28.09.2008
Lettre ouverte à PCB
Monsieur,
Aussi étonnant que cela puisse paraître, je ne pense pas à vous nuit et jour, j'ai une vie riche et intéressante au regard de laquelle les querelles que vous me cherchez régulièrement ne sont rien.
Il se trouve qu'une partie de ma vie est liée à Boulogne-Billancourt, et il se trouve que, comme on n'a pas grand chose en commun vous et moi, et que vous - et d'autres qui, à défaut de me convenir mieux, sont plus sereins que vous - y faites de la politique, nous nous y sommes opposés bien souvent.
Et ça va sans aucun doute continuer: vous n'aimez pas ce que j'écris, moi je n'aime pas ce que vous faites. Or, "sans la liberté de blâmer, il n'y a pas d'éloge flatteur". Par exemple, en juillet dernier, en plein conseil municipal, votre majorité vous a élevé un ban de manière tout à fait spontanée. Si, ça s'est vu, c'était un moment d'émotion irréfléchie à l'état pur. Et bien la contrepartie de ce ban, c'est moi. C'est moi, et tous ceux qui ne sont pas d'accord avec vous (aux dernières estimations, au moins 56% des électeurs), qui permettons que, de temps en temps, votre propre majorité vous élève un ban sans trop de ridicule. Bien sûr, je n'attends pas que vous me remerciez jamais en public, mais de temps en temps, dans le fond de votre coeur, vous devriez m'en être reconnaissant.
Et c'est ému de cette reconnaissance muette que je sais grandir en vous, que je me permets de continuer à ne pas être d'accord avec vous et à le dire. Comme beaucoup d'autres boulonnais, d'ailleurs.
Si je vous écris aujourd'hui, c'est pour remettre certaines choses en place: j'ai 23 ans, vous en avez 30 de plus. Je n'avais pas 16 ans que vous cherchiez déjà à m'expliquer la vie, selon des méthodes que je ne qualifierai pas, qu'il nous suffise aujourd'hui de rappeler qu'elles ont failli vous coûter cher et que si je suis toujours là, et toujours opposé à votre conception de la politique, c'est qu'elles n'étaient pas les bonnes (les méthodes).
Mais comme je vous l'ai dit, il n'y a pas que la politique dans la (ma) vie. Et, par exemple, quand je promets à une amie d'assurer la musique de l'événement qu'elle organise, c'est parce que cela me fait plaisir et que la perspective de passer la journée en compagnie de gens chaleureux me réjouis. Pas une seconde je ne pense à vous, vous n'avez tout simplement pas de place dans ma vie quotidienne. Bien sûr, je sais que vous allez passer, et vous voulez que je vous dise? je m'en fous complètement: vous êtes élu de cette ville, un événement y est organisé, c'est normal que vous soyiez là, et je sais que vous ne vous attarderez pas parce que, et après tout c'est normal aussi, vous avez autre chose à faire.
Alors je me demande vraiment le pourquoi de la scène de colère que vous nous avez jouée, du caprice que vous avez fait, des menaces que vous avez proférées ce jour-là, parce que j'avais le mauvais goût d'être dans votre champ de vision, sans vous voir, sachant pourtant pertinemment que je n'étais pas là pour vous.
Dans ces cas-là oui, je me demande qui de nous deux a 30 ans de plus que l'autre, et qui s'en sort le plus dignement.
10:57 Publié dans Boulogne | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : boulogne-billancourt, baguet, politique
27.09.2008
Buch Cassidy est mort
Paul Newman s'en est donc allé hier.
Quelques photos parmi lesquelles je n'ai toujours pas trouvé laquelle je préfère.
Paul Newman est l'un des premiers acteurs, avec Charlton Heston, à s'être engagé pour des causes politiques, et éventuellement des causes politiques dangereuses. Les droits civiques, le Vietnam (en soutenant Eugene McCarthy pour virer Lyndon Johnson lors des primaires démocrates de 1968). Il alancé dans les annes 80 les produits "Newman's Own", pâtes, moutarde... dont les bénéfices servent à 100% pour des associations caritatives, notamment pour les enfants atteints de cancer.
