25/06/2008

KIWIS A UN AN!

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Kiwis a un an. Pour fêter l'événement, 7 d'entre les membres de Kiwis ont joué à un jeu, qui explique pourquoi mon blog n'est pas tellement mon blog aujourd'hui.

Mais qui a bien pu écrire chez moi aujourd'hui?

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Le Web 2.0, les Kiwis, moi… et Sarkozy

Un an de Kiwis ! D’où la grande redistribution à laquelle vous assistez, grâce à laquelle la kiwisphère est devenue ambulante et masquée pour un jour.

Un an pour les Kiwis, et, en gros, un mois pour moi. C’est sur proposition du Toréador que je suis passé du statut de blogueur solitaire à celui de membre d’une communauté sélect, dont vous devez lire les principes rigoureux qui inspirent ma contribution du jour…

Le principe du Web 2.0 trouve une parfaite incarnation chez les Kiwis, eux qui sont capables de mettre en relation des animaux aussi différents qu’un pingouin et un chacal, ou des individus aussi opposés qu’ un montreur d’ours et un propriétaire de salon élégant, et, enfin, des auteurs de bords très divers, mais également passionnants et stimulants… Bref, ça circule, et c’est bien.

Pourtant, le principe du Web 2.0 suscite parfois des réactions étranges, mais toutes également sarkozystes.

La première tient à la montée en puissance de l’esprit de compétition, qui me paraît contradictoire avec celui qui devrait prévaloir dans la blogosphère. La question a été brillamment abordée par le Toréador, dans une critique en règle des principes de Wikio, que je vous conseille d’aller lire. Le dit Toréador s’est évidemment fait injurier, alors qu’il n’avait pas tort…

La seconde tient à la terreur que suscite l’existence de médias où circule une information libre et non contrôlée. À tel point que notre gouvernement bienveillant et maternel, craignant que l’internaute ne s’y perde, propose la mise en place de labels de qualité qui permettront de distinguer le bon grain de l’ivraie. Il faut le lire pour le croire, dans le rapport intitulé “La presse au défi du numérique) que Marc Tessier a remis à notre ministre de la culture (pdf ici) :

L’idée d’un label « information en ligne » est assez intéressante à plusieurs titres. D’abord, elle permettrait effectivement de donner un avantage immatériel aux sites concernés qui pourraient le faire valoir auprès de leurs lecteurs électroniques, ceux-ci pouvant immédiatement identifier les sites où ils seraient à peu près sûrs des informations fournies en ligne (c’est à dire pas de la vilaine propagande antigouvernementale). Pour les pouvoirs publics, le label pourrait constituer un outil pour soutenir et promouvoir une information francophone de qualité (c’est à dire: pas de méchants articles antigouvernementaux) sur Internet et s’assurer ainsi que le basculement de l’audience vers le numérique ne se traduit pas nécessairement par un appauvrissement des contenus (c‘est à dire: quelque chose d’inférieur aux éditos du Figaro?) et un foisonnement d’informations douteuses (vous vous sentez visés là ?) et non hiérarchisées (contrairement à la précision et à finesse d’analyse dont fait habituellement preuve la presse française). Ceci serait particulièrement utile à destination des plus jeunes générations pour leur apprendre, dès leur scolarité (c’est de l’éducation, pas de l’endoctrinement), à mettre en perspective ce qu’ils trouvent sur Internet et hiérarchiser entre les différentes sources d’information en fonction de leur qualité.

Mais cela en toute innocence et sans arrière-pensée économique (préserver les médias traditionnels) ou politique (noyer la blogosphère contestataire en la privant de reconnaissance).

La grande vertu des Kiwis est de nous préserver de ces deux maux.

Les Kiwis, en faisant circuler informations et réflexions, assurent une horizontalité de la blogosphère qui bat en brêche la folie statistique actuelle et nous permet d’écrire encore par plaisir.

Et comme ils sont leur propre label, ils n’ont pas à attendre l’onction d’un pouvoir qui commence vraiment à sortir de ses attributions…

En ce jour de joie pour la blogosphère, souhaitons un bon anniversaire aux blogs Kiwis, une excellente fête à leurs auteurs -et en particulier à Pierre Catalan qui m’héberge et grâce à qui je m’informe jour après jour sur l’évolution de la situation européenne- et beaucoup de découvertes à leurs lecteurs !

L’invité surprise vous souhaite bonne lecture à tous !

