly, Sandrine Bélier, José Bové... Où sont les Verts?

Par ailleurs, je trouve fort étonnant que les Verts confondent si allègrement deux scrutins. Cela relève d'une imbécilité profonde, d'une ignorance crasse, ou bien d'une sacrée malhonnêteté intellectuelle.

  1. Les élections municipales ont eu lieu en mars 2008 dans un contexte local, et dans un contexte de rassemblement de partis politiques nationaux dans ce contexte local.
  2. Les élections européennes ont eu lieu en juin 2009, dans le contexte qu'on a vu, et qui n'a rien à voir.
  3. Entre les deux, une grosse crise économique a éclaté. Et on a fait le lien entre crise environnementale, crise alimentaire (ah oui, il y a eu ça aussi, entre 2008 et 2009), et crise économique et financière.
  4. Cela signifie que le sentiment de changement sort des partis: il n'est pas incarné par les Verts, et n'appartient pas aux Verts.
  5. Je remarque d'ailleurs que Cohn-Bendit le dit lui-même: "Europe-Ecologie n'est pas propriétaire de ses électeurs!". Et donc, a fortiori, encore moins les Verts.

 

Enfin, finissons. Ce comportement est un avertissement à mon avis sans frais. Que Europe-Ecologie retombe dans la médiocrité et la soupe politique des petits hommes en manque d'existence, et son mouvement est mort avant même d'avoir vécu.

Que les Verts imaginent une seconde pouvoir capitaliser eux-mêmes sur le résultats de ce rassemblement, dans ce contexte du 7 juin, et il donnera une image tellement vilaine qu'il perdra toute la crédibilité donnée par ces listes qui ont su mettre en avant un projet pour des enjeux qui nous dépassent tout à fait.

Sébastien Scognamiglio et Alain Mathioudakis n'ont qu'à faire comme toute personne censée: entrer dans le mouvement, faire vivre des débats, continuer à élever les citoyens: c'est la condition du succès pour les scrutins à venir (et qui n'ont rien à voir avec les élections européennes).

 

Mais ça, il faut le pouvoir.

 

PS: si je suis le raisonnement de nos amis Verts, Europe-Ecologie a fait un super résultat, donc un membre du PS doit démissionner pour laisser un Vert accéder au Conseil Municipal. Si je prolonge ce raisonnement absurde, je constate que Benoît Hamon a perdu son élection, et qu'en conséquence, c'est un "hamonien" qui doit quitter le groupe PS.  Comble de l'asburdité, la seule représentante de ce courant est Marie-Hélène Vouette (présidente du groupe d'opposition, ndlr). Si le PS accède à la demande des Verts et entre dans leur "logique", qu'il en tire les conséquences, en respectant la-dite logique jusqu'au bout.

08/06/2009

7 enseignements de la campagne européenne en France


1/ La Présidence Française de l’Union européenne n’a eu absolument aucun impact sur la mobilisation des Français aux urnes. L’abstention à frôlé les 60% malgré un deuxième semestre 2008 extrêmement prolixe en communication sur l’Europe.


2/ L’UMP a mobilisé son camp, sans prendre de position trop clivante, à l’exception de l’opposition à l’entrée de la Turquie. Comme le disait Michel Barnier lors d’une sympathique rencontre mercredi soir :  « pourquoi vouliez-vous que l’on parle de fédéralisme ? Nous cherchons à rassembler notre camp ! ».


3/ A l’inverse de l’UMP, on s’est rendu compte de l’extrême volatilité de l’électorat socialiste, qui dispose d’une base électorale très faible. Illustration dans ma ville à Boulogne-Billancourt, où le PS est habitué à des résultats entre 18 et 25%, et qui a fait hier 9% des votes.


4/ Le grand succès de cette élection reste celui de la liste qui a réussi à réunir 2 concepts auacieux : Europe et Ecologie. Et qui a réussi à aller au-delà de la compréhensions désuette et galvaudée de « l’écologie » pour faire passer le message de « l’écologie politique » (avec ses pans environnemental, social, macroéconomique). Un élément important de son très grand succès: Europe-Ecologie est deuxième dans les grandes villes de France: Bordeaux (22,34%), Lyon (23,7%), Paris (27,46%), Marseille (16,3%), Toulouse (22,05%), Nice (15,83%)... Exceptions pour Dijon (19,19% pour EE contre 19,99% pour le PS) et Strasbourg (21% contre 23,36% au PS).


