24/02/2009
Vincent Peillon, sans circonscription fixe
La nouvelle est tombée, dure comme un jour sans pain. Le député européen (sic) Vincent Peillon ne se représentera pas dans le nord-ouest, où il avait été élu en 2004. Ni dans le Nord, où on ne veut pas de lui. Dans le sud-est, donc.
Ben oui, ça se passe comme ça les élections européennes. Il y a un scrutin de liste (78 sièges = 78 noms pour la liste, répartis en 8 grandes circonscriptions). Evidemment, si la France a choisi un découpage par circonscription, c'est parce que ça ne revêt pas qu'un intérêt organisationnel. C'est aussi parce que, prenons un exemple concret, l'UE a un pouvoir d'action au niveau local: un nouveau terminal d'aéroport pour Roissy, un projet Urban pour Clichy-sous-Bois, ou que sais-je.
On a donc découpé la France et DOM en 8 circonscriptions, afin que, à l'image des élections législatives, les députés (disposant d'un mandat représentatifs, et censés décider en représentant l'ensemble de la nation) disposent tout de même d'un ancrage local qui leur permet:
- D'être proches des préoccupations des électeurs et de la réalité du terrain
- D'effectivement s'inspirer de problèmes particuliers et localisés pour imaginer des législations générales, et mieux organiser l'aménagement du territoire
Ben pour les Européennes, manifestement, le principe de la circonscription avec des trucs à s'intéresser, à faire, etc, n'est pas encore passé.
C'est un peu comme si un député se faisait élire à Avignon une fois, et à Bondy la fois suivante. Ou à Blois une fois, et à Boulogne-sur-Mer la fois suivante. Bref, un truc absurde, en somme.
Ben Vincent Peillon lui, ça le dérange pas.
En même temps, si le travail de parlementaire européen de Vincent Peillon était connu pour ses résultats, ça se saurait. En cinq ans de mandat européen, l'homme a posé UNE question au Parlement européen. Sur les droits de l'Homme. En Chine. Un truc super technique quoi.
En cinq ans, l'homme a pondu 2 rapports pour la Commission des libertés civiles et affaires intérieures où il siège. Dont une pauvre recommandation de 10 pages.
En cinq ans, l'homme est intervenu 10 fois en séance plénière. Dont sept fois pour expliquer son vote.
J'espère que Vincent Peillon ne prend pas ombrage du rejet apparemment presque unanime des responsables locaux du PS du Nord, et même du Sud-est, à l'accueillir. Quand on fait preuve d'une telle incapacité à être digne d'un mandat, on n'a pas d'orgueil. Ceci dit, quand on voit les statistiques de Hamon et Le Foll (par exemple), on se dit qu'il doit y avoir un concours tacite de nullité entre les députés européens du PS.
PS: A titre de comparaison, les statistiques de Richard Corbett, député européen britannique, passées par l'ami Eurojunkie:
102 questions posées, 11 rapports, 7 propositions de résolution, et 172 interventions en séance.
14:19 Publié dans Parlons d'Europe | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : vincent peillon, europe, parlement européen, politique, député, élections européennes, ps
23/01/2009
Soldat Barnier...
Nicolas Sarkozy est bien embêté: il n'a aucune figure parisienne de consensus (cf. qui n'ait pas l'image d'un gros traître ou d'un gros parachuté sur un sujet qu'il ne connaît pas) pour mener les Européennes UMP en région parisienne.
Les têtes de liste en régions sont quasiment bouclées, sauf Paris. Rama Yade a lâché l'affaire, pour le plus grand plaisir de votre serviteur. Rachida Dati n'a apparemment pas de résultats probants dans les sondages... donc on opère un glissement: Barnier, qui va globalement gérer la campagne de l'UMP pour l'ensemble des grandes circonscriptions, se présentera à Paris, tandis que (l'extraordinaire) Françoise Grossetête prendra sa place en tête du Sud-est.
J'adore Françoise Grossetête, qui est certainement l'un de nos meilleurs députés européens.
Mauvais côté du deal: la reprise des mauvaises manières chiraquiennes, de cette façon de faire de la politique type années 90, qui consiste à recycler des gros boulets pour les élections européennes: Rachida Dati sera donc en deuxième positions en Ile de France.
Je ne comprends pas toujours la stratégie de Nicolas Sarkozy: il veut politiser l'Europe (et il a raison), il veut politiser la Commission européenne (et il a partiellement raison en voulant y envoyer un politique plutôt qu'un expert), il dit considérer le Parlement européen comme un "modèle de démocratie représentative", où l'on est bousculé, où il y a des débats... Effectivement, pour les chefs d'Etat et de gouvernement qui se succèdent à Strasbourg ou Bruxelles (deux hémicycles du Parlement européen) au début et à la fin de leur présidence de l'UE, l'audition des parlementaires européens est un vrai challenge.
Et, pourtant, il reprend les vieilles recettes pour "recaser" les inutiles dans un placard doré.
Dans la même veine, que penser du retour de Dominique Baudis à la politique? Lui qui a pris la tête de liste sud-ouest à Lamassoure, après avoir été exilé à la présidence de l'Institut du Monde Arabe? Simple constat après des conclusions rendues par des instituts de sondage?
Les députés européens français resteront tributaires dans tous les cas des caprices du chef de l'Etat. Il est fort peu probable qu'ils connaissent la stabilité de leurs confrères allemands ou italiens. Stabilités qui peut être synonyme de sclérose et de cumul du mandat dans le temps.
Mais qui, en terme de politique européenne, semble, assez étrangement, fort utile. Tant les mécanismes et la durée des travaux (il faut parfois 10 ans de travail pour arriver à un texte législatif, comme le démontre le règlement REACH), sont complexes. Enfin, un bon député européen effectue un véritable travail en commission, qui nécessite également, quelques années d'expérience.
C'est fort dommage; d'autant qu'en troisième position en sud-ouest, Lamassoure n'est pas certain d'être réélu.
14:37 Publié dans Parlons d'Europe | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : lamassoure, ump, européennes, europe, parlement européen, politique
24/12/2008
PFUE - un bilan?
J'écris de moins en moins ici... Et ce n'est pas l'envie qui manque pourtant, plutôt le temps.