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Et oui cher lecteur, c'est le Grand Barnum qui est venu écrire sur mon blog en ce jour de fête. 

11:55 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : kiwis

22/06/2008

Bouleversement

 Le 25 juin ici, c'est le cirque.PT_Barnum_web2b.jpg

18/12/2007

Le Traité de Lisbonne et le déficit démocratique

 Sébastien se fend d'un billet sur le Traité de Lisbonne. Il revient sur la construction de l'UE, ce modèle libéral qui tente avec son marché intérieur de pousser un modèle d'économie sociale de marché. Après son rapide historique et son rapide inventaire des avancées, il en vient au débat.

982daa73a388850ba945d8001b836912.jpg C'est bien le problème. Le débat, ce n'est pas les avancées du texte, mais uniquement son mode de ratification. J'en veux beaucoup à plusieurs de mes correligionnaires blogueurs d'intégrer de suite l'idée que "de toutes façons le fond est trop complexe pour qu'on en parle". Ce n'est que démagogie et paresse que de dire cela. Le fond n'est pas complexe. Qui sait lire la Constitution Française sait lire un traité des Communautés Européennes (attention, je ne parle pas du traité sur l'Union Européenne, qui comporte toutes les politiques prévues dans les 3 piliers, mais bien du traité sur les dispositions institutionnelles).

 Alors certes, les parties 1 et 2 du TCE étaient plus faciles à lire. Mais bon, on n'est pas là pour parler de ça. Le problème du débat actuel en France sur l'adoption du traité est profond et trouve ses racines dans les ruines du Mur de Berlin (approximativement). Je vais essayer de faire court.

 En 1986, l'Acte Unique européen décide de l'achèvement du marché intérieur: l'objectif est double, d'abord achever un objectif posé dès 1957, pour ensuite commencer une intégration politique; Avec l'euro, et avec une démocratisation de l'Europe, timidement amorcée avec l'élection au suffrage universel des députés européens en 1979. Le problème c'est que cette volonté de démocratisation va être mise en branle en plein bouleversement international, en plein changement de paradigme des citoyens de l'Europe entière, et en plein chamboulement de l'organisation de l'UE conséquente.

 Entre 1989 et 1995, l'Europe se tape la fin de son alter-ego de l'ombre, le Bloc Communiste de l'est. Elle se prend aussi en pleine face l'instabilité à ses frontières, les guerres d'indépendance de la Slovénie, de la Croatie, et de la Bosnie. Elle doit gérer les difficultés financières de l'Allemagne, qui accueille dans un élargissement qui n'en est pas un la RDA en 1990, alors qu'on prépare l'euro. Elle doit préparer un élargissement à des pays pauvres, qui vont immaquablement bouleverser le quotidien des 15 "riches".

 Ainsi, tandis que l'UE s'apprêtait à organiser doucement une démocratisation pour en finir avec "l'ambiguïté constructive" qui a fait son succès sans les peuples jusqu'alors, elle se retrouve face à la fin du consensus permissif: les citoyens demandent une démocratisation, et comme tout ce qui relève de l'expression des citoyens, ils demandent à ce que cette démocratisation soit rapide.

 Plus facile à dire qu'à faire, d'autant que les hommes politiques nationaux ne sont pas toujours à la hauteur de la tâche pour expliquer les enjeux et politiques de l'UE à leurs concitoyens. La Convention sur l'Avenir de l'Europe présidée par VGE n'est convoquée qu'en 1999, pour réfléchir, en partie, à des solutions à ce déficit démocratique ainsi provoqué.

 La chose à retenir, c'est que l'UE n'y peut que mais des revendications de démocratie des citoyens. Elle pensait pouvoir, à l'image des etats-nation du printemps des peuples, profiter d'une période de longue transition, pour construire sa démocratie européenne, avec son espace public européen. Hélas, la Chute du Mur a rendu complexe la question de l'identité et des frontières de l'Europe. Elle a rouvert le débat des élargissements, qui semblent sans fin. Et les citoyens ont du mal à comprendre le subtil équilibre entre élargissement, et approfondissement.

 De même qu'ils ont du mal à comprendre l'esprit qui anime cette construction. C'est un peu Hibernatus en somme. Le monde et les institutions Européennes ont évolué depuis 1957. Et un beau jour de 1992, les Européens se sont réveillés, et ont paniqué en voyant ce monde qui ne ressemble en rien à une démocratie représentative nationale. Est venu donc le temps de la méfiance, envers une UE qui a besoin de l'OTAN pour régler les guerres des Balkans. Méfiance envers une UE qui un ennemi à ses portes (URSS, crise des euromissiles). Cet ennemi tyrannique et communiste perdu, les citoyens ont oublié que le libéralisme est politique avant d'être libéral, et n'ont désormais que méfiance envers une construction qui leur semble "libérale", et rien d'autre.

