27/04/2009

La stratégie de campagne UMP? La Confusion des genres

 

campagne-ump-europeennes.jpg

Continuons à faire mentir le Politoblog, qui disait récemment que je ne parlais pas de la campagne des Européennes. Continuons, par ce nouvel article du Monde, que nous allons coupler avec une analyse un peu com' du message subliminal tenté par l'UMP sur son affiche de campagne. L'affiche de campagne, c'est un peu la meilleure synthèse d'une stratégie de communication en campagne électorale.

 

A quelle campagne sommes-nous confrontés?

Les élections européennes. Celles-ci nous font élire les députés européens, qui siègent au Parlement européen. Ce parlement a une triple particularité:

  1. il est transnational, et rassemble donc 27 nationalités différentes par groupe d'opinion (et non par nationalité)
  2. il est un organe législatif qui n'a pas de pouvoir d'initiative: seule la Commission peut proposer des textes de loi (directive ou règlement). En cela il diffère de tout parlement national qui peut formuler des propositions de loi (à l'inverse des projets de loi du gouvernment)
  3. les clivages matérialisés par les votes au Parlement européen, sont assez peu fidèles au découpage par groupe politique. 70% des textes sont votés par la majorité des députés PPE, ADLE et le PSE ensemble.

Dans le découpage des rôles entre la Commission (à l'initiative des textes de loi) et le Parlement, une troisième institution a une importance capitale. C'est l'institution qui représente les gouvernements des Etats membres (à l'inverse du Parlement qui représente les citoyens, et de la Commission, qui représente l'intérêt général): c'est le Conseil de l'UE, souvent appelé Conseil des ministres.

Celui-ci est à la fois organe exécutif et organe législatif. Le Parlement européen trouve tout son sens dans les allers-retours des textes de loi entre les députés et le Conseil des ministres, en ce sens que, bien souvent, les avis des deux institutions divergent. Et même, les avis des députés du PPE diffère de celui des ministres (les gouvernements de l'UE sont majoritairement de droite).

C'est bien la preuve que l'enjeu des élections européennes n'est pas un enjeu national, ou de vision nationale. Cela peut être un enjeu partisan (j'espère un Parlement régulateur, plus protecteur, etc, contre un Parlement majoritairement libéral), mais en aucun cas un enjeu national.

Exemple, les députés français du PPE ont voté contre la Directive Retour, alors que le gouvernement français représenté alors par M. Hortefeux était pour. Il est donc peu probable que Nicolas Sarkozy réussisse à faire des députés européens les mêmes représentants asservis que les députés UMP nationaux. Et ceci tout d'abord, parce que la grandeur du Parlement européen, c'est que les visions nationales ne sont pas productives. Même les extrêmes en commissions de travail, pensent de façon paneuropéenne.

 

Revenons à la campagne du Président de la République de l'UMP: celle-ci l'annonce tout net: "Après le succès de la Présidence française de l'Union européenne, avec Nicolas Sarkozy et la majorité présidentielle, continuons à changer l'Europe!"

Double imposture:

  1. Celle de faire croire que la PFUE n'a été que le succès de Sarkozy. Comme j'ai eu l'occasion de le dire, les Présidences de l'UE sont regroupées par trois, pour plus de cohérence de calendrier. Celle de Nicolas Sarkozy a donc fait partie d'un premier triumvat (Portugal/Slovénie/France), puis d'un second (Slovénie/France/Tchéquie), et d'un troisième (France/Tchéquie/Suède). Ces regroupement ont pour bout de suivre un calendrier cohérent. C'est pour cela que, sur les dossiers de fond, la France n'a pas tellement plus brillée que la Slovénie.
  2. Celle de faire croire que les élections européennes comportent le même enjeu qu'une présidence de l'UE. Citoyen que tu es, cher lecteur, tu dois savoir que la Présidence du Conseil, ce sont les grandes orientations, les décisions à l'unanimité entre chefs d'Etat, les concessions... Le Parlement, c'est la parole, le débat. Vote, fais de ce parlement un lieu de débat, et non une chambre de passage des textes.

Ceci nous amène à la vision suggérée par l'UMP du rôle du Parlement:

Les députés et les sénateurs français ont, la saviez-vous, le pouvoir de faire des propositions de loi. Las, ce pouvoir va s'amenuisant, le Parlement devenant de plus en plus un lieu de débat des grandes décisions du gouvernement (projets de loi). Le Parlement européen n'a malheureusement pas le pouvoir de proposer des lois (et encore moins depuis que le rejet du TCE a annulé la proposition de la pétition populaire auprès de la Commission pour demander une législation particulière).

L'objectif de communication de la campagne est assez évident: il consiste à effacer toute singularité des candidats UMP (l'argument à deux balles pour évincer Lamassoure sur la "locomotive électorale Baudis" aura vécu, ahah), au profit d'une seule et unique figure: le Président Sarkozy. Je me demande si c'est bien comme ça qu'on valorise l'enjeu et le travail du Parlement européen...

Dans l'article du Monde que j'évoquais en début d'article, il est dit: "M. Sarkozy va fortement s'impliquer dans la bataille des élections européennes." Et ce directemet suivi d'une citation de Michel Barnier: "Le Président présentera le 5 mai à Nîmes le projet européen de la France".

Le vote des Européennes devient donc un vote pour représenter le pays, la vision du pays. Ce n'est absolument ni l'endroit, ni l'objet. J'élis un député pour me représenter. Et je ne souhaite pas être représenté en tant que Français, mais en tant que citoyen libéral progressiste qui aimerait trouver un modèle de développement responsable et soutenable. Cette stratégie y est contraire, et incarne la négation des principes de la représentation démocratique des citoyens.

 

Je commence à avoir un problème. Je me dis que l'UMP a envie de confrondre parole de l'Etat français et proposition de débat politique (celui d'un parti politique parmi d'autres). Je me dis que Nicolas Sarkozy fait prévaloir en politique intérieure des succès européens qui ne lui sont pas dûs (et que ce n'est pas une attitude très européenne). Je me demande si Nicolas Sarkozy va présenter la vision européenne de la France ou celle de l'UMP, ou si c'est synonymique.

Je me demande si nous sommes dans une logique de parti d'Etat.

Je me dis que ce n'est pas un hasard si il y a de moins en moins de propositions de loi au parlement français.

 

Et je me dis que, oui, peut-être, du temps de Chirac c'était un peu mou, cette campagne. Qui ressemblait plus à un référendum pour/contre la politique du gouvernement. Mais au moins nous étions en démocratie en ce qui concerne le débat politique. Parce que chaque parti politique recevait le même traitement.

Je me dis que les communiquants et stratèges politiques entourant Sarkozy ont trouvé la parade au vote de défiance à la politique du gouvernement, et ce au prix d'une intégrité politique que je pense importante.

 

Cela ce saurait si votre humble serviteur s'alarmait pour un rien. Ben là, par exemple...

 

24/04/2009

Abyssal Bruno le Maire

Bruno Le Maire, nouveau secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, a participé à un chat sur lemonde.fr. Ce chat mérite que l'on s'y arrête. Sur la défensive, le secrétaire d'Etat, dont la fonction est en premier lieu celle de s'assurer de la bonne coopération entre la France et ses partenaires, mais qui est par ailleurs l'un des responsables de la campagne européenne de l'UMP, tente de justifier le positionnement de son parti pour les élections européennes.

