13/04/2009
Kouchner n'est pas un homme d'Etat
Intéressant revirement de Bernard Kouchner au sujet de la Turquie dans l'UE la semaine dernière. Il était pour, et après le sommet de l'OTAN, plutôt contre.
Au même moment que Sarkozy pouvait tenter d'utiliser le soutien d'Obama à l'entrée de la Turquie dans l'UE à trois niveaux: un niveau fédérateur avec ses quelques partenaires européens ouvertement anti-Turquie dans l'Union (Allemagne, Autriche), un niveau électoral en en faisant un sujet de campagne pour les Européennes, et un niveau de popularité, en étant en phase avec l'opinion contre le nouveau Dieu sur Terre (Obama).
Voilà la justification de Bernard Kouchner: «Oui, parce que j’ai été très choqué par cette forme de pression qui a été exercée sur nous» (par Ankara, lors de la nommination de Rasmussen comme secrétaire général de l'OTAN).
C'est formidable non? Le Premier ministre turc procède à un chantage douteux (cf. retour des caricatures danoises), donc les Turcs ne sont plus prêts à entrer dans l'UE.
Si tous les hommes d'Etat étrangers étaient comme Kouchner, avec Sarkozy comme Président, les Français ne seraient plus prêts d'entrer nulle part...
22:25 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : kouchner, europe, turquie, sarkozy, obama, erdogan
16/09/2008
Delors sommeille (peut-être) en toi
Les 10 et 11 octobre prochains à Nantes, des jeunes, dont moi, dont Kamila, Olga, Justyna, François, Thomas, et d'autres amis sans doute, nous retrouveront autour du sujet européen. Peut-être y aura-t-il Quitterie, peut-être y aura-t-il Jules et Damien, peut-être y aura-t-il Natacha et Sacha, peut-être y aura-t-il Vincent... Peut-être y serez-vous, vous?
500 jeunes, pour élaborer 12 projets pour leur Europe de 2020, pendant toute une journée en ateliers, autour de 4 thèmes fondamentaux pour l'Europe de 2020:
Rapprocher l'UE de ses citoyens
Construire l'Europe du développement durable
Bâtir une Europe innovante et solidaire
Positionner l'Europe dans le monde
Et le lendemain, samedi 11 octobre, grande séance publique pour un débat télévisé entre ces jeunes, Bernard Kouchner, Jean-Pierre Jouyet, Jean-Marc Ayrault, et les membres du groupe de réflexion sur l'avenir de l'Europe nommés par le Conseil Européen: Felipe Gonzalez et Vaira Vike-Freiberga. Les jeunes présenteront les 12 projets qu'ils ont construit, les défendrons. Et La Chaîne Parlementaire retransmettra un débat que j'espère sans concession.
Pour illustrer et avant-propos, deux vidéos.
Des idées, vous, pour l'Europe de 2020?
07:59 Publié dans Parlons d'Europe | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : europe, ue, union européenne, paroles d'européens, jouyet, kouchner, gonzalez
24/05/2007
l'Ipol nouveau est arrivé
11:50 Publié dans Dans les médias | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Ipol, politique, kouchner
21/05/2007
Parce que Sarkozy doit réussir
Je ne sais pas si le PS adopte vraiment la bonne stratégie en reniant Bernard Kouchner, en critiquant Martin Hirsch et en clouant Jean-Pierre Jouyet, ancien directeur de cabinet adjoint de Lionel Jospin. Ce sont des postures un peu ridicules, surtout quand on sait l'histoire et les convictions de ces hommes.
Ce que l'on peut penser, c'est que leurs ambitions sont légitimes, mais qu'elles sont raisonnables. Jean-Pierre Jouyet, après avoir collaboré longtemps avec Jacques Delors, fait passer ses convictions avant tout intérêt personnel. Il me semble qu'on aurait du mal à ne pas dire la même chose de Bernard Kouchner, et je n'ose pas parler d
e Martin Hirsch.
