23.10.2008

Leader européen cherche solution à la crise

Une amie m'envoie ceci.

soluzione.jpg

17.10.2008

Regards du Monde sur l'Europe

Le Forum "Regards du monde sur l'Europe" se tiendra à la Cité universitaire de Paris le 30 octobre, à l'initiative de Coordination Sud. Une bonne façon d'arrêter de parler d'Europe entre enfants gâtés.

YUMBA-LAUREAT.JPG
Plantu et son réseau de dessinateurs pour la Paix y exposeront des dessins de presse sur le thème de l'Europe, ou de son rôle pour le monde. J'ai choisi celui-ci pour illustrer ce petit mot, j'aurais pu en choisir d'autres (notamment celui d'Ana Von Rebeur, très beau, ou celui de Kroll, très vrai).
Il est donc signé de Yumba, ce petit garçon avec des étoiles plein les yeux qui regarde le continent européen, de l'autre côté de la Méditerranée, de derrière ses barbelés. Il garde candeur et espoir, malgré ses mains ensanglantées.

Selon l'organisation des Droits de l'Homme espagnole APDH-A, depuis 1994, quelques 91000 clandestins sont arrivés par les Canaries. En 2007, près de 1000 candidats à l'immigration illégale sont morts pendant leur traversée de la mer Méditerranée.
Régler le problème de l'immigration vers l'Europe n'est pas qu'un problème de surveillance des frontières. Ce n'est qu'un aspect du sujet, sans doute le plus superficiel et le moins complexe à évaluer, d'ailleurs.

Le véritable enjeu reste celui du développement des pays pauvres. Du développement de leur industrie, de l'exploitation de leurs richesses par eux-mêmes, du développement de leur commerce, de leurs exportations. De la modernisation de leurs administration, de l'assainissement de leurs finances, de l'assainissement politique du système. Ce chantier de long terme est lancé depuis quelques années entre l'Europe et les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), via les accords de Cotonou.

Des aides financières indexées sur les projets, et non sur des sommes. Des projets évalués par des organismes indépendants. Une aide conditionnée par la progression de certains critères de société (démocratisation, avancée des droits de l'homme, modernisation de l'administration...).

Tout cela prend du temps.
Pour gagner du temps, tout cela a un coût. Les pays européens, à l'exception notable des pays scandinaves, sont infichus de mettre 1% de leur PIB pour le co-développement. Pire, la part du PIB pour le co-développement a baissé depuis l'année dernière. La France est passée d'un petit 0,47% à un encore plus petit 0,39%. Il n'y a pas de quoi être fier.
Sans cert argent, il ne sera jamais viable de convaincre les jeunes des pays en développement qu'il est possible de rester dans leur pays pour le construire, plutôt que de partir se piéger dans les filets de Ceuta ou Melilla.

Comme le dit Omar Bâ (auteur de Soif d'Europe), « Je ne me vois pas vivre en France 30 ou 40 ans. L'Europe m'a fait fantasmer et en fait fantasmer plus d'un. Même ceux qui ont tout au pays sont prêts à tout quitter pour venir. On a une image erronée de l'endroit, moi-même j’avais cette image erronée, et c'est aussi pour ça que je suis là… Ma démarche est de dire aux jeunes qui veulent partir de leur pays de ne pas venir ici si c'est pour souffrir, surtout pas pour ça. Beaucoup ne me croient pas quand je leur raconte ce que j'ai vu ici, mais j'ai quand même convaincu mon frère de rester. »

Allez voir ces dessins. Et commentez-les. On prend trop peu comme base de réflexion ces dessins que la presse nous suggère. Ils disent pourtant parfois mille fois plus qu'un article...CartooningForPeace.jpg