Positionnement que l'on peut résumer ainsi: "faites confiance au parti (et à son chef charismatique et élyséen) qui a garanti une bonne Présidence française de l'UE".


Arrêtons-nous sur quelques passages du chat, histoire de se rendre compte à quel point l'UMP devient un parti qui confond pragmatisme et démagogie.


Question: Que pensez-vous du manque de connaissance de la question européenne affichée par Rachida Dati ?

Réponse: Je suis convaincu qu'elle fera une excellente députée européenne, et qu'elle se battra au Parlement européen avec la ténacité qu'on lui connaît [...] elle est déterminée à jouer pleinement son rôle dans la campagne. Elle s'intéresse aux questions européennes. Elle veut être une députée européenne efficace et assidue.

Hypocrisie! En mars, un responsable de la campagne UMP en Ile de France tentait de me rassurer sur la présence de Dati derrière Barnier, en me confiant "elle lit, rencontre et apprend beaucoup [...] elle compte même faire de sa mairie du 7e un point d'information sur l'Europe!". Je suis prêt à prendre le pari qu'il n'en sera rien: tant que le Parlement européen ne sera pas un lieu de pouvoir et de média, il ne l'intéressera pas. Par ailleurs, et c'est une question sans malice (d'autres candidats sont concernés par cette réflexion), comme prétendre être une députée européenne "efficace et assidue" alors qu'on cumule également un mandat local parisien?


Question: François Fillon et Nicolas Sarkozy doivent-ils s'investir dans la campagne ?

Réponse: Il me semble naturel et utile que le chef de l'Etat et le premier ministre, qui ont réalisé une présidence française sans faute, jouent un rôle de premier plan dans la campagne européenne. Ils participeront tous les deux aux débats et à des meetings de campagne.

Ici, Bruno Le Maire vous prend, chers lecteurs du quotidien du soir (et de l'internet), pour des grosses, grosses buses. Reformulons l'argument brandi par le transfuge villepiniste: "La PFUE a été un succès -> la PFUE était française -> la France c'est Sarkozy et Fillon -> Sarkozy et Fillon ont toute légitimité pour participer aux élections européennes".

Il est assez inquiétant d'entendre ce genre d'argument dans la bouche d'un secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes. La PFUE s'est inscrite dans un trio de présidences (Portugaise/Slovène/Française, puis Slovène/Française/Tchèque, puis Française/Tchèque/Suédoise) et à ce titre, sa maîtrise de l'agenda (la Présidence du Conseil européen met les sujets à l'agenda du travail exécutif et législatif) a été on ne peut plus encadrée.

Ajoutons que la Présidence de l'UE n'est française que de géographie. Pour le reste, elle est censée oeuvrer pour l'intérêt général, et donc, en échappant à l'esprit partisan. Le raccourci PFUE=Super, donc Elections européennes=Sarkozy (comme voudrait l'inspirer l'affiche électorale de l'UMP) est donc mensonger, et pire, à mon avis, démocratiquement hasardeux.


Question: Trouvez-vous normal que le président de la République (qui représente tous les Français) s'implique pour un parti spécifique ?

Réponse: Mais le président de la République appartient aussi à une majorité ! Il est normal qu'au moment d'une campagne il joue son rôle au service de cette majorité.

quand+l+Europe+veut+l+Europe+peut.jpgQuel con, ce type qui a posé une question. Evidemment que le Président et l'UMP c'est kif-kif. Sinon, on n'organiserait pas les différents bureaux politiques du parti majoritaire directement à l'Elysée, pour gagner du temps. Donc, question une nouvelle fois: est-il normal que Sarkozy s'implique pour l'UMP dans la campagne?

Bien sûr que non. Nicolas Sarkozy, et son gouvernement (cf. la majorité) jouent d'ores et déjà un rôle extrêmement important dans le processus décisionnel européen. En effet, le Conseil de l'UE qui rassemble les ministres, est organe à la fois exécutif et législatif. Pour chaque sujet spécifique, les ministres européens concernés se réunissent, et jouent le rôle de 2eme chambre (genre de Sénat), pour amender les textes de loi venus de la 1ere chambre (Parlement européen NDLR).

C'est dans ce cadre et celui de la négociation des priorités budgétaires et agenda (dont on parle principalement lors des Conseils européens des Chefs d'Etat et de gouvernement, 4 fois par an) que Sarkozy et sa majorité ont une influence.

Qu'il laisse le Parlement représenter les citoyens.

Ce qui nous conduit à la prochaine perle de Bruno Le Maire:


Question: Pour certains membres de l'UMP, notamment des ministres, figurer sur les listes aux européennes a sonné comme une "punition". Ce n'est pas vraiment un signal fort de l'engagement européen du parti au pouvoir en France...

Réponse: Le rôle de parlementaire européen est un rôle majeur, je le vois tous les jours. On doit être fier de représenter son pays au Parlement européen.

Non, ce qui saute aux yeux n'est pas le rattrapage du déshonneur Datiesque. C'est l'argument final: "on doit être fier de représenter son pays au Parlement européen". Bruno! T'es vraiment perdu pour l'intelligence! Ne te souviens-tu pas de tes cours de droit constitutionnel en 1ere année de SciencesPo?!

Depuis quand un Parlementaire représente t-il sa circonscription, son département, ou son pays (pour le cas d'un parlement transnational, ce qui nous occupe aujourd'hui)? Depuis JAMAIS!

Le député européen, on l'élit parce qu'on croit en un plus grand nombre de ses idées qu'en celles de ses concurrents. Les députés européens au Parlement se réunissent par groupe, représentant des affinités d'idées. Il ne se rassemblent pas par nationalté, tête de bûche!

Mais voilà la logique qui sous-tend la campagne UMP: voter pour les élections européennes, c'est voter pour son pays. L'UMP symbolise sa candidature aux Européennes par le visage de Sarkozy.

Conclusion: Sarkozy, c'est la France. Chapeau Bruno, t'es un as.


Question: Le PS est souvent critiqué pour son manque de cohésion interne. Mais ne pensez-vous pourtant pas que les socialistes aient une longueur d'avance sur l'UMP pour les européennes ? Leurs listes sont finalisées depuis un mois...

Réponse: Ce que je vois, au contraire, c'est que le Parti socialiste s'efforce de recentrer la campagne sur les questions nationales. C'est une erreur, et ce n'est pas à la hauteur de l'enjeu.

Encore une hypocrisie: en plaçant Sarkozy sur ses affiches et en le faisant intervenir de façon partisane pour les élections, l'UMP ne centre t-il pas la campagne sur des questions nationales (voir nombriliques)?


Question: Si on vous pose la question, à quoi sert le Parlement européen, que répondez-vous ?

Réponse: Il sert à représenter les citoyens. Il est un instrument de démocratie essentiel pour l'Europe. Le rôle qu'il joue dans la modification et le choix des textes européens est décisif.

Tiens, il se contredit en plus. (choix? quel choix? Mais de quoi parle t-il?)


Bon, dans ma quête de liste pour laquelle voter, et malgré toute ma sympathie (dans son sens le plus étymologique) pour Michel Barnier, l'UMP, ce sera sans moi.