Simplement, ces hommes ont compris que si Nicolas Sarkozy échoue à faire quelque chose, quoi que ce soit, à instaurer un débat, à bouger les lignes et à changer les comportements, alors on aura perdu trop de temps, et il sera trop tard. En 1995, Alain Juppé renonçait à mettre en oeuvre des réformes déjà urgentes. Je ne suis pas sûr que la moitié de ces réformes aient été adoptées depuis douze ans.
Ce n'est pas aller à la soupe que de penser cela. Bernard Kouchner, Martin Hirsch et Jean-Pierre Jouyet ne sont pas financièrement dépendants d'un quelconque mandat. Ils ne sont pas aveuglés par l'ambition. Ce ne sont pas des députés sortant en quête de réélection à bas coût.
Bernard Kouchner disait déjà en décembre qu'il était prêt à participer à un gouvernement d'union pour redresser la France, même sous la houlette de Nicolas Sarkozy. "Il faut passer un cap difficile de cinq à dix ans, pour que notre pays retrouve son rang" disait-il. Il ne change pas.
Au lieu de créer la polémique sur les personnes, le PS ferait mieux de tenter à penser à comment oganiser une opposition constructive. Manifestement ce n'est pas la voie qu'il prend. Quitte à se fair phagocyter par le MoDem?
Photo de Martin Hirsch par Olivier Roller
21:30 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Kouchner, UMP, politique, démocratie, Sarkozy
14/04/2007
Un parti social-démocrate moderne?
Que penser lorsque deux des hommes politiques Français que vous estimez le plus appellent plus ou moins à s'écarter de Ségolène Royal pour se rapprocher de Bayrou, et construire quelque chose de nouveau entre socialistes réformistes et centre?![]()
J'admire Bernard Kouchner et Michel Rocard, et depuis longtemps; ce sont deux personnages qui ont su toujours sortir des dogmes et renvoyer dans les cordes les tristes légitimistes étriqués de leur parti. Cela fait longtemps qu'ils ont fait le choix d'un parti social-démocrate moderne et Européen, à l'image de celui de nos voisins Allemands, Espagnols, Irlandais, Italiens, ou même Tchèques. C'est avec courage qu'en pleine campagne ils imaginent cette nouvelle construction, et pour notre démocratie, on ne peut que s'en féliciter: une social-démocratie réconciliée avec le libéralisme, qui ferait la preuve (comme Sarkozy essaye lu
i aussi de le faire), que les plus socialistes dans la forme ne sont pas les plus efficaces dans le fond et la durée face aux problèmes sociaux qui se posent.
Charles m'avait parlé de sa théorie du dilemme du prisonnier de la politique Française: les faiblesses de l'UMP et du PS face à leurs extrêmes les empêchent, pour l'un de s'affirmer comme un vrai libéral, pour l'autre de tourner le dos aux anti-libéraux, les entraînant dans un cercle vicieux néfaste à notre démocratie. Peut-être ce nouveau parti permettrait à l'UMP de se doter durablement d'une identité libérale, pour enfin créer un jeu politique honnête.
Je ne peux que regretter que Nicolas Sarkozy fasse office d'épouvantail pour "vendre" le projet en pleine campagne électorale. Car c'est bien l'enjeu: comment imprimer cette transition dans les esprits, alors que nous sommes en campagne, sans trop froisser les militants PS et Ségolène Royal?
Le vrai problème au fond, reste le même: c'est totalement anormal que l'élection présidentielle détermine et conditionne les élections législatives. Et là, le PS et l'UMP sont pris à leur propre piège, dans un effet secondaire de l'éventelle création de ce parti social-démocrate rénové: les propos de Rocard et Kouchner laissent entrevoir la possibilité pour Bayrou d'avoir une majorité avec laquelle gouverner. Et ça, ça change la donne de cette présidentielle.
23:35 Publié dans Idées, opinions, propositions, UMP | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : politique, 2007, démocratie, PS, Rocard, Kouchner, Europe
30/08/2006
Le PS sur une mauvaise pente.
