22.03.2009
Convention du PS - quelques images
12:08 Publié dans La Real Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cambadélis, ps, trautmann, desir, hamon, beres
26.02.2009
Benoît Hamon, Sisyphe ou Bousier?
"Pierre, dis-moi, est-ce que ça t'intéresserait de débattre avec Benoît Hamon à la RdB de mercredi?"
Jules m'a donc proposé de venir poser une ou deux questions à cet espèce de noniste, petit homme ténébreux et joyeux comme un croquemort pétri de vanité. Ben évidemment, oui. D'autant que j'apprenais par la même occasion que j'y retrouverait l'ami Junkie et l'ami Eric, de touteleurope.fr.
Tout d'abord, je dois m'excuser. Benoît Hamon en vrai, n'est pas un croquemort pétri de vanité aussi drôle qu'une porte de prison birmane. C'est à vrai dire un type souriant, charmant et charmeur, qui apprécie la bonne vanne et qui tourne peu autour du pot. Il se contredit beaucoup (nous y reviendrons), il est assez approximatif sur le fonctionnement des institutions, mais franchement, il m'a plu.
Ce qui est un gros choc pour moi.
Contexte pré-électoral favorable au PS
Pour Benoît, les Français continuent de rejeter la construction européenne. La crise économique donne au PS l'enviable statut de la valeur refuge, et le rejet de Sarkozy jouera sans doute en faveur. En plus de ça, le PSE est prêt à en finir avec le "compromis social-démocrate/démocrate-chrétien" pour faire vivre "normalement" le clivage droite/gauche au Parlement européen.
Alors je ne sais pas où Benoît est allé pécher ses statistiques. Je le lui ai d'ailleurs demandé, et il n'a pas répondu. Parce que les Eurobaromètres qui mesurent l'adhésion des citoyens à l'UE n'ont pas encore fait paraître le rapport du Printemps 2009 (basé sur les sondages de l'automne 2008), donc on a assez peu d'idée du rejet - ou non - de la construction européenne en France. Les seules mesures dont on dispose, c'est effectivement, l'impressionnante chute de la confiance dans l'Union entre septembre 2007 et mars 2008. Et une étude BVA de la fin de la PFUE qui démontre que les Français ont été très satisfait du rôle de leur pays dans l'UE en 2008. Plus cette étude médiascopie de décembre 2008 qui donne le mot "Europe" comme l'un des trois mots magiques qui rassurent les Français.
Ensuite, sur le PSE, Benoît développe: "nous nous sommes dotés d'une charte, mais le PS français ira beaucoup plus loin". Je bondis, et EuroJunkie aussi. Comment peut-on dire à la fois "Le PSE est plus cohérent que jamais et prêt à faire vivre un vrai clivage gauche/droite au parlement européen", et en même temps admettre que la Charte électorale du PSE n'est qu'un consensus a minima qui contraint le PS français à aller "bien plus loin"? C'est plutôt l'aveu d'une faiblesse...
Il y aurait enfin beaucoup à dire sur la formule de Benoît: "faire vivre normalement le clivage droite/gauche au Parlement européen". Le seul fait que le Modem soit membre du groupe des Libéraux me semble douteux sur la cohérence des groupes politiques. Le PPE est composé aussi bien d'UMP comme Barnier que de PiS (Droit et Justice, le parti des frères Kaczynski) eurosceptique. Le PSE est composé aussi bien de travaillistes que de socialistes comme Hamon...
D'ailleurs, Benoît l'admettra lui-même plus tard sur chacun des sujets que nous avons abordés avec lui: le SPD "fait des complications sur le plan de relance automobile", les Travaillistes et les Sociaux-démocrates portugais "ne sont pas chauds pour Rasmussen à la présidence de la Commission"... Bref, le PSE est loin de cliver.
Il semblerait par contre que le PSE ait son candidat à la présidence de la Commission. Le PPE a affiché unanimement son soutien à la reconduction de Jose Manuel Barroso, et le PSE a brillé par son atonie. Harlem Désir évoquait dernièrement dans le Taurillon la candidature de Rasmussen, l'ancien premier ministre danois, Président du Parti Socialiste Européen... Hamon le soutient de même si c'est un social-démocrate ("si vous connaissiez Poul Nyrup, vous vous rendriez compte qu'il est tout sauf gauche molle!" répond-il à Eurojunkie)
Le Parti Socialiste Européen a une excellente carte à jouer à porter une partie du débat des européennes sur la personnalité à nommer à la présidence de la Commission européenne. Barroso est l'objet d'un rejet massif de la plupart des défenseurs de l'intégration européenne, de droite comme de gauche, et objectivement, je doute que Barnier, Lamassoure ou Grossetête soient ravis d'avoir à traîner ce boulet pendant la campagne.