13/04/2009

Kouchner n'est pas un homme d'Etat

Intéressant revirement de Bernard Kouchner au sujet de la Turquie dans l'UE la semaine dernière. Il était pour, et après le sommet de l'OTAN, plutôt contre.

Au même moment que Sarkozy pouvait tenter d'utiliser le soutien d'Obama à l'entrée de la Turquie dans l'UE à trois niveaux: un niveau fédérateur avec ses quelques partenaires européens ouvertement anti-Turquie dans l'Union (Allemagne, Autriche), un niveau électoral en en faisant un sujet de campagne pour les Européennes, et un niveau de popularité, en étant en phase avec l'opinion contre le nouveau Dieu sur Terre (Obama).

Voilà la justification de Bernard Kouchner: «Oui, parce que j’ai été très choqué par cette forme de pression qui a été exercée sur nous» (par Ankara, lors de la nommination de Rasmussen comme secrétaire général de l'OTAN).

C'est formidable non? Le Premier ministre turc procède à un chantage douteux (cf. retour des caricatures danoises), donc les Turcs ne sont plus prêts à entrer dans l'UE.

 

Si tous les hommes d'Etat étrangers étaient comme Kouchner, avec Sarkozy comme Président, les Français ne seraient plus prêts d'entrer nulle part...



09/04/2009

Irruption de la Turquie dans les élections européennes?

On a parlé deux fois de Turquie cette semaine, et j'y vois comme un rapport.

La première, parce que le pauvre Silvio Berlusconi n'a pas pu être présent à la photo de famille des pays membres de l'OTAN. Et pour cause, il aurait été au téléphone près d'une heure avec Erdogan, pour le convaincre de participer à l'unanimité nommant Anders Fogh Rasmussen comme secrétaire général de l'OTAN. Rasmussen, premier ministre danois en exercice (à ne pas confondre avec l'autre Rasmussen, que les socialistes français aimeraient bien voir à la tête de la Commission européenne), avait attiré les foudres du Premier ministre turc lors de l'affaires des "caricatures danoises".

La deuxième, parce que, à la fin du Sommet de l'OTAN, le Président Obama a rappelé l'importance d'une adhésion de la Turquie à l'UE. En cela, Obama ne change pas de son prédécesseur, qui exprimait le même souhait.

Pour Erdogan, le soutien de l'homme qui aurait recueilli plus de 70% des voix des Européens si ceux-ci avaient pu voter le 4 novembre dernier, est important. Il est important politiquement (la raison avancée par Obama étant que l'adhésion d'un pays à majorité musulmane serait une chance pour l'UE) comme il l'est symboliquement: c'est Barack Obama, premier président noir des USA (comprendre: issu d'une minorité longtemps bafouée et martyrisée) qui appelle l'UE à faire preuve d'intégration.

Il n'est pas improbable que l'acquisition de l'unanimité autour de Rasmussen pour l'OTAN ait un lien avec ce soutien Obamesque.

 

Bon, pourquoi par contre en faire un sujet de campagne pour les Européennes, comme on sent que c'est en train de le devenir (Lefebvre demandant à tous les partis de "clarifier leur position sur le sujet", des militants UMP laissant ça et là sur facebook et twitter des messages comme "voter UMP c'est voter contre la Turquie dans l'Europe!")?

Poser la question de la Turquie c'est poser la question de l'Elargissement, et donc poser une question sur laquelle le Parlement n'a strictement aucun pouvoir. Ouvrir les négociations avec un pays candidat (les négociations sont en cours avec la Turquie depuis 2005 et suivent une courbe pour le moins incertaine) sont du ressort des Etats-membres. Les négociations sont menées par la Commission européenne (Direction Général aux Elargissements) selon une foultitude de critères extrêmement précis, à remplir par le candidat.

Ces critères relèvent du droit et de l'adaptation au système juridique et législatif européen. Ils ne reposent évidemment pas sur des considérations religieuses ou identitaires. Le Traité d'Amsterdam (je crois) a fixé la capacité de l'UE à s'élargir aux "frontières de l'Europe". C'est la seule question qui peut se poser concernant la Turquie, hors des critères de négociation. Toute autre considération relèverait du procès d'intention (j'ai entendu que les Turcs ne seraient pas capables de s'adapter à la démocratie européenne par exemple).

Pour ma part, cette question géographique est tranchée: on a accueilli Chypre, pourquoi pas la Turquie?

Non, les grosses questions concernant la Turquie restent celles des Droits de l'Homme, de la capacité d'absorption de la législation européenne, et, plus terre à terre encore, la question des fonds structurels. En effet, l'adhésion de la Turquie à l'UE sans augmentation du budget des fonds régionaux et fonds structurels poseraient un vrai problème de développement de l'UE.

Notamment en contexte de crise.

Mais, à ce que je sache, aucune date n'est fixée à l'entrée éventuelle de la Turquie dans l'Union. Et aucune influence politique ne saurait peser sur les négociations d'adhésion, qui, comme je le disais précédemment, sont un cahier de charges à remplir... qui peut très bien se conclure par un refus.

 

Revenons-en à l'un des arguments émergents de l'UMP pour les élections européennes: "voter UMP, c'est voter contre une Turquie européenne". Pourquoi, outre les arguments ci-précédemment évoqués, cela me gêne-t-il?

  1. Je trouve particulièrement délicat de voter pour un parti qui affirme en 2009 être contre l'entrée d'un pays dans l'UE, à un horizon qui n'est pas encore connu. Il manque à quiconque se pose la question de l'adhésion de la Turquie à l'UE une information fondamentale:le calendrier. J'en conclus que l'UMP s'oppose à l'adhésion de la Turquie pour des considérations culturelles, religieuses... mais ni politiques, ni juridiques (il faut en finir avec l'interminable argument géographique, qui n'est qu'une façon de ne pas évoquer des motivations moins justifiables...)
  2. Cela est totalement hors des pouvoirs du Parlement.
  3. Les députés UMP représentent que 17 sièges sur 785 en tout. Et 17 sur 285 pour le groupe PPE-DE. Lequel groupe PPE-DE comprend de nombreux députés en faveur de l'entrée de la Turquie (britanniques, tchèques, polonais, et j'en passe). Quelle serait leur influence?

 

J'espère bien que cette tentative électoraliste et démagogique d'aborder la campagne aura un effet de crème renversé. Parler de Turquie pour ces élections européennes, avec les institutions actuelles (ne laissant aucun pouvoir du Parlement européen sur les élargissements) n'a aucun sens, à part de dévoiler les vraies motivations de l'UMP...

 

... éloigner encore un peu plus le débat des élections européennes de sujets qui le concerne. Barnier aura beau jeu de dire qu'il veut que ces élections européennes "abordent les vrais enjeux".

 

PS: je rappelle à tout hasard que je n'ai pour l'instant aucun avis sur la place de la Turquie dans l'UE, et que la seule information dans ce billet qui influencera mon vote, c'est la façon qu'a l'UMP d'insulter mon intelligence de citoyen en brandissant la Turquie comme argument de campagne.

24/12/2008

PFUE - un bilan?

J'écris de moins en moins ici... Et ce n'est pas l'envie qui manque pourtant, plutôt le temps.

 

UE_08_rvb.jpgLa Présidence française de l'UE a pris fin la semaine dernière, pourtant, la passation de pouvoir avec la Présidence tchèque se fera le 31 décembre. Sans doute le discours de bons voeux du Président Sarkozy sera-t-il teinté de cette belle formule "j'ai voulu bouger l'Europe, mais l'Europe m'a changé".

