20.03.2008

Victoire à la Phtirius

 Quelques jours de silence. On me l'a fait remarquer. Que voulez-vous? La campagne m'a fait prendre du retard dans pas mal de trucs. La publication devrait reprendre la normale bientôt, petit à petit. Nous avons donc perdu. Si vous me permettez ce petit écart, je remarque que, depuis ma majorité, je perds toutes les élections pour lesquelles je m'engage. Référendum pour le Traité Constitutionnel Européen, Présidentielle (même si je n'ai pas franchement milité), législatives, municipales et cantonales la semaine dernière.

 L'étonnant, c'est que, au lieu de me vexer, à chaque fois l'impression d'avoir bien fait est plus forte. A chaque fois, sauf pour la présidentielle, j'ai eu l'impression d'expliquer et défendre des idées, des idéaux, des gens qui en valaient la peine. Qui proposaient une vision de la politique, une réforme institutionnelle, un progrès, qui serait bon pour la Cité.

 Mon côté romantique est de croire qu'un jour, les Boulonnais nous remercierons d'avoir fait campagne contre les propositions démagogiques et la campagne de dénigrement de M. Baguet. En vérité, notre campagne a commencé bien tard, et notre compétiteur avait déjà beaucoup d'avance. Les rumeurs et autres saloperies circulaient déjà en sous-main. Les pires histoires, les mesquineries les plus vicieuses, dont je vous épargnerais le détail. Pléthore de bêtises et propositions aussi irréfléchies que démagogiques. Destruction de la vision de la ville existente pour un véritable néant intellectuel et culturel. 

 Et aujourd'hui, 3 jours après la défaite, la revanche des médiocres. De ces gens écartés de la ville par la gestion rigoureuse de Fourcade depuis 13 ans, qui reviennent. Qui sont revenus dimanche soir en mairie, avec une bannière "Baguet, un Boulonnais pour Boulogne", des cornes de brûme dans les salons d'honneur de l'Hôtel de Ville. La revanche de la médiocrité vous dis-je.

 Je ne regrette pas un seul instant mon engagement, parce que nous nous battions contre tout un système. Un système dans lequel un parti s'est substitué au rôle des citoyens. Nous pourrons y revenir, au fil des notes. Bernard Manin serait une lecture saine.

 Au final, Pierre-Christophe Baguet et ses partisans ont gagné, félicitons-les, ils ont tout compris à la démocratie, à ses travers, aux zones d'ombre du système. Ils ont su exploiter, par mimétisme ou par cynisme, la paresse des gens, la facilité qu'ils ont à croire à 2 phrases destructrices qu'à un long paragraphe argumenté. De ce point de vue, la comparaison des blogs de campagne et de leur contenu est sans appel. 

 Que vont-ils faire à présent?

 La majorité municipale de Baguet est déjà divisée entre Baguétistes et Solériens, qui vont se tirer dans les pattes pendant 6 ans. Et Baguet s'y connaît en division de majorité.

 Vendredi, le conseil municipal nouveau sera élu. Depuis peu, les conseillers municipaux ne sont plus élus poste par poste, mais d'un seul vote pour un plan de conseil municipal d'ensemble. Ce que je trouve très anti-démocratique d'ailleurs. Une fois ceci fait, nos 10 conseillers d'opposition bien gagnés auront du travail, avec l'opposition socialiste (5 élus) pour empêcher les nouveaux "propriétaires" de ne pas faire trop de bêtises.

 M. Baguet reste tout de même le maire le plus mal élu de l'histoire récente de Boulogne. Avec plus de 56% de votants Boulonnais pas convaincus par son projet, et près de 50% d'abstention. Qu'il n'aille pas s'imaginer qu'il lui serait proprement légitime de défaire tout ce qui a été fait sous prétexte d'orgueil personnel. Sous prétexte de vouloir "laisser sa marque".

 Si il ne veut pas que Boulogne se souvienne de lui comme d'une guigne, il devra écouter son opposition. Ne pas transformer le conseil municipal de Boulogne-Billancourt à l'image de ceux de ses voisins d'Asnières (période Aeschliman) ou Puteaux. L'ennui avec les gens médiocres, c'est que quand ils ne peuvent plus assumer et défendre leurs projets, ils finissent par devenir inquiets, et donc, par museler les forces de proposition alternatives.