La Présidence française de l'UE a pris fin la semaine dernière, pourtant, la passation de pouvoir avec la Présidence tchèque se fera le 31 décembre. Sans doute le discours de bons voeux du Président Sarkozy sera-t-il teinté de cette belle formule "j'ai voulu bouger l'Europe, mais l'Europe m'a changé".
C'est très vrai. On remarquera que l'homme change beaucoup. Mais que je préfère son "j'ai changé" du 16 décembre 2008 à son "j'ai changé" du 14 janvier 2007, au palais des expositions de la porte de Versailles. L'homme change en hiver.
Ceci dit, sur le sujet particulier de l'Europe, on peut créditer à Sarkozy sans prendre grand risque la sincérité du propos, plutôt que l'aspect pub/communication de la campagne présidentielle.
Qu'était Nicolas Sarkozy avant le 1er juillet 2008 (ou, plutôt, avant août 2008 et la crise géorgienne)?
Un homme dont tout le monde disait que la construction européenne et la concertation était le dernier des soucis. Un type ignorant des modes de décision européens, ignorant du respect et du temps à prendre pour se concerter avec ses partenaires. Insultant, même, quand il imagine l'Union pour la Méditerranée uniquement entre Etats limitrophes de la mer séparant Europe et Afrique, sans inclure l'Allemagne et les 20 autres partenaires européens déjà concernés par la politique de voisinage et le processus de Barcelone.
Un homme qui dégaine "la faute à la BCE" plus vite que son ombre. Un homme qui n'hésitait pas à monter les citoyens contre la Commission européenne (notamment le commissaire au commerce) sans évidemment expliquer que les directives, les règlements, et les accords négociés à l'OMC ne pouvaient se faire sans l'aval des Etats-membres (Conseil des ministres de l'UE, co-législateur et co-exécutif).
Qu'est-ce qu'une présidence de l'UE?
Une présidence de l'UE, c'est un bonbon. Qui a trois utilités:
Avoir un Etat pour gérer l'agenda (le Conseil Européen des Chefs d'Etat et de gouvernement établit les grandes orientations de l'UE: il faut bien quelqu'un pour mettre tout le monde d'accord sur l'agenda).
Passer une présidence Etat par Etat pour forger un esprit européen (et intéresser les citoyens au sujet: tous les eurobaromètres témoignent d'un regain d'intérêt pour l'UE lors d'une présidence).
Laisser surtout la gestion courante, normative et législative à la Commission, seule à pouvoir proposer des textes de loi au Parlement européen et au Conseil des ministres de l'UE (qui légifèrent conjointement).
Qu'a été la Présidence française de l'UE?
Une présidence de crise particulièrement exemplaire de 3 points de vue:
- La réactivité du pouvoir
- L'incarnation du pouvoir
- L'expression et la matérialisation du pouvoir
Et d'un pouvoir non-plus incarné par la Commission (technocrates, fonctionnaires, indispensables à la bonne marche de l'UE mais stigmatisés par les anti-européens, parfois à raison, avouons-le), mais incarné politiquement par un dirigeant élu et incontestablement légitime (la légitimité de la Commission, tirée de son souci du bien commun de l'UE et du vote du Parlement européen, est parfois difficilement appréciable par les citoyens).
Réactivité du pouvoir
Un pouvoir réactif, et même pro-actif, aidé par la personnalité de celui qui l'a incarné (Sarkozy), et par le contexte (crise diplomatique, élections américaines, et crise financière et économique).
Crise diplomatique: la tatonnements d'un Sarkozy qui revoit son mode de fonctionnement: il apprend la concertation. Il réagit avec urgence, se trompe, Angela Merkel passe derrière et lisse les bords en rappelant que certaines concessions de Sarko en bilatérale avec Medvedev ne sont pas tolérables (notamment dans le champ lexical du relativisme utilisé par le président en exercice de l'UE).
Au final, un positionnement de l'UE inédit! Souvenons-nous quand Poutine venait à Bruxelles, et que seul le président du Parlement européen Josep Borrell osait critiquer la situation tchétchène! Là, l'UE fait bloc, réussit à unir la méfiance polonaise, balte, et la diplomatie prudente des autres Etats membres.
Elections américaines: l'expression d'une globalisation positive, espoir du monde entier de rompre avec l'administration Bush... c'est l'opportunité pour l'Europe de s'assumer comme une puissance idéologique leader. Le modèle de développement de l'UE (économie sociale de marché, globalisation gérée, co-développement encouragé, environnement pris en compte...) devient un référence, à laquelle le candidat Obama se réfère. Sarkozy, incarnant l'UE pendant sa présidence, reçoit une légitimité et une autorité de parole confirmées.
Crise financière et économique: C'est le meilleur exemple du changement comportemental de Sarkozy. C'est l'exercice de la concertation, et c'est le pragmatisme de mettre au placard son premier plan de relance pour adopter celui de Gordon Brown pour l'Europe.
Le pouvoir politique de l'UE ne s'est pas contenter de gérer des objectifs avec la présidence précédente et la présidence suivante: il a été proactif, a changé les habitudes de l'UE, a modifié l'image de l'exécutif européen.
Incarnation du pouvoir
Nous y voilà à la conséquence directe de ce changement de comportement de la présidence de l'Union: le pouvoir est incarné. Il y a la sensation qu'effectivement, il y a un numéro de téléphone à l'Europe.
Même si ce numéro de téléphone existe (c'est celui de Javier Solana, haut représentant pour la politique extérieure), voilà que Sarkozy a rendu tout ce système ringard... en le politisant. En coupant dans le vif et en provoquant des clivages. Surtout, en réagissant rapidement: l'inverse du processus très institutionnel des institutions.
Une incarnation du pouvoir problématique, pourtant. La présidence tchèque va suivre, et craint pour ses prérogatives. Jean-Claude Juncker s'est senti attaqué sur sa présidence de l'euro-groupe, et il est fort possible que l'activisme européen de Sarkozy ne s'arrête par le 1er janvier... alors que sa légitimité (tirée de son tour de présidence de l'UE) aura disparu.
L'expression et la matérialisation du pouvoir
Au final, ce qu'il y a de plus étonnant en cette fin de présidence, c'est l'étude menée pour Euro RSCG C&O sur les mots de la crise. Alors que le nom Sarkozy est à mi-chemin entre l'anxiogène et le rassurant, des mots comme "euro", "gouvernement économique européen", deviennent eux, rassurants.