C'est très vrai. On remarquera que l'homme change beaucoup. Mais que je préfère son "j'ai changé" du 16 décembre 2008 à son "j'ai changé" du 14 janvier 2007, au palais des expositions de la porte de Versailles. L'homme change en hiver.

Ceci dit, sur le sujet particulier de l'Europe, on peut créditer à Sarkozy sans prendre grand risque la sincérité du propos, plutôt que l'aspect pub/communication de la campagne présidentielle.

Qu'était Nicolas Sarkozy avant le 1er juillet 2008 (ou, plutôt, avant août 2008 et la crise géorgienne)?

Un homme dont tout le monde disait que la construction européenne et la concertation était le dernier des soucis. Un type ignorant des modes de décision européens, ignorant du respect et du temps à prendre pour se concerter avec ses partenaires. Insultant, même, quand il imagine l'Union pour la Méditerranée uniquement entre Etats limitrophes de la mer séparant Europe et Afrique, sans inclure l'Allemagne et les 20 autres partenaires européens déjà concernés par la politique de voisinage et le processus de Barcelone.

Un homme qui dégaine "la faute à la BCE" plus vite que son ombre. Un homme qui n'hésitait pas à monter les citoyens contre la Commission européenne (notamment le commissaire au commerce) sans évidemment expliquer que les directives, les règlements, et les accords négociés à l'OMC ne pouvaient se faire sans l'aval des Etats-membres (Conseil des ministres de l'UE, co-législateur et co-exécutif).

Qu'est-ce qu'une présidence de l'UE?

Une présidence de l'UE, c'est un bonbon. Qui a trois utilités:

Avoir un Etat pour gérer l'agenda (le Conseil Européen des Chefs d'Etat et de gouvernement établit les grandes orientations de l'UE: il faut bien quelqu'un pour mettre tout le monde d'accord sur l'agenda).

Passer une présidence Etat par Etat pour forger un esprit européen (et intéresser les citoyens au sujet: tous les eurobaromètres témoignent d'un regain d'intérêt pour l'UE lors d'une présidence).

Laisser surtout la gestion courante, normative et législative à la Commission, seule à pouvoir proposer des textes de loi au Parlement européen et au Conseil des ministres de l'UE (qui légifèrent conjointement).

Qu'a été la Présidence française de l'UE?

Une présidence de crise particulièrement exemplaire de 3 points de vue:

  1. La réactivité du pouvoir
  2. L'incarnation du pouvoir
  3. L'expression et la matérialisation du pouvoir

Et d'un pouvoir non-plus incarné par la Commission (technocrates, fonctionnaires, indispensables à la bonne marche de l'UE mais stigmatisés par les anti-européens, parfois à raison, avouons-le), mais incarné politiquement par un dirigeant élu et incontestablement légitime (la légitimité de la Commission, tirée de son souci du bien commun de l'UE et du vote du Parlement européen, est parfois difficilement appréciable par les citoyens).

 

Réactivité du pouvoir

Un pouvoir réactif, et même pro-actif, aidé par la personnalité de celui qui l'a incarné (Sarkozy), et par le contexte (crise diplomatique, élections américaines, et crise financière et économique).

Crise diplomatique: la tatonnements d'un Sarkozy qui revoit son mode de fonctionnement: il apprend la concertation. Il réagit avec urgence, se trompe, Angela Merkel passe derrière et lisse les bords en rappelant que certaines concessions de Sarko en bilatérale avec Medvedev ne sont pas tolérables (notamment dans le champ lexical du relativisme utilisé par le président en exercice de l'UE).

Au final, un positionnement de l'UE inédit! Souvenons-nous quand Poutine venait à Bruxelles, et que seul le président du Parlement européen  Josep Borrell osait critiquer la situation tchétchène! Là, l'UE fait bloc, réussit à unir la méfiance polonaise, balte, et la diplomatie prudente des autres Etats membres.

Elections américaines: l'expression d'une globalisation positive, espoir du monde entier de rompre avec l'administration Bush... c'est l'opportunité pour l'Europe de s'assumer comme une puissance idéologique leader. Le modèle de développement de l'UE (économie sociale de marché, globalisation gérée, co-développement encouragé, environnement pris en compte...) devient un référence, à laquelle le candidat Obama se réfère. Sarkozy, incarnant l'UE pendant sa présidence, reçoit une légitimité et une autorité de parole confirmées.

Crise financière et économique: C'est le meilleur exemple du changement comportemental de Sarkozy. C'est l'exercice de la concertation, et c'est le pragmatisme de mettre au placard son premier plan de relance pour adopter celui de Gordon Brown pour l'Europe.

Le pouvoir politique de l'UE ne s'est pas contenter de gérer des objectifs avec la présidence précédente et la présidence suivante: il a été proactif, a changé les habitudes de l'UE, a modifié l'image de l'exécutif européen.

 

Incarnation du pouvoir

20070917.FIG000000365_17044_1.jpgNous y voilà à la conséquence directe de ce changement de comportement de la présidence de l'Union: le pouvoir est incarné. Il y a la sensation qu'effectivement, il y a un numéro de téléphone à l'Europe.

Même si ce numéro de téléphone existe (c'est celui de Javier Solana, haut représentant pour la politique extérieure), voilà que Sarkozy a rendu tout ce système ringard... en le politisant. En coupant dans le vif et en provoquant des clivages. Surtout, en réagissant rapidement: l'inverse du processus très institutionnel des institutions.

Une incarnation du pouvoir problématique, pourtant. La présidence tchèque va suivre, et craint pour ses prérogatives. Jean-Claude Juncker s'est senti attaqué sur sa présidence de l'euro-groupe, et il est fort possible que l'activisme européen de Sarkozy ne s'arrête par le 1er janvier... alors que sa légitimité (tirée de son tour de présidence de l'UE) aura disparu.

 

L'expression et la matérialisation du pouvoir

Au final, ce qu'il y a de plus étonnant en cette fin de présidence, c'est l'étude menée pour Euro RSCG C&O sur les mots de la crise. Alors que le nom Sarkozy est à mi-chemin entre l'anxiogène et le rassurant, des mots comme "euro", "gouvernement économique européen", deviennent eux, rassurants.

Cela semble indiquer que la personnalité de Sarkozy en soi n'est pas attachée à la perception du pouvoir, plutôt positive.

Ce pouvoir est exprimé comme ayant la capacité d'être efficace, réactif, capable de résoudre les problèmes. C'est une affaire de communication (effectivement, les Russes sont-ils sortis de Géorgie, comme prévu pour mi-octobre? non!), mais c'est aussi cela la politique. Et si cette communication permet une plus grande confiance en l'UE, alors on élargit du même coup la légitimité des institutions, et la marge de manoeuvre de l'UE, ainsi que ses ambitions.

On pourrait presque conclure que, grâce à ces crises successives (avec une crise de l'énergie latente supplémentaire), et la personnalité de Sarkozy aux commandes, on est sorti de la crise de confiance envers l'UE (comme les indicateurs eurobaromètre le prouvent). On a peut-être même passé une marche supplémentaire, où finalement, aborder l'UE, ce n'est plus être pour ou contre, aussi bêtement que ça.