Crise économique et protectionnisme
Benoît n'est pas très à l'aise avec le PS, le PSE, les institutions européennes... Alors à chaque fois qu'il le peut, il digresse vers la crise économique, le protectionnisme européen à adopter. Le garçon insiste sur quelques points:
- Clause de sauvegarde sociale pour les industries en difficultés
- Défense des règles de l'Organisation Internationale du Travail auprès de l'OMC
- Contraindre les groupes internationaux à capital européen, dont les marchés sont en Europe, mais qui ont délocalisé leur production, à une politique de relocalisation de l'activité
Bon... On en pense ce qu'on veut, mais à part la deuxième proposition, c'est un peu compliqué tout ça. D'autant que je saisis mal la cohérence entre la clause de sauvegarde pour les industries en difficulté, et le développement des industries des pays en développement. Surtout que les clauses de sauvegarde, l'UE est capable d'en invoquer auprès de l'OMC (cf. l'ouverture du marché européen au tissu chinois en 2004, qui s'est fini en clause de sauvegarde ardemment négociée auprès de l'OMC).
Avec ces quelques arguments massue: "on parle de l'économie de l'intelligence, mais nos ordinateurs sont fabriqués en Inde!". Bon, euh... Benoît, comment t'expliquer que l'ordinateur, c'est effectivement la préhistoire de l'innovation technologique?
Un impôt européen
Benoît est en faveur d'une augmentation conséquente du budget européen. Par un impôt additionnel à l'impôt sur le revenu. Ce ne serait que justice, je le soutiens à 100%. Se voyant d'ailleurs soutenu, Benoît s'enflamme!
Benoît aborde une fiscalité commune! Un "serpent social européen"! Eric le recadre prestement "oui, enfin il faut l'unanimité au Conseil (des ministres) pour ce sujet..." Benoît "oui, oui, effectivement..." Eric en rajoute une couche: "pour sortir de l'unanimité, il faudrait un nouveau traité" Benoît "oui, oui..." (Eric a la mansuétude de ne pas revenir au TCE, qui permettait d'éviter un nouveau traité pour le passage de tel ou tel sujet de l'unanimité à la majorité qualifiée). Enfin, Eric enfonce une dernière fois le clou "Et puis c'est à Nicolas Sarkozy d'en parler. C'est le Conseil européen qui définit ce genre de priorités".
Benoît abandonne la partie. En déplorant tout de même sa situation: être socialiste en Europe, c'est être comme Sisyphe, condamné à pousser son caillou jusqu'à ce qu'il retombe. Que Benoît prenne garde, afin qu'on ne transforme pas Sisyphe en bousier (ce petit scarabé sympathique).
Secret bancaire et fraude fiscale
Il est néanmoins des sujets sur lesquels l'unanimité semble commencer à se faire, et pour lesquels un accord intergouvernemental semble proche. Notamment la levée du secret bancaire. Puisque, selon Benoît, même pour Juncker "le statu quo est intenable".
Cela donne l'occasion à Benoît d'insister sur son travail de parlementaire et sur son rapport à venir. Un rapport fleuve sur la fraude fiscale.
"Certaines commissions produisent 100 rapports. D'autres 2500"
Le malheureux. Il évoque son travail de parlementaire. Il est temps de ressortir nos statistiques!
8 questions, 6 propositions de résolution (la dernière en mai 2008), juste une seule fois rapporteur (février 2006), 19 interventions en plénière... Et 2 rapports, dont un sur le FMI, et l'autre comme recommandation avant 2eme lecture en commission parlementaire.
Je le félicite donc: "nous attendons impatiemment le 4eme! En cinq ans c'est bien le moins!"
Et Benoît de répondre "Vous savez, c'est facile de faire des rapports sur rien pour faire du nombre. Et puis il y a des commissions parlementaires qui publient 100 rapports par mandature, et d'autres qui en publient 2500!".
