24.12.2008
PFUE - un bilan?
J'écris de moins en moins ici... Et ce n'est pas l'envie qui manque pourtant, plutôt le temps.
La Présidence française de l'UE a pris fin la semaine dernière, pourtant, la passation de pouvoir avec la Présidence tchèque se fera le 31 décembre. Sans doute le discours de bons voeux du Président Sarkozy sera-t-il teinté de cette belle formule "j'ai voulu bouger l'Europe, mais l'Europe m'a changé".
C'est très vrai. On remarquera que l'homme change beaucoup. Mais que je préfère son "j'ai changé" du 16 décembre 2008 à son "j'ai changé" du 14 janvier 2007, au palais des expositions de la porte de Versailles. L'homme change en hiver.
Ceci dit, sur le sujet particulier de l'Europe, on peut créditer à Sarkozy sans prendre grand risque la sincérité du propos, plutôt que l'aspect pub/communication de la campagne présidentielle.
Qu'était Nicolas Sarkozy avant le 1er juillet 2008 (ou, plutôt, avant août 2008 et la crise géorgienne)?
Un homme dont tout le monde disait que la construction européenne et la concertation était le dernier des soucis. Un type ignorant des modes de décision européens, ignorant du respect et du temps à prendre pour se concerter avec ses partenaires. Insultant, même, quand il imagine l'Union pour la Méditerranée uniquement entre Etats limitrophes de la mer séparant Europe et Afrique, sans inclure l'Allemagne et les 20 autres partenaires européens déjà concernés par la politique de voisinage et le processus de Barcelone.
Un homme qui dégaine "la faute à la BCE" plus vite que son ombre. Un homme qui n'hésitait pas à monter les citoyens contre la Commission européenne (notamment le commissaire au commerce) sans évidemment expliquer que les directives, les règlements, et les accords négociés à l'OMC ne pouvaient se faire sans l'aval des Etats-membres (Conseil des ministres de l'UE, co-législateur et co-exécutif).
Qu'est-ce qu'une présidence de l'UE?
Une présidence de l'UE, c'est un bonbon. Qui a trois utilités:
Avoir un Etat pour gérer l'agenda (le Conseil Européen des Chefs d'Etat et de gouvernement établit les grandes orientations de l'UE: il faut bien quelqu'un pour mettre tout le monde d'accord sur l'agenda).
Passer une présidence Etat par Etat pour forger un esprit européen (et intéresser les citoyens au sujet: tous les eurobaromètres témoignent d'un regain d'intérêt pour l'UE lors d'une présidence).
Laisser surtout la gestion courante, normative et législative à la Commission, seule à pouvoir proposer des textes de loi au Parlement européen et au Conseil des ministres de l'UE (qui légifèrent conjointement).
Qu'a été la Présidence française de l'UE?
Une présidence de crise particulièrement exemplaire de 3 points de vue:
- La réactivité du pouvoir
- L'incarnation du pouvoir
- L'expression et la matérialisation du pouvoir
Et d'un pouvoir non-plus incarné par la Commission (technocrates, fonctionnaires, indispensables à la bonne marche de l'UE mais stigmatisés par les anti-européens, parfois à raison, avouons-le), mais incarné politiquement par un dirigeant élu et incontestablement légitime (la légitimité de la Commission, tirée de son souci du bien commun de l'UE et du vote du Parlement européen, est parfois difficilement appréciable par les citoyens).
Réactivité du pouvoir
Un pouvoir réactif, et même pro-actif, aidé par la personnalité de celui qui l'a incarné (Sarkozy), et par le contexte (crise diplomatique, élections américaines, et crise financière et économique).
Crise diplomatique: la tatonnements d'un Sarkozy qui revoit son mode de fonctionnement: il apprend la concertation. Il réagit avec urgence, se trompe, Angela Merkel passe derrière et lisse les bords en rappelant que certaines concessions de Sarko en bilatérale avec Medvedev ne sont pas tolérables (notamment dans le champ lexical du relativisme utilisé par le président en exercice de l'UE).
Au final, un positionnement de l'UE inédit! Souvenons-nous quand Poutine venait à Bruxelles, et que seul le président du Parlement européen Josep Borrell osait critiquer la situation tchétchène! Là, l'UE fait bloc, réussit à unir la méfiance polonaise, balte, et la diplomatie prudente des autres Etats membres.
Elections américaines: l'expression d'une globalisation positive, espoir du monde entier de rompre avec l'administration Bush... c'est l'opportunité pour l'Europe de s'assumer comme une puissance idéologique leader. Le modèle de développement de l'UE (économie sociale de marché, globalisation gérée, co-développement encouragé, environnement pris en compte...) devient un référence, à laquelle le candidat Obama se réfère. Sarkozy, incarnant l'UE pendant sa présidence, reçoit une légitimité et une autorité de parole confirmées.