C'est plutôt l'UE est là, maintenant, qu'en fait-on, et que peut-on faire grâce à elle?

 

yesforeuropeman.jpgQuant à savoir si Sarkozy a changé... Cette présidence est à son image: celle d'un politique travailleur très pro-actif qui étudie peu le fond des dossiers (un peu comme l'étudiant plutôt moyen qu'il était). Les dossiers tels que l'avancée du paquet énergie/climat, le bilan de santé de la PAC, le budget des communautés européennes... n'ont pas beaucoup avancé.

Il ne faudrait pas qu'à la bonne image ne suive aucun travail de fond. Aux présidences suivantes, de permettre au Conseil européen d'avancer, et à la Commission, grande perdante de cette présidence Sarkozy, pendant laquelle elle ne fut qu'un figurant, de proposer des textes ambitieux.

12/12/2008

Crise du cerveau

Ce que les jeunes UMP pensent de la crise?

Excellente série d'interviews, de ces jeunes malmenés par la vie, qui à 23 ans vont devoir "utiliser moins la voiture" parce que l'essence est trop chère. Moi-même, tiens, j'ai du arrêter d'acheter de la brioche! Je me contente de pain.

Mention spéciale à Xavier T., de l'UMP Sciences PO, qui, à la question "travaillez-vous à côté de vos études?" répond "oui, je travaille en cabinet... enfin, j'ai un stage, c'est pas payé. [...] Mais à notre âge, c'est important d'être indépendant". (NB. M. Xavier T. m'a contacté par mail pour me préciser qu'effectivement, le montage est assez partial, n'évoquant par exemple pas son stage chez Nestlé cet été. Bon, ça reste bête, drôle et méchant, que demande le peuple?!)


Merci à Nick Carraway de m'avoir passé la pépite.

 

03/12/2008

La Gauche, famille décomposée

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Deux congrès d'une importance planétaire la semaine dernière. Mélenchon, inspiré de Robespierre, des fusillés de 1917, etc. Qui propose des tracts type "le travail le dimanche, CA SUFFIT COMME CA!" ou bien "Liquidation des services publics, CA SUFFIT COMME CA!". A l'instar du SPD allemand, ça y est, donc, la gauche française a créé son Frankenstein, et il faut bien le dire, incarné par Mélenchon, on n'aurait pu rêver meilleure créature.

Populisme de gauche, phrases simplistes et slogans faciles qui ignorent la réalité du pouvoir et de la façon de gouverner. Quel input pour le "Parti de Gauche", inspiré d'Oskar Lafontaine, trop heureux de sortir de son isolement européen? Aucun.

Mélenchon, sénateur jusqu'en 2011, se verrait bien député européen. Qu'y ferait-il? Comme Peillon, absent à toutes les séances? Juste pour se créer une autorité? Et Lafontaine au Congrès fondateur du "Parti de Gauche" de se gausser: "les Eléphants ont accouché d'une souris!" (en parlant du Congrès du PS), alors que le Mélenchon en question est déjà sénateur depuis 22 ans, et que lui-même est en politique depuis 40 ans. Mais c'est vrai que les fossiles peuvent se moquer des éléphants. Passé un certain temps en politique, certaines choses n'ont plus de sens.

20071011SarkozyEtBockelInside.jpgDeuxième Congrès, à Suresnes (ville paisible où votre serviteur a le bonheur de travailler): celui de la "Gauche Moderne"! Un parti confidentiel, même s'ils ont quand même à l'aise rempli au deux tiers un préau d'école. D'ailleurs, contrairement au site du Parti de Gauche, sur celui de la gauche moderne, pas de démonstration de force, de vidéo avec des bons gros militants moustachus, pas de photo du Congrès. C'est le parti de la matière grise à n'en point douter. Un parti cependant modeste, à l'échelle de son président, dont pourtant l'avenir politique radieux est assuré, tant le Secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants est une pièce maîtresse de l'exécutif actuel.

Le Parti de Gauche est teint aux couleurs rouge-sang coagulé. Celui de la Gauche Moderne d'un violet un peu pénible.

Et au centre de la gauche, que reste-t-il?

"Maintenant, on va enfin parler des idées" me promettait un ami, soutien de Martine Aubry pendant la campagne interne de ce parti miné par trop de démocratie. On attend toujours. Martine, le charisme d'une marchande de rillettes, les pratiques d'antan au PS avec des (grosses) ficelles tirées de tous les côtés au mépris de la ligne politique et de la modernisation du discours.

Ségolène Royal a bien des défauts, et bien des torts. Elle a cependant, avec ses alliés, notamment Valls, lancé de nouveaux mots dans le vocabulaire d'une responsable politique socialiste: sécurité, libéralisme, centrisme. N'est-ce pas en se calquant enfin sur ses collègues européens et sociaux-démocrates modernes que le PS (ou plutôt ce qu'il en reste) pourra s'inscrire dans une dynamique et retrouver une ligne de pensée cohérente?

Quel poids pour le PS au niveau européen, avec des députés européens aussi minables que Stéphane Le Foll, Martine Roure, Vincent Peillon ou Pervenche Beres? Des élus qui ne savent même pas comment fonctionnent les institutions et comment est articulé le budget qu'ils votent? Des élus qui (Pervenche, c'est pour toi) élaborent un Traité Constitutionnel Européen, le signent, le défendent face à la commission intergouvernementale, puis appellent à voter NON pendant le référendum parce Fabius l'a dit?

Quel poids pour le PS, qui en temps de crise, ne reste que dans l'incantation et jamais dans la proposition?

Quel poids pour le PS, qui ne s'oppose en rien à rien, qui cède aux tollés médiatisés, aux petites phrases, mais qui rendent illisibles tous les dossiers de fond?

Quel avenir pour le PS, qui va finir par faire la même chose que Mélenchon ou Besancenot, mais en moins bien et avec moins de légitimité, ou bien confondre son message avec le credo d'oppostion civile du MoDem, ou de social-libéralisme assumé d'un Bockel, d'un Besson, ou même, d'un Sarkozy qui modifie son discours de jour en jour en fonction des événements reçus par l'opinion?

17/10/2008

Racisme ordinaire

Match contre la Tunisie. Sifflets pendant la Marseillaise.simpletlogop.jpg

«Arrêtons d'être hypocrites, ne faisons plus ce genre de matches, tout simplement [...] On va pas donner sans arrêt le bâton pour se faire battre. Ca, on n'a plus envie de le revivre, plus de matches contre l'Algérie, contre le Maroc, contre la Tunisie au Stade de France [...] N'organisons plus ce genre de match comme ça ce public sera privé de son équipe (...) On ne peut pas tolérer que nos joueurs français soient sifflés en permanence durant le match, que notre Marseillaise soit sifflée». A noter que Laporte (puisque c'est cette sombre cervelle qui parle), ne veut pas interdire les rencontres sportives avec les pays sus-cités, mais juste «il faut les jouer chez eux, ou alors en province [...] en province, ils sont sevrés... Ils la voient jamais, l'équipe de France... Les 30.000 Tunisiens qui sont de la banlieue parisienne, ils iront pas, si le match est à Carcassonne ou si le match est à Biarritz, ils n'iront pas voir le match. Voilà, on aura un public sain».