"Ci-gît Paul Newman. Sa carrière d'acteur prit fin lorsque ses yeux bleus devinrent bruns", aurait-il écrit en guise d'épitaphe
17:05 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : paul newman
25.09.2008
La technique du voleur Chinois (suite)
J'ai entendu dire que M. Baguet avait été chagriné de mon précédent billet traitant de la peau de chagrin de démocratie locale qu'il nous préparait depuis le début de son mandat (quoi? seulement 6 mois?). Je rebondis donc.
Que fait le voleur chinois, dans le cas -rare- où le gentil marchand qui se fait peu à peu voler son bien, se rend compte que l'objet des convoitises du voleur chinois est peu à peu déplacé vers la sortie? Imaginons: le marchand dit un truc genre "tiens, vous vous intéressez à l'objet? Souhaitez-vous que je vous le montre un peu mieux?" Le voleur chinois "euh, non, non, pas de souci, oups, j'ai mon pot-a-feu en retard à l'école qui sonne à la porte, au revoir!".
Ben là, donc, la situation boulonnaise actuelle se prête à une suite de ce genre. A un rebond.
Car rebond il y a. Certes, désormais, le conseil municipal est diffusé en streaming sur le site de la ville. C'est la classe, d'autant que jusqu'à présent il n'y a pas eu "d'incident technique" opportun. Et que en conséquences, nous avons pu suivre les facéties de nos élus lors du Conseil municipal de juillet. Pour voir s'il est toujours autorisé d'entrer avec un appareil photo et/ou une caméra dans la mairie, j'irai d'ailleurs tout à l'heure en conseil municipal muni d'une caméra, pour ne vraiment rien rater du spectacle.
Le voleur chinois, donc. Le numéro d'été du BBI, journal d'information dont M. Baguet s'est voulu responsable de la publication (quelle audace!) dès le début de son mandat, diffusait une tribune de la majorité. Une pleine page. Que l'on ne s'offusque pas: la parité majorité/opposition est respectée, puisque l'opposition dispose elle aussi d'une pleine page. Enfin, d'une demie-page par groupe d'opposition. Enfin bref.
La pleine page de la tribune de la majorité s'intitulait ainsi: "des placards pleins et des caisses vides!". TRES subtil. Mme Belliard, experte reconnue des comptes publics auprès des néophytes, déployait des arguments et des chiffres erronés, peu amènes à l'égard des services municipaux, sans doute un peu insultants à l'égard des équipes précédentes qui ont géré la mairie (celle de M. Fourcade, et celle de M. Duhamel).
C'est une tribune en tout cas bien indélicate pour Thierry Solère, ancien maire-adjoint de Fourcade et Duhamel, et surtout Christine Bruneau, ancienne maire-adjoint chargée des affaires générales de Fourcade et Duhamel, qui ont tout ce temps voté les décisions et admiré la façon de gérer de les deux édiles, sans avoir pu soupçonner une seconde ce remplissage de placards de la part de deux grand commis d'Etat, reconnus de tous (le premier fut ministre de l'économie et directeur de la banque de France, le second responsable des douanes et directeur du budget de la France)!
Qui l'eût cru? Ou plutôt, qui le croit?
M. Fourcade a demandé au directeur de la publication un droit de réponse, comme la loi l'y autorise. Et bien le responsable de la publication du BBI, maire de la ville par ailleurs, n'a pas éprouvé le besoin de répondre. Dommage pour la loi du 29 juillet 1881.
Messieurs Fourcade et Duhamel ont donc du, chacun de leur côté, porter plainte pour diffamation.
C'est quand même dommage d'en arriver à de telles choses. Si M. Baguet était capable de répondre dans la courtoisie et le respect aux demandes qu'on lui adresse, la démocratie locale boulonnaise irait sans doute mieux. Mais, évidemment, cela risquerait de démontrer qu'il a parfois tort.
Enfin, quand je dis parfois...