Bon, on l'aura compris, Benoît n'aime pas qu'on le titille là-dessus.
En off, après le débat, il confie que c'est la foire à l'empoigne pour choper un rapport au Parlement européen, et qu'il faut se battre, et que Pervenche Beres et lui font de leur mieux. Ben on est rassuré.
Bon, en conclusion, il est quand même sympa. Et puis il veut dépasser le clivage pro/anti européens, ce qui devient un signe de fédéralisme. Il avoue également avoir été agréablement surpris par la capacité des Européens à sortir du cadre des traités (et du coup, on le soupçonne de regretter un peu sa campagne pour le non au TCE, pépère).
Et puis il a rigolé à mes blagues sur le modem, alors forcément, cet homme est fréquentable.
On regrettera qu'il ne soit pas resté plus longtemps pour discuter avec les autres blogueurs, frustrés d'un débat au format un peu "conférence de presse"... Mais Benoît Hamon est un homme comme les autres, avec des enfants et une femme danoise.
17:16 Publié dans Parlons d'Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : benoît hamon, republiquedesblogs, république des blogs, europe, parlement européen, élections européennes, ps, pse
24.02.2009
Vincent Peillon, sans circonscription fixe
La nouvelle est tombée, dure comme un jour sans pain. Le député européen (sic) Vincent Peillon ne se représentera pas dans le nord-ouest, où il avait été élu en 2004. Ni dans le Nord, où on ne veut pas de lui. Dans le sud-est, donc.
Ben oui, ça se passe comme ça les élections européennes. Il y a un scrutin de liste (78 sièges = 78 noms pour la liste, répartis en 8 grandes circonscriptions). Evidemment, si la France a choisi un découpage par circonscription, c'est parce que ça ne revêt pas qu'un intérêt organisationnel. C'est aussi parce que, prenons un exemple concret, l'UE a un pouvoir d'action au niveau local: un nouveau terminal d'aéroport pour Roissy, un projet Urban pour Clichy-sous-Bois, ou que sais-je.
On a donc découpé la France et DOM en 8 circonscriptions, afin que, à l'image des élections législatives, les députés (disposant d'un mandat représentatifs, et censés décider en représentant l'ensemble de la nation) disposent tout de même d'un ancrage local qui leur permet:
- D'être proches des préoccupations des électeurs et de la réalité du terrain
- D'effectivement s'inspirer de problèmes particuliers et localisés pour imaginer des législations générales, et mieux organiser l'aménagement du territoire
Ben pour les Européennes, manifestement, le principe de la circonscription avec des trucs à s'intéresser, à faire, etc, n'est pas encore passé.
C'est un peu comme si un député se faisait élire à Avignon une fois, et à Bondy la fois suivante. Ou à Blois une fois, et à Boulogne-sur-Mer la fois suivante. Bref, un truc absurde, en somme.
Ben Vincent Peillon lui, ça le dérange pas.
En même temps, si le travail de parlementaire européen de Vincent Peillon était connu pour ses résultats, ça se saurait. En cinq ans de mandat européen, l'homme a posé UNE question au Parlement européen. Sur les droits de l'Homme. En Chine. Un truc super technique quoi.
En cinq ans, l'homme a pondu 2 rapports pour la Commission des libertés civiles et affaires intérieures où il siège. Dont une pauvre recommandation de 10 pages.
En cinq ans, l'homme est intervenu 10 fois en séance plénière. Dont sept fois pour expliquer son vote.
J'espère que Vincent Peillon ne prend pas ombrage du rejet apparemment presque unanime des responsables locaux du PS du Nord, et même du Sud-est, à l'accueillir. Quand on fait preuve d'une telle incapacité à être digne d'un mandat, on n'a pas d'orgueil. Ceci dit, quand on voit les statistiques de Hamon et Le Foll (par exemple), on se dit qu'il doit y avoir un concours tacite de nullité entre les députés européens du PS.
PS: A titre de comparaison, les statistiques de Richard Corbett, député européen britannique, passées par l'ami Eurojunkie:
102 questions posées, 11 rapports, 7 propositions de résolution, et 172 interventions en séance.
