12/12/2008

Crise du cerveau

Ce que les jeunes UMP pensent de la crise?

Excellente série d'interviews, de ces jeunes malmenés par la vie, qui à 23 ans vont devoir "utiliser moins la voiture" parce que l'essence est trop chère. Moi-même, tiens, j'ai du arrêter d'acheter de la brioche! Je me contente de pain.

Mention spéciale à Xavier T., de l'UMP Sciences PO, qui, à la question "travaillez-vous à côté de vos études?" répond "oui, je travaille en cabinet... enfin, j'ai un stage, c'est pas payé. [...] Mais à notre âge, c'est important d'être indépendant". (NB. M. Xavier T. m'a contacté par mail pour me préciser qu'effectivement, le montage est assez partial, n'évoquant par exemple pas son stage chez Nestlé cet été. Bon, ça reste bête, drôle et méchant, que demande le peuple?!)


Merci à Nick Carraway de m'avoir passé la pépite.

 

08/12/2008

Un parti démocratique

Scoop - Breaking News - Dernière minute

Xavier Bertrand a été nommé secrétaire général de l'UMP par Interim, a annoncé le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre.

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Tout d'abord, une vraie question: "Mais qui est Interim?" Qui est ce personnage qui peut nommer le dirigeant du parti le plus important de France (selon les chiffres officiels)?

Observons, alors que le PS continue de se déchirer lamentablement après à avoir eu à passer plusieurs étapes humiliantes telles que le Congrès où tout le monde se chamaille, le vote des militants où tout le monde se compte, le second tour de vote des militants où tout le monde se décompte, et la constitution d'une équipe où les égos doivent s'entendre, combien l'organisation de l'UMP est simple.

Le secrétaire-général précédemment nommé (pas par interim d'ailleurs celui-là. Qui avait bien pu le nommer Devedjian?) part, devenu ministre. Hop, en 2 jours, un nouveau secrétaire général est en place.

  1. Pas de vote des militants, ce qui évite d'avoir à révéler qu'ils sont 30000 et pas 200000
  2. Pas de déchirement interne entre plusieurs candidats rendu public
  3. L'impression d'un parti super bien organisé où les idées comptent plus que les personnes.

Tout bon pour l'UMP.

 

En revanche, question démocratie, on se demandera toujours quelle légitimité a Interim pour prendre de telles décisions.

20/08/2008

Marre que l'UMP me harcèle



Je vous rassure, l'énième sms reçu de la part de l'UMP aujourd'hui n'a pas effacé la jovialité colorée de mon sourire, qui s'élargit de jour en jour à Wroclaw, sous un soleil flambant et une température clémente, devant de belles blondes habillées d'été et des maison, églises, et autres places tellement jolies que ça rappelle Prague.

Mais quand même, j'en ai un peu assez de me faire harceler par texto. En mai-juin, c'était le lancement du parti des mecs de gauche qui soutiennent Sarkozy (quelqu'un sait combien il y a de membres au fait?), c'était l'invitation à écouter Fadela Amara présenter son plan banlieue, c'était l'invitation des "Jeunes Pop" à écouter Nadine Morano, Rogert Karoutchi ou Luc Chatel (tous ces types se ressemblent, on ne sait même plus qui fait ou cherche à faire quoi). Aujourd'hui, c'est donc ceci que j'ai reçu à 19h20:

"vous êtes invités à vous associer à la cérémonie militaire qui rendra hommage à nos soldats tombés en Afghanistan..." signé P. DEVEDJIAN

Bon, passons sur les points de suspension, qui ne sont pas du meilleur effet pour un tel message.

J'ai rendu ma carte à l'UMP en mars 2007, et nous sommes le 20 août 2008. Depuis un an et demie, je reçois encore des mails de l'UMP, des sms de l'UMP, des invitations facebook de l'UMP, et même, quand je fais mon marché, il y a immanquablement un grand con pour me soumettre un prospectus de l'UMP.

Pour le marché, je peux comprendre. Certains militants ont la mémoire d'un poisson rouge (enfin bleu). Pour le reste, déjà, je m'interroge sur l'éthique: quand un adhérent rend sa carte ou ne renouvelle pas, comment se fait-il que l'UMP lui fasse malgré tout subir ses diverses communications?

Ajoutez à cela que dans le milieu politique, ce qui fait la valeur d'un homme, c'est sa capacité à aller piquer les fichier et les faire tourner auprès des bonnes personnes, ce qui multiplie le nombre de spams (de la part de Karoutchi, de Coppé...). C'est ainsi qu'on passe de trouffion de 3eme rang à trouffion de 2d rang, à trouffion de 1er rang, pour accéder ensuite au grade de trouffion d'élite, puis d'élu, puis même, ça se dit, de trucs super genre conseiller général, régional, député, et autres postes qui vous permettent de ne presque plus rien payer des frais que le commun des mortels a quotidiennement à charge.

Manifestement, l'UMP ne paye pas ses sms. Ou alors, ils sont pétés de thune. Mais j'avais cru comprendre le contraire, depuis quelques mois (et l'annonce d'un deficit de 20 millions d'euros).

Alors, voilà. Agence de communication, ou bien trouffion de rang 3 qui te lève tous les matins pour aller rue La Boétie faire ta surveillance netvibes et googlenews sur les mots clés genre "Sarkozy, UMP, Devedjian, Bertrand, Fillon, et Rama Yade" (parce que tu en es amoureux), je gueule. J'ai déjà du téléphoner aux jeunes populaires pour cesser de recevoir leurs textos (ce qui semble marcher, croisons les doigts). Désormais, j'aimerais cesser de recevoir les sms de l'UMP global.