5/ Le MoDem s’est absolument trompé de campagne, et François Bayrou peut le prendre personnellement : mis en avant partout, le leader MoDem a sans doute voulu rejouer la présidentielle. Las, depuis 2007 le nouveau parti démocrate n’a mis en avant absolument aucune tête nouvelle. C’était l’occasion de montrer un parti prolixe grâce à Sylvie Goulard, enivronnemental avec Corine Lepage. Mais elles furent inaudibles, écartées des télévisions au profit des vieux de la vieille : François Bayrou et Marielle de Sarnez. Par ailleurs, le dérapage de l’Arbitre des Elégances Bayrou sur le plateau de « A vous de Juger » lui a fait perdre une grande crédibilité.


6/ Les électorats socialiste et démocrate se sont donc répartis vers Europe-Ecologie, grâce à 3 positionnements principaux :

-    Europe-Ecologie a réussi à ringardiser les partis classiques. L’état d’esprit de gauche étant plus volatile que l’électorat de droite très mobilisé, l’aspect mi-ONG, mi-parti politique a rencontré un grand succès.
-    Europe-Ecologie a réussi à incarner un projet fort autour duquel se rassembler, et l’a bien matérialisé autour de l’étrange tandem Bové/Cohn-Bendit ; si deux personnalités si éloignées pouvaient s’entendre, c’était bien autour d’un contenu fort, et qui nous dépasse.
-    Europe-Ecologie a réussi une campagne positive qui a parlé de grandes ambitions vers lesquelles tendre, et notamment une ambition à l’échelle européenne, sinon mondiale : l’environnement et le changement d’un système qui ne semble plus crédible. Or, selon OpinionWay, 29% des électeurs ont voté en tenant compte de l’environnement, 25% en tenant compte des inégalités.


7/ Les extrêmes n’avancent pas. Avec 6,3% le Front de Gauche fait à peine mieux que les 5,9% du Parti Communiste en 2004. NPA et Lutte Ouvrière cumulent ensemble 5% des votes, contre 2,6% en 2004 mais n’obtient aucun élu. Le FN baisse encore à 6,5% contre 9,8% en 2004. Et Libertas recueille 4,8% des voix contre 8,4% en 2004 (MPF+CPNT).
C’est bien la preuve que l’opinion anti-européenne (et encore, peut-on classer le Front de Gauche là dedans) ne progresse pas, et que la critique systématique (et systémique) radicale envers l’UE ne fait plus recette.

07/06/2009

Blogging Live des résultats

Jules de Diner's Room a organisé une petite République des Blogs spéciale résultats des élections européennes. Me voici donc au Pachyderme, entouré de David, Ronald, Julien, Nicolas, Eolas...

Et ça commence maintenant - 20h04, premières estimations.

 

22h46 - Pendant ce temps-là, à Barcelone, Omar Bongo décédait d'un cancer.

22h41 - Estimations européennes de la BBC: PPE 37%, PSE 22%, Libéraux 10%, Verts 8%

22h34 - Selon la BBC, résultats partiels confirmés pour le Parlement européen: PPE-DE 198 sièges, PSE 123 sièges, ADLE 51 sièges, Verts 40 sièges, Communistes 25 sièges, Souverainistes 20 sièges.

22h27 - Toujours pas de résultats au Royaum-Uni...

22h20 - En République tchèque, pour 23 sièges: 10 pour ODS (droite conservatrice-libérale), 5 pour les Communistes, 3 pour CSSD (sociaux-démocrates), 2 pour les Souverainistes, 2 pour les Chrétiens-démocrates. Les Verts n'ont pour l'instant aucun élu. Les Tchèques seront-ils toujours un wagon en retard sur l'Europe?

22h06 - Cohn-Bendit annonce un groupe des Verts au Parlement européen à 60 députés (contre 42 actuellement)! 14 sièges en France selon OpinionWay.

22h04 - Sondage OpinionWay, PS et Europe-Ecologie au coude à coude à 16% (niveau national).estimations.jpg

22h02 - En Allemagne, CDU 36%, SPD 21%.

21h55 - On me dit qu'en République tchèque, Lukas Macek et son parti SNK-ED font un flop. Tristesse...

21h51 - Il n'en reste pas moins que la plus belle défaite de ce soir reste celle de Sarkozy et de la PFUE sur la motivation européenne des Français: 60% d'abstention après 6 mois d'une telle communication, c'est fort.

21h43 - Le Parti des Pirates (Suède) obtiendrait 2 sièges. Lobbying efficace.

21h40 - Officiel, Hamon n'est pas réélu. Cela fera donc un mauvais député européen de moins. Quid de Stéphane Le Foll dans l'Ouest?