 On verra bien ce que donnera cette "victoire à la Phtirius". En espérant que M. Baguet ne dira pas en plein Conseil Municipal à un élu qui veut lui poser une question "casse-toi, ou tu prends un coup de boule".

04.03.2008

Aménager la Route de la Reine

 Je reprends le programme de monsieur Baguet, pour parler de son projet d'aménagement de la Route de la Reine en "boulevard urbain". Je dis je reprends le programme, parce que franchement, il est tellement fouilli que c'est dur à lire.

 Si vous permettez, avant qu'on parle de la Route de la Reine, j'aimerais justement tenter un petit mot sur le marketing de campagne de Pierre-Christophe Baguet et ses colistiers. Si vous ne me permettez pas, passez au dernier paragraphe. Monsieur Baguet se présente donc à une élection municipale, qui est un scrutin de liste. Une liste à Boulogne-Billancourt rassemble 55 candidats, et contrairement à ce que l'on peut penser, le maire n'est pas élu au suffrage universel, mais il est élu par le conseil municipal. Pourtant, monsieur Baguet se présente partout seul. Seul, sans ses colistiers, mais vraiment partout. Au point que quand on reçoit la profession de foi de Marie-France de Rose (candidate aux cantonales nord-est), on en est à se demander qui de Baguet ou De Rose se présente.

 Seul, sans sa liste. Celle-ci n'est qu'à peine montrée, furtivement, sur une photo fadasse, sur ses panneaux. Pas un nom. A croire qu'il en a honte. Il n'y a pourtant pas de quoi: il n'y a qu'une poignée de revenants de "l'époque Graziani" qui a creusé le trou physique et financier du centre-ville, mettant le budget de la ville sous tutelle de l'Etat en 1995. Il n'y a (heureusement) qu'un seul "architecte-historien" dont la profession se gausse car si il n'est pas capable de seulement lire une maquette (confondant un mur et une promenade), il est bien prompt à poser des recours pour ralentir le travail de la municipalité sortante. (lire ce coup de gueule du Moniteur). Il n'y a qu'une "ingénieure des Ponts et Chaussées" (en réalité normalienne effectuant un séjour d'études dans cette école), que pourtant l'on n'entend guère expliquer le projet infaisable et démagogique de "tunnel urbain à péage".

 Le programme de monsieur Baguet est dans la même veine. On dirait qu'il en a tellement honte, qu'il noie toutes ses 100 propositions écrites en tout petit dans un bazar illisible d'où sortent quelques photos et quelques citations choc. Il n'y a pourtant pas de honte à proposer un tunnel urbain à péage irréalisable, une boucle de métro dont ni la RATP ni le STIF (syndicat des transports d'Île de France: le métro dépend de la région, pas du ministère) ne sont au courant, un nouveau projet d'Île Seguin concerté avec personne et qui nécessiterait des mois de dépollution et des années de redéfinition de projet. Pas de honte du tout.

 

 Pas de honte, alors qu'on est Conseiller Général sortant, à déclarer vouloir transformer la Route de la Reine en "boulevard urbain", alors que justement, la Route de la Reine est une départementale, et que la municipalité sortante n'a eu de cesse de demander à ses conseillers généraux (monsieur Baguet et monsieur Solère), de l'aider à la sécuriser et de participer à des chantiers pour en ralentir le trafic.

 Pas de honte non-plus à soutenir une candidate nouvelle pour prendre sa place au Conseil Général, qui promet de faire tout ce qu'en 6 ans il a été incapable de faire lui-même.

 Pas de honte à prendre les électeurs pour des imbéciles, en somme.

01.03.2008

Le tunnel urbain à péage de monsieur Baguet

 Un beau matin qu'il préparait son projet électoral pour Boulogne-Billancourt, monsieur Baguet s'est dit "ah mais c'est bien sûr! il y a un truc génial pour l'électorat, c'est de résoudre le problème de cette grosse avenue de 2km de long, la RN10, qui traverse Boulogne-Billancourt du nord au sud. Si e trouve un truc, je suis élu fastoche!"

