28.07.2006
Le mariage homosexuel
Voilà un sujet qui agite drôlement la blogosphère UMP ces derniers temps... Comme le blog de l'UMP a consacré une note riche de commentaires plutôt constructifs pour résumer les principales positions, j'en profite pour donner mon point de vue, qui en fait reste une interrogation.
Après les discours accablants que j'ai pu lire dans certains blogs (notamment celui du très consternant Tollinchi sur le don de sang par les homosexuels), après l'annonce que Christian Vanneste, accompagné de 21 autres cancrelats, a décidé de modifier la loi portant sur la création d'une Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, afin de permettre de clamer librement que les homosexuels sont un danger pour l'humanité, je pense qu'il est important de parler des droits des homosexuels, et donc du mariage et de l'adoption par des couples homosexuels.
Je ne sais en fait pas vraiment que penser de tout ceci. Bien sûr, les demandes sont légitimes et je ne vois pas pourquoi les homosexuels, à l'opposé de tout le reste de la population, n'auraient pas le droit eux aussi de donner de l'affection et de l'amour, d'élever un enfant et de l'éduquer. Toutefois, j'avoue que alors que le mariage prend une place de moins en moins importante dans la société, la requête de pouvoir se marier alors qu'existe le PACS me surprend. C'est évidemment que, si le mariage n'a plus qu'un sens symbolique pour les couples hétérosexuels, ce symbole prend une tournure beaucoup plus forte aux yeux des homosexuels. C'est aussi que si le PACS est une avancée dans les moeurs, il ne permet pas toutes les garanties juridiques qu'offre un mariage civil. Sur le mariage des homosexuels, je ne comprends pas cette réticence de nos gouvernants à ne pas l'accorder. Pour avoir maintenant assisté à de nombreux mariages, le jour de passer devant monsieur le maire est bien particulier. C'est un jour de fête de famille, c'est aussi un jour de sentiments réels, et c'est aussi un jour où, lorsque les mariés sortent de la mairie, les passants les félicitent et les applaudissent. Ne pas accorder ces bonheurs à des couples homosexuels, c'est persister dans la situation actuelle. Cette situation, c'est la culture de l'indifférence, au lieu de la culture de la différence, pour plagier Pascal Légitimus. Le mariage ne concerne que deux adultes consentants et prêts au bonheur. Le mariage est en fait un acte privé, et je ne comprends pas pourquoi la loi française continue à ne pas l'autoriser pour tous. C'est à mon sens de l'ingérence dans la vie privé des gens.
En 2006, être homosexuel reste difficile à assumer, puisque l'enfer, c'est les autres. Lorsqu'on choisit de brimer et frustrer quelqu'un, sa libération est violente. Et commence ainsi un cercle vicieux: on met les homosexuels à l'écart, une petite minorité d'entre eux choisit le militatisme communautariste et relativemetn violent, et on choisit donc de les laisser encore et toujours à l'écart. C'est très injuste pour l'immense majorité des homosexuels qui réclament eux aussi l'égalité des droits mais qui sont pris en otage par une minorité. Ce n'est pas être libertaire, décadent, ou bien homophile que de demander une égalité des droits et le mariage homosexuel. C'est vivre avec son temps et être pragmatique. Pour une fois que la France, si elle prenait cette décision, ferait office de pays ouvert d'esprit...
L'adoption d'enfants par les homosexuels en revanche continue de m'interroger. J'ai dit tout à l'heure que l'enfer, c'est les autres. C'est démultiplié pour un enfant. Je n'ai aucune idée de la façon dont un enfant grandit et évolue au sein d'un couple homosexuel. Si cela ne complique pas ses relations aux autres, si être considéré comme l'enfant d'un "couple d'anormaux" peut lui permettre de se développer en toute quiétude. J'imagine que la réponse encore une fois doit être pragmatique, et prise au cas par cas. Beaucoup d'enfants d'hétérosexuels souffrent et son complètement délaissés, et n'importe quel autre environnement leur serait dix mille fois plus profitable.
Je veux dire ici que les hétérosexuels n'ont pas plus le droit que les homosexuels d'avoir des enfants et des les élever, mais que la société s'étant bâtie sur cette idée, il me semble un peu tôt de permettre l'adoption systématique des enfants par les couples homosexuels, même si l'on ne peut douter de leur volonté de donner de l'amour comme n'importe qui d'autre, sans doute même plus que n'importe qui d'autre, avoir un enfant pour un homosexuel relvant du combat, et n'étant vraiment pas quelque chose d'anodin.
Mais si un couple homosexuel militant extrême, comme ceux que je dénonçais plus haut et qui font plus de mal que de bien à leur cause adopte un enfant, celui-ci sera t-il vraiment heureux, vraiment stable?
Je continue de m'interroger sur la question. Bien sûr, ce qu'il faudrait c'est que pour toutes les adoption on traite les gens de même façon, et on refuse les candidatures des homosexuels et des hétérosexuels sur les mêmes critères. Mais tant que la société n'aura pas évolué, et elle évolue finalement assez vite, mais avec des oeillères, l'adoption par un couple homosexuel ne sera jamais vraiment anodin, et ne sera jamais vraiment sans risque pour l'enfant.
J'espère avoir réussi à donner mon point de vue, que je pense juste, et prudent.
16:50 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : homosexualité, UMP










