27/05/2009

Bienvenue en UMP.

 

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Si jamais je rencontre un jour le type qui a eu l'idée de ce clip de campagne absolument hallucinant, il faudra que je le remercie pour cette énorme tranche de rire. Au-delà de ça, et sorti de la monumentale erreur de communication de vouloir adapter le concept du lip-dub à un discours politique institutionnel et issu du parti au pouvoir, le message est absolument flippant:

Xavier Bertrand est les Français.


"Nous changerons l'Europe comme nous changeons la France". Merci bien, mais sans moi: je vois déjà assez bien comment la France change avec Sarkozy.

27/04/2009

La stratégie de campagne UMP? La Confusion des genres

 

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Continuons à faire mentir le Politoblog, qui disait récemment que je ne parlais pas de la campagne des Européennes. Continuons, par ce nouvel article du Monde, que nous allons coupler avec une analyse un peu com' du message subliminal tenté par l'UMP sur son affiche de campagne. L'affiche de campagne, c'est un peu la meilleure synthèse d'une stratégie de communication en campagne électorale.

 

A quelle campagne sommes-nous confrontés?

Les élections européennes. Celles-ci nous font élire les députés européens, qui siègent au Parlement européen. Ce parlement a une triple particularité:

  1. il est transnational, et rassemble donc 27 nationalités différentes par groupe d'opinion (et non par nationalité)
  2. il est un organe législatif qui n'a pas de pouvoir d'initiative: seule la Commission peut proposer des textes de loi (directive ou règlement). En cela il diffère de tout parlement national qui peut formuler des propositions de loi (à l'inverse des projets de loi du gouvernment)
  3. les clivages matérialisés par les votes au Parlement européen, sont assez peu fidèles au découpage par groupe politique. 70% des textes sont votés par la majorité des députés PPE, ADLE et le PSE ensemble.

Dans le découpage des rôles entre la Commission (à l'initiative des textes de loi) et le Parlement, une troisième institution a une importance capitale. C'est l'institution qui représente les gouvernements des Etats membres (à l'inverse du Parlement qui représente les citoyens, et de la Commission, qui représente l'intérêt général): c'est le Conseil de l'UE, souvent appelé Conseil des ministres.

Celui-ci est à la fois organe exécutif et organe législatif. Le Parlement européen trouve tout son sens dans les allers-retours des textes de loi entre les députés et le Conseil des ministres, en ce sens que, bien souvent, les avis des deux institutions divergent. Et même, les avis des députés du PPE diffère de celui des ministres (les gouvernements de l'UE sont majoritairement de droite).

C'est bien la preuve que l'enjeu des élections européennes n'est pas un enjeu national, ou de vision nationale. Cela peut être un enjeu partisan (j'espère un Parlement régulateur, plus protecteur, etc, contre un Parlement majoritairement libéral), mais en aucun cas un enjeu national.

Exemple, les députés français du PPE ont voté contre la Directive Retour, alors que le gouvernement français représenté alors par M. Hortefeux était pour. Il est donc peu probable que Nicolas Sarkozy réussisse à faire des députés européens les mêmes représentants asservis que les députés UMP nationaux. Et ceci tout d'abord, parce que la grandeur du Parlement européen, c'est que les visions nationales ne sont pas productives. Même les extrêmes en commissions de travail, pensent de façon paneuropéenne.

 

Revenons à la campagne du Président de la République de l'UMP: celle-ci l'annonce tout net: "Après le succès de la Présidence française de l'Union européenne, avec Nicolas Sarkozy et la majorité présidentielle, continuons à changer l'Europe!"

Double imposture:

  1. Celle de faire croire que la PFUE n'a été que le succès de Sarkozy. Comme j'ai eu l'occasion de le dire, les Présidences de l'UE sont regroupées par trois, pour plus de cohérence de calendrier. Celle de Nicolas Sarkozy a donc fait partie d'un premier triumvat (Portugal/Slovénie/France), puis d'un second (Slovénie/France/Tchéquie), et d'un troisième (France/Tchéquie/Suède). Ces regroupement ont pour bout de suivre un calendrier cohérent. C'est pour cela que, sur les dossiers de fond, la France n'a pas tellement plus brillée que la Slovénie.
  2. Celle de faire croire que les élections européennes comportent le même enjeu qu'une présidence de l'UE. Citoyen que tu es, cher lecteur, tu dois savoir que la Présidence du Conseil, ce sont les grandes orientations, les décisions à l'unanimité entre chefs d'Etat, les concessions... Le Parlement, c'est la parole, le débat. Vote, fais de ce parlement un lieu de débat, et non une chambre de passage des textes.

Ceci nous amène à la vision suggérée par l'UMP du rôle du Parlement:

Les députés et les sénateurs français ont, la saviez-vous, le pouvoir de faire des propositions de loi. Las, ce pouvoir va s'amenuisant, le Parlement devenant de plus en plus un lieu de débat des grandes décisions du gouvernement (projets de loi). Le Parlement européen n'a malheureusement pas le pouvoir de proposer des lois (et encore moins depuis que le rejet du TCE a annulé la proposition de la pétition populaire auprès de la Commission pour demander une législation particulière).

L'objectif de communication de la campagne est assez évident: il consiste à effacer toute singularité des candidats UMP (l'argument à deux balles pour évincer Lamassoure sur la "locomotive électorale Baudis" aura vécu, ahah), au profit d'une seule et unique figure: le Président Sarkozy. Je me demande si c'est bien comme ça qu'on valorise l'enjeu et le travail du Parlement européen...

Dans l'article du Monde que j'évoquais en début d'article, il est dit: "M. Sarkozy va fortement s'impliquer dans la bataille des élections européennes." Et ce directemet suivi d'une citation de Michel Barnier: "Le Président présentera le 5 mai à Nîmes le projet européen de la France".

Le vote des Européennes devient donc un vote pour représenter le pays, la vision du pays. Ce n'est absolument ni l'endroit, ni l'objet. J'élis un député pour me représenter. Et je ne souhaite pas être représenté en tant que Français, mais en tant que citoyen libéral progressiste qui aimerait trouver un modèle de développement responsable et soutenable. Cette stratégie y est contraire, et incarne la négation des principes de la représentation démocratique des citoyens.

 

Je commence à avoir un problème. Je me dis que l'UMP a envie de confrondre parole de l'Etat français et proposition de débat politique (celui d'un parti politique parmi d'autres). Je me dis que Nicolas Sarkozy fait prévaloir en politique intérieure des succès européens qui ne lui sont pas dûs (et que ce n'est pas une attitude très européenne). Je me demande si Nicolas Sarkozy va présenter la vision européenne de la France ou celle de l'UMP, ou si c'est synonymique.

Je me demande si nous sommes dans une logique de parti d'Etat.

Je me dis que ce n'est pas un hasard si il y a de moins en moins de propositions de loi au parlement français.