Crise financière et économique: C'est le meilleur exemple du changement comportemental de Sarkozy. C'est l'exercice de la concertation, et c'est le pragmatisme de mettre au placard son premier plan de relance pour adopter celui de Gordon Brown pour l'Europe.
Le pouvoir politique de l'UE ne s'est pas contenter de gérer des objectifs avec la présidence précédente et la présidence suivante: il a été proactif, a changé les habitudes de l'UE, a modifié l'image de l'exécutif européen.
Incarnation du pouvoir
Nous y voilà à la conséquence directe de ce changement de comportement de la présidence de l'Union: le pouvoir est incarné. Il y a la sensation qu'effectivement, il y a un numéro de téléphone à l'Europe.
Même si ce numéro de téléphone existe (c'est celui de Javier Solana, haut représentant pour la politique extérieure), voilà que Sarkozy a rendu tout ce système ringard... en le politisant. En coupant dans le vif et en provoquant des clivages. Surtout, en réagissant rapidement: l'inverse du processus très institutionnel des institutions.
Une incarnation du pouvoir problématique, pourtant. La présidence tchèque va suivre, et craint pour ses prérogatives. Jean-Claude Juncker s'est senti attaqué sur sa présidence de l'euro-groupe, et il est fort possible que l'activisme européen de Sarkozy ne s'arrête par le 1er janvier... alors que sa légitimité (tirée de son tour de présidence de l'UE) aura disparu.
L'expression et la matérialisation du pouvoir
Au final, ce qu'il y a de plus étonnant en cette fin de présidence, c'est l'étude menée pour Euro RSCG C&O sur les mots de la crise. Alors que le nom Sarkozy est à mi-chemin entre l'anxiogène et le rassurant, des mots comme "euro", "gouvernement économique européen", deviennent eux, rassurants.
Cela semble indiquer que la personnalité de Sarkozy en soi n'est pas attachée à la perception du pouvoir, plutôt positive.
Ce pouvoir est exprimé comme ayant la capacité d'être efficace, réactif, capable de résoudre les problèmes. C'est une affaire de communication (effectivement, les Russes sont-ils sortis de Géorgie, comme prévu pour mi-octobre? non!), mais c'est aussi cela la politique. Et si cette communication permet une plus grande confiance en l'UE, alors on élargit du même coup la légitimité des institutions, et la marge de manoeuvre de l'UE, ainsi que ses ambitions.
On pourrait presque conclure que, grâce à ces crises successives (avec une crise de l'énergie latente supplémentaire), et la personnalité de Sarkozy aux commandes, on est sorti de la crise de confiance envers l'UE (comme les indicateurs eurobaromètre le prouvent). On a peut-être même passé une marche supplémentaire, où finalement, aborder l'UE, ce n'est plus être pour ou contre, aussi bêtement que ça.
C'est plutôt l'UE est là, maintenant, qu'en fait-on, et que peut-on faire grâce à elle?
Quant à savoir si Sarkozy a changé... Cette présidence est à son image: celle d'un politique travailleur très pro-actif qui étudie peu le fond des dossiers (un peu comme l'étudiant plutôt moyen qu'il était). Les dossiers tels que l'avancée du paquet énergie/climat, le bilan de santé de la PAC, le budget des communautés européennes... n'ont pas beaucoup avancé.
Il ne faudrait pas qu'à la bonne image ne suive aucun travail de fond. Aux présidences suivantes, de permettre au Conseil européen d'avancer, et à la Commission, grande perdante de cette présidence Sarkozy, pendant laquelle elle ne fut qu'un figurant, de proposer des textes ambitieux.
11:49 Publié dans Parlons d'Europe | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, pfue, europe, ue, présidence française, politique, démocratie
12.12.2008
Crise du cerveau
Ce que les jeunes UMP pensent de la crise?
Excellente série d'interviews, de ces jeunes malmenés par la vie, qui à 23 ans vont devoir "utiliser moins la voiture" parce que l'essence est trop chère. Moi-même, tiens, j'ai du arrêter d'acheter de la brioche! Je me contente de pain.
Mention spéciale à Xavier T., de l'UMP Sciences PO, qui, à la question "travaillez-vous à côté de vos études?" répond "oui, je travaille en cabinet... enfin, j'ai un stage, c'est pas payé. [...] Mais à notre âge, c'est important d'être indépendant". (NB. M. Xavier T. m'a contacté par mail pour me préciser qu'effectivement, le montage est assez partial, n'évoquant par exemple pas son stage chez Nestlé cet été. Bon, ça reste bête, drôle et méchant, que demande le peuple?!)
