03.08.2007
Hotel New Hampshire
Quand même, ces vacances tombent bien: Nicolas Sarkozy va pouvoir aller se reposer (dans le New Hampshire me dit-on), et pendant trois semaines, on va pouvoir ainsi oublier que décidément, le nouvel occupant de l'Elysée insulte rien qu'un peu notre intelligence.
Je dois dire que je suis un peu ennuyé moi-même. J'avais hurlé au margoulin le 24 juillet, en mettant en avant que c'est l'UE et rien qu'elle qui avait mené les négociations de fond pendant 6 ans, et aujourd'hui, si j'admettais que le contrat d'armement entre Sarkozy et Kadhafi avait été vraiment lié à la libération des otages Bulgares, je me contredirais monstrueusement.
D'après les premières informations extorquées au gouvernement, il y a deux contrats. L'un prévu avec la France et péparé au moins depuis février, nous dit Hervé Morin (allo, MAM?), et l'autre avec EADS, en préparation depuis 18 mois. Est-il possible qu'ils aient pesé dans la balance des négociations, surtout quand on sait que la présidence Allemande a entamé l'année 2007?
Le fait est que manifestement ces contrats sont prévus depuis quelques temps. Parce que comme on ne peut pas mettre en oeuvre une libération en une semaine, on n'élabore pas des contrats commerciaux, a fortiori militaires, en deux mois.
Le problème vient en fait d'une interview du JT de France2 à Axel Poniatowski, président de la Commission des Affaires Etrangères de l'Assemblée, qui disait hier (2 août) midi, qu'il ne "croyait pas du tout à d'autes engagement par le président de la république". Je ne sais pas vous, mais en démocratie, quand un contrat d'armement est prévu avec un pays qui sort d'un embargo sur les armes et qui est encore suspect, il faut tout de même que la représentation nationale soit au moins mise au courant, à défaut d'être consultée. Le député Poniatowski ne doit pas "croire" ou pas. Il doit savoir. Là, soit ça n'est pas le cas, soit Axel Poniatowski a décidé hier, sur ordre, de mentir éhontément à l'opinion publique. Et de rattraper le coup 30 secondes plus tard: "et quand bien même il y en aurait, j'espère bien que les entreprises Françaises vont faire du commerce avec la Libye, dont l'embargo est levé depuis 3 ans!".
Traduction: "en effet, il y a des contrats, on n'a pas voulu le faire savoir, mais qu'est-ce que ça a de choquant? Quoi, merde, on est la France on fait ce qu'on veut!"
Evidemment, un petit foutage de gueule de Poniatowski qui met en doute les déclarations du fils de Kadhafi en disant qu'elles sont à destination de l'opinion Libyenne. Quand on sait que le-dit fils déclare aussi dans cette interview que les infirmières étaient des bouc-émissaires, on peut douter que c'est effectivement à destination de l'opinion Libyenne.
Cela détonne évidemment avec le petit mot lâché par Sarkozy avant-hier (1er août): "il n'y a aucune contrepartie à la libération des infirmières et du médecin Bulgare".
Et Axel Poniatowski de conclure par cette rhétorique d'une démagogie triomphante: "moi je constate que François Hollande essaye de polémiquer sur le sujet, ça veut dire que cet homme-là préférerait aujourd'hui que les infirmières Bulgares soient toujours en prison".
Je crois que c'est exactement ce type de "République irréprochable" qui me dégoûte.
12:35 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Poniatowski, Libye, armes, contrats, démagogie










