27.05.2009

Bienvenue en UMP.

 

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Si jamais je rencontre un jour le type qui a eu l'idée de ce clip de campagne absolument hallucinant, il faudra que je le remercie pour cette énorme tranche de rire. Au-delà de ça, et sorti de la monumentale erreur de communication de vouloir adapter le concept du lip-dub à un discours politique institutionnel et issu du parti au pouvoir, le message est absolument flippant:

Xavier Bertrand est les Français.


"Nous changerons l'Europe comme nous changeons la France". Merci bien, mais sans moi: je vois déjà assez bien comment la France change avec Sarkozy.

27.04.2009

La stratégie de campagne UMP? La Confusion des genres

 

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Continuons à faire mentir le Politoblog, qui disait récemment que je ne parlais pas de la campagne des Européennes. Continuons, par ce nouvel article du Monde, que nous allons coupler avec une analyse un peu com' du message subliminal tenté par l'UMP sur son affiche de campagne. L'affiche de campagne, c'est un peu la meilleure synthèse d'une stratégie de communication en campagne électorale.

 

A quelle campagne sommes-nous confrontés?

Les élections européennes. Celles-ci nous font élire les députés européens, qui siègent au Parlement européen. Ce parlement a une triple particularité:

  1. il est transnational, et rassemble donc 27 nationalités différentes par groupe d'opinion (et non par nationalité)
  2. il est un organe législatif qui n'a pas de pouvoir d'initiative: seule la Commission peut proposer des textes de loi (directive ou règlement). En cela il diffère de tout parlement national qui peut formuler des propositions de loi (à l'inverse des projets de loi du gouvernment)
  3. les clivages matérialisés par les votes au Parlement européen, sont assez peu fidèles au découpage par groupe politique. 70% des textes sont votés par la majorité des députés PPE, ADLE et le PSE ensemble.

Dans le découpage des rôles entre la Commission (à l'initiative des textes de loi) et le Parlement, une troisième institution a une importance capitale. C'est l'institution qui représente les gouvernements des Etats membres (à l'inverse du Parlement qui représente les citoyens, et de la Commission, qui représente l'intérêt général): c'est le Conseil de l'UE, souvent appelé Conseil des ministres.

Celui-ci est à la fois organe exécutif et organe législatif. Le Parlement européen trouve tout son sens dans les allers-retours des textes de loi entre les députés et le Conseil des ministres, en ce sens que, bien souvent, les avis des deux institutions divergent. Et même, les avis des députés du PPE diffère de celui des ministres (les gouvernements de l'UE sont majoritairement de droite).

C'est bien la preuve que l'enjeu des élections européennes n'est pas un enjeu national, ou de vision nationale. Cela peut être un enjeu partisan (j'espère un Parlement régulateur, plus protecteur, etc, contre un Parlement majoritairement libéral), mais en aucun cas un enjeu national.

Exemple, les députés français du PPE ont voté contre la Directive Retour, alors que le gouvernement français représenté alors par M. Hortefeux était pour. Il est donc peu probable que Nicolas Sarkozy réussisse à faire des députés européens les mêmes représentants asservis que les députés UMP nationaux. Et ceci tout d'abord, parce que la grandeur du Parlement européen, c'est que les visions nationales ne sont pas productives. Même les extrêmes en commissions de travail, pensent de façon paneuropéenne.

 

Revenons à la campagne du Président de la République de l'UMP: celle-ci l'annonce tout net: "Après le succès de la Présidence française de l'Union européenne, avec Nicolas Sarkozy et la majorité présidentielle, continuons à changer l'Europe!"

Double imposture:

  1. Celle de faire croire que la PFUE n'a été que le succès de Sarkozy. Comme j'ai eu l'occasion de le dire, les Présidences de l'UE sont regroupées par trois, pour plus de cohérence de calendrier. Celle de Nicolas Sarkozy a donc fait partie d'un premier triumvat (Portugal/Slovénie/France), puis d'un second (Slovénie/France/Tchéquie), et d'un troisième (France/Tchéquie/Suède). Ces regroupement ont pour bout de suivre un calendrier cohérent. C'est pour cela que, sur les dossiers de fond, la France n'a pas tellement plus brillée que la Slovénie.
  2. Celle de faire croire que les élections européennes comportent le même enjeu qu'une présidence de l'UE. Citoyen que tu es, cher lecteur, tu dois savoir que la Présidence du Conseil, ce sont les grandes orientations, les décisions à l'unanimité entre chefs d'Etat, les concessions... Le Parlement, c'est la parole, le débat. Vote, fais de ce parlement un lieu de débat, et non une chambre de passage des textes.