18:45 Publié dans Boulogne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : baguet, fourcade, duhamel, bbi, démocratie
23.09.2008
Les bons côtés de Nicolas Sarkozy
Mon cher collègue Toréador m'a demandé de trouver quatre qualités à Nicolas Sarkozy. Sébastien a rebondi. En bon adepte des études d'opinion qualitatives, je me suis forcé pour ne pas lire les opinions de mes camarades, et garder un point de vue immaculé sur le sujet de Nicolas Sarkozy, et ses quatre qualités. C'est la raison pour laquelle j'ai mis dix jours à sortir cette note.
Pour en conclure qu'en fait, Sarkozy, il a les qualités de ses défauts.
1. Sarkozy est un homme bling-bling. Il aime les messages et les symboles. Il apprécie le grandiloquent. Cela a des avantages, parce qu'il y a beaucoup d'aspects de la politique qui ont besoin d'être incarnés, à qui l'on doit donner un aspect un peu charnel, afin de construire des appropriations. L'appropriation d'une idée, d'un débat, d'une construction qui nécessite un engagement des citoyens. C'est le cas pour l'intégration des jeunes dans la société, pour changer les mentalités sur certains aspects de la vie sociale. C'est le cas pour la construction européenne. La tour Eiffel illuminée aux couleurs de l'Europe, c'est un événement qui crée la fierté, qui interpelle. Qui incarne le projet européen. Et peut-être que ce symbole un peu m'as-tu-vu en a plus fait pour intéresser les Français à l'Europe que tout ce qu'a pu faire Chirac, malgré des discours d'intention, en douze ans.
2. Il parle tout le temps. Il monopolise l'attention politique et médiatique. C'est fatiguant, ce sont autant d'écrans de fumée. Mais ça a la grande qualité de ne jamais relâcher le débat public. Lequel est sans doute tronqué, sans doute pas toujours bien pertinent, mais jamais éteint. Souvenons-nous des pénibles mois d'après référendum de 2005, où le pouvoir n'osait plus rien faire, où le débat était devenu tout amorphe. Il y a un équilibre à garder entre le trop peu et le trop, dans ce domaine. Mais au moins le changement de style de Sarkozy a le mérite de faire en sorte que chacun puisse se sentir autorisé d'avoir une opinion sur le pouvoir et son exercice.
3. Il a fait passer des réformes sur lesquelles ses prédécesseurs ont lamentablement butté, quand ils ne les ont pas tout simplement liquidé de leurs priorités. La fusion de l'ANPE et des Assedics, par exemple. Tout ce que l'on ne voit pas aux échelles locales, de rationalisation des postes et des attributions de tel ou tel corps administratif. Alors oui, c'est sans doute un bon travail d'Eric woerth (et, ça me fait mal, d'André Santini). Mais on ne peut pas reprocher à Sarkozy de savoir se servir très habilement des situations politiques pour pousser son avantage, et en profiter en passant pour réaliser des réformes depuis longtemps attendues. Le souci? L'absence total de débat démocratique et public sur ces réformes. Mais est-ce la faute de Sarkozy, ou celle du PS?
4. Il a un rythme effréné. C'est mauvais, parce qu'en politique il faut savoir prendre le temps de la prospective et de la réflexion. Il faut savoir ne pas céder à l'immédiateté. Cela a aussi du bon. Prenons l'exemple de la machine "Europe", qui avance par consensus, par étapes d'escargot. Sarkozy bouscule ces institutions, bouscule les consensus mous, et provoque le débat et la polémique sur ces institutions. Ce n'est pas toujours bien pertinent: par exemple, sur l'euro et la BCE. Mais encore une fois, l'Europe politique ne se construira jamais si on continue à finasser sur des consensus qui nous font avancer trop lentement. L'Europe politique ne se construira jamais si les débats sont hors de portée des citoyens, et si les institutions sont inattaquable.
Voilà, pour faire vite, ces quatre qualités de Nicolas Sarkozy. Je ne passe cette chaîne à personne, c'est trop éprouvant!