Cela semble indiquer que la personnalité de Sarkozy en soi n'est pas attachée à la perception du pouvoir, plutôt positive.
Ce pouvoir est exprimé comme ayant la capacité d'être efficace, réactif, capable de résoudre les problèmes. C'est une affaire de communication (effectivement, les Russes sont-ils sortis de Géorgie, comme prévu pour mi-octobre? non!), mais c'est aussi cela la politique. Et si cette communication permet une plus grande confiance en l'UE, alors on élargit du même coup la légitimité des institutions, et la marge de manoeuvre de l'UE, ainsi que ses ambitions.
On pourrait presque conclure que, grâce à ces crises successives (avec une crise de l'énergie latente supplémentaire), et la personnalité de Sarkozy aux commandes, on est sorti de la crise de confiance envers l'UE (comme les indicateurs eurobaromètre le prouvent). On a peut-être même passé une marche supplémentaire, où finalement, aborder l'UE, ce n'est plus être pour ou contre, aussi bêtement que ça.
C'est plutôt l'UE est là, maintenant, qu'en fait-on, et que peut-on faire grâce à elle?
Quant à savoir si Sarkozy a changé... Cette présidence est à son image: celle d'un politique travailleur très pro-actif qui étudie peu le fond des dossiers (un peu comme l'étudiant plutôt moyen qu'il était). Les dossiers tels que l'avancée du paquet énergie/climat, le bilan de santé de la PAC, le budget des communautés européennes... n'ont pas beaucoup avancé.
Il ne faudrait pas qu'à la bonne image ne suive aucun travail de fond. Aux présidences suivantes, de permettre au Conseil européen d'avancer, et à la Commission, grande perdante de cette présidence Sarkozy, pendant laquelle elle ne fut qu'un figurant, de proposer des textes ambitieux.
11:49 Publié dans Parlons d'Europe | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, pfue, europe, ue, présidence française, politique, démocratie
08/12/2008
Un parti démocratique
Scoop - Breaking News - Dernière minute
Xavier Bertrand a été nommé secrétaire général de l'UMP par Interim, a annoncé le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre.

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Tout d'abord, une vraie question: "Mais qui est Interim?" Qui est ce personnage qui peut nommer le dirigeant du parti le plus important de France (selon les chiffres officiels)?
Observons, alors que le PS continue de se déchirer lamentablement après à avoir eu à passer plusieurs étapes humiliantes telles que le Congrès où tout le monde se chamaille, le vote des militants où tout le monde se compte, le second tour de vote des militants où tout le monde se décompte, et la constitution d'une équipe où les égos doivent s'entendre, combien l'organisation de l'UMP est simple.
Le secrétaire-général précédemment nommé (pas par interim d'ailleurs celui-là. Qui avait bien pu le nommer Devedjian?) part, devenu ministre. Hop, en 2 jours, un nouveau secrétaire général est en place.
- Pas de vote des militants, ce qui évite d'avoir à révéler qu'ils sont 30000 et pas 200000
- Pas de déchirement interne entre plusieurs candidats rendu public
- L'impression d'un parti super bien organisé où les idées comptent plus que les personnes.
Tout bon pour l'UMP.
En revanche, question démocratie, on se demandera toujours quelle légitimité a Interim pour prendre de telles décisions.
12:23 Publié dans UMP | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, devedjian, bertrand, france, ps
19/11/2008
Arc de Seine et Val de Seine vont-elles fusionner?
Robert Cristofoli, du Parisien, nous apprend (et, paraît-il, apprend aux élus de Sèvres et aux élus de l'opposition de Boulogne), que deux grandes communautés d'agglomération des Hauts de Seine vont fusionner: Arc de Seine (bulbe santinien articulé autour d'Issy-les-Moulineaux et des bébés que le Maître a semé dans les villes environnantes), et Val de Seine (Sèvres et Boulogne, initiée par Fourcade et Kosciusko-Morizet).
Stupeur. Nous avons une communauté d'agglomération modeste qui marche très bien. Nous avons réussi à relativement homogénéiser nos politiques fiscales locales, et ça marche très bien. Les actions de péréquation entre Sèvres et Boulogne sont équil
ibrées, et le financement de nos divers projets, de voirie, notamment, sont là encore fixés.
Je m'étonne tout de même que cette fusion, si fondée soit-elle, n'ait même pas fait l'objet d'un débat en conseil municipal de la ville. Ni d'ailleurs au sein de l'assemblée de la Communautée d'agglomération du Val de Seine (CAVDS).
Le Parisien conclut son article par cette sombre perspective: "Reste à savoir qui prendra la tête de cette imposante communauté d'agglomération de 235000 habitants aujourd'hui - sans doute 250000 une fois le quartier du Trapèze (Boulogne) habité. La logique voudrait que cette présidentce aille à l'un des maires des deux communes les plus importantes: soit à Pierre-Chrostophe Baguet, soit à son mentor en politique André Santini, maire d'Issy, dont les observateurs font remarquer "qu'il ne restera pas indéfiniment ministre"."
André Santini deviendrait donc le président de ma Communauté d'agglomération? Ou bien Pierre-Christophe Baguet, toujours incapable de présenter un budget 2009 de la ville de Boulogne-Billancourt?
Pour mémoire, on rappellera un petit comparatif des taxe professionnelle et taxe d'habitation des villes des deux communautés d'agglomération:
Comparatif Taxe Professionnelle et Taxe Habitation
| Agglomération | Commune | Taxe professionnelle 2008 (source CCIP) | Taxe Habitation 2008 |
| Arc Seine | Chaville | 12,99 | 14,95 |
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| Issy | 12,67 | 9,99 |
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| Meudon | 12,68 | 14,03 |
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| Vanves | 13,49 | 15,16 |
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| Ville d'Avray | 12,50 | 8,93 |
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| Val de Seine | Boulogne | 9,16 | 9,74 |
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| Sèvres | 9,16 | 11,78 |
Et enfin, on rappellera que la Communauté d'agglomération Boulogne-Sèvres a une particularité notable, en France: elle est la seule communauté d'agglomération dont le président et le vice-président ont refusé toute rémunération/indémnisation pour leur tâche. Ceci de moins pour le contribuable.