Les spams c'est facile, les boîtes mails le mettent directement dans la corbeille. Pas les sms.

Et franchement, quand on est sur le Rynek à Wroclaw, à siroter une Zywiec en galante compagnie, les soldats français tombés en Afghanistan ça parait... loin.

19/05/2008

UMP: le Contrat de Confiance

 Je reproduis un texte pas encore disponible sur le site de l'UMP, dirait-on, mais distribué avec "Le Magazine de l'Union", journal mensuel du bon petit militant UMP.

"OUI, je souhaite soutenir les actions menées par Nicolas Sarkozy pendant la durée de son quinquennat et renouveler mon engagement à l'UMP jusqu'en 2012 en signant le Pacte d'adhésion présidentiel et en souscrivant au prélèvement automatique de ma cotisation annuelle. Le montant de ma cotisation sera prélevé automatiquement en février chaque année jusqu'en 2012, fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Je peux à tout moment suspendre ce prélèvenement sur simple demande à létablissement teneur de mon compte."

 L'UMP a donc décidé de passer à un système de vente bien connu: "Cédez au prélèvement automatique, c'est tellement moins de souci! Et puis vous êtes libre, vous pouvez arrêter le paiement quand vous le voulez!". C'est un truc déjà utilisé par les ONG, et évidemment par les entreprises. Et si ça marche, c'est que en fait, la grosse majorité des gens ne fait pas attention.

 On peut souscrire au "Pacte d'adhésion présidentiel" en juin 2008, détester Sarkozy en décembre, et oublier qu'on a souscrit au Pacte, et donc continuer à se faire ponctionner savoureusement jusqu'à février 2012 (compris: il faut bien financ513382187_32ae587204_o.jpger la future campagne, avec ce parti en faillite). On savourera pleinement la grande confiance qu'a l'UMP en son charismatique et bien-aimé leader, puisqu'en demandant aux citoyens un engagement d'adhésion sur 4 ans, on les prend un peu à la gorge. Tenez, moi-même, je verse mensuellement de l'argent à l'association AIDES avec ce système, et cela fait 9 mois que je me dis que je devrais l'arrêter, parce qu'un jour d'août Place de la Bastille, on m'avait vendu le concept de façon mensongère. En attendant, je continue à donner.

 Tout de même, en souscrivant à ce pacte à la noix, l'adhérent n'est pas un pigeon total non-plus: "En devenant membres du "55", ces adhrents sont associés encore plus étroitement aux événements nationaux et reçoivent des informations privilégiées. Une carte spéciale leur est adressée." 

 Franchement, je me demande bien de quels "événements nationaux" on parle. Et surtout de quelle "association étroite": si l'UMP était un parti démocratique et participatif, ça se saurait. 

 Mais bon, il y a la carte argentée "55" collector. Cela vaut bien 35€ par an, non?

04/05/2008

Tel est notre ghetto

UMPGE, sous ce sigle se cache "UMP-Grandes Ecoles". Des gens plutôt sympathiques que j'ai côtoyé au tournant de l'année 2006-2007. Le premier d'entre eux, Benjamin Lancar, est d'ailleurs plutôt un garçon sympathique et intelligent. Si mes souvenirs sont bons d'ailleurs, plutôt pas sectaire du tout. Ce qui est loin d'être le cas pour tous.
 
 Avec leur site "40 ans + tard, les jeunes qui bougent ont changé de camp", les UMP-Grandes Ecoles vont faire un flop.
 Passons sur le pitch un peu raté même si bien rythmé qui a un côté ridicule: comment proférer aussi sérieusement un propos aussi imbécile que "les jeunes qui bougent sont à droite et rien qu'à droite", alors qu'il y a marqué en gros "UMP" derrière les-dites personnes? 
 Passons sur l'e-mail envoyé par un certain Raphaël Goebel à la blogosphère "influente" mais pas sarkozyste (en gros; la blogosphère influente tout court).
 
 D'ailleurs au passage, sale blague des Jeunes Populaires d'avoir confié à Goebel la propagande de leur action. E-mail qui d'ailleurs a pour but de me faire écrire ce billet. Je suis bon et manipulable.
 
1575635257.JPG Non, parlons du discours. "40 ans + tard, les jeunes qui bougent ont changé de camp". Sous-entendu: il y a 40 ans, mai 68 c'était la révolte des jeunes qui veulent décoincer le système, et aujourd'hui, les seuls jeunes qui suivent l'anticonformisme et l'esprit libertaire (ou libéral?) de mai 68, c'est les jeunes de droite. Les autres sont des conservateurs qui sont au choix, a) manipulés / b) cons / c) gauchistes.
 C'est un discours à peu près aussi bête que celui de Besancenot, qui dit le contraire.
 
 Tout d'abord, quand j'entends les Jeunes Pop dire "les jeunes qui bougent sont de droite", je me demande: c'est quoi, "de droite"? J'ai parmi mes concitoyens Boulonnais nombre jeunes issus de familles extrêmement aisées et extrêmement traditionnalistes, qui auront beau mettre un jean sous une veste, n'en resteront pas moins de gros conservateurs de droite.
 Pour moi, un conservateur ne bouge pas. Par définition.
 