La Marseillaise est sifflée, bon, c'est pas bien. Elle a été sifflée déjà, lors d'un match contre l'Algérie, si je ne m'abuse. Comme Bernard Laporte est un homme doté d'un cerveau manifestement simple, tentons d'entrer dans sa réflexion. Une réflexion simple.

"Les sifflets sont l'objet des spectateurs. Les spectateurs d'un match France-Tunisie au Stade de France sont forcément Français, et forcément des parisiens issus de l'immigration. Des Français sifflent donc leur propre hymne, ce qui n'est pas tolérable (je ne sais pas pourquoi, mais c'est certain).

La polémique gonfle, je suis secrétaire d'Etat aux sports, je dois réagir du haut de mon importance. Et le credo de Sarkozy, c'est de réagir vite, peu importe ce que l'on dit.

Je vais donc demander à ce que les matchs contre des pays du Maghreb aient lieu ailleurs qu'à Paris ou bien "chez eux".

Une fois ma bonne grosse bêtise proférée, je reviendrai pas sur mon propos et j'assumerai donc mon amalgame entre immigration, identité française, culture d'origine, sport, jeu, et politique."

Le type est quand même ministre de la République. Ceci dit, que l'on se rassure, tous les anciens sportifs ne sont pas dotés d'un micro-cervelet et d'une grande bouche: lisez Platini, par exemple.

En attendant, pour le racisme ordinaire, et pour avoir un gouvernement sain, Laporte, dehors!

14/10/2008

"Moi Carla, je n'ai jamais été de gauche..."

... mais j'aime la justice".

Et c'est parce qu'il aime la justice et qu'il tient à l'Etat de droit que Nicolas Sarkozy vient de décider que la France n'extradera pas Marina Petrella, poursuivie en Italie et condamnée par contumace. Et c'est évidemment parce qu'il est contre le droit de grâce (cf. propos lors de la campagne présidentielle) que Nicolas Sarkozy a tout d'abord demandé à ce que Berlusconi exerce le sien (alors que c'est plutôt le président Napolitano qui a le droit de Grâce dans la République italienne), avant finalement d'exercer en quelque sorte son droit de grâce en court-circuitant la justice et le pouvoir italiens.

C'est donc en plus, respectueux.

Marina Petrella était une terroriste, qui a participé à des agressions, séquestration, et à un assassinat, entre 1977 et 1982. Elle a été condamnée en Italie en 1992 et s'est réfugiée en France. Elle n'a passé en prison (et à l'hôpital) qu'une petite année depuis août 2007, ce qui est peu en comparaison de la perpétuité qui l'attendrait en Italie, si la justice de son pays ne révisait pas son procès. Son extradition n'aurait pas pour autant signifié son embastillement automatique. L'Italie n'est pas un pays où la lettre de cachet fonctionne encore, et il existe des mécanismes de recours. Et quand bien même, après tout, c'est un Etat de droit, et la justice italienne s'exerce au nom de la communauté citoyenne d'Italie, et il est douteux que le chef de l'Etat français mette son nez dedans.

Mais Nicolas Sarkozy, s'il n'a jamais été de gauche, aime la justice.

Je ne vois sincèrement pas où figure la justice dans cette histoire. Marina Petrella n'ayant jamais accepté ni enduré de punition pour ses crimes. Le marrant, évidemment, c'est que dans la stratégie de communication, c'est Carla Bruni-Tedeschi qui est mise en avant. C'est elle qui est allée à l'hôpital annoncer la (bonne?) nouvelle à Mme Petrella, et elle pourtant, dont la famille a souffert des Brigades Rouges. Le symbole est si émouvant et la ficelle si grosse que ça m'arrache une larme.

Moi j'aime la justice, j'ai envie que Marina Petrella se présente devant elle pour ressentir les effets de ses actions passées. Quand bien même cela remonterait à 30 ans.

Et si, finalement, aimer la justice n'appartenait ni à la gauche, ni à la droite, mais simplement aux républicains qui respectent la séparation des pouvoirs et l'intégrité des décisions des Etats indépendants?

23/09/2008

Les bons côtés de Nicolas Sarkozy

Mon cher collègue Toréador m'a demandé de trouver quatre qualités à Nicolas Sarkozy. Sébastien a rebondi. En bon adepte des études d'opinion qualitatives, je me suis forcé pour ne pas lire les opinions de mes camarades, et garder un point de vue immaculé sur le sujet de Nicolas Sarkozy, et ses quatre qualités. C'est la raison pour laquelle j'ai mis dix jours à sortir cette note.

Pour en conclure qu'en fait, Sarkozy, il a les qualités de ses défauts.2667675466_625639d77e_m.jpg

1. Sarkozy est un homme bling-bling. Il aime les messages et les symboles. Il apprécie le grandiloquent. Cela a des avantages, parce qu'il y a beaucoup d'aspects de la politique qui ont besoin d'être incarnés, à qui l'on doit donner un aspect un peu charnel, afin de construire des appropriations. L'appropriation d'une idée, d'un débat, d'une construction qui nécessite un engagement des citoyens. C'est le cas pour l'intégration des jeunes dans la société, pour changer les mentalités sur certains aspects de la vie sociale. C'est le cas pour la construction européenne. La tour Eiffel illuminée aux couleurs de l'Europe, c'est un événement qui crée la fierté, qui interpelle. Qui incarne le projet européen. Et peut-être que ce symbole un peu m'as-tu-vu en a plus fait pour intéresser les Français à l'Europe que tout ce qu'a pu faire Chirac, malgré des discours d'intention, en douze ans.

2. Il parle tout le temps. Il monopolise l'attention politique et médiatique. C'est fatiguant, ce sont autant d'écrans de fumée. Mais ça a la grande qualité de ne jamais relâcher le débat public. Lequel est sans doute tronqué, sans doute pas toujours bien pertinent, mais jamais éteint. Souvenons-nous des pénibles mois d'après référendum de 2005, où le pouvoir n'osait plus rien faire, où le débat était devenu tout amorphe. Il y a un équilibre à garder entre le trop peu et le trop, dans ce domaine. Mais au moins le changement de style de Sarkozy a le mérite de faire en sorte que chacun puisse se sentir autorisé d'avoir une opinion sur le pouvoir et son exercice.

3. Il a fait passer des réformes sur lesquelles ses prédécesseurs ont lamentablement butté, quand ils ne les ont pas tout simplement liquidé de leurs priorités. La fusion de l'ANPE et des Assedics, par exemple. Tout ce que l'on ne voit pas aux échelles locales, de rationalisation des postes et des attributions de tel ou tel corps administratif. Alors oui, c'est sans doute un bon travail d'Eric woerth (et, ça me fait mal, d'André Santini). Mais on ne peut pas reprocher à Sarkozy de savoir se servir très habilement des situations politiques pour pousser son avantage, et en profiter en passant pour réaliser des réformes depuis longtemps attendues. Le souci? L'absence total de débat démocratique et public sur ces réformes. Mais est-ce la faute de Sarkozy, ou celle du PS?