C'est notamment bien différent du fonctionnement Santinien, avec son président et ses cinq vice-présidents. Mais je suis certain, depuis les tréfonds de mon moi profond, que Pierre-Christophe Baguet trouvera les mots et les subtilités politiques pour persuader son mentor de ne plus se faire rémunérer.
14:36 Publié dans Boulogne | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : arc de seine, santini, baguet, hauts de seine, politique
17/10/2008
Racisme ordinaire
Match contre la Tunisie. Sifflets pendant la Marseillaise.
«Arrêtons d'être hypocrites, ne faisons plus ce genre de matches, tout simplement [...] On va pas donner sans arrêt le bâton pour se faire battre. Ca, on n'a plus envie de le revivre, plus de matches contre l'Algérie, contre le Maroc, contre la Tunisie au Stade de France [...] N'organisons plus ce genre de match comme ça ce public sera privé de son équipe (...) On ne peut pas tolérer que nos joueurs français soient sifflés en permanence durant le match, que notre Marseillaise soit sifflée». A noter que Laporte (puisque c'est cette sombre cervelle qui parle), ne veut pas interdire les rencontres sportives avec les pays sus-cités, mais juste «il faut les jouer chez eux, ou alors en province [...] en province, ils sont sevrés... Ils la voient jamais, l'équipe de France... Les 30.000 Tunisiens qui sont de la banlieue parisienne, ils iront pas, si le match est à Carcassonne ou si le match est à Biarritz, ils n'iront pas voir le match. Voilà, on aura un public sain».
La Marseillaise est sifflée, bon, c'est pas bien. Elle a été sifflée déjà, lors d'un match contre l'Algérie, si je ne m'abuse. Comme Bernard Laporte est un homme doté d'un cerveau manifestement simple, tentons d'entrer dans sa réflexion. Une réflexion simple.
"Les sifflets sont l'objet des spectateurs. Les spectateurs d'un match France-Tunisie au Stade de France sont forcément Français, et forcément des parisiens issus de l'immigration. Des Français sifflent donc leur propre hymne, ce qui n'est pas tolérable (je ne sais pas pourquoi, mais c'est certain).
La polémique gonfle, je suis secrétaire d'Etat aux sports, je dois réagir du haut de mon importance. Et le credo de Sarkozy, c'est de réagir vite, peu importe ce que l'on dit.
Je vais donc demander à ce que les matchs contre des pays du Maghreb aient lieu ailleurs qu'à Paris ou bien "chez eux".
Une fois ma bonne grosse bêtise proférée, je reviendrai pas sur mon propos et j'assumerai donc mon amalgame entre immigration, identité française, culture d'origine, sport, jeu, et politique."
Le type est quand même ministre de la République. Ceci dit, que l'on se rassure, tous les anciens sportifs ne sont pas dotés d'un micro-cervelet et d'une grande bouche: lisez Platini, par exemple.
En attendant, pour le racisme ordinaire, et pour avoir un gouvernement sain, Laporte, dehors!
11:33 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bernard laporte, sport, football, sarkozy, ps, politique
02/10/2008
Mes 4 projets pour l'Europe de 2020
Recevant assez souvent des chaînes, y répondant peu, j'ai décidé d'initier ma propre chaîne, bien inspiré par la bonne centaine de contributions que l'on peut lire sur le site "Paroles d'Européens!", et bien inspiré par les propositions en vidéo de Jules, du Bondy Blog et Quitterie, j'ai donc décidé de créer ma petite chaîne, sur un sujet dont personne ne parle en ce moment, absolument personne: l'avenir de l'Europe!
Quelle Europe voulez-vous en 2020? Quels doivent être les 4 priorités à mettre en oeuvre dès aujourd'hui pour améliorer l'Europe, la rendre plus démocratique, plus compétitive, plus forte à l'international, plus en avant sur le développement durable, etc.
1. Il me semble indispensable de pouvoir politiser les institutions européennes. Il y a un changement institutionnel simple à avoir le courage de faire, c'est réduire les domaines de décision à l'unanimité. Il faut arrêter de finasser avec des consensus interminables et des temps de décision trop long par rapport au temps de l'opinion publique, par rapport au temps de la diplomatie, par rapport au temps du réchauffement climatique, par exemple.
2. Il est évident que la mobilité dans l'Union européenne doit être encore facilitée, et élargie. Facilitée par des mesures fiscales qui puissent favoriser les entreprises de transport. Il faut encourager les low-costs et les réseaux ferrovières entre les pays. Elargie parce que la mobilité est aujourd'hui la jouissance d'une élite. Peu d'Européens partent Erasmus (1% des étudiants chaque année), peu d'Européens pensent même à quitter leur pays, même pour un temps court, pour un autre, où la monnaie est pourtant la même, où la plupart des règles de vies sont les mêmes.
3. Il faut savoir utiliser la puissance européenne, et il faut s'en donner les moyens politiques. Nous sommes la première puissance économique mondiale. Nous avons la première monnaie d'échange au monde, et la plus stable. Nous sommes la première puissance agricole mondiale. Nous pouvons contraindre les autres pays grâce à cette puissance économique. Nous pouvons imposer nos normes environnementales. Nous pouvons décider d'encourager les pays moins développés qui modernisent leur économie et leur système éducatif. Nous pouvons menacer de mesures de rétorsion contre des Etats voyous. Mais pour cela, il faut une légitimité à le faire (un ministre des affaires étrangères européen, un président de la Commission véritable émanation de la volonté des citoyens européens, etc).
4. Il va être rapidement nécessaire d'organiser la recherche au niveau européen. De favoriser les mises en réseau et les collaborations des laboratoires de recherche des différents pays de l'Union. Aujourd'hui, l'Europe ne met pas assez d'argent dans la recherche: 1,84% du PIB en moyenne dans l'UE à 27, avec seulement 1,5% d'augmentation par an entre 2001 et 2005! En comparaison, le Japon est à 3,18% de son PIB pour la recherche, et les USA à 2,68%.
J'aurais pu parler d'une défense européenne, du co-développement, des médias... Il y a déjà bien assez avec ces 4 là. Si on politise, on intéresse. Si on bouge, on gagne un sentiment européen, une solidarité à l'égard des autres. Si on voit que l'UE utilise sa puissance, on a confiance en elle, et on en est fier. Si l'UE pense à l'avenir, on n'a pas l'impression d'être complètement largué...!