14:19 Publié dans Parlons d'Europe | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : vincent peillon, europe, parlement européen, politique, député, élections européennes, ps
08.12.2008
Un parti démocratique
Scoop - Breaking News - Dernière minute
Xavier Bertrand a été nommé secrétaire général de l'UMP par Interim, a annoncé le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre.

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Tout d'abord, une vraie question: "Mais qui est Interim?" Qui est ce personnage qui peut nommer le dirigeant du parti le plus important de France (selon les chiffres officiels)?
Observons, alors que le PS continue de se déchirer lamentablement après à avoir eu à passer plusieurs étapes humiliantes telles que le Congrès où tout le monde se chamaille, le vote des militants où tout le monde se compte, le second tour de vote des militants où tout le monde se décompte, et la constitution d'une équipe où les égos doivent s'entendre, combien l'organisation de l'UMP est simple.
Le secrétaire-général précédemment nommé (pas par interim d'ailleurs celui-là. Qui avait bien pu le nommer Devedjian?) part, devenu ministre. Hop, en 2 jours, un nouveau secrétaire général est en place.
- Pas de vote des militants, ce qui évite d'avoir à révéler qu'ils sont 30000 et pas 200000
- Pas de déchirement interne entre plusieurs candidats rendu public
- L'impression d'un parti super bien organisé où les idées comptent plus que les personnes.
Tout bon pour l'UMP.
En revanche, question démocratie, on se demandera toujours quelle légitimité a Interim pour prendre de telles décisions.
12:23 Publié dans UMP | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, devedjian, bertrand, france, ps
03.12.2008
La Gauche, famille décomposée

Deux congrès d'une importance planétaire la semaine dernière. Mélenchon, inspiré de Robespierre, des fusillés de 1917, etc. Qui propose des tracts type "le travail le dimanche, CA SUFFIT COMME CA!" ou bien "Liquidation des services publics, CA SUFFIT COMME CA!". A l'instar du SPD allemand, ça y est, donc, la gauche française a créé son Frankenstein, et il faut bien le dire, incarné par Mélenchon, on n'aurait pu rêver meilleure créature.
Populisme de gauche, phrases simplistes et slogans faciles qui ignorent la réalité du pouvoir et de la façon de gouverner. Quel input pour le "Parti de Gauche", inspiré d'Oskar Lafontaine, trop heureux de sortir de son isolement européen? Aucun.
Mélenchon, sénateur jusqu'en 2011, se verrait bien député européen. Qu'y ferait-il? Comme Peillon, absent à toutes les séances? Juste pour se créer une autorité? Et Lafontaine au Congrès fondateur du "Parti de Gauche" de se gausser: "les Eléphants ont accouché d'une souris!" (en parlant du Congrès du PS), alors que le Mélenchon en question est déjà sénateur depuis 22 ans, et que lui-même est en politique depuis 40 ans. Mais c'est vrai que les fossiles peuvent se moquer des éléphants. Passé un certain temps en politique, certaines choses n'ont plus de sens.
Deuxième Congrès, à Suresnes (ville paisible où votre serviteur a le bonheur de travailler): celui de la "Gauche Moderne"! Un parti confidentiel, même s'ils ont quand même à l'aise rempli au deux tiers un préau d'école. D'ailleurs, contrairement au site du Parti de Gauche, sur celui de la gauche moderne, pas de démonstration de force, de vidéo avec des bons gros militants moustachus, pas de photo du Congrès. C'est le parti de la matière grise à n'en point douter. Un parti cependant modeste, à l'échelle de son président, dont pourtant l'avenir politique radieux est assuré, tant le Secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants est une pièce maîtresse de l'exécutif actuel.
Le Parti de Gauche est teint aux couleurs rouge-sang coagulé. Celui de la Gauche Moderne d'un violet un peu pénible.
Et au centre de la gauche, que reste-t-il?
"Maintenant, on va enfin parler des idées" me promettait un ami, soutien de Martine Aubry pendant la campagne interne de ce parti miné par trop de démocratie. On attend toujours. Martine, le charisme d'une marchande de rillettes, les pratiques d'antan au PS avec des (grosses) ficelles tirées de tous les côtés au mépris de la ligne politique et de la modernisation du discours.