 J'admets aisément que les conservateurs se trouvent aussi bien à droite qu'à gauche. Et que d'ailleurs, ces derniers temps (avec le NON de gauche au TCE), la gauche nous a montré de belles phases de son conservatisme.1945379666.jpg
 
 Mais depuis un an, la droite aussi. Sans aller jusqu'au Puy du Fou, il suffit juste d'analyser la façon d'aborder les problèmes de société de M. Sarkozy, et notamment ses points de vue sur la justice, pour observer un conservatisme qu'on ne me fera jamais prendre pour une attitude progressiste.
 
 A la vérité, les jeunes qui bougent sont un peu partout, mais sont plutôt à voir sous deux angles différents.
- Il y a ceux qui ont les moyens de bouger. C'est une question d'argent, de capital social, culturel. C'est une question de temps. Ce n'est pas évident de bouger, de vouloir faire Erasmus, de vouloir rencontrer des gens, de pouvoir se promener dans Paris et d'aller à Beaubourg. Pour des questions de sous, de culture, d'accès à l'éducation et à la culture, il y a proportionnellement plus de jeunes issus de famille CSP+ qui bougent.
 
- Il y a ceux qui ont le recul pour bouger. C'est une question d'éducation, et heureusement encore parfois, le système républicain permet de faire en sorte que l'éducation pallie bien des embûches que la société met sur la route des jeunes qui ne sont pas nés sous les meilleurs auspices.
 
 Benjamin Lancar, pour en revenir à lui, est étudiant de Grande Ecole. Camille Bedin (LA fille de l'équipe) est à Sciences Po. Goebel si j'en crois internet, à l'Ecole Nationale des Chartes. Ils bougent. Est-ce parce qu'ils sont de droite, ou bien parce que leur ca1559786499.JPGpital culturel leur a permis de le faire?
 Leur capital culturel et leurs études en tout cas ne devraient pas en faire des tâcherons blindés de sectarisme et de recul intellectuel. Leur site est pourtant en ces matières assez grossier (avec des logos choc). D'ailleurs je mets le lien à la fin, comme ça vous le visionnerez avec recul.
 
 Si donc ils "bougent", qu'ils sont intelligents, pas sectaires, libéraux, mais qu'ils éprouvent pourtant le besoin de créer un site aussi caricaturalement étriqué, c'est qu'ils sont ambitieux. Sarkozy ayant dit "il faut en finir avec Mai 68", ils ont choisi d'emboîter benoîtement le pas sur une logique simpliste et un poil démago (voir le montage photo sur l'héritage de Mai 68).
 
 C'est dommage.
 
2020614138.08.LZZZZZZZ.jpg PS: on me fait remarquer que certains responsables de l'UMP d'aujourd'hui bougeaient beaucoup en Mai 68 sans être précisément de gauche (même si l'occident se situe vers la gauche en géographie).

10/11/2007

24 personnes qui décident pour 110000 autres.

 Lundi la Commission d'investiture de l'UMP se réunira pour déterminer lequel des deux pretendants Boulonnais recevra l'onction du parti pour les municipales. Pour mémoire, voyons qui compose cette commission:

Jean-Claude GAUDIN, Bernard ACCOYER, Christine BOUTIN, Hervé de CHARRETTE, Philippe COCHET, Jean-François COPE, Edouard COURTIAL, Marie-Hélène DES ESGAULX, Bernard DEFLESSELLES, Patrick DEVEDJIAN, Nassimah DINDAR, François FILLON, Philippe GOUJON, Brice HORTEFEUX, Alain JOYANDET, Roger KAROUTCHI, Frédéric LEFEBVRE, Alain MARLEIX, Pierre MEHAIGNERIE, Hervé NOVELLI, Dominique PAILLE, Jean-Pierre RAFFARIN, Josselin DE ROHAN, André ROSSINOT.

 24 personnes, dont 3 du 92, pour déterminer qui sera le candidat de l'UMP à Boulogne, entre le maire sortant et le député et conseiller général récemment engagé "avec conviction et passion" auprès de Nicolas Sarkozy.

 Ils vont sans doute se décider sur la base de dossiers que quelqu'un leur aura confié, et qu'ils auront eu le temps d'éplucher pendant quelques voyages en train ou voiture. Au pire, un ami bienveillant se sera chargé de leur expliquer comme untel, ou untel, est plus compétent que l'autre pour prendre les rennes de la 36e ville de France, 2eme ville d'île de France, Boulogne-Billancourt. En beaucoup plus pire, ils auront reçu un coup de fil de l'Elysée.

 Ces personnes, indépendantes du pouvoir, naturellement, dénuées de toute ambition personnelle qui pourrait être freinée par un vote malencontreux, évidemment, profondément concernées par les enjeux, les habitants et l'histoire de Boulogne-Billancourt, bien sûr, vont donc décider.

 Je m'interroge: pourquoi à Paris ils ont eu des primaires à l'UMP? C'est une question de taille? Je croyais pourtant que Paris était la première d'une longue liste de ville honorant le principe de souveraineté des adhérents de l'UMP, comme les promesses de démocratisation de Nicolas Sarkozy l'avaient dit. Depuis de l'eau et des élections présidentielles, avec leur dose de ralliements négociés, ont passé sous les ponts, et les belles promesses de démocratisation de l'UMP ont du être jetées à l'eau. Et Neuilly a pu vivre son fait du prince et l'attribution de sa Baronnie au fidèle Martinon.