21h34 - 9% des gens ont voté en tenant compte de la sécurité, 29% de l'environnement, 25% des inégalités, 31% de l'action UE face à la crise (source: OpinionWay)

21h33 - A Boulogne-Billancourt, Barnier 45%, Cohn-Bendit 17,7%, Desir 9% (!!!) et Sarnez 4%. Juste incroyable.

21h29 - Bayrou s'exprimera à 22h10. Pétage de plomb avec victimisation et théorie du complot au programme

21h20 - panne de réseau à la République des Blogs. Maintenant que l'élection est passée, Dati fait campagne: "un succès pour le Président de la République". Tssss.

20h51 - On murmure que Hamon (n°3 Ile de France) ne serait pas élu. Le PS à moins de 18%?

20h43 - En République tchèque, les élections ne sont pas à la une des médias... http://www.idnes.cz/

20h42 - Haro sur Martine Aubry de la part des responsables PS. Bartolone: "ce n'est pas une super-woman"

20h35 - le MoDem et Europe-Ecologie ne semblent toujours s'être exprimés... NB: Cohn-Bendit parle de "continuer cette aventure extraordinaire". Bon courage aux stratèges EE pour recadrer le rassemblement dans une logique nationale...

20h32 - François Bayrou aura complètement raté sa campagne. Commencée trop tard, le créneau fédéraliste mangé par Europe-Ecologie, tombé dans la démagogie de l'anti-sarkozysme, et omettant totalement de mettre en avant Sylvie Goulard (Grand-Ouest) et Corine Lepage (Nord-Ouest) sur l'aspect pro-européen et l'aspect environnement.

20h25 - Bonne remarque de Jules: Bayrou a eu bien raison de critiquer les sondages, ils se sont complètement gourrés! Il ne fallait pas le mettre à 14%, mais à 9!

20h22 - Comment évaluer l'impact positif d'un rassemblement comme Europe-Ecologie, mi-ONG / mi-parti politique, sur ces élections si particulières?

20h18 - Paradoxe relevé par Gilles Finchelstein vérifié: alors que l'idéologie sociale-démocrate gagne partout en Europe, ce sont les conservateurs et les libéraux qui arrivent premier de cette élection commune à toute l'Europe.

20h13 - Abstention en Europe: L'Italie passe de 71% de participation en 2004 à tout juste 50% en 2009! La Slovaquie passe de 16% en 2004 à 19% de participation en 2009.

20h12 - Premier enseignement de la campagne: le parti parti du plus loin (Europe-Ecologie, 7% début mai) a réussi la meilleure campagne. Grâce à un discours cohérent et maintenu pendant 3 mois, et un axe de campagne résolument pro-européen, dans l'action, et assumant le fédéralisme.

20h10 - Le MoDem à la ramasse partout. Mes impressions de ces derniers jours sur l'impact de la navrante sortie de Bayrou à "A vous de Juger" semblent se vérifier partout.

20h08 - Flash Sud-est: Françoise Grossetête (UMP) 29%, Michèle Rivasi (Europe-Ecologie) 17% et Vincent Peillon (PS) 15%

20h06 - Manifestement, énorme gamelle nationale du PS et du MoDem. A titre d'exemple, PS à 17% dans le Grand Est, Europe Ecologie 2eme en Sud-Est, MoDem largué dans la plupart des circonscriptions sauf grand Ouest.

 

04/06/2009

Bayrou "trop minable pour être Président de la République"

Je sens (et j'espère) que cette vidéo va poursuivre longtemps François Bayrou.


Tout d'abord pour le mensonge de début de propos: "vous êtes venu déjeuner 3 fois à l'Elysée". Ben oui, Daniel Cohn-Bendit est président de groupe politique au Parlement européen, Nicolas Sarkozy est chef d'Etat et a été 6 mois président en exercice de l'UE pour la France (et s'est à ce titre exprimé 3 fois au Parlement européen), et a donc entretenu des relations politiques avec les responsables du Parlement.

L'une de ces 3 fois était d'ailleurs à la suite d'un débat télévisé public que nous avions organisé pour les 40 ans de l'Université Paris-Dauphine, entre Valéry Giscard d'Estaing et Daniel Cohn-Bendit, le 9 décembre dernier. Dany en partant à 13h de l'Université pestait contre ses futures 20 minutes de retard et s'est méchamment détrempé le soulier gauche dans le caniveau en entrant dans son taxi.

 

Ensuite pour sa réaction sur "l'ignominie". Et je vous laisse l'apprécier.