Ségolène Royal a bien des défauts, et bien des torts. Elle a cependant, avec ses alliés, notamment Valls, lancé de nouveaux mots dans le vocabulaire d'une responsable politique socialiste: sécurité, libéralisme, centrisme. N'est-ce pas en se calquant enfin sur ses collègues européens et sociaux-démocrates modernes que le PS (ou plutôt ce qu'il en reste) pourra s'inscrire dans une dynamique et retrouver une ligne de pensée cohérente?
Quel poids pour le PS au niveau européen, avec des députés européens aussi minables que Stéphane Le Foll, Martine Roure, Vincent Peillon ou Pervenche Beres? Des élus qui ne savent même pas comment fonctionnent les institutions et comment est articulé le budget qu'ils votent? Des élus qui (Pervenche, c'est pour toi) élaborent un Traité Constitutionnel Européen, le signent, le défendent face à la commission intergouvernementale, puis appellent à voter NON pendant le référendum parce Fabius l'a dit?
Quel poids pour le PS, qui en temps de crise, ne reste que dans l'incantation et jamais dans la proposition?
Quel poids pour le PS, qui ne s'oppose en rien à rien, qui cède aux tollés médiatisés, aux petites phrases, mais qui rendent illisibles tous les dossiers de fond?
Quel avenir pour le PS, qui va finir par faire la même chose que Mélenchon ou Besancenot, mais en moins bien et avec moins de légitimité, ou bien confondre son message avec le credo d'oppostion civile du MoDem, ou de social-libéralisme assumé d'un Bockel, d'un Besson, ou même, d'un Sarkozy qui modifie son discours de jour en jour en fonction des événements reçus par l'opinion?
10:29 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : ps, mélenchon, bockel, aubry, sarkozy, royal
17.10.2008
Racisme ordinaire
Match contre la Tunisie. Sifflets pendant la Marseillaise.
«Arrêtons d'être hypocrites, ne faisons plus ce genre de matches, tout simplement [...] On va pas donner sans arrêt le bâton pour se faire battre. Ca, on n'a plus envie de le revivre, plus de matches contre l'Algérie, contre le Maroc, contre la Tunisie au Stade de France [...] N'organisons plus ce genre de match comme ça ce public sera privé de son équipe (...) On ne peut pas tolérer que nos joueurs français soient sifflés en permanence durant le match, que notre Marseillaise soit sifflée». A noter que Laporte (puisque c'est cette sombre cervelle qui parle), ne veut pas interdire les rencontres sportives avec les pays sus-cités, mais juste «il faut les jouer chez eux, ou alors en province [...] en province, ils sont sevrés... Ils la voient jamais, l'équipe de France... Les 30.000 Tunisiens qui sont de la banlieue parisienne, ils iront pas, si le match est à Carcassonne ou si le match est à Biarritz, ils n'iront pas voir le match. Voilà, on aura un public sain».
La Marseillaise est sifflée, bon, c'est pas bien. Elle a été sifflée déjà, lors d'un match contre l'Algérie, si je ne m'abuse. Comme Bernard Laporte est un homme doté d'un cerveau manifestement simple, tentons d'entrer dans sa réflexion. Une réflexion simple.
"Les sifflets sont l'objet des spectateurs. Les spectateurs d'un match France-Tunisie au Stade de France sont forcément Français, et forcément des parisiens issus de l'immigration. Des Français sifflent donc leur propre hymne, ce qui n'est pas tolérable (je ne sais pas pourquoi, mais c'est certain).
La polémique gonfle, je suis secrétaire d'Etat aux sports, je dois réagir du haut de mon importance. Et le credo de Sarkozy, c'est de réagir vite, peu importe ce que l'on dit.
Je vais donc demander à ce que les matchs contre des pays du Maghreb aient lieu ailleurs qu'à Paris ou bien "chez eux".
Une fois ma bonne grosse bêtise proférée, je reviendrai pas sur mon propos et j'assumerai donc mon amalgame entre immigration, identité française, culture d'origine, sport, jeu, et politique."
Le type est quand même ministre de la République. Ceci dit, que l'on se rassure, tous les anciens sportifs ne sont pas dotés d'un micro-cervelet et d'une grande bouche: lisez Platini, par exemple.
En attendant, pour le racisme ordinaire, et pour avoir un gouvernement sain, Laporte, dehors!