 Et aujourd'hui, alors que le Traité de Lisbonne propose des mécanismes institutionnels pour sortir de ce cercle vicieux (plus de pouvoirs aux parlements nationaux, généralisation de la co-décision, simplification de la prise de décision, institutionnalisation du Conseil Européen), nos braves nonistes dénonçant le manque de démocratie en Europe, dénonçant ce complot des élites, se figurent qu'avec un référendum national en France (et un référendum pour dire non, qui plus est), on pourrait "restaurer" la démocratie en Europe. Le chemin me semble bien plus long et passe sans doute plus par une adaptation acculturation des citoyens à l'Europe, que le contraire (même si c'est aux institutions de mieux coller aux réalités sociales).

 Enfin bref, simplisme, quand tu nous tiens...

Lisez également Toréador.

26/11/2007

Que faire des extrêmes?

 Un thème commun de Kiwis, proposé par notre cher Toréador (dont la concision me déçoit un peu sur ce sujet), repris par Bastogi, Odanel et Frednetick. Que faire des extrêmes en démocratie?

 Pfffiou... Des articles sur la démocratie, il y en a déjà eu un paquet sur ce blog. Citons en vrac celui-ci, sur le Bayrouisme présidentiel et la démocratie, citons celui-là, sur la démagogie, citons celui sur l'idée de gouvernement d'union nationale. Et puis ce dernier sur la démocratie et les débats de la société. Cela fait un paquet d'articles.

 Mais parlons des extrêmes en démocratie, et parlons-en alors que Pierre Miquel a rejoint aujourd'hui René Rémond au paradis des honnêtes hommes. Toréador nous rappelle que deux pays sont sous la menace de coups d'Etat en ce moment. Il y en a vraisemblablement plus, mais il prend le Vénézuéla et la Russie pour symboliques, d'une extrême gauche et d'une extrême droite, qui conquièrent le pouvoir dans une pseudo démocratie en rendant progressivement le régime anti-démocratique.

 Rappelons que la Russie n'a en vérité pas connu la démocratie. Jamais. Que 10 ans d'histoire démocratique est un peu faible pour qualifier une pays de démocratique. Rappelons que les écarts de richesse dans la population Vénézuélienne, ainsi que l'exploitation du sol par des compagnies privées alors que la population crève de faim, sont des terreaux plutôt favorables au populisme. Je dirais de Chavez qu'il est plutôt un populiste de gauche. Contrairement à Poutine, je ne crois pas qu'il emprisonne ses opposants. Il a juste perverti le système démocratique à sa botte.

 Tout ce préliminaire pour dire que je trouve le parallèle de Toréador hasardeux, entre Chavez et l'extrême gauche Française, et entre Poutine et une certaine extrême droite. Nous vivons en France en démocratie depuis 1848, avec des interruptions passagères plus ou moins longues: le Second Empire et l'Etat de Vichy principalement. Je crois qu'il serait tout de même difficile à nos extrêmes de nous faire prendre des vessies pour des lanternes et arriver au pouvoir.

 Mais quand bien même, je crois que la question ne se situe pas au niveau de la pratique, mais de la théorie. La question est: voulons-nous des extrêmes en démocratie? Et surtout, avons-nous les moyens de nous en passer en France? Les moyens politiques, mais aussi démocratiques: après tout, Le Pen rassemblait encore le 22 avril 4 millions d'électeurs. Et les différents candidats d'extrême gauche additionnés n'en étaient pas loin.

 L'Allemagne a interdit les extrêmes juste après la guerre, on le comprend. Il serait aujourd'hui un peu tard pour écarter institutionnellement les extrêmes en France. Il est en revanche toujours temps d'amenuiser considérablement leur pouvoir, et leur échos auprès de la population.

 Il est commun de dire qu'il n'y a pas en France 4 millions de racistes et 2 millions de trotskystes. Mais plutôt bien près de 6 millions de mécontents et/ou malheureux. A peu près 6 millions de gens qui ne croient plus vraiment que la démocratie sage puisse résoudre leurs conflits. La démocratie, c'est résoudre par le dialogue et les politiques concertées les conflits de la société. Pour 6 millions de gens, leurs conflits ne sont plus résolus par la démocratie en France.