 

J'ai bien des amis au MoDem. Ils disent "ah, Cohn-Bendit est bien ami avec Sarko", parce que c'est un argument de campagne. Bon... J'aimerais les entendre défendre leur grand guide spirituel et politique sur cette répartie et cette attaque honteuse sur une citation issue d'un bouquin qui a fait l'objet d'une polémique dont on a oublié les bases exactes mais qu'il est si facile de raviver quand on joue sur le lointain souvenir d'un traumatisme médiatique.

C'est petit, c'est petit homme. Du même Bayrou qui, à la fin du débat "A vous de Juger", prétendait être "un Républicain". A la fin d'un débat où d'ailleurs Daniel Cohn-Bendit a quitté ses compagnons de table, lassé par les éructations conjointes de De Villiers, Marine Le Pen et François Bayrou sur les sondages "vendus au pouvoir". Pour rejoindre celle de Mélenchon, Besancenot et Bertrand. Qui furent étonnamment mesurés, et plutôt bons.

Alors, si jamais son ego le laisse faire, François Bayrou s'excusera, lundi par exemple, de ce qu'il a sorti à Cohn-Bendit. Prétextera la fatigue de fin de campagne, peut-être les médias qui les ont monté les uns contre les autres... Mais les nerfs, la fatigue... Cela ne dévoile-t-il pas le fond de vérité d'un personnage?

Quand la confusion et la théorie du complot et de la connivence deviennent système, et qu'il n'y a comme ressource que l'insulte pour les justifier, alors on entre dans une catégorie politique qui ne m'intéresse pas.

Le populisme.

 

L'extrait complet:


03/06/2009

28 panneaux, 13 affiches, 15 erreurs

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N.B cette note, comme la plupart des notes à venir sur ce blog jusqu'au 7 juin, est éditée en primeur sur le blog ouvert par Libération.fr: "Au fil de la campagne européenne". Au fil de cette campagne, des billets de Nick Carraway, d'Eurojunkie, d'Intox 2007, d'Authueil, d'Eric L'Helgoualc'h et d'Alexandre Delaigue.

La démocratie offre plusieurs leviers pour faire valoir son opinion: la gouvernance, le lobbying, les médias, la grève, la liberté d'association... et aussi le vote. Au niveau européen, le lobbying et son usage en gouvernance est presque institutionnalisé: la Commission européenne fait appel à l'ensemble de la société civile concernée par tel ou tel sujet, avant d'élaborer une proposition de texte législatif, ensuite transmis en codécision entre le Conseil des ministres de l'UE et le Parlement européen.

Et puis, il y a les élections européennes. Dont le scrutin est aménagé différemment selon les pays.

Les élections européennes sont en France, les élections les plus ouvertes: il n’est aucune condition particulière interdisant de se présenter. Cela en fait une opportunité pour des lobbies et des micro-phénomènes, au risque de décrédibiliser le scrutin.

En contrepartie d’une déclaration de candidature, l’État met à disposition des candidats un panneau électoral. Le reste des frais est à la charge des listes: collage, impression des bulletins de vote (via la Commission de Propagande)… certains partis vous proposent de télécharger et imprimer vos bulletins vous-même.

A ma connaissance, aucune autre élection, uninominale ou collective, ne fait en France l’objet de tant de libertés. L’application de ces règles électorales est nationale: elle varie en effet en Pologne, en Allemagne, etc.

Les élections de 2009 réunissent en Ile de France, 28 listes. Et parmi elles, on retrouve le Centre National des Indépendants et Paysans, les Royalistes, «Cannabis sans frontières», ou encore «l’Europe du Narghilé» du gros plaisantin Gaspard Delanoë...

Juste devant chez moi, pile devant, j’ai donc 28 panneaux. C’est l’un des seuls endroits de la ville où il y a un panneau par liste: la plupart du temps un gros adhésif noir sépare chaque panneau en deux pour pallier le manque matériel.

28 panneaux, et 13 listes affichées. Ce qui nous fait donc 15 listes qui ne se montrent pas, mais qui participent néanmoins au scrutin. En sont-elles dignes?

C’est une attitude exécrable et l’expression d’une erreur de la démocratie -surtout que ceux qui en font le moins, sont pourtant ceux qui récriminent le plus quant à leur visibilité, pour deux raisons principales: la première tient à l’élection elle-même et à ses implications, la seconde à cause de l’illisibilité du scrutin.