 

Et je me dis que, oui, peut-être, du temps de Chirac c'était un peu mou, cette campagne. Qui ressemblait plus à un référendum pour/contre la politique du gouvernement. Mais au moins nous étions en démocratie en ce qui concerne le débat politique. Parce que chaque parti politique recevait le même traitement.

Je me dis que les communiquants et stratèges politiques entourant Sarkozy ont trouvé la parade au vote de défiance à la politique du gouvernement, et ce au prix d'une intégrité politique que je pense importante.

 

Cela ce saurait si votre humble serviteur s'alarmait pour un rien. Ben là, par exemple...

 

24/04/2009

Abyssal Bruno le Maire

Bruno Le Maire, nouveau secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, a participé à un chat sur lemonde.fr. Ce chat mérite que l'on s'y arrête. Sur la défensive, le secrétaire d'Etat, dont la fonction est en premier lieu celle de s'assurer de la bonne coopération entre la France et ses partenaires, mais qui est par ailleurs l'un des responsables de la campagne européenne de l'UMP, tente de justifier le positionnement de son parti pour les élections européennes.

Positionnement que l'on peut résumer ainsi: "faites confiance au parti (et à son chef charismatique et élyséen) qui a garanti une bonne Présidence française de l'UE".


Arrêtons-nous sur quelques passages du chat, histoire de se rendre compte à quel point l'UMP devient un parti qui confond pragmatisme et démagogie.


Question: Que pensez-vous du manque de connaissance de la question européenne affichée par Rachida Dati ?

Réponse: Je suis convaincu qu'elle fera une excellente députée européenne, et qu'elle se battra au Parlement européen avec la ténacité qu'on lui connaît [...] elle est déterminée à jouer pleinement son rôle dans la campagne. Elle s'intéresse aux questions européennes. Elle veut être une députée européenne efficace et assidue.

Hypocrisie! En mars, un responsable de la campagne UMP en Ile de France tentait de me rassurer sur la présence de Dati derrière Barnier, en me confiant "elle lit, rencontre et apprend beaucoup [...] elle compte même faire de sa mairie du 7e un point d'information sur l'Europe!". Je suis prêt à prendre le pari qu'il n'en sera rien: tant que le Parlement européen ne sera pas un lieu de pouvoir et de média, il ne l'intéressera pas. Par ailleurs, et c'est une question sans malice (d'autres candidats sont concernés par cette réflexion), comme prétendre être une députée européenne "efficace et assidue" alors qu'on cumule également un mandat local parisien?


Question: François Fillon et Nicolas Sarkozy doivent-ils s'investir dans la campagne ?

Réponse: Il me semble naturel et utile que le chef de l'Etat et le premier ministre, qui ont réalisé une présidence française sans faute, jouent un rôle de premier plan dans la campagne européenne. Ils participeront tous les deux aux débats et à des meetings de campagne.

Ici, Bruno Le Maire vous prend, chers lecteurs du quotidien du soir (et de l'internet), pour des grosses, grosses buses. Reformulons l'argument brandi par le transfuge villepiniste: "La PFUE a été un succès -> la PFUE était française -> la France c'est Sarkozy et Fillon -> Sarkozy et Fillon ont toute légitimité pour participer aux élections européennes".

Il est assez inquiétant d'entendre ce genre d'argument dans la bouche d'un secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes. La PFUE s'est inscrite dans un trio de présidences (Portugaise/Slovène/Française, puis Slovène/Française/Tchèque, puis Française/Tchèque/Suédoise) et à ce titre, sa maîtrise de l'agenda (la Présidence du Conseil européen met les sujets à l'agenda du travail exécutif et législatif) a été on ne peut plus encadrée.

Ajoutons que la Présidence de l'UE n'est française que de géographie. Pour le reste, elle est censée oeuvrer pour l'intérêt général, et donc, en échappant à l'esprit partisan. Le raccourci PFUE=Super, donc Elections européennes=Sarkozy (comme voudrait l'inspirer l'affiche électorale de l'UMP) est donc mensonger, et pire, à mon avis, démocratiquement hasardeux.


Question: Trouvez-vous normal que le président de la République (qui représente tous les Français) s'implique pour un parti spécifique ?

Réponse: Mais le président de la République appartient aussi à une majorité ! Il est normal qu'au moment d'une campagne il joue son rôle au service de cette majorité.

quand+l+Europe+veut+l+Europe+peut.jpgQuel con, ce type qui a posé une question. Evidemment que le Président et l'UMP c'est kif-kif. Sinon, on n'organiserait pas les différents bureaux politiques du parti majoritaire directement à l'Elysée, pour gagner du temps. Donc, question une nouvelle fois: est-il normal que Sarkozy s'implique pour l'UMP dans la campagne?

Bien sûr que non. Nicolas Sarkozy, et son gouvernement (cf. la majorité) jouent d'ores et déjà un rôle extrêmement important dans le processus décisionnel européen. En effet, le Conseil de l'UE qui rassemble les ministres, est organe à la fois exécutif et législatif. Pour chaque sujet spécifique, les ministres européens concernés se réunissent, et jouent le rôle de 2eme chambre (genre de Sénat), pour amender les textes de loi venus de la 1ere chambre (Parlement européen NDLR).

C'est dans ce cadre et celui de la négociation des priorités budgétaires et agenda (dont on parle principalement lors des Conseils européens des Chefs d'Etat et de gouvernement, 4 fois par an) que Sarkozy et sa majorité ont une influence.

Qu'il laisse le Parlement représenter les citoyens.

Ce qui nous conduit à la prochaine perle de Bruno Le Maire:


Question: Pour certains membres de l'UMP, notamment des ministres, figurer sur les listes aux européennes a sonné comme une "punition". Ce n'est pas vraiment un signal fort de l'engagement européen du parti au pouvoir en France...

Réponse: Le rôle de parlementaire européen est un rôle majeur, je le vois tous les jours. On doit être fier de représenter son pays au Parlement européen.

Non, ce qui saute aux yeux n'est pas le rattrapage du déshonneur Datiesque. C'est l'argument final: "on doit être fier de représenter son pays au Parlement européen". Bruno! T'es vraiment perdu pour l'intelligence! Ne te souviens-tu pas de tes cours de droit constitutionnel en 1ere année de SciencesPo?!

Depuis quand un Parlementaire représente t-il sa circonscription, son département, ou son pays (pour le cas d'un parlement transnational, ce qui nous occupe aujourd'hui)? Depuis JAMAIS!

Le député européen, on l'élit parce qu'on croit en un plus grand nombre de ses idées qu'en celles de ses concurrents. Les députés européens au Parlement se réunissent par groupe, représentant des affinités d'idées. Il ne se rassemblent pas par nationalté, tête de bûche!

Mais voilà la logique qui sous-tend la campagne UMP: voter pour les élections européennes, c'est voter pour son pays. L'UMP symbolise sa candidature aux Européennes par le visage de Sarkozy.

Conclusion: Sarkozy, c'est la France. Chapeau Bruno, t'es un as.