09:25 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, démocratie, europe, qualités, anpe, assedics, ps
16.09.2008
Delors sommeille (peut-être) en toi
Les 10 et 11 octobre prochains à Nantes, des jeunes, dont moi, dont Kamila, Olga, Justyna, François, Thomas, et d'autres amis sans doute, nous retrouveront autour du sujet européen. Peut-être y aura-t-il Quitterie, peut-être y aura-t-il Jules et Damien, peut-être y aura-t-il Natacha et Sacha, peut-être y aura-t-il Vincent... Peut-être y serez-vous, vous?
500 jeunes, pour élaborer 12 projets pour leur Europe de 2020, pendant toute une journée en ateliers, autour de 4 thèmes fondamentaux pour l'Europe de 2020:
Rapprocher l'UE de ses citoyens
Construire l'Europe du développement durable
Bâtir une Europe innovante et solidaire
Positionner l'Europe dans le monde
Et le lendemain, samedi 11 octobre, grande séance publique pour un débat télévisé entre ces jeunes, Bernard Kouchner, Jean-Pierre Jouyet, Jean-Marc Ayrault, et les membres du groupe de réflexion sur l'avenir de l'Europe nommés par le Conseil Européen: Felipe Gonzalez et Vaira Vike-Freiberga. Les jeunes présenteront les 12 projets qu'ils ont construit, les défendrons. Et La Chaîne Parlementaire retransmettra un débat que j'espère sans concession.
Pour illustrer et avant-propos, deux vidéos.
Des idées, vous, pour l'Europe de 2020?
07:59 Publié dans Parlons d'Europe | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : europe, ue, union européenne, paroles d'européens, jouyet, kouchner, gonzalez
10.09.2008
C'est français, c'est la police française
1991. 41 ans après la création de la Stasi, ses archives sont ouvertes et accessibles au public. Evidemment, entre 1950 et 1991, aucune citoyen allemand n'a pu avoir accès à ces archives d'une police politique de régime totalitaire.
Toutes les archives du KGB n'ont pas encore été ouvertes. Mais même principe que pour la Stasi: aucun citoyen n'a eu accès, de 1928 à la fin du régime soviétique, aux fiches qui les concernaient, stockées dans les locaux de la police politique. La-dite police savait pourtant souvent plus de choses sur la vie de certains citoyens que les proches de ces citoyens eux-mêmes.
1972, John Edgar Hoover meurt après près de 50 passés à la tête du FBI. L'homme représente la plus grande perversion qu'un état d'esprit délétère ait pu produire: la sécurité du pays, la raison d'Etat a tout justifié.
Années 80. D'une petite dizaine de personnes ayant connaissance de l'existence de Mazarine Mitterrand, les écoutes de l'Elysée s'étendent à 6000 citoyens de notre démocratie centenaire: la France.
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Aujourd'hui, EDVIGE.
Il n'est pas choquant que la police dispose de fichiers. Une police sans fichier n'aurait d'ailleurs aucune raison d'être. Pour protéger une société, il faut savoir parfois prévenir. Et l'investissement dans la vie publique induit une acceptation des moyens mis en oeuvre dans le Contrat social pour assurer la sécurité de l'ensemble des membres de la société. Même si notre liberté doit un peu en souffri
r.
Heureusement, la démocratie garantit la séparation des pouvoirs, et l'égalité de tous devant la justice. Ainsi que des moyens juridiques et judiciaires de faire valoir ses droits.
Il n'est même pas forcément choquant que la police dispose de fichiers sur des mineurs (entre 13 et 18 ans), qui éventuellement n'ont pas de casier judiciaire, ni même jamais eu affaire avec la police, mais qui gravitent autour du "réseau social" d'un délinquant. Il est commun dans les milieux délinquants de mettre à contribution des enfants ou ados encore un peu naïfs.
Il y a en revanche dans le principe d'EDVIGE et dans ses justifications par les responsables politiques, plusieurs éléments extrêmement choquants. Choquants au point de permettre de penser que l'on change de régime, déviant à peu près dans une sorte d'oligarchie totalitaire, creusant un trou de plus en plus profond entre le pouvoir et ses suppôts, et des citoyens qui en toute légitimité, devraient avoir un égal accès aux fonctions politiques (NB politique = s'occuper de la Cité).