Ceci nous amène à la vision suggérée par l'UMP du rôle du Parlement:

Les députés et les sénateurs français ont, la saviez-vous, le pouvoir de faire des propositions de loi. Las, ce pouvoir va s'amenuisant, le Parlement devenant de plus en plus un lieu de débat des grandes décisions du gouvernement (projets de loi). Le Parlement européen n'a malheureusement pas le pouvoir de proposer des lois (et encore moins depuis que le rejet du TCE a annulé la proposition de la pétition populaire auprès de la Commission pour demander une législation particulière).

L'objectif de communication de la campagne est assez évident: il consiste à effacer toute singularité des candidats UMP (l'argument à deux balles pour évincer Lamassoure sur la "locomotive électorale Baudis" aura vécu, ahah), au profit d'une seule et unique figure: le Président Sarkozy. Je me demande si c'est bien comme ça qu'on valorise l'enjeu et le travail du Parlement européen...

Dans l'article du Monde que j'évoquais en début d'article, il est dit: "M. Sarkozy va fortement s'impliquer dans la bataille des élections européennes." Et ce directemet suivi d'une citation de Michel Barnier: "Le Président présentera le 5 mai à Nîmes le projet européen de la France".

Le vote des Européennes devient donc un vote pour représenter le pays, la vision du pays. Ce n'est absolument ni l'endroit, ni l'objet. J'élis un député pour me représenter. Et je ne souhaite pas être représenté en tant que Français, mais en tant que citoyen libéral progressiste qui aimerait trouver un modèle de développement responsable et soutenable. Cette stratégie y est contraire, et incarne la négation des principes de la représentation démocratique des citoyens.

 

Je commence à avoir un problème. Je me dis que l'UMP a envie de confrondre parole de l'Etat français et proposition de débat politique (celui d'un parti politique parmi d'autres). Je me dis que Nicolas Sarkozy fait prévaloir en politique intérieure des succès européens qui ne lui sont pas dûs (et que ce n'est pas une attitude très européenne). Je me demande si Nicolas Sarkozy va présenter la vision européenne de la France ou celle de l'UMP, ou si c'est synonymique.

Je me demande si nous sommes dans une logique de parti d'Etat.

Je me dis que ce n'est pas un hasard si il y a de moins en moins de propositions de loi au parlement français.

 

Et je me dis que, oui, peut-être, du temps de Chirac c'était un peu mou, cette campagne. Qui ressemblait plus à un référendum pour/contre la politique du gouvernement. Mais au moins nous étions en démocratie en ce qui concerne le débat politique. Parce que chaque parti politique recevait le même traitement.

Je me dis que les communiquants et stratèges politiques entourant Sarkozy ont trouvé la parade au vote de défiance à la politique du gouvernement, et ce au prix d'une intégrité politique que je pense importante.

 

Cela ce saurait si votre humble serviteur s'alarmait pour un rien. Ben là, par exemple...

 

24.04.2009

Abyssal Bruno le Maire

Bruno Le Maire, nouveau secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, a participé à un chat sur lemonde.fr. Ce chat mérite que l'on s'y arrête. Sur la défensive, le secrétaire d'Etat, dont la fonction est en premier lieu celle de s'assurer de la bonne coopération entre la France et ses partenaires, mais qui est par ailleurs l'un des responsables de la campagne européenne de l'UMP, tente de justifier le positionnement de son parti pour les élections européennes.

Positionnement que l'on peut résumer ainsi: "faites confiance au parti (et à son chef charismatique et élyséen) qui a garanti une bonne Présidence française de l'UE".


Arrêtons-nous sur quelques passages du chat, histoire de se rendre compte à quel point l'UMP devient un parti qui confond pragmatisme et démagogie.


Question: Que pensez-vous du manque de connaissance de la question européenne affichée par Rachida Dati ?

Réponse: Je suis convaincu qu'elle fera une excellente députée européenne, et qu'elle se battra au Parlement européen avec la ténacité qu'on lui connaît [...] elle est déterminée à jouer pleinement son rôle dans la campagne. Elle s'intéresse aux questions européennes. Elle veut être une députée européenne efficace et assidue.