Question: Le PS est souvent critiqué pour son manque de cohésion interne. Mais ne pensez-vous pourtant pas que les socialistes aient une longueur d'avance sur l'UMP pour les européennes ? Leurs listes sont finalisées depuis un mois...

Réponse: Ce que je vois, au contraire, c'est que le Parti socialiste s'efforce de recentrer la campagne sur les questions nationales. C'est une erreur, et ce n'est pas à la hauteur de l'enjeu.

Encore une hypocrisie: en plaçant Sarkozy sur ses affiches et en le faisant intervenir de façon partisane pour les élections, l'UMP ne centre t-il pas la campagne sur des questions nationales (voir nombriliques)?


Question: Si on vous pose la question, à quoi sert le Parlement européen, que répondez-vous ?

Réponse: Il sert à représenter les citoyens. Il est un instrument de démocratie essentiel pour l'Europe. Le rôle qu'il joue dans la modification et le choix des textes européens est décisif.

Tiens, il se contredit en plus. (choix? quel choix? Mais de quoi parle t-il?)


Bon, dans ma quête de liste pour laquelle voter, et malgré toute ma sympathie (dans son sens le plus étymologique) pour Michel Barnier, l'UMP, ce sera sans moi.


23/01/2009

Soldat Barnier...

Nicolas Sarkozy est bien embêté: il n'a aucune figure parisienne de consensus (cf. qui n'ait pas l'image d'un gros traître ou d'un gros parachuté sur un sujet qu'il ne connaît pas) pour mener les Européennes UMP en région parisienne.

Les têtes de liste en régions sont quasiment bouclées, sauf Paris. Rama Yade a lâché l'affaire, pour le plus grand plaisir de votre serviteur. Rachida Dati n'a apparemment pas de résultats probants dans les sondages... donc on opère un glissement: Barnier, qui va globalement gérer la campagne de l'UMP pour l'ensemble des grandes circonscriptions, se présentera à Paris, tandis que (l'extraordinaire) Françoise Grossetête prendra sa place en tête du Sud-est.

J'adore Françoise Grossetête, qui est certainement l'un de nos meilleurs députés européens.

Mauvais côté du deal: la reprise des mauvaises manières chiraquiennes, de cette façon de faire de la politique type années 90, qui consiste à recycler des gros boulets pour les élections européennes: Rachida Dati sera donc en deuxième positions en Ile de France.

Je ne comprends pas toujours la stratégie de Nicolas Sarkozy: il veut politiser l'Europe (et il a raison), il veut politiser la Commission européenne (et il a partiellement raison en voulant y envoyer un politique plutôt qu'un expert), il dit considérer le Parlement européen comme un "modèle de démocratie représentative", où l'on est bousculé, où il y a des débats... Effectivement, pour les chefs d'Etat et de gouvernement qui se succèdent à Strasbourg ou Bruxelles (deux hémicycles du Parlement européen) au début et à la fin de leur présidence de l'UE, l'audition des parlementaires européens est un vrai challenge.

Et, pourtant, il reprend les vieilles recettes pour "recaser" les inutiles dans un placard doré.

Dans la même veine, que penser du retour de Dominique Baudis à la politique? Lui qui a pris la tête de liste sud-ouest à Lamassoure, après avoir été exilé à la présidence de l'Institut du Monde Arabe? Simple constat après des conclusions rendues par des instituts de sondage?

Les députés européens français resteront tributaires dans tous les cas des caprices du chef de l'Etat. Il est fort peu probable qu'ils connaissent la stabilité de leurs confrères allemands ou italiens. Stabilités qui peut être synonyme de sclérose et de cumul du mandat dans le temps.

Mais qui, en terme de politique européenne, semble, assez étrangement, fort utile. Tant les mécanismes et la durée des travaux (il faut parfois 10 ans de travail pour arriver à un texte législatif, comme le démontre le règlement REACH), sont complexes. Enfin, un bon député européen effectue un véritable travail en commission, qui nécessite également, quelques années d'expérience.

C'est fort dommage; d'autant qu'en troisième position en sud-ouest, Lamassoure n'est pas certain d'être réélu.

12/12/2008

Crise du cerveau

Ce que les jeunes UMP pensent de la crise?

Excellente série d'interviews, de ces jeunes malmenés par la vie, qui à 23 ans vont devoir "utiliser moins la voiture" parce que l'essence est trop chère. Moi-même, tiens, j'ai du arrêter d'acheter de la brioche! Je me contente de pain.

Mention spéciale à Xavier T., de l'UMP Sciences PO, qui, à la question "travaillez-vous à côté de vos études?" répond "oui, je travaille en cabinet... enfin, j'ai un stage, c'est pas payé. [...] Mais à notre âge, c'est important d'être indépendant". (NB. M. Xavier T. m'a contacté par mail pour me préciser qu'effectivement, le montage est assez partial, n'évoquant par exemple pas son stage chez Nestlé cet été. Bon, ça reste bête, drôle et méchant, que demande le peuple?!)


Merci à Nick Carraway de m'avoir passé la pépite.

 

08/12/2008

Un parti démocratique

Scoop - Breaking News - Dernière minute

Xavier Bertrand a été nommé secrétaire général de l'UMP par Interim, a annoncé le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre.

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Tout d'abord, une vraie question: "Mais qui est Interim?" Qui est ce personnage qui peut nommer le dirigeant du parti le plus important de France (selon les chiffres officiels)?

Observons, alors que le PS continue de se déchirer lamentablement après à avoir eu à passer plusieurs étapes humiliantes telles que le Congrès où tout le monde se chamaille, le vote des militants où tout le monde se compte, le second tour de vote des militants où tout le monde se décompte, et la constitution d'une équipe où les égos doivent s'entendre, combien l'organisation de l'UMP est simple.

Le secrétaire-général précédemment nommé (pas par interim d'ailleurs celui-là. Qui avait bien pu le nommer Devedjian?) part, devenu ministre. Hop, en 2 jours, un nouveau secrétaire général est en place.

  1. Pas de vote des militants, ce qui évite d'avoir à révéler qu'ils sont 30000 et pas 200000
  2. Pas de déchirement interne entre plusieurs candidats rendu public
  3. L'impression d'un parti super bien organisé où les idées comptent plus que les personnes.

Tout bon pour l'UMP.

 

En revanche, question démocratie, on se demandera toujours quelle légitimité a Interim pour prendre de telles décisions.

20/08/2008

Marre que l'UMP me harcèle



Je vous rassure, l'énième sms reçu de la part de l'UMP aujourd'hui n'a pas effacé la jovialité colorée de mon sourire, qui s'élargit de jour en jour à Wroclaw, sous un soleil flambant et une température clémente, devant de belles blondes habillées d'été et des maison, églises, et autres places tellement jolies que ça rappelle Prague.