 Bien entendu, si la Commission tranche en faveur du maire sortant, Pierre-Mathieu Duhamel, je serai content. Si elle tranche en faveur de l'autre, je serai dégoûté. Mais de façon plus générale, je me demande tout de même comment les militants UMP, dont je ne suis plus, peuvent accepter de se voir dessaisir du pouvoir de désigner leur candidat, après tant de promesses.

 Le militantisme aveugle, et surtout muet, a des limites: citons en vrac et au choix, l'intelligence, la mémoire, les valeurs, le bien commun, le sens des priorités, l'amour-propre...

20/10/2007

Facebook et politique

La scène se passe quelque part rue de La Boétie (génial auteur de la Servitude Volontaire). Un troufion stagiaire quelconque, jeune populaire, et Thierry S. Thierry S est quelqu'un de très important. En tout cas il s'en donne l'air. Il est secrétaire à la fédération numérique de l'UMP. Un enjeu majeur hors élections.
 
 Troufion: "Salut Thierry, comme j'avais rien à fiche ce matin, comme tous les jours d'ailleurs, je me suis créé un compte facebook, c'est trop bien, j'ai pu déjà y retrouver tous les autres stagiaires et assistants parlementaires de l'UMP avec qui je glande toute la journée!"
 
 Thierry S: "Ah c'est bien ça, crois-tu que ça soit exploitable d'une quelconque façon?"
 
 Troufion: "Boarf, je sais pas trop, c'est un site de réseaux sociaux ulra viral qui permet à n'importe qui d'envoyer des invitations à rejoindre des groupes de n'importe quoi. Tu me croiras si tu veux, mais Yves Jégo s'est déjà créé un compte Facebook. Et il a déjà plein de potes qu'il ne connaît même pas!"
 
 Thierry S: (hmmm... Surtout ne pas montrer ma jubilation alors que je viens de trouver un moyen de me faire mousser en haut lieu à l'UMP sans bouger un poil de paume de main) "Ouais, une bonne récréation quoi."
 
 Troufion: "Bon, ben je vais déjeuner".
 
 Thierry S: "Tu me rapportes une pizza du coin? C'est l'UMP qui régale!"
 
 Troufion: (qu'il est cool ce mec)
 
 
 Bien sûr cette scène et ces personnages sont fictifs. Quiconque y verrait un quelconque rapport à la réalité serait un vrai paranoïaque.
 
 Toutefois voilà, je suis utilisateur de facebook, et je trouve ça super parce que j'ai retrouvé des amis de longue date, des amis lointains, et que depuis Montréal je peux échanger beaucoup de choses avec eux. Grâce aux applications de facebook je remarque que la théorie du petit monde n'est pas du tout absurde. J'ai adhéré à des groupes sympathiques; "My friends are getting married, I'm just getting drunk", ou bien "J'ai un humour de merde et j'assume". Comme n'importe qui peut créer un groupe, on a pu en créer un de Sciences Po à Dijon, etc. Mais depuis quelques temps (depuis que je commence à accueillir des blogueurs parmi mes amis en fait), la politique a fait irruption dans cet espace de détente, et le marketing politique qui va avec aussi.
 
 Revenons sur l'intérêt qu'il y a à créer un compte facebook pour un homme politique. Tout d'abord, ça fait jeune. Accessible. N'importe quel inconnu peut devenir le "facebook friend" de Bertrand Delanoe ou Yves Jégo. C'est ultra viral et fonctionne encore plus efficacement qu'internet: n'importe lequel de vos amis sur facebook peut vous inviter à rejoindre un groupe, participer à un événement, donner votre opinion sur quelque chose. Il est aisé de vous créer votre propre réseau social, et pour peu qu'il soit impressionnant, ça peut éventuellement inspirer le respect d'un ingénu.
 Récapitulons: facile de créer un réseau social, moderne, jeune (peu d'utilisateurs de plus de 35 ans), viral, extrêmement rapide. Le terrain parfait pour l'exercie de la démagogie internet sous prétexte "d'aller chercher les électeurs où ils se trouvent". 
 
 Revenons à notre politique fiction.
 
La scène seconde se passe dans un bureau du 1er étage de la rue La Boétie (visionnaire auteur de la Servitude Volontaire, l'ai-je déjà dit?). Thierry S frappe prudemment à la porte de Nadine M, porte-parole du parti politique le plus moderne de France.
 
 Thierry S: "Pardon de te déranger Nadine, voilà, j'ai planché super longtemps sur un projet internet génial, ultra viral, c'est complexe... théorie des réseaux sociaux, viralité du concept, construction d'un espace web UMP, cible jeune, travail de longue haleine mais nous y sommes presque. Nous pouvons dévoiler à la presse que l'UMP EST SUR FACEBOOK! Encore un coup d'avance sur ces crétins du MoDem et du PS!"
 
 Nadine M: "Hum. Thierry, je ne vous tutoie pas. C'est très bien, quel est le nom du truc déjà? FaïceBouque? Intéressant. Puisque c'est votre dossier, présentons-le à la presse demain voulez-vous? ... Et cessez de manger devant moi c'est agaçant!"
 
 Thierry S: Dis, tu placeras un mot pour moi à qui vous-savez?
 
 Nadine M: Bien sûr Thierry, bien sûr. (quelle engeance ce type, à quoi sert-il?!) 
 