Hypocrisie! En mars, un responsable de la campagne UMP en Ile de France tentait de me rassurer sur la présence de Dati derrière Barnier, en me confiant "elle lit, rencontre et apprend beaucoup [...] elle compte même faire de sa mairie du 7e un point d'information sur l'Europe!". Je suis prêt à prendre le pari qu'il n'en sera rien: tant que le Parlement européen ne sera pas un lieu de pouvoir et de média, il ne l'intéressera pas. Par ailleurs, et c'est une question sans malice (d'autres candidats sont concernés par cette réflexion), comme prétendre être une députée européenne "efficace et assidue" alors qu'on cumule également un mandat local parisien?


Question: François Fillon et Nicolas Sarkozy doivent-ils s'investir dans la campagne ?

Réponse: Il me semble naturel et utile que le chef de l'Etat et le premier ministre, qui ont réalisé une présidence française sans faute, jouent un rôle de premier plan dans la campagne européenne. Ils participeront tous les deux aux débats et à des meetings de campagne.

Ici, Bruno Le Maire vous prend, chers lecteurs du quotidien du soir (et de l'internet), pour des grosses, grosses buses. Reformulons l'argument brandi par le transfuge villepiniste: "La PFUE a été un succès -> la PFUE était française -> la France c'est Sarkozy et Fillon -> Sarkozy et Fillon ont toute légitimité pour participer aux élections européennes".

Il est assez inquiétant d'entendre ce genre d'argument dans la bouche d'un secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes. La PFUE s'est inscrite dans un trio de présidences (Portugaise/Slovène/Française, puis Slovène/Française/Tchèque, puis Française/Tchèque/Suédoise) et à ce titre, sa maîtrise de l'agenda (la Présidence du Conseil européen met les sujets à l'agenda du travail exécutif et législatif) a été on ne peut plus encadrée.

Ajoutons que la Présidence de l'UE n'est française que de géographie. Pour le reste, elle est censée oeuvrer pour l'intérêt général, et donc, en échappant à l'esprit partisan. Le raccourci PFUE=Super, donc Elections européennes=Sarkozy (comme voudrait l'inspirer l'affiche électorale de l'UMP) est donc mensonger, et pire, à mon avis, démocratiquement hasardeux.


Question: Trouvez-vous normal que le président de la République (qui représente tous les Français) s'implique pour un parti spécifique ?

Réponse: Mais le président de la République appartient aussi à une majorité ! Il est normal qu'au moment d'une campagne il joue son rôle au service de cette majorité.

quand+l+Europe+veut+l+Europe+peut.jpgQuel con, ce type qui a posé une question. Evidemment que le Président et l'UMP c'est kif-kif. Sinon, on n'organiserait pas les différents bureaux politiques du parti majoritaire directement à l'Elysée, pour gagner du temps. Donc, question une nouvelle fois: est-il normal que Sarkozy s'implique pour l'UMP dans la campagne?

Bien sûr que non. Nicolas Sarkozy, et son gouvernement (cf. la majorité) jouent d'ores et déjà un rôle extrêmement important dans le processus décisionnel européen. En effet, le Conseil de l'UE qui rassemble les ministres, est organe à la fois exécutif et législatif. Pour chaque sujet spécifique, les ministres européens concernés se réunissent, et jouent le rôle de 2eme chambre (genre de Sénat), pour amender les textes de loi venus de la 1ere chambre (Parlement européen NDLR).

C'est dans ce cadre et celui de la négociation des priorités budgétaires et agenda (dont on parle principalement lors des Conseils européens des Chefs d'Etat et de gouvernement, 4 fois par an) que Sarkozy et sa majorité ont une influence.

Qu'il laisse le Parlement représenter les citoyens.

Ce qui nous conduit à la prochaine perle de Bruno Le Maire:


Question: Pour certains membres de l'UMP, notamment des ministres, figurer sur les listes aux européennes a sonné comme une "punition". Ce n'est pas vraiment un signal fort de l'engagement européen du parti au pouvoir en France...

Réponse: Le rôle de parlementaire européen est un rôle majeur, je le vois tous les jours. On doit être fier de représenter son pays au Parlement européen.

Non, ce qui saute aux yeux n'est pas le rattrapage du déshonneur Datiesque. C'est l'argument final: "on doit être fier de représenter son pays au Parlement européen". Bruno! T'es vraiment perdu pour l'intelligence! Ne te souviens-tu pas de tes cours de droit constitutionnel en 1ere année de SciencesPo?!