Mais quand même, j'en ai un peu assez de me faire harceler par texto. En mai-juin, c'était le lancement du parti des mecs de gauche qui soutiennent Sarkozy (quelqu'un sait combien il y a de membres au fait?), c'était l'invitation à écouter Fadela Amara présenter son plan banlieue, c'était l'invitation des "Jeunes Pop" à écouter Nadine Morano, Rogert Karoutchi ou Luc Chatel (tous ces types se ressemblent, on ne sait même plus qui fait ou cherche à faire quoi). Aujourd'hui, c'est donc ceci que j'ai reçu à 19h20:

"vous êtes invités à vous associer à la cérémonie militaire qui rendra hommage à nos soldats tombés en Afghanistan..." signé P. DEVEDJIAN

Bon, passons sur les points de suspension, qui ne sont pas du meilleur effet pour un tel message.

J'ai rendu ma carte à l'UMP en mars 2007, et nous sommes le 20 août 2008. Depuis un an et demie, je reçois encore des mails de l'UMP, des sms de l'UMP, des invitations facebook de l'UMP, et même, quand je fais mon marché, il y a immanquablement un grand con pour me soumettre un prospectus de l'UMP.

Pour le marché, je peux comprendre. Certains militants ont la mémoire d'un poisson rouge (enfin bleu). Pour le reste, déjà, je m'interroge sur l'éthique: quand un adhérent rend sa carte ou ne renouvelle pas, comment se fait-il que l'UMP lui fasse malgré tout subir ses diverses communications?

Ajoutez à cela que dans le milieu politique, ce qui fait la valeur d'un homme, c'est sa capacité à aller piquer les fichier et les faire tourner auprès des bonnes personnes, ce qui multiplie le nombre de spams (de la part de Karoutchi, de Coppé...). C'est ainsi qu'on passe de trouffion de 3eme rang à trouffion de 2d rang, à trouffion de 1er rang, pour accéder ensuite au grade de trouffion d'élite, puis d'élu, puis même, ça se dit, de trucs super genre conseiller général, régional, député, et autres postes qui vous permettent de ne presque plus rien payer des frais que le commun des mortels a quotidiennement à charge.

Manifestement, l'UMP ne paye pas ses sms. Ou alors, ils sont pétés de thune. Mais j'avais cru comprendre le contraire, depuis quelques mois (et l'annonce d'un deficit de 20 millions d'euros).

Alors, voilà. Agence de communication, ou bien trouffion de rang 3 qui te lève tous les matins pour aller rue La Boétie faire ta surveillance netvibes et googlenews sur les mots clés genre "Sarkozy, UMP, Devedjian, Bertrand, Fillon, et Rama Yade" (parce que tu en es amoureux), je gueule. J'ai déjà du téléphoner aux jeunes populaires pour cesser de recevoir leurs textos (ce qui semble marcher, croisons les doigts). Désormais, j'aimerais cesser de recevoir les sms de l'UMP global.

Les spams c'est facile, les boîtes mails le mettent directement dans la corbeille. Pas les sms.

Et franchement, quand on est sur le Rynek à Wroclaw, à siroter une Zywiec en galante compagnie, les soldats français tombés en Afghanistan ça parait... loin.

19/05/2008

UMP: le Contrat de Confiance

 Je reproduis un texte pas encore disponible sur le site de l'UMP, dirait-on, mais distribué avec "Le Magazine de l'Union", journal mensuel du bon petit militant UMP.

"OUI, je souhaite soutenir les actions menées par Nicolas Sarkozy pendant la durée de son quinquennat et renouveler mon engagement à l'UMP jusqu'en 2012 en signant le Pacte d'adhésion présidentiel et en souscrivant au prélèvement automatique de ma cotisation annuelle. Le montant de ma cotisation sera prélevé automatiquement en février chaque année jusqu'en 2012, fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Je peux à tout moment suspendre ce prélèvenement sur simple demande à létablissement teneur de mon compte."

 L'UMP a donc décidé de passer à un système de vente bien connu: "Cédez au prélèvement automatique, c'est tellement moins de souci! Et puis vous êtes libre, vous pouvez arrêter le paiement quand vous le voulez!". C'est un truc déjà utilisé par les ONG, et évidemment par les entreprises. Et si ça marche, c'est que en fait, la grosse majorité des gens ne fait pas attention.

 On peut souscrire au "Pacte d'adhésion présidentiel" en juin 2008, détester Sarkozy en décembre, et oublier qu'on a souscrit au Pacte, et donc continuer à se faire ponctionner savoureusement jusqu'à février 2012 (compris: il faut bien financ513382187_32ae587204_o.jpger la future campagne, avec ce parti en faillite). On savourera pleinement la grande confiance qu'a l'UMP en son charismatique et bien-aimé leader, puisqu'en demandant aux citoyens un engagement d'adhésion sur 4 ans, on les prend un peu à la gorge. Tenez, moi-même, je verse mensuellement de l'argent à l'association AIDES avec ce système, et cela fait 9 mois que je me dis que je devrais l'arrêter, parce qu'un jour d'août Place de la Bastille, on m'avait vendu le concept de façon mensongère. En attendant, je continue à donner.

 Tout de même, en souscrivant à ce pacte à la noix, l'adhérent n'est pas un pigeon total non-plus: "En devenant membres du "55", ces adhrents sont associés encore plus étroitement aux événements nationaux et reçoivent des informations privilégiées. Une carte spéciale leur est adressée." 

 Franchement, je me demande bien de quels "événements nationaux" on parle. Et surtout de quelle "association étroite": si l'UMP était un parti démocratique et participatif, ça se saurait. 

 Mais bon, il y a la carte argentée "55" collector. Cela vaut bien 35€ par an, non?

06/05/2008

366eme jour avec Nicolas Sarkozy

 Le 6 mai dernier, j'écrivais ceci:

 Sarkozy ce soir a rappelé ses grands chantiers. Les bons: le plein-emploi, la relance Européenne, l'environnement, une économie plus efficace, des soucis sociaux plus équitables. Les mauvais: "en finir avec la repentance", par exemple.

Aucun doute, la relance de l'UE, il y a contribué. Même si c'est Angela Merkel qui a hérité du Prix Charlemagne de la personnalité européenne de l'année. La fin de la repentance, cela semble malheureusement en bonne voie.

 Quant aux autres promesses, c'est mitigé. Le souci de l'environnement est devenu une priorité. La question est de savoir si c'est grâce au "Grenelle de l'Environnement", ou grâce au fait que l'on est en train de se rendre compte qu'il y a possibilité de faire du profit intéressant en développant des techniques d'économie d'énergie?