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 Voici la conférence de presse:

 
 
 Pour vous dire toute la vérité, cela prend environ 3 secondes de créer un compte Facebook, à peu près 4 jours de retrouver les blogueurs et autres types de l'UMP habituels, et environ 1 minute pour créer un groupe "fédération numérique de l'UMP". A peu près 2 jours pour rameuter les militants et blogueurs UMP de facebook qui, comme leur statut l'indique (militant jeune et blogueur) passent leurs journées sur internet et sur le site de facebook. 
 
 Depuis quelques temps, je vois donc les groupes de soutien et autres intoxications auto-publicitaires éclorent sur facebook. Si ce n'était que ça. On m'y invite: "eh, Pierre, toi qui blogues, tu devrais adhérer au groupe de soutien à machin qui compte se présenter dans le trou du cul de la France!".
 
 Cela m'agresse et c'est très désagréable. Des jeunes populaires (et autres militants, soyons juste) croisés au hasard d'une réunion de blogueurs UMP veulent grossir leur réseau social et m'ajoutent. Cela m'agace, je dois refuser.
 
 "La Servitude Volontaire" d'accord. Mais là je n'ai rien choisi. Et cette stratégie marketing agressive et proprement virale a le don de passer à un autre genre de servitude. Elle ennuie tous ceux qui se fichent éperdument de "machin qui compte se présenter dans le ville de Chose sur Oise". En plus qu'il n'a d'ailleurs aucune influence ni écho qui dépasse les frontières d'un réseau social naturellement constitué: le milieu des militants partisans (de partis politiques, pas de causes plus universelles type Europe ou Droits du Bonze Birman) est très restreint.
 
 Et ce qui m'agace le plus, c'est que sur cette énorme intox, les Thierry S du monde entier puissent faire croire qu'ils servent à quelque chose. Et sans vergogne aucune continuer leur marketing politique à la petite semaine. Le tout de façon d'ailleurs très maladroite, avec effet vitrine mais pas de fond ni aucun concept pour matérialiser ce "militantisme en ligne". J'aimerais bien trouver une statistique sur le taux de fréquentation des groupes auxquels les utilisateurs de facebook ont adhéré. Il doit être bas.
 
 Il me semble que ce coup de gueule est un poil violent. Mais je crois qu'on a souvent du mal à différencier ce qui relève de l'intox et ce qui relève du vrai travail. Surtout quand comme Mme Nadine M on a beaucoup à faire et qu'on se fiche totalement de la "fédération numérique de l'UMP". Pour l'instant le concept est fumeux et n'importe quel troufion pourrait se charger de s'en occuper.
 
 A voir les noms des créateurs de ces divers groupes, c'est d'ailleurs le cas. 

25/05/2007

Qu'il est long le chemin de Damas...

fd77fb1a89dd78ad06076094edf07bd3.jpg Certains Boulonnais chanceux ont eu la chance de recevoir dans leur boîte aux lettres la profession de foi du député sortant, Stan Laurel Baguet, et de son suppléant, Oliver Hardy Solère. Une profession de foi que l'on peut trouver sur le site web du candidat, d'ailleurs. Dans les boîtes aux lettres, parce que sur les marchés, personne. A croire que l'UMP rechigne à faire campagne pour lui...

Le candidat y reproduit ce classement de l'Express que j'avais déjà gaussé il y a quelques temps, et il y écrit aussi ceci: "très tôt, comme député, je me suis engagé avec conviction et passion aux côtés de Nicolas Sarkozy". Je crois que les Boulonnais, qui ont suivi les turpitudes automnales de leur député en novembre dernier alors qu'il changeait doucement de camp, appécieront la façon dont Pierre-Christophe Baguet les prend pour des billes. Il y a dans cette phrase plusieurs mots étonnants de la main de m. Baguet.

Tout d'abord, "très tôt". Oui, novembe 2006 c'est très tôt si l'on compare à Hervé Morin, c'est vrai. Très tôt si l'on considère que ses abstentions sur les votes des budgets 2004, 2005 et 2006 sont une parenthèse de l'histoire du député, et si l'on se contente uniquement de prendre en compte le fait qu'il ait été élu sous l'étiquette UMP en 2002. Avant ensuite d'aller siéger à l'UDF.

"engagé" ensuite. On a en effet beaucoup vu M. Baguet sur des photos, et même sur des marchés. Mais attention, hein, jamais à distribuer, ou à faire distribuer des tracts sur le projet de Nicolas Sarkozy. Uniquement ses tracts à lui, d'auto-promotion, dans lesquels Nicolas Sarkozy servait plus de caution morale que d'engagement. Et ce même au plus fort de la campagne.

"Conviction" ensuite, évidemment. Comment peut-on dire que M. Baguet a la moindre conviction pour Nicolas Sarkozy, alors même qu'il a plus utilisé la campagne présidentielle pour assurer sa réélection, plut99ab8356cb9d62b02d5974310a009982.jpgôt que mené campagne à l'huile de coude pour expliquer le projet législatif de l'UMP? Je passe évidemment cette petite phrase relevée par le Canard Enchaîné du 9 mai, et prononcée par M. Baguet le soir du second tour: "J'ai choisi le bon camp!". ("ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent" disait Edgar Faure...) Oh, j'oublie aussi que M. Baguet, pour être bien sûr d'échapper aux pressions, est financièrement complètement dépendant de ses mandats électifs. C'est ça la vraie éthique...

"passion" enfin. Comme dit Nicolas Sarkozy, "la fidélité c'est pour les sentiments, et la compétence c'est pour le gouvernement". On demande à un amant d'être passionné. A un toutou éventuellement. A un chercheur sans doute. On a des passions envers des convictions. Mais je ne demande pas à mon député d'être un groupie, sans aucun esprit critique, s'engageant en 2007 à voter le budget de 2010.