Alors je passe mon petit jeu à 4 blogueurs: Nick Carraway, Le Chafouin, Ca Réagit, et... la Lettre Volée, bien sûr!
Et je leur demande de bien vouloir continuer mon jeu, évidemment...
22:49 Publié dans Parlons d'Europe | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : europe, ue, économie, politique, démocratie, recherche, mobilité
28/09/2008
Lettre ouverte à PCB
Monsieur,
Aussi étonnant que cela puisse paraître, je ne pense pas à vous nuit et jour, j'ai une vie riche et intéressante au regard de laquelle les querelles que vous me cherchez régulièrement ne sont rien.
Il se trouve qu'une partie de ma vie est liée à Boulogne-Billancourt, et il se trouve que, comme on n'a pas grand chose en commun vous et moi, et que vous - et d'autres qui, à défaut de me convenir mieux, sont plus sereins que vous - y faites de la politique, nous nous y sommes opposés bien souvent.
Et ça va sans aucun doute continuer: vous n'aimez pas ce que j'écris, moi je n'aime pas ce que vous faites. Or, "sans la liberté de blâmer, il n'y a pas d'éloge flatteur". Par exemple, en juillet dernier, en plein conseil municipal, votre majorité vous a élevé un ban de manière tout à fait spontanée. Si, ça s'est vu, c'était un moment d'émotion irréfléchie à l'état pur. Et bien la contrepartie de ce ban, c'est moi. C'est moi, et tous ceux qui ne sont pas d'accord avec vous (aux dernières estimations, au moins 56% des électeurs), qui permettons que, de temps en temps, votre propre majorité vous élève un ban sans trop de ridicule. Bien sûr, je n'attends pas que vous me remerciez jamais en public, mais de temps en temps, dans le fond de votre coeur, vous devriez m'en être reconnaissant.
Et c'est ému de cette reconnaissance muette que je sais grandir en vous, que je me permets de continuer à ne pas être d'accord avec vous et à le dire. Comme beaucoup d'autres boulonnais, d'ailleurs.
Si je vous écris aujourd'hui, c'est pour remettre certaines choses en place: j'ai 23 ans, vous en avez 30 de plus. Je n'avais pas 16 ans que vous cherchiez déjà à m'expliquer la vie, selon des méthodes que je ne qualifierai pas, qu'il nous suffise aujourd'hui de rappeler qu'elles ont failli vous coûter cher et que si je suis toujours là, et toujours opposé à votre conception de la politique, c'est qu'elles n'étaient pas les bonnes (les méthodes).
Mais comme je vous l'ai dit, il n'y a pas que la politique dans la (ma) vie. Et, par exemple, quand je promets à une amie d'assurer la musique de l'événement qu'elle organise, c'est parce que cela me fait plaisir et que la perspective de passer la journée en compagnie de gens chaleureux me réjouis. Pas une seconde je ne pense à vous, vous n'avez tout simplement pas de place dans ma vie quotidienne. Bien sûr, je sais que vous allez passer, et vous voulez que je vous dise? je m'en fous complètement: vous êtes élu de cette ville, un événement y est organisé, c'est normal que vous soyiez là, et je sais que vous ne vous attarderez pas parce que, et après tout c'est normal aussi, vous avez autre chose à faire.
Alors je me demande vraiment le pourquoi de la scène de colère que vous nous avez jouée, du caprice que vous avez fait, des menaces que vous avez proférées ce jour-là, parce que j'avais le mauvais goût d'être dans votre champ de vision, sans vous voir, sachant pourtant pertinemment que je n'étais pas là pour vous.
Dans ces cas-là oui, je me demande qui de nous deux a 30 ans de plus que l'autre, et qui s'en sort le plus dignement.
10:57 Publié dans Boulogne | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : boulogne-billancourt, baguet, politique
10/09/2008
C'est français, c'est la police française
1991. 41 ans après la création de la Stasi, ses archives sont ouvertes et accessibles au public. Evidemment, entre 1950 et 1991, aucune citoyen allemand n'a pu avoir accès à ces archives d'une police politique de régime totalitaire.
Toutes les archives du KGB n'ont pas encore été ouvertes. Mais même principe que pour la Stasi: aucun citoyen n'a eu accès, de 1928 à la fin du régime soviétique, aux fiches qui les concernaient, stockées dans les locaux de la police politique. La-dite police savait pourtant souvent plus de choses sur la vie de certains citoyens que les proches de ces citoyens eux-mêmes.
1972, John Edgar Hoover meurt après près de 50 passés à la tête du FBI. L'homme représente la plus grande perversion qu'un état d'esprit délétère ait pu produire: la sécurité du pays, la raison d'Etat a tout justifié.
Années 80. D'une petite dizaine de personnes ayant connaissance de l'existence de Mazarine Mitterrand, les écoutes de l'Elysée s'étendent à 6000 citoyens de notre démocratie centenaire: la France.
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Aujourd'hui, EDVIGE.
Il n'est pas choquant que la police dispose de fichiers. Une police sans fichier n'aurait d'ailleurs aucune raison d'être. Pour protéger une société, il faut savoir parfois prévenir. Et l'investissement dans la vie publique induit une acceptation des moyens mis en oeuvre dans le Contrat social pour assurer la sécurité de l'ensemble des membres de la société. Même si notre liberté doit un peu en souffri
r.
Heureusement, la démocratie garantit la séparation des pouvoirs, et l'égalité de tous devant la justice. Ainsi que des moyens juridiques et judiciaires de faire valoir ses droits.
Il n'est même pas forcément choquant que la police dispose de fichiers sur des mineurs (entre 13 et 18 ans), qui éventuellement n'ont pas de casier judiciaire, ni même jamais eu affaire avec la police, mais qui gravitent autour du "réseau social" d'un délinquant. Il est commun dans les milieux délinquants de mettre à contribution des enfants ou ados encore un peu naïfs.
Il y a en revanche dans le principe d'EDVIGE et dans ses justifications par les responsables politiques, plusieurs éléments extrêmement choquants. Choquants au point de permettre de penser que l'on change de régime, déviant à peu près dans une sorte d'oligarchie totalitaire, creusant un trou de plus en plus profond entre le pouvoir et ses suppôts, et des citoyens qui en toute légitimité, devraient avoir un égal accès aux fonctions politiques (NB politique = s'occuper de la Cité).