 Le plein-emploi, ahahah. Il ne semble pas que l'on soit sur la bonne voie. Cela peut être une mauvaise nouvelle bien sûr, mais aussi une bonne: un taux de chômage en hausse peut signifier que nous sommes bien entrés dans un processus de réforme du marché du travail (forcément long et douloureux). Réforme du marché du travail nécessaire à un retour de la croissance de façon durable, et, surtout, plus prévisible.500px-Economics_Gini_coefficient.svg.png

 Je passe sur le reste. C'est évident. Nous sommes en train de faire la même erreur que Bush aux Etats-Unis. On développe ce pays en faisant en sorte que les riches soient encore plus riches plus vites, et les pauvres toujours plus pauvres, plus facilement. Il y a un outil pour mesurer la redistribution sociale dans un pays: l'indice de Gini. La courbe à droite est une courbe de Lorentz. En abcisse la population, en ordonnée, le revenu global. Si la courbe est une ligne droite à 45°, la redistribution est parfaitement égale. Généralement, elle est plutôt en courbe incurvée.

 De cette courbe de Lorenz on tire l'indice de Gini, qui oscille entre 0 et 1. 0 étant le plus égalitaire, 1 le plus inégalitaire. Depuis 1968, l'indice de Gini pour les Etats-Unis est passé de 0,38 à 0,47. En France il est à 0,36. Il sera intéressant d'observer son évolution dans les prochaines années.

 

 D'un point de vue civique, nous avons un président dont la légitimité est incontestable, avec 85% de participation. Pourtant, la démobilisation civique n'a jamais paru aussi rapide. Un an après, la participation aux élections municipales atteint péniblement 60%. Le débat national n'a jamais semblé aussi déconnecté de la population, pour n'être que celui d'une certaine élite.

 D'un point de vue d'image internationale, notre président est considéré comme un clown par tous les journaux sérieux en Europe, et se fait régulièrement hacher menu par la presse américaine. Les infirmières Bulgares ont été libérées, grâce à un travail de fond de l'UE et de Tony Blair, et Sarkozy y a mis la dernière main, certes. Bétancourt est toujours dans son cachot végétal. Kadhafi a été reçu comme un prince pour aucun résultat tangible. On a vite oublié les droits de l'homme face aux intérêts économique.

 Les histoires des Balkany, le cynisme affiché par les membres de la majorité, la succession de monarque à Neuilly, ... la République n'a rien d'irréprochable.

 Et pour 2010: aucun respect de la stratégie de Lisbonne, aucun respect des Accords de Cotonou, aucun respect du Pacte de Stabilité. C'est à prévoir, c'est presque certain.

04/05/2008

Tel est notre ghetto

UMPGE, sous ce sigle se cache "UMP-Grandes Ecoles". Des gens plutôt sympathiques que j'ai côtoyé au tournant de l'année 2006-2007. Le premier d'entre eux, Benjamin Lancar, est d'ailleurs plutôt un garçon sympathique et intelligent. Si mes souvenirs sont bons d'ailleurs, plutôt pas sectaire du tout. Ce qui est loin d'être le cas pour tous.
 
 Avec leur site "40 ans + tard, les jeunes qui bougent ont changé de camp", les UMP-Grandes Ecoles vont faire un flop.
 Passons sur le pitch un peu raté même si bien rythmé qui a un côté ridicule: comment proférer aussi sérieusement un propos aussi imbécile que "les jeunes qui bougent sont à droite et rien qu'à droite", alors qu'il y a marqué en gros "UMP" derrière les-dites personnes? 
 Passons sur l'e-mail envoyé par un certain Raphaël Goebel à la blogosphère "influente" mais pas sarkozyste (en gros; la blogosphère influente tout court).
 
 D'ailleurs au passage, sale blague des Jeunes Populaires d'avoir confié à Goebel la propagande de leur action. E-mail qui d'ailleurs a pour but de me faire écrire ce billet. Je suis bon et manipulable.
 
1575635257.JPG Non, parlons du discours. "40 ans + tard, les jeunes qui bougent ont changé de camp". Sous-entendu: il y a 40 ans, mai 68 c'était la révolte des jeunes qui veulent décoincer le système, et aujourd'hui, les seuls jeunes qui suivent l'anticonformisme et l'esprit libertaire (ou libéral?) de mai 68, c'est les jeunes de droite. Les autres sont des conservateurs qui sont au choix, a) manipulés / b) cons / c) gauchistes.
 C'est un discours à peu près aussi bête que celui de Besancenot, qui dit le contraire.
 
 Tout d'abord, quand j'entends les Jeunes Pop dire "les jeunes qui bougent sont de droite", je me demande: c'est quoi, "de droite"? J'ai parmi mes concitoyens Boulonnais nombre jeunes issus de familles extrêmement aisées et extrêmement traditionnalistes, qui auront beau mettre un jean sous une veste, n'en resteront pas moins de gros conservateurs de droite.
 Pour moi, un conservateur ne bouge pas. Par définition.
 
 J'admets aisément que les conservateurs se trouvent aussi bien à droite qu'à gauche. Et que d'ailleurs, ces derniers temps (avec le NON de gauche au TCE), la gauche nous a montré de belles phases de son conservatisme.1945379666.jpg
 
 Mais depuis un an, la droite aussi. Sans aller jusqu'au Puy du Fou, il suffit juste d'analyser la façon d'aborder les problèmes de société de M. Sarkozy, et notamment ses points de vue sur la justice, pour observer un conservatisme qu'on ne me fera jamais prendre pour une attitude progressiste.
 
 A la vérité, les jeunes qui bougent sont un peu partout, mais sont plutôt à voir sous deux angles différents.
- Il y a ceux qui ont les moyens de bouger. C'est une question d'argent, de capital social, culturel. C'est une question de temps. Ce n'est pas évident de bouger, de vouloir faire Erasmus, de vouloir rencontrer des gens, de pouvoir se promener dans Paris et d'aller à Beaubourg. Pour des questions de sous, de culture, d'accès à l'éducation et à la culture, il y a proportionnellement plus de jeunes issus de famille CSP+ qui bougent.
 
- Il y a ceux qui ont le recul pour bouger. C'est une question d'éducation, et heureusement encore parfois, le système républicain permet de faire en sorte que l'éducation pallie bien des embûches que la société met sur la route des jeunes qui ne sont pas nés sous les meilleurs auspices.
 
 Benjamin Lancar, pour en revenir à lui, est étudiant de Grande Ecole. Camille Bedin (LA fille de l'équipe) est à Sciences Po. Goebel si j'en crois internet, à l'Ecole Nationale des Chartes. Ils bougent. Est-ce parce qu'ils sont de droite, ou bien parce que leur ca1559786499.JPGpital culturel leur a permis de le faire?
 Leur capital culturel et leurs études en tout cas ne devraient pas en faire des tâcherons blindés de sectarisme et de recul intellectuel. Leur site est pourtant en ces matières assez grossier (avec des logos choc). D'ailleurs je mets le lien à la fin, comme ça vous le visionnerez avec recul.
 
 Si donc ils "bougent", qu'ils sont intelligents, pas sectaires, libéraux, mais qu'ils éprouvent pourtant le besoin de créer un site aussi caricaturalement étriqué, c'est qu'ils sont ambitieux. Sarkozy ayant dit "il faut en finir avec Mai 68", ils ont choisi d'emboîter benoîtement le pas sur une logique simpliste et un poil démago (voir le montage photo sur l'héritage de Mai 68).
 