Depuis quand un Parlementaire représente t-il sa circonscription, son département, ou son pays (pour le cas d'un parlement transnational, ce qui nous occupe aujourd'hui)? Depuis JAMAIS!

Le député européen, on l'élit parce qu'on croit en un plus grand nombre de ses idées qu'en celles de ses concurrents. Les députés européens au Parlement se réunissent par groupe, représentant des affinités d'idées. Il ne se rassemblent pas par nationalté, tête de bûche!

Mais voilà la logique qui sous-tend la campagne UMP: voter pour les élections européennes, c'est voter pour son pays. L'UMP symbolise sa candidature aux Européennes par le visage de Sarkozy.

Conclusion: Sarkozy, c'est la France. Chapeau Bruno, t'es un as.


Question: Le PS est souvent critiqué pour son manque de cohésion interne. Mais ne pensez-vous pourtant pas que les socialistes aient une longueur d'avance sur l'UMP pour les européennes ? Leurs listes sont finalisées depuis un mois...

Réponse: Ce que je vois, au contraire, c'est que le Parti socialiste s'efforce de recentrer la campagne sur les questions nationales. C'est une erreur, et ce n'est pas à la hauteur de l'enjeu.

Encore une hypocrisie: en plaçant Sarkozy sur ses affiches et en le faisant intervenir de façon partisane pour les élections, l'UMP ne centre t-il pas la campagne sur des questions nationales (voir nombriliques)?


Question: Si on vous pose la question, à quoi sert le Parlement européen, que répondez-vous ?

Réponse: Il sert à représenter les citoyens. Il est un instrument de démocratie essentiel pour l'Europe. Le rôle qu'il joue dans la modification et le choix des textes européens est décisif.

Tiens, il se contredit en plus. (choix? quel choix? Mais de quoi parle t-il?)


Bon, dans ma quête de liste pour laquelle voter, et malgré toute ma sympathie (dans son sens le plus étymologique) pour Michel Barnier, l'UMP, ce sera sans moi.


23.01.2009

Soldat Barnier...

Nicolas Sarkozy est bien embêté: il n'a aucune figure parisienne de consensus (cf. qui n'ait pas l'image d'un gros traître ou d'un gros parachuté sur un sujet qu'il ne connaît pas) pour mener les Européennes UMP en région parisienne.

Les têtes de liste en régions sont quasiment bouclées, sauf Paris. Rama Yade a lâché l'affaire, pour le plus grand plaisir de votre serviteur. Rachida Dati n'a apparemment pas de résultats probants dans les sondages... donc on opère un glissement: Barnier, qui va globalement gérer la campagne de l'UMP pour l'ensemble des grandes circonscriptions, se présentera à Paris, tandis que (l'extraordinaire) Françoise Grossetête prendra sa place en tête du Sud-est.

J'adore Françoise Grossetête, qui est certainement l'un de nos meilleurs députés européens.

Mauvais côté du deal: la reprise des mauvaises manières chiraquiennes, de cette façon de faire de la politique type années 90, qui consiste à recycler des gros boulets pour les élections européennes: Rachida Dati sera donc en deuxième positions en Ile de France.

Je ne comprends pas toujours la stratégie de Nicolas Sarkozy: il veut politiser l'Europe (et il a raison), il veut politiser la Commission européenne (et il a partiellement raison en voulant y envoyer un politique plutôt qu'un expert), il dit considérer le Parlement européen comme un "modèle de démocratie représentative", où l'on est bousculé, où il y a des débats... Effectivement, pour les chefs d'Etat et de gouvernement qui se succèdent à Strasbourg ou Bruxelles (deux hémicycles du Parlement européen) au début et à la fin de leur présidence de l'UE, l'audition des parlementaires européens est un vrai challenge.

Et, pourtant, il reprend les vieilles recettes pour "recaser" les inutiles dans un placard doré.

Dans la même veine, que penser du retour de Dominique Baudis à la politique? Lui qui a pris la tête de liste sud-ouest à Lamassoure, après avoir été exilé à la présidence de l'Institut du Monde Arabe? Simple constat après des conclusions rendues par des instituts de sondage?

Les députés européens français resteront tributaires dans tous les cas des caprices du chef de l'Etat. Il est fort peu probable qu'ils connaissent la stabilité de leurs confrères allemands ou italiens. Stabilités qui peut être synonyme de sclérose et de cumul du mandat dans le temps.