11:33 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bernard laporte, sport, football, sarkozy, ps, politique
23.09.2008
Les bons côtés de Nicolas Sarkozy
Mon cher collègue Toréador m'a demandé de trouver quatre qualités à Nicolas Sarkozy. Sébastien a rebondi. En bon adepte des études d'opinion qualitatives, je me suis forcé pour ne pas lire les opinions de mes camarades, et garder un point de vue immaculé sur le sujet de Nicolas Sarkozy, et ses quatre qualités. C'est la raison pour laquelle j'ai mis dix jours à sortir cette note.
Pour en conclure qu'en fait, Sarkozy, il a les qualités de ses défauts.
1. Sarkozy est un homme bling-bling. Il aime les messages et les symboles. Il apprécie le grandiloquent. Cela a des avantages, parce qu'il y a beaucoup d'aspects de la politique qui ont besoin d'être incarnés, à qui l'on doit donner un aspect un peu charnel, afin de construire des appropriations. L'appropriation d'une idée, d'un débat, d'une construction qui nécessite un engagement des citoyens. C'est le cas pour l'intégration des jeunes dans la société, pour changer les mentalités sur certains aspects de la vie sociale. C'est le cas pour la construction européenne. La tour Eiffel illuminée aux couleurs de l'Europe, c'est un événement qui crée la fierté, qui interpelle. Qui incarne le projet européen. Et peut-être que ce symbole un peu m'as-tu-vu en a plus fait pour intéresser les Français à l'Europe que tout ce qu'a pu faire Chirac, malgré des discours d'intention, en douze ans.
2. Il parle tout le temps. Il monopolise l'attention politique et médiatique. C'est fatiguant, ce sont autant d'écrans de fumée. Mais ça a la grande qualité de ne jamais relâcher le débat public. Lequel est sans doute tronqué, sans doute pas toujours bien pertinent, mais jamais éteint. Souvenons-nous des pénibles mois d'après référendum de 2005, où le pouvoir n'osait plus rien faire, où le débat était devenu tout amorphe. Il y a un équilibre à garder entre le trop peu et le trop, dans ce domaine. Mais au moins le changement de style de Sarkozy a le mérite de faire en sorte que chacun puisse se sentir autorisé d'avoir une opinion sur le pouvoir et son exercice.
3. Il a fait passer des réformes sur lesquelles ses prédécesseurs ont lamentablement butté, quand ils ne les ont pas tout simplement liquidé de leurs priorités. La fusion de l'ANPE et des Assedics, par exemple. Tout ce que l'on ne voit pas aux échelles locales, de rationalisation des postes et des attributions de tel ou tel corps administratif. Alors oui, c'est sans doute un bon travail d'Eric woerth (et, ça me fait mal, d'André Santini). Mais on ne peut pas reprocher à Sarkozy de savoir se servir très habilement des situations politiques pour pousser son avantage, et en profiter en passant pour réaliser des réformes depuis longtemps attendues. Le souci? L'absence total de débat démocratique et public sur ces réformes. Mais est-ce la faute de Sarkozy, ou celle du PS?
4. Il a un rythme effréné. C'est mauvais, parce qu'en politique il faut savoir prendre le temps de la prospective et de la réflexion. Il faut savoir ne pas céder à l'immédiateté. Cela a aussi du bon. Prenons l'exemple de la machine "Europe", qui avance par consensus, par étapes d'escargot. Sarkozy bouscule ces institutions, bouscule les consensus mous, et provoque le débat et la polémique sur ces institutions. Ce n'est pas toujours bien pertinent: par exemple, sur l'euro et la BCE. Mais encore une fois, l'Europe politique ne se construira jamais si on continue à finasser sur des consensus qui nous font avancer trop lentement. L'Europe politique ne se construira jamais si les débats sont hors de portée des citoyens, et si les institutions sont inattaquable.
Voilà, pour faire vite, ces quatre qualités de Nicolas Sarkozy. Je ne passe cette chaîne à personne, c'est trop éprouvant!
09:25 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, démocratie, europe, qualités, anpe, assedics, ps
01.09.2008
Martine ou la préhistoire?