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Dans l'idée même du fichier:
Comme je le disais, les fichiers font la police. Si la police ne faisait que retrouver les criminels sans déjouer en amont leurs forfaits, les citoyens pourvus du droit de vote que nous sommes ne serions pas contents. Or, il faut savoir que si l'on veut l'efficacité des pouvoirs pour garantir la sécurité ("première des libertés" selon le RPR en 2002), il faut savoir accepter les fichiers. Je ne suis pas choqué par cela.
En revanche, le fichier EDVIGE pourra être alimenté de façon anonyme par n'importe quel officier de police ou de gendarmerie. Pas de matricule, pas de signature. Pas de moyen de retrouver l'auteur du dépôt d'informations. Lesquelles informations peuvent être erronées - l'erreur est humaine.
Le fichier EDVIGE sera consultable par - dit-on - 1600 personnes. Dont par exemple, les préfets. Revenons dans la vraie vie, et dans ce que l'on appelle l'usage. Dans l'usage, les préfets ont accès au fichier. Donc leur directeur de cabinet aussi. Leur secrétaire éventuellement, aussi. Un responsable politique, membre d'un exécutif local ou national, par amitié, par collusion, par conviction, aussi. Quelques mots au téléphone, c'est si peu.
C'est le moment où se rappeler que nous vivons en démocratie. Je suis Pierre Catalan, un garçon relativement peu influent, surtout en politique. J'habite Gros-Boule les Bains, et je cherche à me présenter aux municipales. Le maire de Gros-Boule, monsieur Duschmol, est très ami avec le préfet du département Gros-Boulais. Aura-t-il accès au fichier EDVIGE constitué à l'annonce de ma candidature, et qui pourtant n'a rien à voir avec la compétition démocratique?
Y aura-t-il accès alors que moi-même Pierre Catalan, citoyen Gros-Boulais payant mes impôts à Gros-Boule les Bains, n'y aurais pas accès?!
Parce que finalement dans la méthode, le plus choquant d'EDVIGE, c'est l'impossibilité totale, directement ou indirectement, pour les citoyens fichés, de consulter leurs fiches. Allons plus loin: en cas de procès, mon fichier EDVIGE sera-t-il produit comme preuve ou élément d'enquête au procès? Ou bien restera-t-il secret? Mon avocat y aura-t-il accès?
Il n'existe aucun mécanisme juridique qui me permette de demander de consulter ma fiche EDVIGE, et de constater si elle est fausse ou non. Ni dans quel esprit elle est rédigée. Nous ne sommes plus en Contrat Social. Nous sommes soumis au Leviathan, en y ajoutant un soupçon de servitude volontaire.
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Dans les justifications:
Le porte-parole de Michèle Alliot-Marie cite quelques exemples de cas d'utilisation d'EDVIGE:
- Le cas pré-cité des mineurs pour une utilisation de prévenion de la délinquance. On peut admettre le raisonnement: à condition évidemment que l'accès à la fiche EDVIGE soit possible, à l'instar des fiches actuelles des RG.
- Le cas d'un candidat à un poste dans l'administration. La justification est: "l'administration a tout de même le droit de savoir à qui elle a à faire". Justement NON. Tout ce que l'administration doit savoir, c'est si le candidat a un casier judiciaire ou non. La fonction publique est républicaine: peu importent les convictions politiques ou religieuses, tant que l'on reste dans le cadre de la République. On se croirait dans le temps de chasse aux Communistes des USA des années 50-60.
Et, allons plus loin. Adhérent militant de la LCR, M. Duschmol candidate à une administration publique. Il est fiché dans EDVIGE (eh oui, membre de la LCR, cela peut éventuellement être considéré comme un danger pour la sécurité nationale). Le recruteur constate qu Duschmol est militant LCR. S'il le refuse, que fait Duschmol? Peut-il attaquer en justice sous prétexte d'une discrimination parce qu'il est "inquiété pour ses convictions" (cf. Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, article 10)?
Ben non, puisqu'il ne peut pas le prouver, sa fiche EDVIGE étant confidentielle! Bien pratique non, ce retour subtil à un régime d'arbitraire.
D'ailleurs, je connais un actuel "homme politique" dont la candidature au cabinet du premier ministre de l'époque a été rejetée après une courte enquête, sans qu'il n'est besoin d'un quelconque fichier EDVIGE. Mais on peut supposer que l'enquête portait effectivement sur les qualités intrinsèques et non sur les convictions du personnage (qui ne doit pas en avoir beaucoup, en fait).
- Le cas d'un candidat à un mandat électif, pour lequel le préfet aurait droit de consulter la fiche EDVIGE des candidats. De quel droit? Je suis citoyen et aucun tribunal ne m'a privé de mes droits civiques. Pourquoi le préfet (représentant de l'autorité de l'Etat) aurait-il le droit de savoir quoi que ce soit sur mes convictions? Pour en faire quoi? Avec quelles garanties d'imperméabilité (imperméabilité = quand ça ne fuit pas).
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Réseau social
Par ailleurs, il paraît que EDVIGE permet de ficher aussi les contacts des heureux titulaires d'une fiche. Cela permet en fait de ficher n'importe qui, à son insu, et sans aucun droit de regard de leur part. Prenez Facebook comme exemple. Si je suis fiché sur EDVIGE, voici la carte des fiches qui pourraient concerner mon réseau social:
PS: Voir Sébastien, de ça réagit
00:08 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : edvige, politique, démocratie, libertés, droits de l'homme, stasi, kgb
05/09/2008
Bienveillante grossesse
La grossesse de Rachida Dati (dont personnellement je me fous, félicitations) arrive pile poil bien. D'abord pour Raphaëlle Bacqué, la fausse vrai journaliste politique du Monde qui n'avait rien à dire depuis la séparation de Ségolène Royal et François Hollande pour se mettre en avant, et qui ose prétendre un travail journalistique en interviewant la ministre sur son heureux événement. Ensuite pour Patrick Devedjian.