Les élections européennes vont porter au Parlement quelque 736 députés, ce qui veut dire que chacun d’eux représentera environ 700.000 citoyens européens. C’est une échelle incomparable: c’est le plus grand parlement du monde, après celui de l’Inde. Avec cependant cette différence: il est transnational, rassemblant en son sein 27 nationalités aux passés et aux cultures relativement différentes.

Dans ces conditions, peut-on accepter que n’importe qui puisse se présenter aux suffrages des citoyens? Le plus pénible des inconnus peut faire la grosse blague de se présenter pour «L’Europe du Narghilé», et encombrer la visibilité d’un scrutin qui a permis depuis cinq ans, par exemple, de contrôler les substances chimiques dans les produits consommés en Europe, de mener une enquête sur les vols de la CIA sur le territoire européen, de contrôler l’émission de CO2 des voitures, de plafonner le temps de travail dans l’UE…

Trop de démocratie tue la démocratie: ces élections consacrent le «quart d’heure de célébrité» cher à Andy Wahrol. Des partis inexistants comme le CNI (Centre National des Indépendants et Paysans, qui eut son heure de gloire avec Antoine Pinay, il y a 60 ans) osent même revenir à la mémoire oublieuse des citoyens. Pour quoi faire? Pour continuer à exister...

Si c’était pour gagner de l’argent, ça se saurait, puisque (art.8.1 du Memento à usage des candidats): "Aux termes de l’article 18 de la loi du 7 juillet 1977, sont à la charge de l’Etat, pour les listes ayant obtenu au moins 3% des suffrages exprimés, le coût du papier, l’impression des bulletins de vote, affiches et circulaires, ainsi que les frais d’affichage".

C’est donc pour exister, entre 0 et 0,2% des voix.

D’autres listes profitent de ce moment relativement médiatisé, et de cette visibilité auprès des citoyens, pour des opérations de lobbying: c’est le cas de «Cannabis sans frontières» qui milite pour la dépénalisation du cannabis, ou en Suède du «Parti des Pirates» issu du site de téléchargement, «The Pirate Bay», dont les fondateurs ont été condamnés à la prison ferme début 2009 par la justice suédoise.

C’est aussi le cas d’initiatives insupportables, comme celle de Dieudonné et de son acolyte, Alain Soral.

Moment privilégié de lobbying et scène sans équivalent pour venir entendre le chant des cygnes des partis comme le CNI ou les Royalistes, les élections européennes sont complètement noyées sous des candidatures absconses.

Or, ce sont, dans le même temps, des élections difficiles à appréhender: le fonctionnement institutionnel européen n’est que peu semblable à la répartition des pouvoirs que l’on met en œuvre au niveau national et les enjeux et la marge d’action des députés européens sont sensiblement différents de leurs homologues des 27 Etats-membres.

Et l’Europe a besoin de légitimité et de participation des citoyens, qui ont une occasion tous les cinq ans de donner de la voix. Mais, c’est compliqué, c’est à Bruxelles et à Strasbourg que ça se joue, et c’est, de surcroît, une élection qui jouit peu d’un moment démocratique complet, se tenant souvent à la suite ou en même temps qu’une élection nationale (cf. Régionales mars 2004 et Européennes juin 2004 en France), ou bien juste avant (campagne pour les législatives allemandes, après l’été 2009), voire même carrément en plein marasme politique (République tchèque actuelle).

Or, quand la campagne officielle est lancée, que les médias commencent à donner écho aux candidats et à ce qu’ils proposent, pan! Deuxième effet "kiss cool": les 28 panneaux.

28 panneaux, ou comment dissuader n’importe quel hésitant de se plonger dans une élection qu’il trouve déjà trop complexe. Ajoutez à ça les panneaux vides et le look des affiches -notamment la désinvolture affichée de l’UMP vue la piètre qualité de la leur, et ça y est, vous donnez l’impression d’une élection qui ne sert à rien.

En Pologne par exemple, les règles ne sont pas les mêmes. Il n’y a d’ailleurs que 9 listes candidates. Peut-être parce que les Polonais ont retenu la leçon de la démocratie trop ouverte, avec les candidats du «Parti de la Bière» de 1993…

Peut-être faut-il réfléchir à un nombre de parrainages de citoyens à recueillir de la part des candidats, afin de limiter les candidatures farfelues ou indésirables, pour légitimer cette élection aux 28 panneaux...

Parce que, comment veut-on avoir la prétention de représenter 700.000 citoyens européens, si on n’en a même pas une poignée pour coller des affiches?

Il est en tout cas certain que le mode d’élection (et on pourra parler du vote préférentiel développé par Eurojunkie) influe sans doute sur la participation.