On parlait d'éléphant, celle-ci donne l'impression d'un dinosaure. Après les universités d'été de La Rochelle le week-end dernier, l'impression est encore plus forte. On retrouve les vieilles recettes de la politique des alliances qui font fi des convictions, et on met vite vite sous le coude et sans vergogne aucune les questions d'ordre politique (NB: comment s'occuper de la vie de la cité) qui pourtant semblent fondamentales dans l'établissement d'un projet à proposer en démocratie.
Les universités d'été du PS, ce sont: 4 candidats, 1 poste, des centaines de faire-valoirs, et des moments off qui en disent plus que les discours. Martine a bien compris que donc, les discours, les moments où l'on dit des choses qui permettent de construire une opinion ou une ligne politique, ce n'était pas tellement le plus important. Elle intervient donc à la télé, ou les journalistes sont gentils et tolèrent ses 20 minutes de langue de bois autour de l'unité du parti avant de prendre des positions politiques. Elle prend des cafés et déjeune avec des amis de plus en plus nombreux pour garantir à la presse qu'elle rassemble, par ailleurs.
Tant et plus que l'un de mes contacts facebook est en train de faire un rêve fou: "et si Martine et Pierre pouvaient s'entendre?"
Là où le bas blesse, c'est que Martine, fille de Jacques Delors, façonneur de l'Europe avec un horizon porté à 20 ans, est en train de s'allier avec les amis de Laurent Fabius, pourfendeurs opportunistes de la construction européenne, avec un horizon porté à la prochaine élection présidentielle.
Martine reprend donc la gentille phrase de Mitterrand: "un Congrès réussit ce sont des additions, et pas des divisions". Et si jamais Mitterrand, un homme politique socialiste des années 70, avait tort, aujourd'hui en 2008?
Au risque de me répéter, le Parti Socialiste est sans doute en train de doucement se décrédibiliser avec cette incessante manie des attelages improbables. Aubry, Fabius, Cambadélis... une association des réseaux importants qui, si elle continue, aura le grand tort d'atomiser le courant strauss-kahnien, et de repousser encore la définition d'une ligne politique claire et moderne.
Le pauvre Pierre Moscovici s'est retrouvé à déjeuner tout seul pendant la Cène de Martine et ses amis sus-cités. Gérard Collomb et Jean-Noël Guérini se gardant bien de trop s'aligner sur Martine, eux qui préfèrent oublier qu'il y a un courant fabiusien (et on les comprend!). Si Martine et Pierre pouvaient s'entendre... ce serait sans doute pour Delanoë qu'il faudrait voter.
Cliquez ici pour l'avis de notre confrère de Ca réagit.
Lisez ici la contribution de "Sauvons l'Europe" aux universités d'Eté du PS.
15:40 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : martine aubry, pierre moscovici, delanoe, ps, hollande
28.08.2008
Mosco a-t-il la win?
J'ai pu entendre un bout de Moscovici à la radio ce matin. Une prestation qui manquait de Nicolas Demorand, mais globalement franchement bonne.
Ce que j'aime chez Moscovici:
Il aborde les questions de positionnement idéologique et politique du PS, et il est le seul à le faire. Comme le soulignait Pierre Weill, il n'y a pas franchement de grande différence entre Royal, Delanoë, Aubry et Moscovici. Politiquement et économiquement, s'entend. Dans leurs stratégies pour le Congrès pourtant, on remarque que à l'exception de Moscovici, tous les candidats jouent la carte du positionnement personnel:
- Delanoë rejette la gauche du PS et refuse tout accord avec les fabiusiens et avec Ségolène Royal. C'est appréciable. Il jouit d'une image et d'une réputation qui lui permet de construire une histoire, qu'il entretient depuis quelques années, à coup de "les parisiennes et les parisiens", à chacune de ses interventions. Il a choisi délibérément d'assumer le libéralisme et son acceptation, tout en continuant à bercer les socialistes d'idées genre "moi Delanoë, je pourrai maîtriser le libéralisme si jamais je suis en situation".
- Ségolène Royal joue la carte du hors-parti. Normal: elle a perdu presque tous ses soutiens à l'intérieur de celui-ci. Malgré une année de déchéance politique, elle réussit le tour de force de toujours jouer la carte de "la principale opposante au président Sarkozy", ce qui, sans être membre du parlement, est plutôt fort. Cela souligne le conservatisme de l'opinion, qui n'aime pas tellement changer une tête dont elle est déjà habituée (d'où ses 28% d'opinion favorable pour devenir secrétaire nationale du PS).