Mais qui, en terme de politique européenne, semble, assez étrangement, fort utile. Tant les mécanismes et la durée des travaux (il faut parfois 10 ans de travail pour arriver à un texte législatif, comme le démontre le règlement REACH), sont complexes. Enfin, un bon député européen effectue un véritable travail en commission, qui nécessite également, quelques années d'expérience.

C'est fort dommage; d'autant qu'en troisième position en sud-ouest, Lamassoure n'est pas certain d'être réélu.

12.12.2008

Crise du cerveau

Ce que les jeunes UMP pensent de la crise?

Excellente série d'interviews, de ces jeunes malmenés par la vie, qui à 23 ans vont devoir "utiliser moins la voiture" parce que l'essence est trop chère. Moi-même, tiens, j'ai du arrêter d'acheter de la brioche! Je me contente de pain.

Mention spéciale à Xavier T., de l'UMP Sciences PO, qui, à la question "travaillez-vous à côté de vos études?" répond "oui, je travaille en cabinet... enfin, j'ai un stage, c'est pas payé. [...] Mais à notre âge, c'est important d'être indépendant". (NB. M. Xavier T. m'a contacté par mail pour me préciser qu'effectivement, le montage est assez partial, n'évoquant par exemple pas son stage chez Nestlé cet été. Bon, ça reste bête, drôle et méchant, que demande le peuple?!)


Merci à Nick Carraway de m'avoir passé la pépite.

 

08.12.2008

Un parti démocratique

Scoop - Breaking News - Dernière minute

Xavier Bertrand a été nommé secrétaire général de l'UMP par Interim, a annoncé le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre.

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Tout d'abord, une vraie question: "Mais qui est Interim?" Qui est ce personnage qui peut nommer le dirigeant du parti le plus important de France (selon les chiffres officiels)?

Observons, alors que le PS continue de se déchirer lamentablement après à avoir eu à passer plusieurs étapes humiliantes telles que le Congrès où tout le monde se chamaille, le vote des militants où tout le monde se compte, le second tour de vote des militants où tout le monde se décompte, et la constitution d'une équipe où les égos doivent s'entendre, combien l'organisation de l'UMP est simple.

Le secrétaire-général précédemment nommé (pas par interim d'ailleurs celui-là. Qui avait bien pu le nommer Devedjian?) part, devenu ministre. Hop, en 2 jours, un nouveau secrétaire général est en place.

  1. Pas de vote des militants, ce qui évite d'avoir à révéler qu'ils sont 30000 et pas 200000
  2. Pas de déchirement interne entre plusieurs candidats rendu public
  3. L'impression d'un parti super bien organisé où les idées comptent plus que les personnes.

Tout bon pour l'UMP.

 

En revanche, question démocratie, on se demandera toujours quelle légitimité a Interim pour prendre de telles décisions.

20.08.2008

Marre que l'UMP me harcèle



Je vous rassure, l'énième sms reçu de la part de l'UMP aujourd'hui n'a pas effacé la jovialité colorée de mon sourire, qui s'élargit de jour en jour à Wroclaw, sous un soleil flambant et une température clémente, devant de belles blondes habillées d'été et des maison, églises, et autres places tellement jolies que ça rappelle Prague.

Mais quand même, j'en ai un peu assez de me faire harceler par texto. En mai-juin, c'était le lancement du parti des mecs de gauche qui soutiennent Sarkozy (quelqu'un sait combien il y a de membres au fait?), c'était l'invitation à écouter Fadela Amara présenter son plan banlieue, c'était l'invitation des "Jeunes Pop" à écouter Nadine Morano, Rogert Karoutchi ou Luc Chatel (tous ces types se ressemblent, on ne sait même plus qui fait ou cherche à faire quoi). Aujourd'hui, c'est donc ceci que j'ai reçu à 19h20:

"vous êtes invités à vous associer à la cérémonie militaire qui rendra hommage à nos soldats tombés en Afghanistan..." signé P. DEVEDJIAN

Bon, passons sur les points de suspension, qui ne sont pas du meilleur effet pour un tel message.

J'ai rendu ma carte à l'UMP en mars 2007, et nous sommes le 20 août 2008. Depuis un an et demie, je reçois encore des mails de l'UMP, des sms de l'UMP, des invitations facebook de l'UMP, et même, quand je fais mon marché, il y a immanquablement un grand con pour me soumettre un prospectus de l'UMP.