 

 Alors là on se dit soit que ces gens sont des gros enfants gâtés, soit que en effet, le pouvoir n'est pas à la hauteur. Je crois qu'il y a des deux. Auquel j'ajouterais le problème de l'instruction publique.

 Nous autres vieux démocrates Français sommes en effet des enfants gâtés, et parfois je m'offusque que l'on moque ou stigmatise les Polonais, par exemple, pour leurs comportements électoraux: la Pologne n'est une démocratie que depuis 1991, elle... Nous faisons à peine mieux que les Polonais question puissance des partis populistes. Regardons l'Espagne aussi, qui semble n'avoir pas d'extrêmes (du moins pas au niveau fédéral) et qui pourtant est une démocratie très jeune aussi.

 Nos dirigeants n'assurent pas. Un premier ministre de notre connaissance a écrit un livre récemment pour expliquer que les Français peuvent accepter la vérité. Pour autant, la façon dont Sarkozy a récupéré les électeurs du FN et une partie des abstentionnistes n'est pas rassurante: plutôt que de leur dire la vérité, les polémiques de campagne ont été portées sur la BCE, l'euro (la sortie de l'euro est une constante du FN), l'identité nationale exclusive, l'immigration... Un cocktail identité nationale, immigration, inné et acquis. Peu rassurant. Où est le devoir de vérité?

 Et auparavant, à force de remettre à plus tard les réformes et ne pas se décider, dans une présidence mollusque, entre libéralisme ou pas, conservatisme ou social-démocratie, on a glandé, sans donné aucun résultat. Il est probable que si la réforme Juppé était passée en 1995, Nicolas Sarkozy ne serait d'ailleurs pas président de la République. Idem pour le TCE.

 Ils n'assurent pas, et cela crée des déceptions. Un moment on a pu penser que Nicolas Sarkozy s'en était aperçu. Il le disait tellement souvent. Il a donc couru partout, sur les lieux des drames, à l'étranger, partout. Avec plein de discours et de mots. A remettre la politique dans la quotidien des Français et Rachida Dati chez Drucker. Mais voilà, on va bientôt se rendre compte que depuis 6 mois il n'y a rien eu de vraiment concret envers ces gens insatisfaits de la démocratie pour régler leurs problèmes mais qui, dans un élan d'optimisme, ont tout de même voté pour un candidat républicain aux dernières élections. 

 Et alors là, les manipulateurs d'opinion et de déceptions que sont l'extrême gauche n'en repartiront que de plus belle. Et on a de la chance que le FN soit occupé par une guerre de succession et que l'extrême gauche soit moins audible. Car à force en plus de monter les Français les uns contre les autres (grévistes et courageux travailleurs, par exemple), les bonsvieux réflexes du conflit et de la haine de l'autre matérialisé dans les urnes va revenir.

 Face à cela, sans doute une seule solution de fond et de long terme. Réformer l'éducation nationale. Revenir entre autres, sur cette absurdité qui veut que l'on fasse de la biologie de la 6eme à la 1ere (minimum), mais que l'on puisse obtenir son baccalauréat sans avoir fait une petite heure d'économie.

11/07/2007

Est-ce que ça clive toujours vraiment?

9dd81d5ac4b1cd41c2875bbe66c895fa.jpg Avec les copains de Kiwis, on s'est dit que ce serait sympa de proposer de temps en temps à la sagacité des lecteurs des petits billets comparés sur thèmes communs. Parce que à Kiwis nous avons des ambitions de production de contenu, et ouais. Pour l'instant il semble que nous soyions sept (avec Toreador, Fred, Politoblog, Seb de çaréagit!, Malakine, et Bastogi) sur un petit thème d'actualité, qui mériterait un bouquin dirigé par Dominique Reynié, sur le sens du clivage droite/gauche aujourd'hui.

 82%. Ils sont selon un sondage 82% de Français à approuver la politique d'ouverture de Nicolas Sarkozy. Ils étaient déjà près de 7 millions à voter pour un candidat qui rassemble par le centre la droite et la gauche "raisonnables". Il devient tout de même pertinent de se demander si le clivage droite contre gauche est toujours aussi structurant en France...