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Dans l'idée même du fichier:
Comme je le disais, les fichiers font la police. Si la police ne faisait que retrouver les criminels sans déjouer en amont leurs forfaits, les citoyens pourvus du droit de vote que nous sommes ne serions pas contents. Or, il faut savoir que si l'on veut l'efficacité des pouvoirs pour garantir la sécurité ("première des libertés" selon le RPR en 2002), il faut savoir accepter les fichiers. Je ne suis pas choqué par cela.
En revanche, le fichier EDVIGE pourra être alimenté de façon anonyme par n'importe quel officier de police ou de gendarmerie. Pas de matricule, pas de signature. Pas de moyen de retrouver l'auteur du dépôt d'informations. Lesquelles informations peuvent être erronées - l'erreur est humaine.
Le fichier EDVIGE sera consultable par - dit-on - 1600 personnes. Dont par exemple, les préfets. Revenons dans la vraie vie, et dans ce que l'on appelle l'usage. Dans l'usage, les préfets ont accès au fichier. Donc leur directeur de cabinet aussi. Leur secrétaire éventuellement, aussi. Un responsable politique, membre d'un exécutif local ou national, par amitié, par collusion, par conviction, aussi. Quelques mots au téléphone, c'est si peu.
C'est le moment où se rappeler que nous vivons en démocratie. Je suis Pierre Catalan, un garçon relativement peu influent, surtout en politique. J'habite Gros-Boule les Bains, et je cherche à me présenter aux municipales. Le maire de Gros-Boule, monsieur Duschmol, est très ami avec le préfet du département Gros-Boulais. Aura-t-il accès au fichier EDVIGE constitué à l'annonce de ma candidature, et qui pourtant n'a rien à voir avec la compétition démocratique?
Y aura-t-il accès alors que moi-même Pierre Catalan, citoyen Gros-Boulais payant mes impôts à Gros-Boule les Bains, n'y aurais pas accès?!
Parce que finalement dans la méthode, le plus choquant d'EDVIGE, c'est l'impossibilité totale, directement ou indirectement, pour les citoyens fichés, de consulter leurs fiches. Allons plus loin: en cas de procès, mon fichier EDVIGE sera-t-il produit comme preuve ou élément d'enquête au procès? Ou bien restera-t-il secret? Mon avocat y aura-t-il accès?
Il n'existe aucun mécanisme juridique qui me permette de demander de consulter ma fiche EDVIGE, et de constater si elle est fausse ou non. Ni dans quel esprit elle est rédigée. Nous ne sommes plus en Contrat Social. Nous sommes soumis au Leviathan, en y ajoutant un soupçon de servitude volontaire.
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Dans les justifications:
Le porte-parole de Michèle Alliot-Marie cite quelques exemples de cas d'utilisation d'EDVIGE:
- Le cas pré-cité des mineurs pour une utilisation de prévenion de la délinquance. On peut admettre le raisonnement: à condition évidemment que l'accès à la fiche EDVIGE soit possible, à l'instar des fiches actuelles des RG.
- Le cas d'un candidat à un poste dans l'administration. La justification est: "l'administration a tout de même le droit de savoir à qui elle a à faire". Justement NON. Tout ce que l'administration doit savoir, c'est si le candidat a un casier judiciaire ou non. La fonction publique est républicaine: peu importent les convictions politiques ou religieuses, tant que l'on reste dans le cadre de la République. On se croirait dans le temps de chasse aux Communistes des USA des années 50-60.
Et, allons plus loin. Adhérent militant de la LCR, M. Duschmol candidate à une administration publique. Il est fiché dans EDVIGE (eh oui, membre de la LCR, cela peut éventuellement être considéré comme un danger pour la sécurité nationale). Le recruteur constate qu Duschmol est militant LCR. S'il le refuse, que fait Duschmol? Peut-il attaquer en justice sous prétexte d'une discrimination parce qu'il est "inquiété pour ses convictions" (cf. Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, article 10)?
Ben non, puisqu'il ne peut pas le prouver, sa fiche EDVIGE étant confidentielle! Bien pratique non, ce retour subtil à un régime d'arbitraire.