"La fierté se dresse souvent sur le chemin des bonnes décisions. Ne vous laissez pas aveugler". Cette phrase, piquée à Michael Connelly (qui, d'ailleurs, à cause de sa série Harry Bosch m'empêche de progresser dans Héros et Tombes...) pourrait s'appliquer à Lionel Jospin. Le revenant. Celui qui a laissé en rase campagne ses amis et tous ceux qui comptaient sur lui, en laissant à ses lieutenants le soin de rejeter la faute sur la droite et les médias. On peut rappeler le "TF-Haine" lancé par Julien Dray, ou le soit-disant populisme de la campagne de Jacques Chirac...
Etonnant, d'ailleurs, au vu de ces dernières années, j'aurais volontiers pensé que les médias militaient plutôt du côté de la gauche assez conservatrice, et que le populisme se situait plutôt du côté du PS et de sa gauche... Ce n'est pas un homme politique de l'UMP qui disait "manger comme tous les Français des carottes râpées en regardant Loft Story". Ce n'est pas non-plus un responsable de la droite parlementaire qui clamait que le Taité Constitutionnel remettait en question le droit à l'avortement...
Ainsi, à La Rochelle, il semblerait qu'on continue à marcher sur la tête, au Parti Socialiste. Et que les pieds aient du mal à revenir sur terre. J'espère néanmoins que les militants PS, parmi lesquels certains de mes amis, sauront faire la différence entre tous ces prétendants, pour choisir celui qui déshonorera le moins leur parti. Car pour l'instant, qui joue franchement le jeu dans les règles fixées par François Hollande?
François Hollande lui-même.
Tous les autres donnent une image inquiétante de foire à l'empoigne, en refaisant l'histoire, en rejetant leurs erreurs sur les autres, en n'hésitant pas à dire blanc alors qu'ils clamaient noir un peu plus tôt... Ce qui est étonnant d'ailleurs c'est ce subit arrivage d'idées fraîches au PS. On dirait qu'ils se sont levés un matin avec des idées nouvelles auxquelles ils ne pensaient pas auparavant. J'ai toujours cru que faire de la politique, c'était certes du pragmatisme, mais surtout arriver à des convictions fortes et préparer les moyens qui permettraient de mener des réformes en fonction de ces convictions.
Si je m'inquiète de ce qui se passe au PS, c'est parce que je n'ai pas oublié, comme personne, que quand on cesse un tant soit peu d'être crédible, cela profite toujours aux mêmes. Je n'ai pas oublié le regain de force du FN et du MPF. Je n'ai pas oublié comme l'extrême gauche Française essaie de phagocyter la gauche, et s'est sentie si forte en mai 2005 après avoir mené une campagne proche de l'extrême droite articulée sur les pires amalgames et mensonges. Je n'ai pas oublié qu'au lieu d'appeler à protéger la démocratie et la république au deuxième tour de 2002, Besancenot et Laguiller n'ont rien dit qui favorise la participation démocratique et le barrage à la bête immonde.
Pour moi, le négationnisme de Jospin sur ses propres erreurs, conduit par son arrogance et sa vanité, est un sérieux danger pour la démocratie, en suivant cet engrenage.
A vrai dire tous les autres candidats sont tout aussi dangereux, car à force de regarder les sondages et de penser à la séduction, ils en oublient leur intégrité intellectuelle au placard. Pour certains ce n'est pas nouveau: Laurent Fabius par exemple. Pour d'autres ça l'est, et c'est bien navrant.
Le seul qui aujourd'hui au PS représenterait vraiment une rupture, au sein du parti, et dans la politique Française, le seul qui ait un esprit assez pragmatique mais aussi assez clairvoyant et ayant des idées assez prononcées en terme d'économie et de société, c'est Bernard Kouchner.
Le fait qu'il n'ait aucune chance dans cette course à la candidature, parce qu'il ne titille pas les mêmes manettes démagogiques et cyniques que les autres candidats, peut nous faire nous poser des questions sur ce parti qui nous a déjà bien démontré ces deux dernières années son retard par rapport à la social-démocratie européenne...
10:35 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : UMP, PS, élections présidentielles; royal, sarkozy, kouchner