 C'est dommage.
 
2020614138.08.LZZZZZZZ.jpg PS: on me fait remarquer que certains responsables de l'UMP d'aujourd'hui bougeaient beaucoup en Mai 68 sans être précisément de gauche (même si l'occident se situe vers la gauche en géographie).

01/05/2008

Le Bureau politique de l'UMP... à l'Elysée.

C'était déjà choquant, le 22 octobre, de voir Nicolas Sarkozy intervenir au Bureau Politique de l'UMP. On vient de passer un cap supplémentaire, avec la réunion du dernier Bureau Politique de l'UMP... au Palais de l'Elysée.

 Rien que ça.

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 Rien n'oblige, dans la Constitution, à faire du Président de la République un être au-dessus des partis. Rien ne lui interdit évidemment de continuer à s'investir dans la marche d'un parti politique qui participe, à condition de respecter "les principes de souveraineté nationale et de démocratie" (art.4), au débat public.

 Toutefois, on aurait pu trouver meilleur message, en ces temps de désavoeu de la politique Sarkozienne, alors que le Monsieur dit vouloir être plus modeste. Et Thierry Solère, la mine enfarinée du bon fat céans, d'afficher promptement sur son blog la photo publiée dans le Figaro Magazine. Sans doue parce que c'est tout naturel?

 Jacques Chirac avait une façon détournée de conduire la marche de son parti. Il propulsait des hommes de main qui exécutaient ses ordres. Juppé, Séguin, un échec en 1999 avec Delevoye (c'est MAM qui vainquit). Sarkozy, lui, place des portes-flingues, fait en sorte d'attiser les ambitions pour les annuler toutes, mais semble en plus vouloir continuer à s'occuper lui-même de tout.

 Et quand on lui résiste un temps soit peu, on est suspendu, à l'image de Jean-Pierre Fourcade, candidat dissident à Boulogne ayant réuni 35% des suffrages, ou bien Arnaud Teullé à Neuilly. A ce rythme, il n'y aura bientôt plus de membres de l'UMP que ce "Bureau Politique".

 On peut en effet douter des 300000 adhésions de l'UMP qui se maintiennent (officiellement) depuis Juin 2007 contre vents et marées, et contre même le bon sens: les élections sont passées, il serait sociologiquement normal d'assister à un recul du soutien partisan (par un non-renouvellement de l'adhésion). De plus le contexte est mauvais et la cote de popularité plus en baisse que jamais: on doute que cela n'ait aucun impact sur les adhésions au parti.

 Mais voilà, à l'image du Parti Communiste, l'UMP décrète son nombre d'adhésion, et refuse obstinément de le prouver en exhibant les listes des adhérents. D'ailleurs, l'UMP serait-il si endetté (20 millions d'euros), si il pouvait compter sur 300000 adhésions multipliées par 35€, soit 10,5 millions d'euros?

 Outrance, mensonge et sans-gêne: bienvenue dans la France d'après.

 

PS: jeu, sauras-tu trouver le jeu de mots particulièrement grossier à l'égard de Thierry Solère dans ce texte? Indice: homophone.

11/12/2007

ça vote à Sarcelles et Villiers le Bel

 Dominique Strauss-Kahn parti au Fonds Monétaire International, la 8e circonscription du Val d'Oise était libre pour une nouvelle élection. Au soir du premier tour de cette législative partielle, le candidat PS François Pupponi est arrivé en tête d'une courte tête (38,83%) devant l'agitée locale Sylvie Noachovitch, d'un ridicule tellement achevé qu'on se demande comment elle a fait pour rassembler 37,43% des voix.

 Sylvie Noachovitch profite des émeutes de Villiers Le Bel pour faire son beurre et observer la montée du FN, qui correspond à ses thèmes, sur la sécurité etc. En effet, le FN totalise 7,47% contre 4% en juin dernier. Mais la participation était dimanche de 25,06%, contre  51% en juin dernier. Si on considère que la participation a été divisée par deux, et que les électeurs du FN sont traditionnellement plus disciplinés que les autres (et oui!), cette montée n'en est pas une. C'est surtout que les autres candidats ont eu moins de voix. On observera que le candidat communiste double presque son score de juin pour les mêmes raisons.

 Bref, entre ces 7% du FN et le 6% du PCF, restent les quelques 3 ou 4% du MoDem à se répartir. Les élections de Juin avaient vu DSK l'emporter de 10 points, grâce entre autres à une participation en hausse au second tour. Espérons pour la noblesse de la politique que Pupponi l'emporte dans les mêmes conditions.

 Non mais vous imaginez pareille énergumène à l'Assemblée, représentant les Français?

22/11/2007

Je ne suis pas de droite, finalement.

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 En ce moment à Montréal, le temps est terrible. Imaginez: la nuit quand vous dormez, il neige. Le matin quand vous vous levez, le temps est calme. Puis quand vous mettez un pied dehors, il se met à grêler et le vent souffle tellement fort qu'il est difficile de mettre un pied devant l'autre, dans une espèce de neige fondue grisâtre, qui font que la ville ressemble à une immense station de ski, sauf que les gens ont pas l'air joyeux comme quelqu'un qui va manger de la poudreuse.

 On a donc le temps de réfléchir à plein de questions fondamentales, comme "mais au fait, suis-je droite moi?". J'avais déjà écrit quelque chose de ce goût-là, en expliquant en gros que je voyais le monde politique pas comme un spectre de la gauche à la droite bien aligné et compartimenté, façon années 80, mais plutôt comme une séparation assez nette sur des sujets fondamentaux type libéralisme, intégration européenne, place de l'individu dans la société. Cette séparation, je l'illustrais par le référendum 2005, tout en reconnaissant que cela restait un point de fracture assez insuffisant. Mais la transformation d'un rapport droite/gauche facile et bien pratique est à mettre à l'actif de plusieurs événements:

 En premier, l'acceptation par tous les responsables politique de la mondialisation, de la puissance réelle de la France, économique et politique, dans un monde globalisé. Mais aussi des événements qui viennent eux d'un changement de paradigme dans la société même. Une société qui après la Chute de Mur de Berlin a jeté ce que l'on appelle le "consensus permissif" aux orties, en faisant entrer la politique internationale dans l'espace public et le débat politique. Une société qui a accepté et fait sienne, part de son identité, des réformes de moeurs et de structure de pensée, l'IVG, la Peine de Mort... Les années 80, le mouvement gay et lesbien, et plus récemment la question environnementale, tous ces sujets ont été intégrés par la société et l'ont restructurée, jusqu'à un changement de paradigme.

 Voilà pourquoi souvent, la ligne morale facile à délimiter auparavant entre "gauche" et "droite" n'existe plus. D'ailleurs, il est intéressant d'observer la pré-campagne Américaine perdre cette ligne de démarcation entre Républicains et Démocrates: le candidat républicain le plus en haut dans les sondages, Rudolf Giuliani, n'a jamais caché ses convictions morales plus libérales, notamment sur l'avortement, les droits des homosexuels, et la peine de mort. En cette matière, nous avons été en France plutôt précurseur.

