02.07.2008
"Grand O"
Demain, votre serviteur depuis bientôt 2 ans passe son Grand Oral de Sciences Po.
Thème: "La PAC sert-elle encore à quelque chose?".
Titre sans doute volontairement provocateur. L'objet est de faire un exposé de 10 minutes sans aucun support, puis de résister à 15 minutes sur le grill. Vous êtes donc priés, au cas où vous passeriez sur ce blog avant mon passage, de penser bien à moi de 14h25 à 14h55 demain jeudi 3 juillet.
A part ça, oui, la PAC sert encore à quelque chose. Peut-être faudrait-il juste
1. Cesser de se concentrer sur le producteur pour se concentrer sur la production
2. Admettre que certains pays de la Communauté devraient toucher mieux les aides par rapport à d'autres
3. Imaginer une politique agricole commune du manque et du développement durable.
4. Inscrire cette PAC dans la perspective du développement, de l'industrialisation des pays en développement.
5. Accompagner cette réforme de la PAC de changements dans les règles des échanges internationaux, afin que non seulement les aides à l'exportation soient bannies, mais aussi par exemple les barrières douanières graduées, qui empêchent la construction d'industries agricoles dans les pays du sud qui possèdent un avantage comparatif pour l'agriculture.
6. Imaginer que ce modèle de PAC pourrait faire des émules, qui sait en Afrique, ou en Asie...
Pour le reste, libre cours à votre imagination et à vos idées. Elles sont les bienvenues.
Après ce petit moment, je pourrai donc travailler à 100% pour l'agence qui vous a magnifiquement éclairé la Tour Eiffel lundi soir. Elle était pas belle, franchement?
23:38 Publié dans Sciences-Po Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pac, europe, ue, développement, afrique, défi alimentaire
11.09.2007
Sarkozy veut réformer la PAC
Là j'aurais tendance à dire: "Enfin!". La grosse différence entre Chirac et Sarkozy dans ce domaine, c'est qu'il semble que Sarkozy ait envie de changer le système, et de prendre en considération que la PAC est un motif de fâcherie aussi bien en Europe, que dans les relations entre l'Europe et les pays en développement, par exemple.
Quels sont le objectifs de Sarkozy? "Assurer l'indépendance et la sécurité alimentaire de l'Europe; contribuer aux équilibres alimentaires mondiaux; préserver les équilibres des territoires ruraux; et participer à la lutte contre contre les changements climatiques et à l'amélioration de l'environnement."
C'est à dire: continuer à subventionner l'agriculture pour que le continent ne soit pas dépendant des autres producteurs (sous l'épée de Damoclès de l'Arme Verte), réussir à ce que ces subventions provoquent moins d'inégalités dans les échanges commerciaux mondiaux, afin de respecter par exemple nos engagements dans le domaine de l'exportation, pris l'année dernière à l'OMC, ne pas dévaster les zones rurales en Europe, et respecter un objectif de développement durable et d'agriculture plus en phase avec la nature.
En fait la difficulté est de faire en sorte que la PAC soit moins un motif de fâcherie entre pays Européens qui payent trop (Allemagne, Grande-Bretagne), et ceux qui reçoivent trop (France), tout en considérant que nous devons continuer les subventions pour assurer notre indépendance alimentaire, mais avec l'objectif de moins pénaliser l'agriculture du Sud, tout en refusant un modèle d'agriulture à l'Américaine, intensif et garni d'OGM.
Je ne sais pas si dans ma façon de l'énumérer ça se voit, mais l'équilibre entre tous ces objectifs contradictoires est complexe.
Pour ce qui est du discours, nous relèverons la rhétorique du bon et du mauvais paysan (assistés, subventions, qui se lève tôt), et la pique un peu démagogue sur le fonctionnaire bête de Bruxelles: "Je veux une nouvelle Pac. Parce que je n'ai pas l'intention de laisser tomber les agriculteurs qui ne veulent pas être des assistés, qui ne veulent pas vivre de subventions, qui ne veulent plus être contrôlés sur la longueur du poil de leurs animaux!"
Ainsi que la contradiction dans le discours avec les objectifs énumérés ci-avant: "La Pac, je prends mes responsabilités, doit être établie selon un principe indiscutable de préférence communautaire, qui recouvre des objectifs rénovés, des outils et un budget ambitieux"
Comment en agriculture peut-on élaborer une préférence communautaire, si on respecte l'engagement à l'OMC de ne plus subventionner les produits agricoles à l'exportation? Comment peut-on vouloir en ce domaine installer une préférence communautaire (limiter donc les choix d'achats à l'importation), et toutefois vouloir assurer le développement du Sud?
Dans tous les cas, que les gauchistes se rassurent, les choix de M. Sarkozy en ce domaine sont tout sauf libéraux. Peut-être que sur ce sujet précis, ce sont les pays du Sud qui gagneraient à une vraie libéralisation des échanges (arrêt des subventions et arrêt des droits de douanes progressifs, selon le degré de finition d'un produit).
14:45 Publié dans Parlons d'Europe | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Europe, PAC, Sarkozy, UE, développement, Sud, Nord










