15.09.2006

Se loger (2)

 

 Bon, j'ai raté la convention logement de l'UMP hier. J'ai tout de même appris quelque chose qui vient confirmer ce que je disais précédemment sur les complications pour se loger à Paris, et plus globalement en France, à cause de législations trop complexes pour les propriétaires, et trop protectrices pour les locataires, ce qui, pour plagier Darty, n'aide pas au contrat de confiance.

 Il y a aujourd'hui en France à peu près deux millions de logements vacants, selon une association de propriétaires immoblier. Aujourd'hui, pour déloger un locataire, il faut prévenir 6 mois d'avance, et justifier le départ du locataire par une vente ou bien une réoccupation de l'appartement par la famille. Ce que voudrait cette association, c'est abandonner les justifications, mais passer de 6 à 9 mois de préavis.

 Et quand le locataire ne paye pas, la situation est encore plus inextricable, surtout si on loue un appartement non-meublé et qu'on entre en période hivernale...

 Ce à quoi un responsable d'association de protection des locataires répondait que c'était inacceptable et que cela conduisait à une "précarisation du logement" (décidément, le mot précaire va être important dans cette campagne...). Je ne suis pas d'accord avec lui; comme pour le CPE, mieux vaut un logement même moins sûr pour le locataire, que pas de logement du tout...

 D'ailleurs le propriétaire n'a nulle raison ni intérêt à faire la valse des locataires, bien au contraire. Il s'agit juste de rétablir la confiance entre le propriétaire et le locataire, sans que la suspicion qui existe actuellement ne persiste...

 

 Retrouver sur son site les propositions de l'UMP pour le logement

 

26.08.2006

Trouver un appartement à Paris

 

 

 J'ai retrouvé cet après-midi Gabor et Gergely, deux de mes amis Hongrois, qui cherchent un appartement avant la rentrée de Sciences-Po. Si en France les droits des propriétaires sont souvent très réduits face aux droits des gens qui louent, les abus qui vont avec le manque de confiance grandissant qui accompagne se déséquilibre des droits des uns et des autres deviennent abracadabrantesques.

 Gabor et Gergely, il faut le dire, ne font rien pour arranger les choses. Sans aller jusqu'à la caricature des "7 jours de Groland", ils ont bien du mal à trouver un appartement. Ils cherchent un appartement pour une collocation à quatre, avec une Tchèque et une Marocaine. Et, même avec l'étiquette Sciences Po (qui aide tout de même un peu), les étudiants ne sont pas les bienvenus, encore moins en collocation. Et ce même avec des dossiers de plusieurs dizaines de pages.

 Ils ont essuyé tous les types de refus: "pas le profil", "déjà pris", "Vous avez quelqu'un pour vous porter garant?", "Désolé, pas de collocation"... même quand on leur confie que leur dossier est "satisfaisant" (vocabulaire de concours...), ça ne marche pas. Ces refus restent soft par rapport à ce que l'on peut parfois entendre. Néanmoins aujourd'hui, pour un étudiant étranger à Paris c'est presque impossible de trouver un logement. Les conditions pour atteindre le Graal? Soit un Français qui puisse se porter garant, soit 12 mois de loyer gelés sur un compte.

 Ce qui signifie, pour Gabor et Gergely, une somme faramineuse, environ 5000€ (10 fois un salaire moyen Hongrois environ) à laisser sur un compte, gelé. C'est à dire 5000€ non-utilisables, en otage, en plus de payer tous les mois leur loyer comme il est dû.

 Pour Josef, un ami Tchèque, la situation est moins inextricable: il a contracté un emprunt de 15000€ avant d'entrer à Sciences-Po et peut vivre encore dessus, en plus de la bourse sur critère social que lui verse l'école. En plus il cherche un appartement seul.

 

On peut trouver normale cette méfiance (quoique, pour un meublé, le propriétaire peut chasser son locataire presque immédiatement pour rupture de contrat). Moi pas. J'estime anormal de demander à des étudiants étrangers un garant Français qu'ils ont une chance sur cent de trouver, et j'estime anormal qu'ils soient discriminés par le simple nationalité. Et ce d'autant plus qu'ils sont ressortissants de pays Européens, et que leurs parents sont capable de subvenir à leurs besoins en France.
 
 Ils entameront demain leur cinquième jour de visites, visites groupées au milieu de tous les prétendants. Ils ont d'ores et déjà proposé à leur agence de payer l'ensemble des 10 mois de loyer dès le premier mois (ce qui reviendrait au même que de laisser 10 mois de loyer gelés sur un compte, à l'exception près que ça ne leur bloque pas de l'argent inutilement).  
 
 Evidemment, Sciences-Po, qui se vante d'accueillir près de 20% d'étudiants étrangers, n'a rien prévu pour aider ces étudiants à trouver un logement. Alors si le gouvernement veut vraiment s'occuper des étudiants en France, il me semble qu'il va falloir, tout comme on a essayer de créer un contrat de travail particulier pour les jeunes à études peu ou pas valorisantes, remettre le système à plat, donner plus de garanties au propriétaire, et de ce fait plus de confiance pour accueillir des étudiants. Une aide au logement étudiant ne sert finalement de fait pas à grand chose vu ce qu'il faut comme argent pour gagner la confiance d'un propriétaire.
 Dans l'histoire, le dindon de la farce reste le même; un étudiant qui va devoir financer ses études alors que sans cette méfiance, il n'aurait pas à le faire, car il n'aurait pas à s'inquiéter d'une aussi forte somme d'argent laissée sur un compte gelé. Il me semble d'ailleurs que si un si grand nombre d'étudiant travaille à côté de leurs études, c'est aussi à cause de ça. 
 
 
 En attendant, Gergely semble avoir trouvé la raison pour laquelle les sans-papiers et les squatters ont si peu envie de partir de France:
 
"Ben oui, ils ont eu un permis de séjour pour 3 mois, au bout de 3 mois ils ont enfin trouvé un logement en région parisienne, alors forcément, ils se sont dit qu'après avoir passé cette épreuve, plus rien ne pourra les en déloger!"