- Martine Aubry, si quelqu'un savait ce qu'elle faisait à part dire qu'elle accepte l'aide d'où qu'elle vienne (y compris de Fabius), ça m'aiderait.
Moscovici lui, joue une triple carte. Une carte générationnelle, avec Montebourg, une carte locale avec son accord sur la "ligne claire" avec Guérini et Colomb, une carte idéologique assumée, avec Cambadélis et les Strauss-Kahnien. Il n'a pas à justifier son positionnement politique: il est assumé. Moins populaire parce que moins intéressé par les médias sans doute, que ses concurrents, il dispose de la latitude suffisante pour assumer l'indécision: Moscovici veut que son parti décide d'une ligne idéologique. En cela, il est aussi dans la tradition d'un PS globalement beaucoup plus démocratique que l'UMP.
Ce que je n'aime pas chez Moscovici:
Les velléités d'entrée dans la démocratie d'opinion. Lorsqu'il parle d'ouvrir les primaires du PS à l'ensemble des sympathisants de gauche, que favorise-t-il, sinon le pouvoir des sondages sur le fond?
On peut se demande pour quelle raison le candidat qui porte le plus haut la question de l'identité et du positionnement politique du PS se prononce aussi fortement pour une telle mesure. On en saisit d'ailleurs la limite lorsque sur France Inter ce matin, il dit: "il n'y a pas de leader qui se détache et qui rassemble les militants". Weill lui répond: "tout de même, Delanoë 31%, Royal 28%... et vous 9%". Moscovici trouve alors le moyen de lâcher que les sondages n'est-ce pas, ça ne fait pas tout.
Malgré tout, la candidature de Moscovici semble être la seule qui présente une méthodologie pour le PS. Positionnement idéologique, incontestable, démocratie interne tournée vers l'extérieur et les attentes des Français (la désignation du candidat PS par des primaires ouvertes aux sympathisants a aussi des avantages), puis ensuite, désignation du candidat.
C'est aussi un coup de poker. La sociale-démocratie peut-elle gagner si la forme et l'opinion est plus puissante que le fond et l'identité politique? On voit comment Nicolas Sarkozy a gagné, depuis 2004: comment il a gagné l'UMP, comment il a gagné au sein de l'UMP, et comment il a gagné la présidentielle.
Voyons-nous une quelconque vertu et quelconque démocratie dans cette succession de victoires?
En gros, Moscovici, cela me plaît. Mais cela peut-il gagner?
19:05 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : moscovici, delanoe, ps, royal, aubry, sarkozy, gauche
11.12.2007
ça vote à Sarcelles et Villiers le Bel
Dominique Strauss-Kahn parti au Fonds Monétaire International, la 8e circonscription du Val d'Oise était libre pour une nouvelle élection. Au soir du premier tour de cette législative partielle, le candidat PS François Pupponi est arrivé en tête d'une courte tête (38,83%) devant l'agitée locale Sylvie Noachovitch, d'un ridicule tellement achevé qu'on se demande comment elle a fait pour rassembler 37,43% des voix.
Sylvie Noachovitch profite des émeutes de Villiers Le Bel pour faire son beurre et observer la montée du FN, qui correspond à ses thèmes, sur la sécurité etc. En effet, le FN totalise 7,47% contre 4% en juin dernier. Mais la participation était dimanche de 25,06%, contre 51% en juin dernier. Si on considère que la participation a été divisée par deux, et que les électeurs du FN sont traditionnellement plus disciplinés que les autres (et oui!), cette montée n'en est pas une. C'est surtout que les autres candidats ont eu moins de voix. On observera que le candidat communiste double presque son score de juin pour les mêmes raisons.
Bref, entre ces 7% du FN et le 6% du PCF, restent les quelques 3 ou 4% du MoDem à se répartir. Les élections de Juin avaient vu DSK l'emporter de 10 points, grâce entre autres à une participation en hausse au second tour. Espérons pour la noblesse de la politique que Pupponi l'emporte dans les mêmes conditions.
Non mais vous imaginez pareille énergumène à l'Assemblée, représentant les Français?
18:55 Publié dans zapping | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : françois pupponi, sylvie noachovitch, PS, UMP, politique, démocratie, élections