 Monsieur Baguet a donc réfléchi très fort, et est arrivé à une solution de génie: l'enfouissement total de ces 2100m de route sur laquelle défilent plus de 50000 véhicules chaque jour. Véhicules de gens venant de banlieue ouest travailler à Boulogne et Paris. Il met donc ça dans son programme. "Et hop, ça passera comme une lettre à la poste. Les gens veulent du rêve, le concret ils s'en fichent".

 Mais voilà, il s'avère que les gens se demandent bien comment enfouir plus de 2km de route sous laquelle... passe le métro. Et surtout, combien ça coûte. Monsieur Baguet est obligé de réfléchir encore pour trouver un autre truc.

 Ah! Trouvé: le tunnel sera creusé par un concessionnaire, qui rentabilisera le projet en installant un péage. Quant au métro... Il suffit de creuser dessous, entre 50 et 100m de profondeur. Ben tiens.

 Rions de monsieur Baguet, qui n'est même pas foutu de se souvenir de la trigonométrie. Et même, sans trigonométrie, amusons-nous à calculer le longueur d'un tunnel creusé à 75m sous terre. Avec une pente de 4% (déjà dangereuse), il faut 2500m pour descendre à 75m sous terre. Et 2500m pour remonter. Soit 5km. La longueur du tunnel varierait donc entre 5001m et 7100m. Il faudrait donc le creuser (gag) depuis la ville de Sèvres (ou Meudon), et le faire sortir... en plein coeur du XVIe arrondissement, ou même plutôt du XVe. Sans compter que Sèvres, c'est une colline. Peut-être faudrait-il commencer à Ville d'Avray!

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 Ayant fait ce calcul comme n'importe quel citoyen un peu interloqué par pareille mesure, je me suis pointé à la réunion publique de monsieur Baguet, mercredi 27 février. Dès la première question de la séance de questions, j'ai levé la main. Le micro a été donné à un monsieur devant moi. A la seconde question, j'ai levé la main, et le micro a été donné juste derrière moi à la responsable des jeunes populaires de la ville, qui a posé une question préparée sur le logement des jeunes. J'ai relevé la main à la troisième, et la parole a été donnée à Philippe Dermagne, soutien de monsieur Baguet, par et pour complaisance. J'ai encore levé la main à la quatrième question, et la parole a été donnée à une vieille dame juste derrière moi. Et à la dernière question, alors que je levai la main et signalai par un tonitruant "je suis là! Houhou!", le micro a été passé à une autre vieille dame.

 Je ne l'ai pas eu, alors que toute la salle avait bien vu que je demandais la parole. Monsieur Baguet, une fois achevée sa dernière réponse, lève la séance. Je me lève et clame que la "transparence et la démocratie locale ont des progrès à faire dans ces réunions". Je suis emporté vers l'estrade, monsieur Baguet m'insulte et me menace tout bas, puis on me jette dehors.

 

 Je n'aurai donc pas pu poser ma question: comment fait-on pour creuser un tunnel sur les territoires des villes dgrandparisyv4.jpge Sèvres, Boulogne, et Paris? C'est à dire 3 communes différentes, et 2 conseils généraux différents?

 Questions subsidiaires: quel concessionnaire serait assez fou pour se lancer dans un tunnel de 7km de long en plein Paris? Et même si cela se faisait, quel serait le prix de ce fâmeux péage?

 

 En un mot, le programme de monsieur Baguet est absurde. Si tout est aussi irréfléchi que cette proposition à la gomme (et cela en a bien l'air), il serait extrêmement dangereux d'élire un homme pareil à la tête de la ville. Non seulement s'adonne t-il à la démagogie la plus grossière, mais en plus il prend les citoyens pour des imbéciles, et interdit le débat et la contradiction dans ses réunions publiques.

- Qu'est-ce que ce serait en conseil municipal face à l'opposition? Comme à Puteaux? Comme à Asnières?

- Dans quel état deviendraient les comptes de la ville? Sous tutelle de la préfecture, comme en 1995?

 

Votez Jean-Pierre Fourcade.