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Je suis navré de le dire; M. Baguet est en fait d'une banalité déconcertante. Il illustre parfaitement le système tel qu'il est devenu aujourd'hui. Un système où les intrigues d'antichambre priment sur les compétences et les résultats. Où la discipline de parti empêche la représentation nationale d'exercer son mandat avec recul et critique. Où le député moyen est de moins en moins digne du mandat représentatif que l'on lui donne. Où désormais, avec l'état de grâce et une société du zapping, le contenant est bien plus important que le contenu. Il illustre l'extrême médiocrité de la classe politique "intermédiaire" d'aujourd'hui.

Mais Boulogne-Billancourt est une ville dont j'ai une haute idée. Nous avons voté à 73% pour le OUI. Nous avons toujours eu des taux de participations supérieurs à la moyenne nationale. Les extrêmes ont toujours été ridiculement bas. Le 22 avril, plus de 90% des Boulonnais ont voté pour les trois premiers candidats.

M. Baguet a tort de nous prendre pour des imbéciles moyens.

 

d7bd43a98ab2b759c6bef2a3c57c1be0.jpg J'ai entendu Nicolas Sarkozy. Sa volonté de réformer ce système perverti, de promouvoir la compétence, la culture du résultat, le travail sans tintamare, sans publicité exagérée, mais efficace. J'ai d'autres ambitions pour mon député, pour Boulogne, je suis UMP, je vote Dorothée!

17/05/2007

L'ouverture, enfin!

 Nicolas Sarkozy et François Fillon peaufinent leur équipe gouvernementale. J'imagine les choix cornéliens dont on a eu quelques retours dans la presse: privilégier la compétence, promouvoir l'ouverture, ça fait forcément des déçus, et j'ai d'ailleurs l'impression que pour ce premier gouvernement, Patrick Devedjian a été sacrifié sur l'autel de l'ouverture. Le bon pendant, c'est que Douste-Blazy et Hortefeux ont eux été sacrifiés sur l'autel de la compétence.

medium_kouchner.2.jpg Je disais au cours de la campagne en plaisantant que j'étais un UMP tendance Kouchner, et je suis ravi de voir que les yeux se sont tournés vers lui pour un éventuel ministère des Affaires Etrangères. Je suis d'ailleurs plutôt content qu'on se soit rappelé des compétences d'Hubert Védrine, par la même occasion. Qu'est-ce que cette ouverture à la gauche moderne veut dire?

 C'est la preuve que Nicolas Sarkozy privilégie les compétences au système du copinage, de la "République des Copains" qui a montré son inefficacité et ses désastres. C'est d'autant plus étonnant, cette rupture radicale, que pendant la campagne, et encore aujourd'hui au sein de l'UMP, le clanisme et la valeur de la meute uniforme ont beaucoup été privilégiés. D'ailleurs, à ma connaissance seul Charles a relevé le verrouillage de l'UMP au lendemain de l'élection, en changeant soudainement les statuts, sans doute afin de ne pas voir l'UMP se transformer en machine de guerre pour un concurrent, comme cela l'a été pour lui face à Chirac.

 L'ouverture est aussi la preuve que Sarkozy veut profondément faire bouger les lignes et obliger le PS a faire de même. Il compte clairement sur un système bipartiste qui puisse fonctionner au mieux avec des gens de valeur et de courage. La composition d'une majorité et d'une opposition constructives, qui s'opposent de façon responsable.

 Il faudra veiller à ne pas être trop agressif avec le PS, afin qu'il réussisse à vraiment tourner le dos à leurs extrêmes anti-libéraux. Et il faudra à François Bayrou bien du courage pour constater que ce que le centre ne peut pas construire, les deux grands partis Français peuvent le faire.medium_blair.jpg

 J'ai lu avant-hier le discours d'Adieu de Tony Blair, qu'il a prononcé à Sedgefield. J'ai été frappé par l'honnêteté et la responsabilité qui marquent ses propos. Par l'immense respect que l'on tire de ses mots. J'ai aussi été frappé par cette phrase, qui est un constat de l'état du Royaume-Uni en 1997, quand il devient Premier Ministre:

 "I looked at my own country - a great country, wonderful history, magnificent traditions, proud of its past, but strangely uncertain of its future, uncertain about the future, almost old-fashioned. All of that was curiously symbolised in its politics. You stood for individual aspiration and getting on in life, or social compassion and helping others. You were liberal in your values, or conservative. You believed in the power of the State, or the efforts of the individual. Spending more money on the public realm was the answer, or it was the problem. None of it made sense to me. It was 20th century ideology in a world approaching a new millennium."

 Aujourd'hui en France, en 2007, alors que nous avons toujours reculé pour froidement analyser que nous avons besoin d'une troisième voie, d'une rénovation dans notre façon d'aborder les problèmes, ce discours nous met face à nos reculades successives. Cette troisième voie a été abordée par le Parti Travailliste de Blair, il peut l'être en France par la présidence de Sarkozy.

29/04/2007

"Salut les PD!"

 Ce matin sur le marché, nous avons été accueillis très "jovialement" par des militants de l'UMP Boulogne de Thierry Solère medium_2eme_tour_Sarkozy.JPGet Pierre-Christophe Baguet aux cris de "Salut les PD!" (jeu de mots Ô combien subtil avec le nouveau parti de François Bayrou), alors que nous allions distribuer ce tract (photo) pour Dorothée.