Le pauvre Patrick Devedjian, qui essaie de trouver du soutien dans une difficile période de sa vie politique. Le ministère de la parole aura vécu, le temps d'un bout de présidence Chirac. Depuis mai 2007, c'est révolu. Mais diantre, quel heureux hasard! Rachida Dati enceinte de 4-5 mois, ça signifie une Rachida Dati en congé de maternité en décembre-janvier! Un poste de garde des Sceaux qui se libère!
Une compensation pas trop déshonnorante pour se faire virer de la tête de l'UMP, et sans doute du Conseil général des Hauts de Seine.
Et ce malgré un scandale très médiatisé sur la "propreté" du département en juillet dernier, quand Devedjian disait "nettoyez les écuries d'Augias" de l'ancienne propriété de Pasqua et Sarkozy. En effet, comment imaginer une éjection de Devedjian après un tel pavé dans la mare, qui, immanquablement, donnerait crédit à l'annonce du successeur de Sarko dans le 92?
En même temps, le meilleur moyen de nettoyer les écuries d'Augias est de ne pas y faire entrer de porc.
Ministre de la justice... un poste que Devedjian guigne depuis bien longtemps, et qu'il s'était vu soufflé par la médiatique Rachida, qui porte bien mieux les robes Dior que lui, il faut le reconnaître.
11:15 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : devedjian, 92, hauts de seine, pasqua, sarkozy, dati, politique
01/08/2008
Siné Massacre
C'est mon côté super conventionnel: Siné ne m'a strictement jamais fait rire. Ses camarades Reiser, Wolinski, Cabu, oui, pour sûr. Même Charb. Mais Siné, vraiment, pschiiiit. Il y a cette espèce de position qui tient lieu de pensée: parce que Siné est une institution de l'iconoclasme, on a besoin de lui. C'est un peu comme si on disait "parce que ça fait 50 ans que Chirac est de le paysage politique, on a besoin de lui". Il y a un moment où, peut-être, on pourrait prendre un peu de recul. Est-ce que la construction d'une aura, sous une époque bénite (le tournant des années 70/80, la libéralisation des médias, l'institutionalisation d'un esprit iconoclaste, ironique... canal +, même), justifie que en 2008, tout puisse être digéré et acceptable?
Ce qui est embêtant chez Siné, là, ce n'est même pas que si on peut rire de tout, on ne peut pas rire avec n'importe qui. C'est que on peut rire de tout, àconditition de le faire avec talent. Je m'étonne que personne ne se soit même étonné de l'extrêmement mauvaise prose de Siné:
"Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l’UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n’est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit."
C'est franchement pas bon. Enfin, franchement, qui peut trouver ce paragraphe drôle? Même caustique? La question au final, c'est à qui s'adresse ce genre d'humour?
Et puis il y a la conclusion, dont la finesse et la délicatesse m'émeut au plus haut point: "Moi, honnêtement, entre une musulmane en tchador et une juive rasée, mon choix est fait !". Décidément ce Siné, trop marrant. Et puis le rappel des femmes rasées, vraiment, irrésistible.
Je ne comprends même pas, à la lecture de cette tribune, que quiconque ait la simple idée de défendre son auteur. Il y a dans ces lignes les amalgames douteux de l'extrême gauche anti-sioniste: Sioniste = israël = Juifs = anti-palestiniens = argent = capitalisme financier... Tout y est. L'amalgame s'est déjà manifesté avec la liste "Euro-Palestine" de Dieudonné aux élections européennes de 2004... que Siné soutenait déjà. Elle se manifeste dans l'antisémitisme évident de toute une partie de l'extrême gauche française. La même qui, rappelle Laurent Joffrin, refusait de défendre le capitaine Dreyfus sous prétexte que c'était un Bourgeois.
Il y a quelques temps, Philippe Val avait écrit un bel édito dans Charlie. "Les Traîtres et les Crétins". Les traîtres, c'est la partie de la SFIO qui a choisi de se fondre dans le système pour réformer les choses. C'est Jaurès, c'est Blum. Les crétins, ce sont les jusque-boutistes, démagogues, volontiers violents, rébarbatifs. C'est Guesde. C'est Siné.
Franchement, pour ma seule estime de moi-même, je suis plutôt content d'être du côté des "traîtres". Siné est un con. A 78 ans et avec ses bombonnes d'oxygène pour réparer ses poumons, on espère qu'il se convertira à l'intelligence avant que ce soit fini. Il n'est jamais trop tard pour aller loin dans la vie.
17:16 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : siné, charlie hebdo, philippe val, politique, antisémitisme, extrême gauche
12/06/2008
Une diplomatie sans queue ni tête?
Libération m'apprend que l'invité du 14 Juillet, devant lequel l'armée française va défiler, et qui est invité à la fête de la Prise de la Bastille, et de ce qui l'a accompagné: fin des privilèges, déclaration des droits de l'Homme, sera Bachar El-Assad. Nicolas Sarkozy a manifestement envie de jouer un grand rôle dans la reconstruction politique et matérielle du Liban. Après avoir rencontré les élus du Hezbollah à Beyrouth, Nicolas Sarkozy invite donc le dictateur syrien qui soutient le terrorisme au Liban, et principal instigateur des drames de la région.
Manifestement, le fait que Kadhafi lui ait fait dans les bottes sur l'Union pour la Méditerranée n'aura pas suffit à Nicolas Sarkozy: il persévère dans son idée que le meilleur moyen de se mettre un dictateur dans la poche, c'est de s'humilier et d'humilier son pays et ses valeurs devant lui. Bon, ça n'était pas efficace pour Kadhafi, peut-être cela le sera-t-il pour Bachar El-Assad?
Mais voilà. A partir du 1er juillet, Nicolas Sarkozy n'est pas que Président de la République française. Il est aussi chef de l'exécutif de l'Etat qui préside l'Union européenne. Il avait d'ailleurs déjà dit l'année dernière après le succès du défilé des troupes des 27 sur les Champs Elysées, que les armées de chaque pays de l'UE seraient représentées dans cette fête nationale 2008 très symbolique pour l'identité européenne de la France.
La question est: comment donc les pays des 27 prendront-ils que Nicolas Sarkozy fait défiler leurs représentants (et pas n'importe lesquels: pas des diplomates, mais des militaires!) devant un dictateur envers qui il n'y a que très peu de consensus au sein de l'Union?
En un mot, nom de Zeus, quand donc Nicolas Sarkozy comprendra-t-il que tout n'est pas communication?!