 Sur le sujet je suis un peu partie prenante, parce que ça fait quelques temps, depuis le référendum sur le TCE de 2005 en fait, que je me dis que le clivage droite/gauche est obsolète tel qu'il est. J'avais trouvé à l'époque que Besancenot et Montebourg avaient bien plus à partager que Montebourg et DSK, que Dupont-Aignan et De Villiers était une histoire bien plus crédible que Dupont-Aignan et Borloo, et la une de je ne sais plus quel magazine avec Hollande et Sarkozy ne m'avait pas choquée, bien au contraire. J'avais même trouvé que Buffet et Marine Le Pen ne s'entendaient pas si mal, pour peu que l'on inverse chez l'une le national-socialisme de l'autre.be9ce52cea81de61a1563289e41a884e.jpg

 Je distribuais moi-même des tracts pour le OUI publiés par le Mouvement Européen, et n'hésitais pas à donner aux gens les tracts PS, Verts, UDF et UMP en supplément, et en même temps. J'avais vu dans l'attitude par rapport à l'Europe, à la mondialisation, et au libéralisme économique (en gros les trois thèmes autour desquels se sont axés la campagne de 2005) un clivage bien plus marquant que les anciens clivages fossilisés: principes moraux progressistes ou conservateurs, libéralisme économique ou socialisme et redistribution... Liberté ou Egalité, en somme (ah, Tocqueville, je t'aime!).

 Face à la mondialisation, il y a le repli sur soi. Dupont-Aignan, Chevènement, De Villiers, Le Pen: nos souverainistes de base avaient un point commun important.

 Face au libéralisme, il y a une méfiance et un culte de la théorie du complot: Fabius, Besancenot, Dupont-Aignan, Laguiller étaient faits pour s'entendre.

 Au final, face à l'Europe, il y a le volontarisme et les attitudes nobles, ou le fait de cultiver la peur (peur du libéralisme, peur de la mondialisation, peur d'une société cosmopolite...). Les nonistes cultivaient la peur.

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 Je les tenais pour profondément archaïques. Je continue. Je voyais le clivage majeur se structurer entre les archaïques et les progressistes. Les conservateurs et les volontaristes. Et je voyais l'affrontement droite/gauche surtout promu et cultivé par les archaïques, qui n'osaient pas pour autant quitter leur parti si douillet, pour assumer leur dissidence. C'était flagrant pour Dupont-Aignan, et ça l'était pour Mélenchon et autres "crétins" du PS (comme définis par Philippe Val). Je crois à la réflexion que cet édito de Philippe Val (cliquez précédemment) est une assez bonne synthèse de ce que je pensais alors du découpage politique. Les traîtres d'un côté, pragmatiques, et les crétins de l'autre, crétins, et surtout, intellectuellement prisonniers de la doctrine et incapables de modernité. Aussi bien à gauche qu'à droite.

 Puis la campagne de la présidentielle est arrivée, et cette considération un peu autoritaire des clivages structurant le débat politique s'est modifiée. Bayrou a considérablement augmenté son score par rapport à 2002. Comment? En sortant d'une identité de "centre-droit étriqué", et en jouant admirablement bien sur le rejet et la déception envers les autres candidats. L'électorat de Bayrou? Jeunes et éduqués, urbains en  majorité.

 En quoi l'idée d'un clivage Archaïques/Progressistes est-il alors bénéfique à la société et à notre pays? Immanquablement, on se retrouve avec les progressistes au pouvoir, et avec une influence grandissante des archaïques dont le discours est plus simple, plus sentimental. Et comme nous sommes en démocratie, et pour schématiser, c'est comme ça qu'on se retrouve avec une démocratie nivelée par le bas.

 

 Je n'ai pas cru à Bayrou. J'ai été tenté, au vu de mon traumatisme du 29 mai, de mon engagement dans une association transpartisane, le Mouvement Européen, mais je n'y ai pas cru, parce que j'ai trouvé l'idée de supprimer le clivage droite/gauche dangereux.

 

 Il faut garder ce clivage, et moderniser la droite et la gauche, de sorte que leur opposition s'articule sur d'autres critères que ceux qui font la différence entre les responsables politiques convenables, et les démagogues. Acceptation du libéralisme économique, de la mondialisation, d'une société cosmopolite, hétérogène. Sur ces bases communes, on peut bâtir un rapport de force, un clivage intelligent entre une droite et une gauche.