 La ligne économique est donc rapprochée, la ligne morale complexe à trouver, comment toujours trouver ce concept gauche/droite pertinent? Il y a toujours des gens qui réfléchissent en ces termes assez périmés; ils sont ceux qui clament qu'ils sont la "vraie gauche" ou la "vraie droite". Agités plutôt minoritaires lorsque le pays ne traverse pas une crise de confiance, ils ont été auparavant du bon RPR conservateur, qui sait, militants au MIL, ou bien bien coco dans un rapport de confrontation des classes constant. Ceux qui opposent l'ordre à une vision plus libertaire. Aujourd'hui, ils sont autant dirigistes les uns que les autres.

 Mais même, ayant accepté tout cela, on continue à parler de droite et de gauche; sans doute pour conserver des termes simples qui permettent à chacun de s'y retrouver dans un paysage politique en recomposition permanente après les bouleversements de paradigmes que j'évoquais. Nous réduirons donc gauche et droite à PS et UMP. Mais je n'en pense pas moins: le simplisme de ces étiquettes n'est pas satisfaisant.

 Pourquoi donc, ne suis-je pas UMP. J'ai relevé quelques éléments de l'identité de l'UMP. Je dois d'abord préciser que j'ai longtemps pensé que l'UMP à la Sarkozy serait un élément de changement profond dans l'identité de la droite, notamment en termes économiques. Lorsque je passais chez Karl Zero pour poser des questions à Patrick Devedjian, celui-là reconnaissait que les Etats-Unis n'étaient pas réellement un Etat libéral, et que la dénonciation d'une société "à l'Américaine", "libérale", était une caricature: une société et une économie libérales seraient très différentes (au-delà du fait que nos sociétés et systèmes de valeurs sont évidemment différents). J'ai donc longtemps pensé qu'en libéralisme, économique ET politique, l'UMP serait un acteur très fort de changement en France.

 J'ai eu tort.

 Voici quelques points qui m'éloignent beaucoup de l'UMP.

 Les membres de l'UMP respectent l'autorité et pensent que l'ordre vaut mieux que le désordre, je ne le pense pas. Je crois qu'une société doit remettre en question l'autorité et qu'elle doit savoir organiser ses débats, certes, mais toujours débattre. Dans ce cadre, je crois en l'utilité de la société civile et ce que l'on appelle la démocratie sociale, ou la gouvernance. Ce n'est malheureusement pas le cas de la majorité des membres, et surtout des dirigeants de l'UMP, qui ne sont que légitimistes.

 Les membres de l'UMP, ou ses dirigeants, croient en une organisation de la société et de ses débats du haut vers le bas (top-down). Je crois que c'est bien plus complexe que ça. Il y a un jeu d'influence entre les citoyens et les dirigeants: les électeurs forgent le candidat qu'ils veulent. Nous avons voulu un Nicolas Sarkozy. Nous avons voulu un type qui nous fasse sentir la paire d'organes virils que nous avons entre les jambes, même si dans la réalité nous ferions mieux de regarder avec lucidité notre état de santé. Nous avons forgé Sarkozy car nous avons changé, dans la société comme un tout, nos paradigmes. De même que nous avons forgé Ségolène Royal, que nous avons voulu ce débat sur l'identité nationale, sur le drapeau. Je dis nous, non pas que j'aie voulu tout ça, mais parce que je suis une part de la société. En échange de cette influence, Sarkozy et Royal ont tenté eux aussi de changer notre processus cognitif: avec chacun son dada. La démocratie participative pour l'une, le "devoir de vérité et de lucidité" pour l'autre. Dans l'ensemble, nous enfantons nos gouvernants, et ce qui les démarquent reste leur capacité à toucher notre processus cognitif, le petit plus qui fait que.

 A l'UMP, et à la présidence de la République, on est en effet "à l'Américaine". Une économie protectionniste, qui joue parfaitement perso dans un environnement Européen où il existe des règles. Une économie tournée vers la préservation automatique de ses vieilles bases, plutôt qu'une politique de réforme du marché de travail et de formation tout au long de la vie pour aider cette reconversion économique. Je crois qu'en matière de libéralisme économique (il ne vous aura pas échappé que les deux premiers points concernaient le libéralisme politique), la gauche qui s'auto-qualifie de "social-démocrate" est bien plus libérale que l'UMP! 

 A l'UMP de Nicolas Sarkozy, on pense qu'on va pouvoir relancer l'économie avec des mesures Keynésiennes, et dépensant plus d'argent, alors que c'est notre marché du travail que l'on doit réformer. Dans la France UMP, on préfère donner de l'argent aux pêcheurs, préserver un emploi de type jurassien, plutôt que de consacrer un vrai budget à la formation tout au long de la vie. Il y a tellement d'autres choses encore... pour moi le cadre de la nation n'est pas pertinent, mais il l'est encore beaucoup à l'UMP. Qu'on siffle la Marseillaise ne fait pas plaisir, mais vaut-il mieux s'élever contre les sifflets, ou chercher à expliquer pourquoi l'hymne Français a été sifflé?

  Dire que je ne me sens pas proche de l'UMP ne veut pas signifier que je  me sens proche du Parti Socialiste pour autant. Pas de raccourci hasardeux. J'ai juste l'impression d'être coincé dans des définitions des clivages politiques qui ne me correspondent pas. Comme le dit versac, il y a clairement des changements liés à un "fait générationnel". Un fait qui fait primer l'interaction entre les individus, les débats, l'esprit d'ouverture, et l'autonomie de chacun. J'ai l'impression d'être en attente du moment où le dilemme du prisonnier sur le sujet du libéralisme entre la gauche et la droite sera fini.

 D'ici-là, en tant qu'Européen convaincu, je crois ferme aux théories des inputs et outputs dans le système politique, à une institutionnalisation de la gouvernance comme moyen de faire des lois qui permettent à chacun d'intervenir dans la prise de décision, dans un accès aux gouvernants le plus ouvert possible. Je crois ferme qu'un jour nous arriverons à combler le décalage qu'il existe entre notre espace public national ouvert à chacun, et un espace public Européen trop complexe et donc technocratisé. Et ce jour-là, qui sait, les partis Français se rendront peut-être compte que les citoyens dont ils participent à organiser la vie politique, sont plus proches de Zapatero que de Chavez, plus proches de Merkell que de Bush. 

 Plus raisonnables qu'on ne le pense. Plus sages aussi.

08/11/2007

Feuilleton politique Boulonnais - propos liminaire

Il y a peu j'annonçais un feuilleton subjectif de la vie politique Boulonnaise de 1995 à aujourd'hui. Il commence donc aujourd'hui, et comme je suis un grand audacieux, je vais m'essayer à la narration post-moderne non-linéaire, et débuter, après un rapide exposé des motifs, par une scène que je trouve particulièrement représentative de la démocratie locale, du droit à demander des comptes à ses responsables, et de l'attitude de ceux-ci lorsqu'on gratte un peu sous le vernis qui leur sert de marketing politique.