Merci à Nick Carraway de m'avoir passé la pépite.
17:52 Publié dans UMP | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : ump, jeunes pops, jeunes populaires, crise économique, sarkozy
11.12.2008
Crise du logement
Le Parisien d'avant-hier nous apprend que Marie-Laure Godin, maire-adjoint de Boulogne-Billancourt et Conseiller général, cumultant 6000€ de salaires, loge toujours dans le HLM départemental qu'elle avait obtenu (à raison) il y a quelques années. 3 pièces pour elle-même et sa fille, un logement assez généreusement attribué par l'office départemental des HLM (en effet, pour deux personnes, il est rare d'obtenir une telle satisfaction d'espace).

Nous en avions bien sûr tous connaissance, et j'avoue que Roberto Cristofoli me casse mon coup, puisque je comptais publier le (relatif) scoop sur ce blog dans quelques mois (le temps, justement, qu'il soit légitime de demander ce que Mme Godin fait encore dans son HLM).
Effectivement, comme Marie-Laure Godin le plaide elle-même dans l'article du Parisien, c'est dur de trouver un logement en ce moment. Il faut pouvoir justifier de trois fois le loyer en salaire, et un bel appartement 3 pièces à 2000€ par mois c'est dur à trouver à Boulogne-Billancourt.
Mais, rassurons-nous, elle a "quelques pistes". Système D, la débrouille, quoi.
Je comprends d'autant mieux les difficultés de Madame Godin à trouver un appartement, même 8 mois après ses élections, que j'ai vu les nouvelles affiches de la Fondation Abbé Pierre qui nous démontre les difficultés à se loger pour certaines personnes (qui généralement ne sont pas maire-adjoint, elles).
Elles sont superbes.
Mais, effectivement, si même une famille avec 3 enfants ne peut pas trouver mieux que 12m², comme deux personnes pourraient trouver mieux que 3 pièces à 490€ par mois en HLM? Allons, allons, laissons à Maire-Laure le temps de se retourner... 8 mois, c'est bien trop peu pour céder la place à quelqu'un qui en a vraiment besoin!
Aucune réaction de Pierre-Christophe Baguet pour le moment, qui, me dit-on, continue de recevoir des demandes de HLM de citoyens boulonnais dans le besoin, qui figurent parfois sur liste d'attente depuis 3 ans. Espérons que l'attente de Mme Godin pour trouver un appartement digne de sa personne (c'est important, la dignité), soit moins long.
PS: j'admets ma mauvaise foi et l'horrible raccourci. Mais c'est vraiment révoltant.
13:21 Publié dans Boulogne | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : baguet, boulogne, marie-laure godin, parisien cristofoli
08.12.2008
L'Ouverture, même aux paresseux
Que cela soit dit, je trouve que Rama Yade est charmante.
De l'avis de tous d'ailleurs, elle est charmante. C'est une jeune femme avec un cerveau paraît-il bien fait, son mari dispense des cours de fort bonne facture à Sciences Po. Elle a eu le courage de dire qu'un mandat européen, à 33 ans, n'avantagerait pas sa carrière, et a donc eu le courage, dans un milieu d'hypocrisies, de dire que oui, elle, si elle fait de la politique, c'est avant tout pour sa carrière, et pas pour les citoyens.
Saluons cette franchise qui, dans un gouvernement où se cotoient Santini, Marleix, Bertrand, Devedjian et Kosciusko-Morizet, détonne vachement.
Bravo Rama! Reprends ta liberté, vole de tes propres ailes, et oui, oui Rama, ambitionne un mandat de Sénatrice en 2011! Te laisse pas faire, ne te fais pas élire alors que tu ne serais qu'un vulgaire Peillon de plus!
Rama, tu as dit haut et fort que la politique européenne, prout. C'est bien, il en faut des comme toi. Des qui osent dire non. Dans un pays où même un homme comme Xavier Bertrand est contraint de dire oui au poste de secrétaire général de l'UMP.
C'est bien Rama, et je pense effectivement que seul un scrutin national pourra donner la bonne mesure de tes qualités. Secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, c'est trop réducteur. Demande le secrétariat d'Etat à la famille, pour mieux préparer des élections locales!
...
Non? Tu ne veux pas le secrétariat d'Etat à la famille? Mais enfin, tu te rends bien compte que la plupart des postes importants sont... Comment? Ah... Tu as remarqué toi aussi que Jouyet partait...