Racisme ordinaire

Match contre la Tunisie. Sifflets pendant la Marseillaise.simpletlogop.jpg

«Arrêtons d'être hypocrites, ne faisons plus ce genre de matches, tout simplement [...] On va pas donner sans arrêt le bâton pour se faire battre. Ca, on n'a plus envie de le revivre, plus de matches contre l'Algérie, contre le Maroc, contre la Tunisie au Stade de France [...] N'organisons plus ce genre de match comme ça ce public sera privé de son équipe (...) On ne peut pas tolérer que nos joueurs français soient sifflés en permanence durant le match, que notre Marseillaise soit sifflée». A noter que Laporte (puisque c'est cette sombre cervelle qui parle), ne veut pas interdire les rencontres sportives avec les pays sus-cités, mais juste «il faut les jouer chez eux, ou alors en province [...] en province, ils sont sevrés... Ils la voient jamais, l'équipe de France... Les 30.000 Tunisiens qui sont de la banlieue parisienne, ils iront pas, si le match est à Carcassonne ou si le match est à Biarritz, ils n'iront pas voir le match. Voilà, on aura un public sain».

La Marseillaise est sifflée, bon, c'est pas bien. Elle a été sifflée déjà, lors d'un match contre l'Algérie, si je ne m'abuse. Comme Bernard Laporte est un homme doté d'un cerveau manifestement simple, tentons d'entrer dans sa réflexion. Une réflexion simple.

"Les sifflets sont l'objet des spectateurs. Les spectateurs d'un match France-Tunisie au Stade de France sont forcément Français, et forcément des parisiens issus de l'immigration. Des Français sifflent donc leur propre hymne, ce qui n'est pas tolérable (je ne sais pas pourquoi, mais c'est certain).

La polémique gonfle, je suis secrétaire d'Etat aux sports, je dois réagir du haut de mon importance. Et le credo de Sarkozy, c'est de réagir vite, peu importe ce que l'on dit.

Je vais donc demander à ce que les matchs contre des pays du Maghreb aient lieu ailleurs qu'à Paris ou bien "chez eux".

Une fois ma bonne grosse bêtise proférée, je reviendrai pas sur mon propos et j'assumerai donc mon amalgame entre immigration, identité française, culture d'origine, sport, jeu, et politique."

Le type est quand même ministre de la République. Ceci dit, que l'on se rassure, tous les anciens sportifs ne sont pas dotés d'un micro-cervelet et d'une grande bouche: lisez Platini, par exemple.

En attendant, pour le racisme ordinaire, et pour avoir un gouvernement sain, Laporte, dehors!

14.10.2008

"Moi Carla, je n'ai jamais été de gauche..."

... mais j'aime la justice".

Et c'est parce qu'il aime la justice et qu'il tient à l'Etat de droit que Nicolas Sarkozy vient de décider que la France n'extradera pas Marina Petrella, poursuivie en Italie et condamnée par contumace. Et c'est évidemment parce qu'il est contre le droit de grâce (cf. propos lors de la campagne présidentielle) que Nicolas Sarkozy a tout d'abord demandé à ce que Berlusconi exerce le sien (alors que c'est plutôt le président Napolitano qui a le droit de Grâce dans la République italienne), avant finalement d'exercer en quelque sorte son droit de grâce en court-circuitant la justice et le pouvoir italiens.

C'est donc en plus, respectueux.

Marina Petrella était une terroriste, qui a participé à des agressions, séquestration, et à un assassinat, entre 1977 et 1982. Elle a été condamnée en Italie en 1992 et s'est réfugiée en France. Elle n'a passé en prison (et à l'hôpital) qu'une petite année depuis août 2007, ce qui est peu en comparaison de la perpétuité qui l'attendrait en Italie, si la justice de son pays ne révisait pas son procès. Son extradition n'aurait pas pour autant signifié son embastillement automatique. L'Italie n'est pas un pays où la lettre de cachet fonctionne encore, et il existe des mécanismes de recours. Et quand bien même, après tout, c'est un Etat de droit, et la justice italienne s'exerce au nom de la communauté citoyenne d'Italie, et il est douteux que le chef de l'Etat français mette son nez dedans.

Mais Nicolas Sarkozy, s'il n'a jamais été de gauche, aime la justice.

Je ne vois sincèrement pas où figure la justice dans cette histoire. Marina Petrella n'ayant jamais accepté ni enduré de punition pour ses crimes. Le marrant, évidemment, c'est que dans la stratégie de communication, c'est Carla Bruni-Tedeschi qui est mise en avant. C'est elle qui est allée à l'hôpital annoncer la (bonne?) nouvelle à Mme Petrella, et elle pourtant, dont la famille a souffert des Brigades Rouges. Le symbole est si émouvant et la ficelle si grosse que ça m'arrache une larme.