- Inviter El-Assad a un joli défilé et à une garden party, ce n'est pas faire de la diplomatie.
- Inviter une personne aussi controversée quand on est Président de l'Union européenne, et ce sans concertation avec ses partenaires européens, ce n'est pas responsable.
- Privilégier l'effet d'annonce avant tout travail de fond et de concertation, c'est de la bêtise, et de la bêtise dangereuse qui compromet nos valeurs, et notre diplomatie européenne (qui est déjà si faible). C'est par ailleurs incohérent, et cela annule toute volonté de diplomatie.
- Privilégier un dictateur sur des partenaires démocrates avec lesquels on a des politiques en commun et des ambitions (politiques, économiques, diplomatiques) est outrageant pour ces partenaires.
En un mot simple: comment Nicolas Sarkozy peut-il prétendre engager une présidence de l'Union ambitieuse, et commencer par un symbole (et plus qu'un symbole: les conséquences seront désastreuses) si désastreux et si controversé?
Ce président est un guignol. Il n'est pas digne ni de nous, ni de l'Europe.
Dessin: Stavro, dans le Courrier International, 27/06/2001
00:03 Publié dans Parlons d'Europe | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : ue, europe, bachar el-assad, el-assad, politique, sarkozy, diplomatie
29/05/2008
Ségolène et le libéralisme
Ma foi, ils ont été nombreux ceux qui ont dit, et mieux que je ne le ferais, combien Ségolène Royal se complaît à se vautrer dans le populisme, notamment dans cette dernière sortie sur le libéralisme "incompatible" avec le socialisme.
Il y a Versac, le Chafouin, et Jules, par exemple.
De mon côté, je laisse juste à votre sagacité le soin de répondre à cette épineuse question: "Qui du Président Lula (socialiste Brésilien) ou du Président Bush (conservateur Américain) souhaite le plus que les échanges soient libres et qu'on cesse le protectionnisme? A laquelle de ces sociétés (une pauvre et une globalement riche) le libéralisme profiterait le plus?"
Evidemment, on pourra replacer la déclaration de Mme Royal dans un cadre national. Je vois d'ici les "oui, mais en France, la répartition des richesses est très inéquitable, c'est la faute au système libéral".
Et si c'était la faute aux gens comme Mme Royal, qui préfèrent laisser croire qu'il suffit d'attendre d'être servi pour réussir dans la vie, plutôt que d'aller chercher soi-même ce qu'on veut? En effet, le libéralisme, dont l'économie de marché est l'une des expressions, peut profiter aux plus pauvres.
Encore faut-il s'assurer que les plus riches n'en profitent pas pour fausser la concurrence et établir une série de barrière les protégeant de ceux qui font plus d'efforts qu'eux pour réussir. C'est l'objet de la politique de concurrence de l'UE, de la "concurrence libre et non-faussée". C'est l'objet des négociations de l'OMC pour cesser les subventions à l'exportation dans l'agriculture européenne et américaine.
Qu'on a beau jeu de dénoncer, puisque les mots sont galvaudés, que les images que l'on met dessus sont plus fortes que leur sens et l'héritage que nous avons d'eux. Libéralisme n'est pas un gros mot. Mais Ségolène Royal pense (sans doute à juste titre) que les sympathisants de gauche en ont peur, et se retournent farouchement contre Delanoë. D'où exploitation du filon, par celle qui, il y a un an et demie encore, se réclamait du "new Labour" de Tony Blair.
Si c'est pas du populisme ça, qu'est-ce donc?
Image: le blog, à mourir de rire Le Libéralisme pour les débutants.
08:54 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, delanoë, libéralisme, politique, démagogie, populisme, lula
19/05/2008
UMP: le Contrat de Confiance
Je reproduis un texte pas encore disponible sur le site de l'UMP, dirait-on, mais distribué avec "Le Magazine de l'Union", journal mensuel du bon petit militant UMP.
"OUI, je souhaite soutenir les actions menées par Nicolas Sarkozy pendant la durée de son quinquennat et renouveler mon engagement à l'UMP jusqu'en 2012 en signant le Pacte d'adhésion présidentiel et en souscrivant au prélèvement automatique de ma cotisation annuelle. Le montant de ma cotisation sera prélevé automatiquement en février chaque année jusqu'en 2012, fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy.
Je peux à tout moment suspendre ce prélèvenement sur simple demande à létablissement teneur de mon compte."
L'UMP a donc décidé de passer à un système de vente bien connu: "Cédez au prélèvement automatique, c'est tellement moins de souci! Et puis vous êtes libre, vous pouvez arrêter le paiement quand vous le voulez!". C'est un truc déjà utilisé par les ONG, et évidemment par les entreprises. Et si ça marche, c'est que en fait, la grosse majorité des gens ne fait pas attention.
On peut souscrire au "Pacte d'adhésion présidentiel" en juin 2008, détester Sarkozy en décembre, et oublier qu'on a souscrit au Pacte, et donc continuer à se faire ponctionner savoureusement jusqu'à février 2012 (compris: il faut bien financ
er la future campagne, avec ce parti en faillite). On savourera pleinement la grande confiance qu'a l'UMP en son charismatique et bien-aimé leader, puisqu'en demandant aux citoyens un engagement d'adhésion sur 4 ans, on les prend un peu à la gorge. Tenez, moi-même, je verse mensuellement de l'argent à l'association AIDES avec ce système, et cela fait 9 mois que je me dis que je devrais l'arrêter, parce qu'un jour d'août Place de la Bastille, on m'avait vendu le concept de façon mensongère. En attendant, je continue à donner.
Tout de même, en souscrivant à ce pacte à la noix, l'adhérent n'est pas un pigeon total non-plus: "En devenant membres du "55", ces adhrents sont associés encore plus étroitement aux événements nationaux et reçoivent des informations privilégiées. Une carte spéciale leur est adressée."
Franchement, je me demande bien de quels "événements nationaux" on parle. Et surtout de quelle "association étroite": si l'UMP était un parti démocratique et participatif, ça se saurait.
Mais bon, il y a la carte argentée "55" collector. Cela vaut bien 35€ par an, non?23:31 Publié dans UMP | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : ump, sarkozy, pacte d'adhésion, devedjian, politique, marketing







