27.12.2007
Question de point de vue
Souvenez-vous, en 2001. Les journaux, les hommes politiques, chacun comprenait que Musharraf ait besoin de diriger impitoyablement son pays. Le péril Taliban et Al Qaeda était si grand. Sous le coup de l'émotion de 2001, on a découvert un pays où la population était asservie à des extrémistes religieux.
Bien sûr, de temps en temps un magazine "Géo" était consacré au Général Massoud, qui aurait pu être architecte si le sort et la Guerre Froide ne s'étaient pas abattus sur son pays. Parfois même, on rappelait que en 1975 encore à Kaboul, certaines femmes avaient adopté la mini-jupe. Puis le 11 septembre a tout justifié. Musharraf était nécessaire pour vaincre les Talibans, donc sa dictature militaire était nécessaire. Quel qu'en soit le prix, même des répressions permanentes et un conflit larvé avec l'Inde.
Question de point de vue, aujourd'hui, Musharraf est le méchant. Et Benazir Bhutto morte, les yeux se tournent vers lui.
Je suis allé voir mardi soir un film excellent: la Guerre selon Charlie Wilson. C'est l'histoire d'un simple membre du Congrès Américain, qui, en 1980, alerté par une femme qui fait du lobbyisme intensif pour alerter sur la situation en Afghanistan, va réussir à lever des fonds et armer les moujahiddhins qui résistaient aux soviétiques.
A la fin, la guerre est gagnée. Mais 60% de la population Afghane en 1988 a moins de 14 ans. Ils n'ont pas d'école, pas d'infrastructures, pas de route. Pour gagner la Guerre d'Afghanistan en 1988, il aurait fallu continuer l'effort économique sur l'Afghanistan, et construire de quoi échapper aux Talibans (qui à l'origine sont des écoles coraniques). Mais la guerre finie contre l'URSS, le Congrès n'a plus mis un sou dans l'Afghanistan. Jusqu'à 2001.
Un agent de la CIA joué par Philip Symour Hoffmann raconte une histoire vers la fin du film:
"Un jeune garçon dans un village reçoit un cheval pour son anniversaire. Tout le village est heureux: 'c'est formidable, il a un cheval!'. Alors le Sage dit: 'nous verrons'. Un an plus tard, le jeune garçon tombe de cheval et se casse une jambe. Tout le village est triste: 'Quel malheur, il s'est cassé la jambe!'. Alors le sage dit: 'nous verrons'. Trois mois plus tard, la guerre est déclarée, et tous les hommes sont mobilisés, sauf le jeune garçon, qui a sa jambe cassée. Tout le village dit alors: 'quel bonheur, il va pouvoir rester parmi les siens'. Et le Sage dit: 'nous verrons'."
Il y a des élections au Pakistan le 8 janvier. L'assassinat de Bénazir Bhutto est odieux. Mais peut-être cela permettra t-il aux Pakistanais de réveiller leur conscience. C'est un grand malheur, pour la démocratie, pour ce que nous portons de valeurs de respect. Mais... nous verrons.
18:55 Publié dans Sur le monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Pakistan, benazir bhutto, musharraf, massoud, afghanistan
31.07.2007
French touch
Je suis tombé sur une photo étrange aujourd'hui, sur lemonde.fr. C'est une image prise à côté de Kaboul à Hérat, de femmes en burqa qui regardent avec des yeux experts des habits "à la parisienne" dans la vitrine d'un magasin.
Elles se rappellent peut-être, si elles sont nées avant 1979, combien la société Afghane était moderne à l'époque (si vous en voulez une preuve, lisez un SAS à Kaboul, vous comprendrez), avant que les Etats-Unis ne financent toutes sortes de résistants à l'armée soviétique, dont les Talibans.
12:40 Publié dans Sur le monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Kaboul, talibans, afghanistan