Pour le marché, je peux comprendre. Certains militants ont la mémoire d'un poisson rouge (enfin bleu). Pour le reste, déjà, je m'interroge sur l'éthique: quand un adhérent rend sa carte ou ne renouvelle pas, comment se fait-il que l'UMP lui fasse malgré tout subir ses diverses communications?

Ajoutez à cela que dans le milieu politique, ce qui fait la valeur d'un homme, c'est sa capacité à aller piquer les fichier et les faire tourner auprès des bonnes personnes, ce qui multiplie le nombre de spams (de la part de Karoutchi, de Coppé...). C'est ainsi qu'on passe de trouffion de 3eme rang à trouffion de 2d rang, à trouffion de 1er rang, pour accéder ensuite au grade de trouffion d'élite, puis d'élu, puis même, ça se dit, de trucs super genre conseiller général, régional, député, et autres postes qui vous permettent de ne presque plus rien payer des frais que le commun des mortels a quotidiennement à charge.

Manifestement, l'UMP ne paye pas ses sms. Ou alors, ils sont pétés de thune. Mais j'avais cru comprendre le contraire, depuis quelques mois (et l'annonce d'un deficit de 20 millions d'euros).

Alors, voilà. Agence de communication, ou bien trouffion de rang 3 qui te lève tous les matins pour aller rue La Boétie faire ta surveillance netvibes et googlenews sur les mots clés genre "Sarkozy, UMP, Devedjian, Bertrand, Fillon, et Rama Yade" (parce que tu en es amoureux), je gueule. J'ai déjà du téléphoner aux jeunes populaires pour cesser de recevoir leurs textos (ce qui semble marcher, croisons les doigts). Désormais, j'aimerais cesser de recevoir les sms de l'UMP global.

Les spams c'est facile, les boîtes mails le mettent directement dans la corbeille. Pas les sms.

Et franchement, quand on est sur le Rynek à Wroclaw, à siroter une Zywiec en galante compagnie, les soldats français tombés en Afghanistan ça parait... loin.

19.05.2008

UMP: le Contrat de Confiance

 Je reproduis un texte pas encore disponible sur le site de l'UMP, dirait-on, mais distribué avec "Le Magazine de l'Union", journal mensuel du bon petit militant UMP.

"OUI, je souhaite soutenir les actions menées par Nicolas Sarkozy pendant la durée de son quinquennat et renouveler mon engagement à l'UMP jusqu'en 2012 en signant le Pacte d'adhésion présidentiel et en souscrivant au prélèvement automatique de ma cotisation annuelle. Le montant de ma cotisation sera prélevé automatiquement en février chaque année jusqu'en 2012, fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Je peux à tout moment suspendre ce prélèvenement sur simple demande à létablissement teneur de mon compte."

 L'UMP a donc décidé de passer à un système de vente bien connu: "Cédez au prélèvement automatique, c'est tellement moins de souci! Et puis vous êtes libre, vous pouvez arrêter le paiement quand vous le voulez!". C'est un truc déjà utilisé par les ONG, et évidemment par les entreprises. Et si ça marche, c'est que en fait, la grosse majorité des gens ne fait pas attention.

 On peut souscrire au "Pacte d'adhésion présidentiel" en juin 2008, détester Sarkozy en décembre, et oublier qu'on a souscrit au Pacte, et donc continuer à se faire ponctionner savoureusement jusqu'à février 2012 (compris: il faut bien financ513382187_32ae587204_o.jpger la future campagne, avec ce parti en faillite). On savourera pleinement la grande confiance qu'a l'UMP en son charismatique et bien-aimé leader, puisqu'en demandant aux citoyens un engagement d'adhésion sur 4 ans, on les prend un peu à la gorge. Tenez, moi-même, je verse mensuellement de l'argent à l'association AIDES avec ce système, et cela fait 9 mois que je me dis que je devrais l'arrêter, parce qu'un jour d'août Place de la Bastille, on m'avait vendu le concept de façon mensongère. En attendant, je continue à donner.

 Tout de même, en souscrivant à ce pacte à la noix, l'adhérent n'est pas un pigeon total non-plus: "En devenant membres du "55", ces adhrents sont associés encore plus étroitement aux événements nationaux et reçoivent des informations privilégiées. Une carte spéciale leur est adressée." 

 Franchement, je me demande bien de quels "événements nationaux" on parle. Et surtout de quelle "association étroite": si l'UMP était un parti démocratique et participatif, ça se saurait. 