 Bienvenue à l'UMP Boulogne, un endroit où il fait bon vivre la normalisation, la vulgarité, l'irrespect et la violence. Etonnant, du discours de Nicolas Sarkozy cet après-midi j'ai cru comprendre que le candidat pour qui je compte (re)voter promouvait d'autres valeurs...

 Un espoir: que la France d'après se fasse sans les petits fronts.

25/04/2007

ledebatudfump.com

 medium_redoublementUMP.2.jpg
J'ai reçu un mail de Jean-Pierre Raffarin, à l'instant. Il faut dire que ça tombe bien, je me demandais si il fallait que je parle de la création du Parti Démocrate, ou bien de la Turquie, et je n'avais le courage de n'entamer aucun des deux sujets.

 Il faut dire que j'ai entendu le truculent Jean-Pierre sur canal + tout à l'heure, et que du coup, ça tombe bien. Parce que pour le second tour, pour rassembler, sachez qu'il ne faut pas une volonté politique ou un changement de discours, mais un blog. Citation:

Dans son parcours, Ségolène Royal nous a souvent montré qu'elle savait ne pas hésiter sur les moyens pour atteindre ses fins.

Maintenant, elle propose la confiture ministérielle pour attirer l'électeur centriste. Avec elle, la manoeuvre précède la conviction. Ainsi, son mépris pour les convictions des électeurs centristes apparaît de manière éclatante.

Avec Nicolas Sarkozy, notre démarche est fondamentalement différente. Nous souhaitons que les électeurs puissent débattre de leurs convictions afin d'éclairer leur choix. Pour cette raison, nous ouvrons le blog "ledebatudfump.com" qui permettra une large discussion utile à tous. Débattre, c'est respecter.

 Dit donc Jean-Pierre à l'intention des électeurs de Bayrou qui seraient tentés par l'attraction du Vide habillé en Prada. Ce faisant, il balance une petite estocade à la candidate du PS, en caressant l'indécis dans le sens du poil, et en lui faisant comprendre qu'à l'UMP au moins, on se fichera pas de lui.

medium_rebond.2.jpg Parce que, comprenons-nous bien, la création d'un "pôle centriste", d'un "pôle de gauche", et le discours de Dijon où Nicolas Sarkozy a réussi à remettre une couche de "Ma France sans solution finale", ce n'est pas du foutage du gueule du tout. D'ailleurs, c'est certifié, Nicolas ne cherche pas à draguer l'électeur UDF, mais à le faire adhérer à ses idées, et à ses convictions. Dans le meilleur des mondes, c'est en effet ça la démocratie.

 Sauf que les idées de Nicolas, je ne sais pas si ce sont celles du programme législatif de l'UMP, ou bien celles qui ont fait, sans doute intelligemment, perdre un million de voix à Le Pen et qui ont consisté à accuser l'euro de tous les maux, la BCE de tous les vices, à proposer la création d'un ministère liant immigration et identité nationale, ou bien encore, à déclarer que l'identité Française ne pouvait pas se forger sur ses parts d'ombre.

 Puis-je suggérer que le meilleur moyen de draguer l'électeur UDF, c'est de coller au programme législatif de l'UMP, et sortir des placards, dans le désordre, Michel Barnier, Pierre Méhaignerie, Alain Juppé, et Jean-Louis Borloo?

 Bon, en gros, le marketing politique du candidat UMP me semble aussi confus que celui de son adversaire socialiste. Il est en train de se rendre compte que les électeurs UDF ne sont pas vraiment disposés à adhérer aux discours de ces dernières semaines. J'ai d'ailleurs l'impression qu'en ne changeant pas le disque pour l'entre-deux tours, Sarkozy fait sa première très grande erreur de la campagne.

 

 Et le pauvre Jean-Pierre qui va au front, alors qu'il y a un mois et demie seulement, il continuait à dire que la présidentelle se gagnerait au centre...

14/04/2007

Un parti social-démocrate moderne?

 Que penser lorsque deux des hommes politiques Français que vous estimez le plus appellent plus ou moins à s'écarter de Ségolène Royal pour se rapprocher de Bayrou, et construire quelque chose de nouveau entre socialistes réformistes et centre?medium_rocard.jpg

 J'admire Bernard Kouchner et Michel Rocard, et depuis longtemps; ce sont deux personnages qui ont su toujours sortir des dogmes et renvoyer dans les cordes les tristes légitimistes étriqués de leur parti. Cela fait longtemps qu'ils ont fait le choix d'un parti social-démocrate moderne et Européen, à l'image de celui de nos voisins Allemands, Espagnols, Irlandais, Italiens, ou même Tchèques. C'est avec courage qu'en pleine campagne ils imaginent cette nouvelle construction, et pour notre démocratie, on ne peut que s'en féliciter: une social-démocratie réconciliée avec le libéralisme, qui ferait la preuve (comme Sarkozy essaye lumedium_kouchner.jpgi aussi de le faire), que les plus socialistes dans la forme ne sont pas les plus efficaces dans le fond et la durée face aux problèmes sociaux qui se posent.

 Charles m'avait parlé de sa théorie du dilemme du prisonnier de la politique Française: les faiblesses de l'UMP et du PS face à leurs extrêmes les empêchent, pour l'un de s'affirmer comme un vrai libéral, pour l'autre de tourner le dos aux anti-libéraux, les entraînant dans un cercle vicieux néfaste à notre démocratie. Peut-être ce nouveau parti permettrait à l'UMP de se doter durablement d'une identité libérale, pour enfin créer un jeu politique honnête.