... Mais, tu ne voudrais pas devenir secrétaire d'Etat chargée des Affaires européennes quand même. Si? Mais... quand tu dis que "Un mandat européen ne me permet pas de donner ce que j'ai dans le ventre, au mieux de moi-même", tu veux dire que c'est la sphère européenne, ou juste l'idée de Bruxelles et Strasbourg, si loin du Palais de l'Elysée?
Quand tu dis "Je voudrais que le président de la République puisse trouver de l'utilité dans ce que je fais, dans les engagements que je prends et je ne veux pas me trouver dans une situation qui ne me permette pas de donner le meilleur", veux-tu signifier que comme tu n'y connais rien aux affaires européennes, tu penses qu'un mandat européen ne te donnerait que la latitude de faire du mauvais travail?
Quand tu as voté NON au Traité Constitutionnel Européen en 2005, prétendais-tu déjà être incompétente en matière européenne?
Comme en plus, c'est vrai que tout le monde s'accorde à dire que tu as un baobab dans la main et que tu n'étudies aucun dossier, il est probable que les subtilités des mécanismes des institutions européennes te soient complexes à saisir.
Mais alors... pourquoi veux-tu être secrétaire d'Etat chargée des Affaires européennes?
...
Parce qu'on a pas mieux à te proposer peut-être? Ou alors si, candidate en juin 2009.
Dur, dur dilemme, que celui de la pauvre petite fille riche à qui l'on donne du caviar à manger, et qui n'en aime pas le goût.
18:20 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Un parti démocratique
Scoop - Breaking News - Dernière minute
Xavier Bertrand a été nommé secrétaire général de l'UMP par Interim, a annoncé le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre.

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Tout d'abord, une vraie question: "Mais qui est Interim?" Qui est ce personnage qui peut nommer le dirigeant du parti le plus important de France (selon les chiffres officiels)?
Observons, alors que le PS continue de se déchirer lamentablement après à avoir eu à passer plusieurs étapes humiliantes telles que le Congrès où tout le monde se chamaille, le vote des militants où tout le monde se compte, le second tour de vote des militants où tout le monde se décompte, et la constitution d'une équipe où les égos doivent s'entendre, combien l'organisation de l'UMP est simple.
Le secrétaire-général précédemment nommé (pas par interim d'ailleurs celui-là. Qui avait bien pu le nommer Devedjian?) part, devenu ministre. Hop, en 2 jours, un nouveau secrétaire général est en place.
- Pas de vote des militants, ce qui évite d'avoir à révéler qu'ils sont 30000 et pas 200000
- Pas de déchirement interne entre plusieurs candidats rendu public
- L'impression d'un parti super bien organisé où les idées comptent plus que les personnes.
Tout bon pour l'UMP.
En revanche, question démocratie, on se demandera toujours quelle légitimité a Interim pour prendre de telles décisions.
12:23 Publié dans UMP | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, devedjian, bertrand, france, ps
03.12.2008
La Gauche, famille décomposée

Deux congrès d'une importance planétaire la semaine dernière. Mélenchon, inspiré de Robespierre, des fusillés de 1917, etc. Qui propose des tracts type "le travail le dimanche, CA SUFFIT COMME CA!" ou bien "Liquidation des services publics, CA SUFFIT COMME CA!". A l'instar du SPD allemand, ça y est, donc, la gauche française a créé son Frankenstein, et il faut bien le dire, incarné par Mélenchon, on n'aurait pu rêver meilleure créature.
Populisme de gauche, phrases simplistes et slogans faciles qui ignorent la réalité du pouvoir et de la façon de gouverner. Quel input pour le "Parti de Gauche", inspiré d'Oskar Lafontaine, trop heureux de sortir de son isolement européen? Aucun.
Mélenchon, sénateur jusqu'en 2011, se verrait bien député européen. Qu'y ferait-il? Comme Peillon, absent à toutes les séances? Juste pour se créer une autorité? Et Lafontaine au Congrès fondateur du "Parti de Gauche" de se gausser: "les Eléphants ont accouché d'une souris!" (en parlant du Congrès du PS), alors que le Mélenchon en question est déjà sénateur depuis 22 ans, et que lui-même est en politique depuis 40 ans. Mais c'est vrai que les fossiles peuvent se moquer des éléphants. Passé un certain temps en politique, certaines choses n'ont plus de sens.