D'ailleurs, je connais un actuel "homme politique" dont la candidature au cabinet du premier ministre de l'époque a été rejetée après une courte enquête, sans qu'il n'est besoin d'un quelconque fichier EDVIGE. Mais on peut supposer que l'enquête portait effectivement sur les qualités intrinsèques et non sur les convictions du personnage (qui ne doit pas en avoir beaucoup, en fait).
- Le cas d'un candidat à un mandat électif, pour lequel le préfet aurait droit de consulter la fiche EDVIGE des candidats. De quel droit? Je suis citoyen et aucun tribunal ne m'a privé de mes droits civiques. Pourquoi le préfet (représentant de l'autorité de l'Etat) aurait-il le droit de savoir quoi que ce soit sur mes convictions? Pour en faire quoi? Avec quelles garanties d'imperméabilité (imperméabilité = quand ça ne fuit pas).
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Réseau social
Par ailleurs, il paraît que EDVIGE permet de ficher aussi les contacts des heureux titulaires d'une fiche. Cela permet en fait de ficher n'importe qui, à son insu, et sans aucun droit de regard de leur part. Prenez Facebook comme exemple. Si je suis fiché sur EDVIGE, voici la carte des fiches qui pourraient concerner mon réseau social:
PS: Voir Sébastien, de ça réagit
00:08 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : edvige, politique, démocratie, libertés, droits de l'homme, stasi, kgb
05.09.2008
Bienveillante grossesse
La grossesse de Rachida Dati (dont personnellement je me fous, félicitations) arrive pile poil bien. D'abord pour Raphaëlle Bacqué, la fausse vrai journaliste politique du Monde qui n'avait rien à dire depuis la séparation de Ségolène Royal et François Hollande pour se mettre en avant, et qui ose prétendre un travail journalistique en interviewant la ministre sur son heureux événement. Ensuite pour Patrick Devedjian.
Le pauvre Patrick Devedjian, qui essaie de trouver du soutien dans une difficile période de sa vie politique. Le ministère de la parole aura vécu, le temps d'un bout de présidence Chirac. Depuis mai 2007, c'est révolu. Mais diantre, quel heureux hasard! Rachida Dati enceinte de 4-5 mois, ça signifie une Rachida Dati en congé de maternité en décembre-janvier! Un poste de garde des Sceaux qui se libère!
Une compensation pas trop déshonnorante pour se faire virer de la tête de l'UMP, et sans doute du Conseil général des Hauts de Seine.
Et ce malgré un scandale très médiatisé sur la "propreté" du département en juillet dernier, quand Devedjian disait "nettoyez les écuries d'Augias" de l'ancienne propriété de Pasqua et Sarkozy. En effet, comment imaginer une éjection de Devedjian après un tel pavé dans la mare, qui, immanquablement, donnerait crédit à l'annonce du successeur de Sarko dans le 92?
En même temps, le meilleur moyen de nettoyer les écuries d'Augias est de ne pas y faire entrer de porc.
Ministre de la justice... un poste que Devedjian guigne depuis bien longtemps, et qu'il s'était vu soufflé par la médiatique Rachida, qui porte bien mieux les robes Dior que lui, il faut le reconnaître.
11:15 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : devedjian, 92, hauts de seine, pasqua, sarkozy, dati, politique
02.09.2008
Pour faire plaisir à Nicolas
Versac, regretté blog de la mode et de la fashion tendance, aurait beaucoup aimé constater que le phénomène Tecktonik, dûment analysé par lui, a désormais passé le difficile cap de création underground dans le garage des parents à Goussainville. Désormais la tecktonik, on la trouve même en montagne.
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22:16 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tecktonik, versac, humour
01.09.2008
Martine ou la préhistoire?
On parlait d'éléphant, celle-ci donne l'impression d'un dinosaure. Après les universités d'été de La Rochelle le week-end dernier, l'impression est encore plus forte. On retrouve les vieilles recettes de la politique des alliances qui font fi des convictions, et on met vite vite sous le coude et sans vergogne aucune les questions d'ordre politique (NB: comment s'occuper de la vie de la cité) qui pourtant semblent fondamentales dans l'établissement d'un projet à proposer en démocratie.