Moi j'aime la justice, j'ai envie que Marina Petrella se présente devant elle pour ressentir les effets de ses actions passées. Quand bien même cela remonterait à 30 ans.

Et si, finalement, aimer la justice n'appartenait ni à la gauche, ni à la droite, mais simplement aux républicains qui respectent la séparation des pouvoirs et l'intégrité des décisions des Etats indépendants?

02.10.2008

Mes 4 projets pour l'Europe de 2020

Recevant assez souvent des chaînes, y répondant peu, j'ai décidé d'initier ma propre chaîne, bien inspiré par la bonne centaine de contributions que l'on peut lire sur le site "Paroles d'Européens!", et bien inspiré par les propositions en vidéo de Jules, du Bondy Blog et Quitterie, j'ai donc décidé de créer ma petite chaîne, sur un sujet dont personne ne parle en ce moment, absolument personne: l'avenir de l'Europe!

Quelle Europe voulez-vous en 2020? Quels doivent être les 4 priorités à mettre en oeuvre dès aujourd'hui pour améliorer l'Europe, la rendre plus démocratique, plus compétitive, plus forte à l'international, plus en avant sur le développement durable, etc.

1. Il me semble indispensable de pouvoir politiser les institutions européennes. Il y a un changement institutionnel simple à avoir le courage de faire, c'est réduire les domaines de décision à l'unanimité. Il faut arrêter de finasser avec des consensus interminables et des temps de décision trop long par rapport au temps de l'opinion publique, par rapport au temps de la diplomatie, par rapport au temps du réchauffement climatique, par exemple.

2. Il est évident que la mobilité dans l'Union européenne doit être encore facilitée, et élargie. Facilitée par des mesures fiscales qui puissent favoriser les entreprises de transport. Il faut encourager les low-costs et les réseaux ferrovières entre les pays. Elargie parce que la mobilité est aujourd'hui la jouissance d'une élite. Peu d'Européens partent Erasmus (1% des étudiants chaque année), peu d'Européens pensent même à quitter leur pays, même pour un temps court, pour un autre, où la monnaie est pourtant la même, où la plupart des règles de vies sont les mêmes.

3. Il faut savoir utiliser la puissance européenne, et il faut s'en donner les moyens politiques. Nous sommes la première puissance économique mondiale. Nous avons la première monnaie d'échange au monde, et la plus stable. Nous sommes la première puissance agricole mondiale. Nous pouvons contraindre les autres pays grâce à cette puissance économique. Nous pouvons imposer nos normes environnementales. Nous pouvons décider d'encourager les pays moins développés qui modernisent leur économie et leur système éducatif. Nous pouvons menacer de mesures de rétorsion contre des Etats voyous. Mais pour cela, il faut une légitimité à le faire (un ministre des affaires étrangères européen, un président de la Commission véritable émanation de la volonté des citoyens européens, etc).

4. Il va être rapidement nécessaire d'organiser la recherche au niveau européen. De favoriser les mises en réseau et les collaborations des laboratoires de recherche des différents pays de l'Union. Aujourd'hui, l'Europe ne met pas assez d'argent dans la recherche: 1,84% du PIB en moyenne dans l'UE à 27, avec seulement 1,5% d'augmentation par an entre 2001 et 2005! En comparaison, le Japon est à 3,18% de son PIB pour la recherche, et les USA à 2,68%.

J'aurais pu parler d'une défense européenne, du co-développement, des médias... Il y a déjà bien assez avec ces 4 là. Si on politise, on intéresse. Si on bouge, on gagne un sentiment européen, une solidarité à l'égard des autres. Si on voit que l'UE utilise sa puissance, on a confiance en elle, et on en est fier. Si l'UE pense à l'avenir, on n'a pas l'impression d'être complètement largué...!

Alors je passe mon petit jeu à 4 blogueurs: Nick Carraway, Le Chafouin, Ca Réagit, et... la Lettre Volée, bien sûr!

Et je leur demande de bien vouloir continuer mon jeu, évidemment...

Toutes les notes