4. Il a un rythme effréné. C'est mauvais, parce qu'en politique il faut savoir prendre le temps de la prospective et de la réflexion. Il faut savoir ne pas céder à l'immédiateté. Cela a aussi du bon. Prenons l'exemple de la machine "Europe", qui avance par consensus, par étapes d'escargot. Sarkozy bouscule ces institutions, bouscule les consensus mous, et provoque le débat et la polémique sur ces institutions. Ce n'est pas toujours bien pertinent: par exemple, sur l'euro et la BCE. Mais encore une fois, l'Europe politique ne se construira jamais si on continue à finasser sur des consensus qui nous font avancer trop lentement. L'Europe politique ne se construira jamais si les débats sont hors de portée des citoyens, et si les institutions sont inattaquable.

 

Voilà, pour faire vite, ces quatre qualités de Nicolas Sarkozy. Je ne passe cette chaîne à personne, c'est trop éprouvant!

05/09/2008

Bienveillante grossesse

La grossesse de Rachida Dati (dont personnellement je me fous, félicitations) arrive pile poil bien. D'abord pour Raphaëlle Bacqué, la fausse vrai journaliste politique du Monde qui n'avait rien à dire depuis la séparation de Ségolène Royal et François Hollande pour se mettre en avant, et qui ose prétendre un travail journalistique en interviewant la ministre sur son heureux événement. Ensuite pour Patrick Devedjian.

Le pauvre Patrick Devedjian, qui essaie de trouver du soutien dans une difficile période de sa vie politique. Le ministère de la parole aura vécu, le temps d'un bout de présidence Chirac. Depuis mai 2007, c'est révolu. Mais diantre, quel heureux hasard! Rachida Dati enceinte de 4-5 mois, ça signifie une Rachida Dati en congé de maternité en décembre-janvier! Un poste de garde des Sceaux qui se libère!

Une compensation pas trop déshonnorante pour se faire virer de la tête de l'UMP, et sans doute du Conseil général des Hauts de Seine.

Et ce malgré un scandale très médiatisé sur la "propreté" du département en juillet dernier, quand Devedjian disait "nettoyez les écuries d'Augias" de l'ancienne propriété de Pasqua et Sarkozy. En effet, comment imaginer une éjection de Devedjian après un tel pavé dans la mare, qui, immanquablement, donnerait crédit à l'annonce du successeur de Sarko dans le 92?

En même temps, le meilleur moyen de nettoyer les écuries d'Augias est de ne pas y faire entrer de porc.

Ministre de la justice... un poste que Devedjian guigne depuis bien longtemps, et qu'il s'était vu soufflé par la médiatique Rachida, qui porte bien mieux les robes Dior que lui, il faut le reconnaître.

28/08/2008

Mosco a-t-il la win?

J'ai pu entendre un bout de Moscovici à la radio ce matin. Une prestation qui manquait de Nicolas Demorand, mais globalement franchement bonne.

Ce que j'aime chez Moscovici:

tkXtF6RYngTdVqfQUpF3stQURmYk3prWQuicklook.jpgIl aborde les questions de positionnement idéologique et politique du PS, et il est le seul à le faire. Comme le soulignait Pierre Weill, il n'y a pas franchement de grande différence entre Royal, Delanoë, Aubry et Moscovici. Politiquement et économiquement, s'entend. Dans leurs stratégies pour le Congrès pourtant, on remarque que à l'exception de Moscovici, tous les candidats jouent la carte du positionnement personnel:

- Delanoë rejette la gauche du PS et refuse tout accord avec les fabiusiens et avec Ségolène Royal. C'est appréciable. Il jouit d'une image et d'une réputation qui lui permet de construire une histoire, qu'il entretient depuis quelques années, à coup de "les parisiennes et les parisiens", à chacune de ses interventions. Il a choisi délibérément d'assumer le libéralisme et son acceptation, tout en continuant à bercer les socialistes d'idées genre "moi Delanoë, je pourrai maîtriser le libéralisme si jamais je suis en situation".

- Ségolène Royal joue la carte du hors-parti. Normal: elle a perdu presque tous ses soutiens à l'intérieur de celui-ci. Malgré une année de déchéance politique, elle réussit le tour de force de toujours jouer la carte de "la principale opposante au président Sarkozy", ce qui, sans être membre du parlement, est plutôt fort. Cela souligne le conservatisme de l'opinion, qui n'aime pas tellement changer une tête dont elle est déjà habituée (d'où ses 28% d'opinion favorable pour devenir secrétaire nationale du PS).

- Martine Aubry, si quelqu'un savait ce qu'elle faisait à part dire qu'elle accepte l'aide d'où qu'elle vienne (y compris de Fabius), ça m'aiderait.

Moscovici lui, joue une triple carte. Une carte générationnelle, avec Montebourg, une carte locale avec son accord sur la "ligne claire" avec Guérini et Colomb, une carte idéologique assumée, avec Cambadélis et les Strauss-Kahnien. Il n'a pas à justifier son positionnement politique: il est assumé. Moins populaire parce que moins intéressé par les médias sans doute, que ses concurrents, il dispose de la latitude suffisante pour assumer l'indécision: Moscovici veut que son parti décide d'une ligne idéologique. En cela, il est aussi dans la tradition d'un PS globalement beaucoup plus démocratique que l'UMP.

Ce que je n'aime pas chez Moscovici:

Les velléités d'entrée dans la démocratie d'opinion. Lorsqu'il parle d'ouvrir les primaires du PS à l'ensemble des sympathisants de gauche, que favorise-t-il, sinon le pouvoir des sondages sur le fond?20070531Delanoe.jpg

On peut se demande pour quelle raison le candidat qui porte le plus haut la question de l'identité et du positionnement politique du PS se prononce aussi fortement pour une telle mesure. On en saisit d'ailleurs la limite lorsque sur France Inter ce matin, il dit: "il n'y a pas de leader qui se détache et qui rassemble les militants". Weill lui répond: "tout de même, Delanoë 31%, Royal 28%... et vous 9%". Moscovici trouve alors le moyen de lâcher que les sondages n'est-ce pas, ça ne fait pas tout.

 

Malgré tout, la candidature de Moscovici semble être la seule qui présente une méthodologie pour le PS. Positionnement idéologique, incontestable, démocratie interne tournée vers l'extérieur et les attentes des Français (la désignation du candidat PS par des primaires ouvertes aux sympathisants a aussi des avantages), puis ensuite, désignation du candidat.

C'est aussi un coup de poker. La sociale-démocratie peut-elle gagner si la forme et l'opinion est plus puissante que le fond et l'identité politique? On voit comment Nicolas Sarkozy a gagné, depuis 2004: comment il a gagné l'UMP, comment il a gagné au sein de l'UMP, et comment il a gagné la présidentielle.

Voyons-nous une quelconque vertu et quelconque démocratie dans cette succession de victoires?

 

En gros, Moscovici, cela me plaît. Mais cela peut-il gagner?

20/08/2008

Marre que l'UMP me harcèle



Je vous rassure, l'énième sms reçu de la part de l'UMP aujourd'hui n'a pas effacé la jovialité colorée de mon sourire, qui s'élargit de jour en jour à Wroclaw, sous un soleil flambant et une température clémente, devant de belles blondes habillées d'été et des maison, églises, et autres places tellement jolies que ça rappelle Prague.