 Mais bon, il y a la carte argentée "55" collector. Cela vaut bien 35€ par an, non?

06.05.2008

366eme jour avec Nicolas Sarkozy

 Le 6 mai dernier, j'écrivais ceci:

 Sarkozy ce soir a rappelé ses grands chantiers. Les bons: le plein-emploi, la relance Européenne, l'environnement, une économie plus efficace, des soucis sociaux plus équitables. Les mauvais: "en finir avec la repentance", par exemple.

Aucun doute, la relance de l'UE, il y a contribué. Même si c'est Angela Merkel qui a hérité du Prix Charlemagne de la personnalité européenne de l'année. La fin de la repentance, cela semble malheureusement en bonne voie.

 Quant aux autres promesses, c'est mitigé. Le souci de l'environnement est devenu une priorité. La question est de savoir si c'est grâce au "Grenelle de l'Environnement", ou grâce au fait que l'on est en train de se rendre compte qu'il y a possibilité de faire du profit intéressant en développant des techniques d'économie d'énergie?

 Le plein-emploi, ahahah. Il ne semble pas que l'on soit sur la bonne voie. Cela peut être une mauvaise nouvelle bien sûr, mais aussi une bonne: un taux de chômage en hausse peut signifier que nous sommes bien entrés dans un processus de réforme du marché du travail (forcément long et douloureux). Réforme du marché du travail nécessaire à un retour de la croissance de façon durable, et, surtout, plus prévisible.500px-Economics_Gini_coefficient.svg.png

 Je passe sur le reste. C'est évident. Nous sommes en train de faire la même erreur que Bush aux Etats-Unis. On développe ce pays en faisant en sorte que les riches soient encore plus riches plus vites, et les pauvres toujours plus pauvres, plus facilement. Il y a un outil pour mesurer la redistribution sociale dans un pays: l'indice de Gini. La courbe à droite est une courbe de Lorentz. En abcisse la population, en ordonnée, le revenu global. Si la courbe est une ligne droite à 45°, la redistribution est parfaitement égale. Généralement, elle est plutôt en courbe incurvée.

 De cette courbe de Lorenz on tire l'indice de Gini, qui oscille entre 0 et 1. 0 étant le plus égalitaire, 1 le plus inégalitaire. Depuis 1968, l'indice de Gini pour les Etats-Unis est passé de 0,38 à 0,47. En France il est à 0,36. Il sera intéressant d'observer son évolution dans les prochaines années.

 

 D'un point de vue civique, nous avons un président dont la légitimité est incontestable, avec 85% de participation. Pourtant, la démobilisation civique n'a jamais paru aussi rapide. Un an après, la participation aux élections municipales atteint péniblement 60%. Le débat national n'a jamais semblé aussi déconnecté de la population, pour n'être que celui d'une certaine élite.

 D'un point de vue d'image internationale, notre président est considéré comme un clown par tous les journaux sérieux en Europe, et se fait régulièrement hacher menu par la presse américaine. Les infirmières Bulgares ont été libérées, grâce à un travail de fond de l'UE et de Tony Blair, et Sarkozy y a mis la dernière main, certes. Bétancourt est toujours dans son cachot végétal. Kadhafi a été reçu comme un prince pour aucun résultat tangible. On a vite oublié les droits de l'homme face aux intérêts économique.

 Les histoires des Balkany, le cynisme affiché par les membres de la majorité, la succession de monarque à Neuilly, ... la République n'a rien d'irréprochable.

 Et pour 2010: aucun respect de la stratégie de Lisbonne, aucun respect des Accords de Cotonou, aucun respect du Pacte de Stabilité. C'est à prévoir, c'est presque certain.

04.05.2008

Tel est notre ghetto

UMPGE, sous ce sigle se cache "UMP-Grandes Ecoles". Des gens plutôt sympathiques que j'ai côtoyé au tournant de l'année 2006-2007. Le premier d'entre eux, Benjamin Lancar, est d'ailleurs plutôt un garçon sympathique et intelligent. Si mes souvenirs sont bons d'ailleurs, plutôt pas sectaire du tout. Ce qui est loin d'être le cas pour tous.
 
 Avec leur site "40 ans + tard, les jeunes qui bougent ont changé de camp", les UMP-Grandes Ecoles vont faire un flop.
 Passons sur le pitch un peu raté même si bien rythmé qui a un côté ridicule: comment proférer aussi sérieusement un propos aussi imbécile que "les jeunes qui bougent sont à droite et rien qu'à droite", alors qu'il y a marqué en gros "UMP" derrière les-dites personnes? 
 Passons sur l'e-mail envoyé par un certain Raphaël Goebel à la blogosphère "influente" mais pas sarkozyste (en gros; la blogosphère influente tout court).
 