 Je ne peux que regretter que Nicolas Sarkozy fasse office d'épouvantail pour "vendre" le projet en pleine campagne électorale. Car c'est bien l'enjeu: comment imprimer cette transition dans les esprits, alors que nous sommes en campagne, sans trop froisser les militants PS et Ségolène Royal?

 

 Le vrai problème au fond, reste le même: c'est totalement anormal que l'élection présidentielle détermine et conditionne les élections législatives. Et là, le PS et l'UMP sont pris à leur propre piège, dans un effet secondaire de l'éventelle création de ce parti social-démocrate rénové: les propos de Rocard et Kouchner laissent entrevoir la possibilité pour Bayrou d'avoir une majorité avec laquelle gouverner. Et ça, ça change la donne de cette présidentielle.

Le blog de Sébastien

 Cet après-midi, un étudiant en master de Sciences Politiques à la Sorbonne est venu me poser quelques questions sur l'e-militantisme. J'observai à l'occasion que les blogs militants reprenant sans recul et sans critique les informations partisanes circulant de haut en bas avaient un succès pour le moins intime. C'est en effet une vision assez fermée des blogs et d'internet que de penser qu'on va pouvoir créer une "blogosphère partisane" peuplée de béni Oui-oui qui innonderont internet d'argmentaires préparés au sein des QG de campagne.medium_Sebastien_blog.JPG

 Bravo donc à Sébastien pour la création de son blog, qui nous met les points sur les i tout de suite: ce sera critique, Européen, UMP, culturel, avec du fond. Il m'a bien dit qu'avec ses concours en préparation, ce ne sera pas facile de bien le tenir à jour, mais je suis certain qu'il trouvera bien quelques dizaines de minutes à y consacrer...

 

11/04/2007

Comment être Pro-Européen dans cette campagne?

medium_rubon0.jpg Cédric, notre Européen jamais content, prolifique rédacteur sur le Taurillon, se demandait hier comment être pro-Européen et à l'UMP. Il faut dire qu'appartenir au Mouvement Européen et être dans un parti politique dans le même temps, ça revient bien souvent à avaler des couleuvres et son orgueil. Il faut dire que j'ai toujours eu une vision un peu naïve de l'engagement politique, et que je crois que le Mouvement Européen aussi. C'est un peu de la Soft Politique. La façon la plus utile et la plus nomedium_sgoulard.pngble de servir des idéaux: en informant les citoyens, des écoles aux centres commerciaux, en organisant des conférences, des débats... Et, surtout, le Mouvement Européen a ceci de supérieur aux partis politiques que c'est une association vraiment libérale. Vous avez un projet? On vous trouve le carnet d'adresse et l'argent, à vous de porter le bébé. Pas besoin de faire du plat à untel ou à untel, de prostituer ses convictions pour exister.

 Cette liberté et cette noblesse souffrent un peu en temps de campagne. Les militants du Mouvement Européen ne s'y sont d'ailleurs pas trompés, en préférant élire Sylvie Goulard (société civile) à sa présidence plutôt que de reconduire Pierre Moscovici, lancé en campagne.

medium_medium_pierre_moscovici.jpg Ce qui est étonnant, c'est que le Mouvement Européen est la parfaite illustration de la Grande Union de Bayrou. On y trouve Patrick Devedjian, Pierre Lequiller, Alain Lamassoure (UMP), tout comme Denis Badré, Jean-Louis Bourlanges (UDF), ou bien Pierre Moscovici (PS), Daniel Cohn-Bendit (Verts) ou Philippe Herzog (PCF). La parfaite illustration de la Grande Union, sur un sujet précis. C'est d'ailleurs sans doute la limite du concept de Bayrou.

 Néanmoins, je ne peux pas imaginer que ces illustres membres de l'association pro-européenne soient satisfaits des propos de leurs candidats respectifs sur l'Europe. Et cela va au-delà des convictions des uns et des autres: aujourd'hui, être pro-européen et dans un parti politique nationale, cela veut dire accepter les mensonges éhontés des uns et des autres (Sarkozy sur l'euro ou la Commission, Royal sur la BCE ou le Smic Européen, Bayrou sur la PAC, et Buffet plus globalement sur le libéralisme).medium_art_233_2.jpg

 Il n'y a pas malaise à être UMP et pro-Européen. Il y a malaise à être pro-Européen dans une campagne nationale où les candidats, qui par dogmatisme, qui par cynisme, qui par malhonnêteté, ont décidé de mentir aux Français sur un sujet si important pour notre avenir. Ce faisant, ils entrent dans un cercle vicieux dont ils ne maîtrisent pas la portée, et le 29 Mai 2005 nous a donné une petite idée des conséquences de telles lâchetés.

 Ce sujet comme tant d'autres mériterait humilité, conviction et honnêteté. Mais en campagne, l'humilité est sanctionnée, les convictions sont rejetées parce qu'effrayantes, et l'honnêteté devient naïveté.

 Le seul enjeu est d'arriver à être et rester populaire. Lorsqu'on ne l'est plus, il faut trouver d'autres stratagèmes pour que les autres le soient moins, ou pour faire publicité aux extrêmes afin d'affaiblir ses adversaires.

 

 Bien loin de la noblesse dont je faisais promotion dans les lignes précédentes, au sujet de l'engagement au Mouvement Européen.