Deuxième Congrès, à Suresnes (ville paisible où votre serviteur a le bonheur de travailler): celui de la "Gauche Moderne"! Un parti confidentiel, même s'ils ont quand même à l'aise rempli au deux tiers un préau d'école. D'ailleurs, contrairement au site du Parti de Gauche, sur celui de la gauche moderne, pas de démonstration de force, de vidéo avec des bons gros militants moustachus, pas de photo du Congrès. C'est le parti de la matière grise à n'en point douter. Un parti cependant modeste, à l'échelle de son président, dont pourtant l'avenir politique radieux est assuré, tant le Secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants est une pièce maîtresse de l'exécutif actuel.
Le Parti de Gauche est teint aux couleurs rouge-sang coagulé. Celui de la Gauche Moderne d'un violet un peu pénible.
Et au centre de la gauche, que reste-t-il?
"Maintenant, on va enfin parler des idées" me promettait un ami, soutien de Martine Aubry pendant la campagne interne de ce parti miné par trop de démocratie. On attend toujours. Martine, le charisme d'une marchande de rillettes, les pratiques d'antan au PS avec des (grosses) ficelles tirées de tous les côtés au mépris de la ligne politique et de la modernisation du discours.
Ségolène Royal a bien des défauts, et bien des torts. Elle a cependant, avec ses alliés, notamment Valls, lancé de nouveaux mots dans le vocabulaire d'une responsable politique socialiste: sécurité, libéralisme, centrisme. N'est-ce pas en se calquant enfin sur ses collègues européens et sociaux-démocrates modernes que le PS (ou plutôt ce qu'il en reste) pourra s'inscrire dans une dynamique et retrouver une ligne de pensée cohérente?
Quel poids pour le PS au niveau européen, avec des députés européens aussi minables que Stéphane Le Foll, Martine Roure, Vincent Peillon ou Pervenche Beres? Des élus qui ne savent même pas comment fonctionnent les institutions et comment est articulé le budget qu'ils votent? Des élus qui (Pervenche, c'est pour toi) élaborent un Traité Constitutionnel Européen, le signent, le défendent face à la commission intergouvernementale, puis appellent à voter NON pendant le référendum parce Fabius l'a dit?
Quel poids pour le PS, qui en temps de crise, ne reste que dans l'incantation et jamais dans la proposition?
Quel poids pour le PS, qui ne s'oppose en rien à rien, qui cède aux tollés médiatisés, aux petites phrases, mais qui rendent illisibles tous les dossiers de fond?
Quel avenir pour le PS, qui va finir par faire la même chose que Mélenchon ou Besancenot, mais en moins bien et avec moins de légitimité, ou bien confondre son message avec le credo d'oppostion civile du MoDem, ou de social-libéralisme assumé d'un Bockel, d'un Besson, ou même, d'un Sarkozy qui modifie son discours de jour en jour en fonction des événements reçus par l'opinion?
10:29 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : ps, mélenchon, bockel, aubry, sarkozy, royal
Réouverture de l'enquête du Petit Gregory
ça s'arrose.
08:44 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01.12.2008
Un peu largué
En ce moment je travaille beaucoup, j'ai moyennement le temps de suivre l'actualité, notamment européenne. Il sera toujours temps bientôt de faire un bilan de ces 6 mois de présidence européenne de Sarkozy. 6 mois dont j'ai une vision plutôt positive. Le blog ne vit pas extrêmement bien. Il y aurait pourtant beaucoup à dire.
En termes d'actualité nationale, d'actualité politique, d'actualité locale, d'actualité européenne... Je n'en ai juste ni trop le temps ni trop l'envie pour l'instant.
Le Congrès fondateur de "La Gauche Moderne", ce parti de gauche-mais-pas-trop, qui incarne la gauche sarkozyenne. Ou du moins, qui voudrait bien l'incarner. Tout en étant présidée par le très important et charismatique secrétaire d'Etat aux anciens combattants. Qui voudrait incarner les valeurs de gauche, tout en accueillant de manière très émue et pleine de componction Brice Hortefeux en clôture de con Congrès fondateur.
Bref, un parti qui n'est pas à une contradiction près.
Pour prendre un peu de hauteur, et sur un tout autre sujet, n'hésitez pas à vous rendre à ce bel événement, le 9 décembre:
Un débat sur l'Europe entre Valéry Giscard d'Estaing et Daniel Cohn-Bendit, ponctué de chroniques de Christophe Barbier et avec la participation des étudiants de Dauphine. D'aucuns diraient d'amener les oreillers... Je pense au contraire qu'un débat de 2 heures entre ces deux personnalités pourra enfin permettre d'entendre un propos fouillé, de fond, prospectif, sur l'Europe. Ce qui n'est jamais fait, vu que les débats sur le sujet sont toujours courts et rythmés par des coupures de parole au moment où ça devient intéressant.
Le débat sera retransmis sur LCP le 13 et le 14 décembre.
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