Mais quand même, j'en ai un peu assez de me faire harceler par texto. En mai-juin, c'était le lancement du parti des mecs de gauche qui soutiennent Sarkozy (quelqu'un sait combien il y a de membres au fait?), c'était l'invitation à écouter Fadela Amara présenter son plan banlieue, c'était l'invitation des "Jeunes Pop" à écouter Nadine Morano, Rogert Karoutchi ou Luc Chatel (tous ces types se ressemblent, on ne sait même plus qui fait ou cherche à faire quoi). Aujourd'hui, c'est donc ceci que j'ai reçu à 19h20:

"vous êtes invités à vous associer à la cérémonie militaire qui rendra hommage à nos soldats tombés en Afghanistan..." signé P. DEVEDJIAN

Bon, passons sur les points de suspension, qui ne sont pas du meilleur effet pour un tel message.

J'ai rendu ma carte à l'UMP en mars 2007, et nous sommes le 20 août 2008. Depuis un an et demie, je reçois encore des mails de l'UMP, des sms de l'UMP, des invitations facebook de l'UMP, et même, quand je fais mon marché, il y a immanquablement un grand con pour me soumettre un prospectus de l'UMP.

Pour le marché, je peux comprendre. Certains militants ont la mémoire d'un poisson rouge (enfin bleu). Pour le reste, déjà, je m'interroge sur l'éthique: quand un adhérent rend sa carte ou ne renouvelle pas, comment se fait-il que l'UMP lui fasse malgré tout subir ses diverses communications?

Ajoutez à cela que dans le milieu politique, ce qui fait la valeur d'un homme, c'est sa capacité à aller piquer les fichier et les faire tourner auprès des bonnes personnes, ce qui multiplie le nombre de spams (de la part de Karoutchi, de Coppé...). C'est ainsi qu'on passe de trouffion de 3eme rang à trouffion de 2d rang, à trouffion de 1er rang, pour accéder ensuite au grade de trouffion d'élite, puis d'élu, puis même, ça se dit, de trucs super genre conseiller général, régional, député, et autres postes qui vous permettent de ne presque plus rien payer des frais que le commun des mortels a quotidiennement à charge.

Manifestement, l'UMP ne paye pas ses sms. Ou alors, ils sont pétés de thune. Mais j'avais cru comprendre le contraire, depuis quelques mois (et l'annonce d'un deficit de 20 millions d'euros).

Alors, voilà. Agence de communication, ou bien trouffion de rang 3 qui te lève tous les matins pour aller rue La Boétie faire ta surveillance netvibes et googlenews sur les mots clés genre "Sarkozy, UMP, Devedjian, Bertrand, Fillon, et Rama Yade" (parce que tu en es amoureux), je gueule. J'ai déjà du téléphoner aux jeunes populaires pour cesser de recevoir leurs textos (ce qui semble marcher, croisons les doigts). Désormais, j'aimerais cesser de recevoir les sms de l'UMP global.

Les spams c'est facile, les boîtes mails le mettent directement dans la corbeille. Pas les sms.

Et franchement, quand on est sur le Rynek à Wroclaw, à siroter une Zywiec en galante compagnie, les soldats français tombés en Afghanistan ça parait... loin.

13/08/2008

"Le plan de paix de Nicolas Sarkozy"

Je me réveillai ce matin sous les meilleurs auspices: 7h00, par le chant du chat à la porte. Debout, lavé et habillé, je me décidai de regarder rapidement BFM TV, histoire de ne pas avoir l'air trop cruche au bureau, au moment (fatal et inévitable) de commenter l'évolution des performances françaises à Pékin.

Stupeur! BFM TV ne parlait pas des JO, mais bien de la Géorgie. Mauvaise langue que nous étions, Marc (fidèle visiteur) et moi-même, de conspuer les médias sous-traitant la vraie information.

Rectification, 3 secondes après le vertige de remords qui me prit au moment de découvrir à quel point j'avais été injuste dans mon jugement. BFM TV traitait le sujet de la Géorgie oui, mais avec une erreur aussi visible que le nez au milieu de la figure, et pour cause: elle s'était glissée dans le tiers de page "bandeau exclusif" figurant sous l'homme-tronc présentateur de la matinale.

Lequel bandeau titrait donc: "Ossétie du Sud: la Géorgie et la Russie acceptent le plan de paix de Nicolas Sarkozy".

 

Médias de merde. Nicolas Sarkozy est allé à Tbilissi et à Moscou habillé de 26 laisses plus ou moins épaisses et résistantes (je suspecte les laisses allemande et britannique assez serrées autour du cou de notre président), et avec pour seule et unique légitimité que celle que lui confère le statut de chef de l'Etat titulaire de la présidence de l'UE.

Cela aurait pu, à 6 mois près, être le président tchèque Vaclav Klaus (ou son premier ministre Mirek Topolanek, plus précisément), qui se serait chargé de porter les propositions de l'UE. Qu'aurait alors dit BFM TV? "La Géorgie et la Russie acceptent le plan de paix de Mirek Topolanek"?

La vérité, c'est que nous sommes au milieu de l'été (ce qui me donne l'occasion de vous recommander d'écouter France culture le 19/08 à 7h00 pour entendre la douce voix de notre précieux ami Philippe Perchoc), et que la presse pendant l'été, ça marche ainsi:

- Le conseiller X de l'Elysée (que nous appellerons Trouffion pour une meilleure lisibilité) pond un communiqué de presse intitulé comme il suit: "La Russie et la Géorgie acceptent le plan de paix de Nicolas Sarkozy".

- le stagiaire Duschmol de l'AFP reprend le communiqué de Trouffion tel qu'il le reçoit, et l'envoi - vlan - sur le serveur AFP

- le stagiaire Dupont de BFM a pour mission, le cul posé sur un fauteuil inconfortable, de surveiller les dépêches AFP du matin au soir (avec des pauses café en compagnie des autres stagiaires de son genre). La dépêche de Duschmol (signée à l'origine par Trouffion) lui arrive. Il s'en fout, il est sur facebook, là, maintenant, occupé à balancer un cyber-hamburger à la gueule d'un pote.

- Le Journaliste Dugland appelle le stagiaire Dupont parce que merde, c'est l'été, il va quand même pas se taper 3 pages de recherche google sur le sujet de l'Ossétie pour la rédaction en chef du journal. Dupont cherche dans les dépêches AFP.

- Comme Dupont est un stagiaire, il ne peut soupçonner - l'âme pure - que Duschmol a repris in-extenso le communiqué de Trouffion. Il croit donc que c'est une information fiable. Il passe l'intitulé "la Géorgie et la Russie acceptent le plan de paix de Nicolas Sarkozy" au journaliste Dugland.

- Le journaliste Dugland regarde trop la stagiaire-au-regard-qui-crie-braguette pour avoir le temps de relire le boulot de Dupont. Il valide donc.

- Le rédacteur en chef de la matinale de BFM TV a plein d'interlocuteurs différents qui le font chier et ne maîtrise rien. D'ailleurs il est adjoint. Le titulaire est en vacances depuis 3 semaines. Il laisse tout passer parce que merde, qui se lève à 7h00 le matin un 13 août?

- Le téléspectateur de base voit marqué sur la bannière de BFM TV l'intitulé suivant: "la Géorgie et la Russie acceptent le plan de paix de Nicolas Sarkozy", et pense que notre président, il en a deux, et des grosses.

- Alors qu'en fait, la réalité, c'est que Sarkozy n'a été qu'un messager. Si couronné de succès qu'il fût.

 

Et BFM TV illustra la médiocrité des médias actuels. Surtout en vacances.