 D'ailleurs au passage, sale blague des Jeunes Populaires d'avoir confié à Goebel la propagande de leur action. E-mail qui d'ailleurs a pour but de me faire écrire ce billet. Je suis bon et manipulable.
 
1575635257.JPG Non, parlons du discours. "40 ans + tard, les jeunes qui bougent ont changé de camp". Sous-entendu: il y a 40 ans, mai 68 c'était la révolte des jeunes qui veulent décoincer le système, et aujourd'hui, les seuls jeunes qui suivent l'anticonformisme et l'esprit libertaire (ou libéral?) de mai 68, c'est les jeunes de droite. Les autres sont des conservateurs qui sont au choix, a) manipulés / b) cons / c) gauchistes.
 C'est un discours à peu près aussi bête que celui de Besancenot, qui dit le contraire.
 
 Tout d'abord, quand j'entends les Jeunes Pop dire "les jeunes qui bougent sont de droite", je me demande: c'est quoi, "de droite"? J'ai parmi mes concitoyens Boulonnais nombre jeunes issus de familles extrêmement aisées et extrêmement traditionnalistes, qui auront beau mettre un jean sous une veste, n'en resteront pas moins de gros conservateurs de droite.
 Pour moi, un conservateur ne bouge pas. Par définition.
 
 J'admets aisément que les conservateurs se trouvent aussi bien à droite qu'à gauche. Et que d'ailleurs, ces derniers temps (avec le NON de gauche au TCE), la gauche nous a montré de belles phases de son conservatisme.1945379666.jpg
 
 Mais depuis un an, la droite aussi. Sans aller jusqu'au Puy du Fou, il suffit juste d'analyser la façon d'aborder les problèmes de société de M. Sarkozy, et notamment ses points de vue sur la justice, pour observer un conservatisme qu'on ne me fera jamais prendre pour une attitude progressiste.
 
 A la vérité, les jeunes qui bougent sont un peu partout, mais sont plutôt à voir sous deux angles différents.
- Il y a ceux qui ont les moyens de bouger. C'est une question d'argent, de capital social, culturel. C'est une question de temps. Ce n'est pas évident de bouger, de vouloir faire Erasmus, de vouloir rencontrer des gens, de pouvoir se promener dans Paris et d'aller à Beaubourg. Pour des questions de sous, de culture, d'accès à l'éducation et à la culture, il y a proportionnellement plus de jeunes issus de famille CSP+ qui bougent.
 
- Il y a ceux qui ont le recul pour bouger. C'est une question d'éducation, et heureusement encore parfois, le système républicain permet de faire en sorte que l'éducation pallie bien des embûches que la société met sur la route des jeunes qui ne sont pas nés sous les meilleurs auspices.
 
 Benjamin Lancar, pour en revenir à lui, est étudiant de Grande Ecole. Camille Bedin (LA fille de l'équipe) est à Sciences Po. Goebel si j'en crois internet, à l'Ecole Nationale des Chartes. Ils bougent. Est-ce parce qu'ils sont de droite, ou bien parce que leur ca1559786499.JPGpital culturel leur a permis de le faire?
 Leur capital culturel et leurs études en tout cas ne devraient pas en faire des tâcherons blindés de sectarisme et de recul intellectuel. Leur site est pourtant en ces matières assez grossier (avec des logos choc). D'ailleurs je mets le lien à la fin, comme ça vous le visionnerez avec recul.
 
 Si donc ils "bougent", qu'ils sont intelligents, pas sectaires, libéraux, mais qu'ils éprouvent pourtant le besoin de créer un site aussi caricaturalement étriqué, c'est qu'ils sont ambitieux. Sarkozy ayant dit "il faut en finir avec Mai 68", ils ont choisi d'emboîter benoîtement le pas sur une logique simpliste et un poil démago (voir le montage photo sur l'héritage de Mai 68).
 
 C'est dommage.
 
2020614138.08.LZZZZZZZ.jpg PS: on me fait remarquer que certains responsables de l'UMP d'aujourd'hui bougeaient beaucoup en Mai 68 sans être précisément de gauche (même si l'occident se situe vers la gauche en géographie).

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