Ce récit se passe à Boulogne, et je le commence aujourd’hui sans ingénuité. Je le fais aujourd’hui parce que la pré-campagne commence, que les petites manœuvres commencent, et que peut-être qu’en tapant « municipales 2008 à Boulogne » on tombera sur ce feuilleton.

On pourra objecter qu’à part les Boulonnais, le récit n’intéressera pas grand monde… mais les personnages de la vie politique Boulonnaise ont l'extrême avantage de couvrir une grande variété de la faune politique en général. Depuis la démission de Georges Gorse après un petit coup d’Etat de sa majorité, en 1991, la droite s’étripe régulièrement à chaque élection. Depuis, certains se sont adaptés au milieu, d'autres ont migré au fil du temps, d'autres encore sont apparus, parfois des générations se chevauchent ce qui intensifie la lutte de territoire entre nos animaux politiques locaux, dont on pourrait trouver j’en suis sûr des équivalents à bien des endroits. On y trouve encore aujourd’hui des reliquats de système RPR à la Pasqua, des loups aux dents longues du système marketing à la Sarkozy, des énarques sérieux, trop sérieux, des dilettantes attachants, et des discrets travailleurs, comme des égoïstes flemmards et des opportunistes sans scrupule ni vergogne. L’animal politique ne meurt jamais, en revanche, il mue souvent.

Et, depuis 1995, quand mes parents se sont engagés aux côtés de Jean-Pierre Fourcade pour ravir une mairie désastreusement gérée par Paul Graziani, jusqu'à aujourd'hui, où l'on observe à l'approche des élections un nouveau haro sur la ville, j'ai pu suivre la vie politique Boulonnaise, et je propose aujourd’hui une sorte de manuel d’éthologie politique.

Enfant, en idéalisant mes parents, en reconstituant tout ceci par des récits de fin de soirée, adolescent, quand on a déjà l'âge de s’engager dans les événements. L'âge de s'investir dedans, et d'y faire quelques sottises dont on rit plus tard. Puis ces trois dernières années, où j'ai tenté de m'investir dans cette vie politique Boulonnaise, au sein d'associations et au sein de l'UMP, avant finalement de découvrir quelques mécanismes plus que douteux du monde des militants, des intrigants, de ces personnes prêtes à tant renier juste pour hurler avec la meute, sans sens du ridicule aucun. De ce système démocratique fragile auquel on prête tant, mais où bien souvent seules la célébration et la flatterie permanentes au chef sont autorisées. Des cheminements mentaux qui amènent de jeunes gens parfaitement équilibrés et honnêtes à doucement, tranquillement, changer, devenir cynique, construire un monde sans recul ni relief.

La première scène se passe fin octobre 2006. Elu au Comité de circonscription de Boulogne-Billancourt depuis mars de la même année, j'essaie de comprendre comment ce parti pourrait adopter un fonctionnement vraiment intéressant, vraiment démocratique (Raffarin, si tu me lis...). Des groupes de travail, la constitution d'une équipe motivée et sérieuse à l'écriture d'un blog UMP digne de ce nom, avec des articles un peu poussés, analytiques. Imaginer que de ce Comité de circonscription peuvent venir des idées, et surtout, que de cet UMP local puisse se construire un réseau social et politique fait de formations (des conférences organisées par les membres, des soirées de débats thématiques...), et de sympathie.

Ce qui intéresse le délégué de circonscription fraîchement réélu, c'est plutôt les élections législatives. "Il va sûrement exécuter [le député sortant Pierre-Christophe Baguet] l'année prochaine" fait-il circuler à cor et à cris. Pour ça il n'a pas vraiment besoin de militants qui pensent. Il a besoin de monter une vraie campagne, de mailler le terrain, de faire fructifier ses contacts associatifs, d'être omniprésent. Nous reviendrons à ce personnage de Thierry Solère une autre fois.

Toujours est-il que voilà, il semble que cette section UMP de 2000 membres (au bas mot, mais personne n'ose en douter, bien que le fichier des adhérents soit jalousement gardé au secret) manque d'argent pour financer ses campagnes d'adhésions si massives, et on nous demande de l'argent pour constituer une "petite caisse". La consternation étant générale, mais silencieuse, j'écrivis alors sur mon blog l’un de mes premiers billets consacrés à la politique locale, nommé "l'UMP Boulogne manquerait d'argent?", où je demandais par quel obscur tour de passe-passe les 20000€ dont disposait l'UMP Boulogne (10€ par adhérent) avaient pu fondre si vite qu'on ait besoin d'un supplément, alors que nous n'avions réalisé aucune dépense. On ne pouvait tirer que deux conclusions. Soit il n'y avait pas 2000 adhérents, soit il y avait des dépenses dont on ne nous avait pas mis au courant. Je demandais donc, sans beaucoup de circonlocutions, que l'on nous fit un rapide bilan financier pour l'année 2005-2006, comme toutes les associations sont tenues de le faire.
Il n'a jamais été fait.

Un responsable de l’UMP Boulogne dont nous tairons le nom jusqu’à ce qu’il le prononce lui-même, m'a tout de même téléphoné alors que j’étais en Allemagne, ce jour-là. Pas pour me délivrer le solde de la caisse de l'UMP Boulonnaise, non. Juste pour inaugurer une longue série de ces messages qui font le sel de notre relation :
 
"Pierre Catalan, c'est Thierry Solère à l'appareil, alors deux choses:
1. Tes récents propos diffamatoires ils ont été constatés par huissier de justice directement par les services de l'UMP, et ne semblent pas selon l'avocat de l'UMP de l'ordre de la liberté d'opinion, et sont à titre d'information, encore une fois, répréhensibles par la loi. Point numéro un. Alors comme tu sembles, comme tu sembles ne pas bien comprendre, je t'informe très clairement par ce mail qu'au prochain dérapage de ta part, je saisirai la justice pour réparations.
Deuxièmement, par courtoisie, je t'informe que mon avocat te transmettra demain par recommandé à ton domicile une mise en demeure dans ce sens. Concernant tes demandes, je t'invite à te rapprocher des statuts et du règlement intérieur de l'UMP, qui te permettront de découvrir le rôle du comité de circonscription et des membres du comité de circonscription. Bonsoir"

Mon récit subjectif commence donc. Avec en mémoire ce si amical avertissement d'un élu et responsable de l'UMP de 15 ans mon aîné qui, animé des meilleures intentions j'en suis sûr, m'avertissais déjà et à ce si petit niveau, d'un geste d'abnégation que je salue aujourd'hui, des foudres auxquelles on s'expose en cherchant à maintenir un peu d'exigence intellectuelle dans la cuisine des ambitions personnelles.