Les universités d'été du PS, ce sont: 4 candidats, 1 poste, des centaines de faire-valoirs, et des moments off qui en disent plus que les discours. Martine a bien compris que donc, les discours, les moments où l'on dit des choses qui permettent de construire une opinion ou une ligne politique, ce n'était pas tellement le plus important. Elle intervient donc à la télé, ou les journalistes sont gentils et tolèrent ses 20 minutes de langue de bois autour de l'unité du parti avant de prendre des positions politiques. Elle prend des cafés et déjeune avec des amis de plus en plus nombreux pour garantir à la presse qu'elle rassemble, par ailleurs.
Tant et plus que l'un de mes contacts facebook est en train de faire un rêve fou: "et si Martine et Pierre pouvaient s'entendre?"
Là où le bas blesse, c'est que Martine, fille de Jacques Delors, façonneur de l'Europe avec un horizon porté à 20 ans, est en train de s'allier avec les amis de Laurent Fabius, pourfendeurs opportunistes de la construction européenne, avec un horizon porté à la prochaine élection présidentielle.
Martine reprend donc la gentille phrase de Mitterrand: "un Congrès réussit ce sont des additions, et pas des divisions". Et si jamais Mitterrand, un homme politique socialiste des années 70, avait tort, aujourd'hui en 2008?
Au risque de me répéter, le Parti Socialiste est sans doute en train de doucement se décrédibiliser avec cette incessante manie des attelages improbables. Aubry, Fabius, Cambadélis... une association des réseaux importants qui, si elle continue, aura le grand tort d'atomiser le courant strauss-kahnien, et de repousser encore la définition d'une ligne politique claire et moderne.
Le pauvre Pierre Moscovici s'est retrouvé à déjeuner tout seul pendant la Cène de Martine et ses amis sus-cités. Gérard Collomb et Jean-Noël Guérini se gardant bien de trop s'aligner sur Martine, eux qui préfèrent oublier qu'il y a un courant fabiusien (et on les comprend!). Si Martine et Pierre pouvaient s'entendre... ce serait sans doute pour Delanoë qu'il faudrait voter.
Cliquez ici pour l'avis de notre confrère de Ca réagit.
Lisez ici la contribution de "Sauvons l'Europe" aux universités d'Eté du PS.
15:40 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : martine aubry, pierre moscovici, delanoe, ps, hollande
Yes we can - Lee Dorsey
En flânant sur deezer ce matin, je suis tombé sur cette chanson de Lee Dorsey (oui, le matin au bureau, j'aime écouter "Ya Ya", ça me met en forme). L'actualité aidant...
Now's the time for all good men
To get together with one another
Iron out their problems and iron out their quarrels
And try to live as brothers
And try to find peace within
Without stepping on one another
And to respect the women of the world
Just remember we all had mothers
Make this land a better land
Than the world in which we live
And help each man be a better man
With the kindness that you give
And I know we can make it (I know that we can)
I know darn well we can work it out
Yes we can, I know we can can
Yes we can can, why can't we
If we wanna yes we can can
I know we can make it, world
I know we can make it if we try
Yes we can, I know we can can
Yes we can, great gosh almighty
Yes we can, I know we can can
Take care of the children
Children of the world
They're our greatest hope for the future
The little bitty boys and girls
Make this land a better land
Than the world in which we live
And help each man be a better man
With the kindness that you give
I know we can make it (I know that we can)
I know darn well we can work it out
Yes we can, I know we can can
Yes we can can, why can't we
If we wanna, yes we can can
We can make it
I know we can make it if we try
Yes we can, I know we can can
Yes we can, great gosh almighty, yes we can
I know we can can, yes we can
I know we can can, yes we can
Why can't we if we wanna, yes we can can
Yes we can, I know we can can
Yes we can, great gosh almighty
Yes we can, I know we can can
Yes we can I know we can can, can can
Why can't we, if we wanna, yes we can can
Yes we can I know we can can, yes we can
Great gosh almighty
Yes we can
I know we can can
11:04 Publié dans zapping | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lee dorsey, obama, usa