 Restent les noms. "Droite" et "Gauche", voilà bien un concept passé, qui n'a de sens désormais que dans l'hémicycle, face à Bernard Accoyer. Il va falloir sans doute imaginer aussi bien à l'UMP qu'au PS une refondation, une nouvelle base idéologique. Le pire pour la démocratie serait que l'UMP ne se trouve comme identité que celle du soutien au Président, et que le PS ne finisse par se définir qu'en opposition à l'action du Président.

 

 C'est un peu confus, j'écris de façon hachée, trois lignes de temps en temps. Mais voilà au final la dernière piste que je lance: le recul de la démocratisation de l'UMP, et le départ de DSK de la politique nationale sont-ils des bonnes choses pour un bon rapport de majorité à opposition?

 Peut-être que les partis aujourd'hui ont besoin de devenir des think tanks, de réflexion sortant de l'actualité partisane et contraignante, de la politique quotidienne et sans horizon. Peut-être est-ce au pouvoir en place de provoquer ce changement par électrochocs. Mais à ce moment-là, nous revenons au même problème: comment établir une refondation des clivages politiques partisans si la seule référence à ces clivages est la politique et la personne de l'exécutif en place?

 

 Nous donnerons en conclusion quelques mots d'ordre à un bipartisme moderne et démocratique: une pratique scientifique de la politique, un respect des idées et des politiques prévues par l'adversaire, une humilité face aux solutions proposées par les autres, une identité constante de laboratoire d'idées des partis, une écoute multipliée de la société civile, des think tanks, et des experts...

 La considération qu'il "n'existe pas de politique de gauche ou de politique de droite, mais des politiques qui marchent et des politiques qui ne marchent pas". Comme disait Tony Blair.

25/06/2007

Le Kiwis est mûr

4f77e9a91e28be1f48a6e66e73b874e9.jpg Tout a commencé par un mail de Toreador, encore lui. La présidentielle venait de se finir, et la blogosphère gonflée à bloc dans les (d)ébats partisans allait se dégonfler doucement, laissant des asociaux patentés, nez fourré sur leur ordinateur, de plus en plus seuls. Sale histoire. 

 "Voilà le topo, coco, me dit Toreador entre deux banderilles, la Présidentielle se terminant, je pense que la blogosphère, telle une galaxie s'étant déployée pendant des années lumières, va subitement se rétracter avant de se mettre à regrossir, plus tard. Face à ce phénomène, et pour continuer à rester visible, l'union fera la force. Or, face au foisonnement actuel de la blogosphère, il serait intéressant de fournir aux lecteurs un "parcours" lui permettant de se repérer entre blogs politiques qui ne sont pas forcément du même bord mais qui se reconnaissent des affinités de principe."

 Toreador s'était déjà chargé de commencer le recrutement. Frednetick, Pensées d'outre-Politiques, Nico-Politique, Ca réagit!, le Politoblog et moi-même formions le sextet composé autour de Yul Toreador Brynner. Encore fallait-il nous trouver un nom. Que de débats! Civitas, Republica Nostra, Bloggipolis, Tout-Monde, Politeia, KiwiBlog, Kiwis... Politeia sortit du dernier virage d'une courte tête, mais fut battu par Kiwis sur la ligne.

c4915cc65b15e77211a98908e25218fa.jpg Kiwis, le cercle des blogueurs disparus, ça a une Charte. Originalité, esprit critique et prise de recul, humour, indépendance éditorial loin de tout esprit partisan réducteur, intérêt pour la politique, qualité de rédaction et surtout, tolérance des points de vue, donc fermeture aux extrêmes. Nous avons eu un débat: faut-il nécessairement avoir voté OUI en 2005 pour être dans Kiwis? Non.

 Ainsi, nous sommes de droite, de gauche, et il y a même des petits malins toujours inclassables, genre Le Chafouin ou Politoblog. Nous partageons tous le fait qu'on n'aime pas trop être mis dans des cases, et accessoirement que ce que nous apprécions dans la blogsophère, c'est la liberté de pensée, l'indépendance, le décalage, l'humour. Dit comme ça, ça n'a pas l'air très drôle non? Heureusement, Toreador nous donne des noms d'animaux.c4e092c274a9895aa4cb98c3bbae9a4c.jpg

 Ce petit cercle est géré par un Shadock Wabinet de 7 membres fondateurs, qui ont d'ores et déjà été rejoints par le sémillant Malakine, les enthousiaste rédacteurs de Criticus, et les très attachants (et un poil plus analytiques) blogueurs de Libertés Réelles.

 Au final, c'est un peu ça la démocratie: pourquoi faire simple, alors qu'on peut faire compliqué?