Entendu hier soir sur France 2 cet étudiant de Rennes: "nous on trouve que les votes à bulletin secret sont illégitimes et anti-démocratique! Les étudiants qui viennent voter savent pas pourquoi ils vont voter, il ne sont pas allés en AG, ils n'ont pas fait la démarche d'éducation, le vote à bulletin secret ne vaut rien".
Je sais pas comment ils l'ont trouvé celui-là, mais il m'inspire trois réflexions:
- Le référendum de 2005 n'est pas légitime! Les Français n'ont pas fait la démarche d'éducation!
- "La procédure est soeur jumelle de la Liberté, et le peuple n'a pas besoin de liberté, car la liberté est une des formes de la dictature bourgeoise." disait Lénine. Rigolo que ça marche encore aujourd'hui.
- Et si c'était lui qui n'avait pas fait la démarche de s'informer?

Toujours est-il qu'il est toujours plaisant de voir des gens trouver que la démocratie c'est tout pourri. Ainsi, comme un bon vrai Staliniste, communiste perverti, notre jeune étudiant instaure un rapport de classe qui fausse tout le beau rêve de Marx: il insinue que certains pourraient détenir le savoir et pas d'autres.
Sorti de ça, je ne voudrais pas commenter plus loin. Un (rapide certes) stage au JT de France 2 m'a appris qu'un montage pouvait montrer tout et n'importe quoi, pour peu qu'on sélectionne proprement les propos. Mais dans ce cas particulier, je dois dire que nul montage ne saurait expliquer pareille bêtise.
Il donne un peu l'impression du type aux abois parce qu'il s'aperçoit que les étudiants qu'il pensait pouvoir mobiliser avec le simple mot "précarité" ont un cerveau. D'ailleurs, le bloquage a été rejeté à Rennes. Et le lendemain, une nouvelle AG avait lieu pour voter, à main levée, un nouveau bloquage.
Je suis sûr que ces petits imbéciles sont les mêmes qui trouvent anti-démocratique l'absence de référendum sur le traité simplifié.
"L'humanité est un cafard.
La jeunesse est son ver blanc.
Autant que la vôtre, je renie la mienne, depuis que je l'ai vue s'échouer dans la bouffonerie soixante-huitarde où de crapoteux universitaires grisonnants, au péril de leur prostate, grimpaient sur des estrades à théâtreux pour singer les pitreries maoïstes de leurs élèves, dont les plus impétueux sont maintenant chefs de choucroute à Carrefour.
Mais vous, jeunes frais du jour, qui ne rêvez plus que de fric, de carrière et de retraîte anticipée, reconnaissez au moins à ces pisseux d'hier le mérite d'avoir eu la générosité de croire à des lendemains cheguevaresques sur d'irrésistibles chevaux sauvages."