23.01.2009
Soldat Barnier...
Nicolas Sarkozy est bien embêté: il n'a aucune figure parisienne de consensus (cf. qui n'ait pas l'image d'un gros traître ou d'un gros parachuté sur un sujet qu'il ne connaît pas) pour mener les Européennes UMP en région parisienne.
Les têtes de liste en régions sont quasiment bouclées, sauf Paris. Rama Yade a lâché l'affaire, pour le plus grand plaisir de votre serviteur. Rachida Dati n'a apparemment pas de résultats probants dans les sondages... donc on opère un glissement: Barnier, qui va globalement gérer la campagne de l'UMP pour l'ensemble des grandes circonscriptions, se présentera à Paris, tandis que (l'extraordinaire) Françoise Grossetête prendra sa place en tête du Sud-est.
J'adore Françoise Grossetête, qui est certainement l'un de nos meilleurs députés européens.
Mauvais côté du deal: la reprise des mauvaises manières chiraquiennes, de cette façon de faire de la politique type années 90, qui consiste à recycler des gros boulets pour les élections européennes: Rachida Dati sera donc en deuxième positions en Ile de France.
Je ne comprends pas toujours la stratégie de Nicolas Sarkozy: il veut politiser l'Europe (et il a raison), il veut politiser la Commission européenne (et il a partiellement raison en voulant y envoyer un politique plutôt qu'un expert), il dit considérer le Parlement européen comme un "modèle de démocratie représentative", où l'on est bousculé, où il y a des débats... Effectivement, pour les chefs d'Etat et de gouvernement qui se succèdent à Strasbourg ou Bruxelles (deux hémicycles du Parlement européen) au début et à la fin de leur présidence de l'UE, l'audition des parlementaires européens est un vrai challenge.
Et, pourtant, il reprend les vieilles recettes pour "recaser" les inutiles dans un placard doré.
Dans la même veine, que penser du retour de Dominique Baudis à la politique? Lui qui a pris la tête de liste sud-ouest à Lamassoure, après avoir été exilé à la présidence de l'Institut du Monde Arabe? Simple constat après des conclusions rendues par des instituts de sondage?
Les députés européens français resteront tributaires dans tous les cas des caprices du chef de l'Etat. Il est fort peu probable qu'ils connaissent la stabilité de leurs confrères allemands ou italiens. Stabilités qui peut être synonyme de sclérose et de cumul du mandat dans le temps.
Mais qui, en terme de politique européenne, semble, assez étrangement, fort utile. Tant les mécanismes et la durée des travaux (il faut parfois 10 ans de travail pour arriver à un texte législatif, comme le démontre le règlement REACH), sont complexes. Enfin, un bon député européen effectue un véritable travail en commission, qui nécessite également, quelques années d'expérience.
C'est fort dommage; d'autant qu'en troisième position en sud-ouest, Lamassoure n'est pas certain d'être réélu.
14:37 Publié dans Parlons d'Europe | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : lamassoure, ump, européennes, europe, parlement européen, politique






