18/12/2007
La Hongrie, la force du symbole
Ferenc Gyurscany (prononcer Guïurchagne) soigne son image de bon élève européen. Et ce malgré une dette publique monstrueuse. Hier la Hongrie a donc été le premier Etat Européen à ratifier le Traité de Lisbonne! Avant les deux turbulents Français et Polonais, les députés Hongrois ont approuvé à une écrasante majorité de 325 sur 386 membres
Saluons donc ce pays qui déjà avait tenu à rapidement ratifier le TCE, et qui n'oublie pas, sans doute grâce à son histoire, au sein de l'Empire Austro-Hongrois, dans ses relations avec la Slovaquie, dans ses 50 ans de communisme, dans la répression violente de 1956, que l'Europe apporte beaucoup plus qu'un simple marché intérieur, et qu'il convient pour l'apprécier de ne pas se regarder uniquement le nombril.
"L’histoire européenne nous dicte que la réponse aux problèmes historiques est une entente historique" a dit le premier ministre Hongrois lors de son discours. La France ne sera donc pas la première, ni la Pologne, à ratifier le traité, symboles pour les deux pays d'un "retour à l'Europe". C'est peut-être mieux ainsi: la ratification hongroise est sans doute un meilleur symbole. Moins cosmétique, plus volontaire.
15:57 Publié dans Parlons d'Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : UE, Europe, traité de lisbonne, hongrie, gyurscany
27/09/2006
Ferenc Gyurcsany: la difficulté de gouverner les démocraties.
Ferenc Gyurcsany a présenté hier ses excuses au peuple Hongrois pour lui avoir menti pendant la campagne sur ses r
éelles intentions pour la réélection du parti social-démocrate. Après avoir promis un meilleur engagement de l'Etat et des baisses d'impôts pendant la campagne, le premier ministre sortant (arrivé en cours de mandature après avoir pris la place de Peter Medgyessy) a révélé avoir menti, en dévoilant les hausses d'imôts et désengagements de l'Etat dans plusieurs domaines, dont les services publics.
Hier Ferenc Gyurcsany a donc dit Nous pensions que le courage de faire les choses était plus important que la nécessité d'en parler. Je ne pensais pas que les gens, nos électeurs, comprendraient un discours aussi direct". C'est quelque chose de révélateur que de pouvoir lire que le peuple, lors du vote, ne peut pas entendre, ou comprendre certaines choses, sous peine de condamner le candidat à une défaite certaine et à une baisse de popularité suicidaire.
On a souvent vu lors de précédents scrutins, en France comme ailleurs, le débat public tourner de plus en plus à la manipulation de l'opinion publique par certains, qui faussent la démocratie.
Que dire des mensonges selon lesquels le TCE aurait privé les femmes du droit d'avorter? Ou bien qu'il remettait en cause la laïcité?
Que dire de la bataille rangée autour de l'héritage de Solidarnosc en Pologne lors des dernières élections présidentielles, qui a pris une allure de campagne de dénigrement infantile entre les deux candidats, l'étiquette Solidarnosc étant gage de popularité? (Lech Walesa a d'ailleurs quitté Solidarnosc après que ses dirigeants ont soutenus Kaczynski)
Que dire des campagnes mensongères sur "l'islamisation de la France", les chiffres erronés laissés par le FN ou le MPF, dont la peur de l'étranger est le fond de commerce?
Que dire des campagnes absolument navrantes de la gauche conservatrice et réactionnaire Française, qui proclame "le libéralisme nous tue", alors qu'ils savent pertinemment que tous les régimes socialistes, sans l'ombre d'un furent des dictatures, et que la seule voie à l'épanouissement des individus reste le libéralisme, autant politique qu'économique?
Que dire de ceux qui critiquent l'Europe, la PAC, et le libéralisme dans un joyeux mélange pour décérébrés, mais qui, agriculteurs faucheurs, sont tout de même bien heureux de profiter des subventions européennes?
Que dire des ces internationalistes qui tout de même n'auraient pas trop envie que le PAC soit attribuée aux pays qui en ont vraiment besoin: Pologne, Slovaquie, Roumanie, par exemple? Les illustrations sont encore nombreuses...
La lâcheté de Gyurcsany est compréhensible: face à des campagnes de plus en plus démagogues, peut-être vaut-il mieux endormir un peu le peuple et réformer avec courage une fois élu... Être populaire pour être élu, et impopulaire pour réformer, en quelques sortes.
Je crois que c'est une mauvaise idée. Que l'on arrivera jamais à rien en tirant les exigences des gens par le bas, en tirant le débat par le bas et en occultant la vérité aux administrés. Cela ne fait que désintéresser encore plus les citoyens à la politique, monter l'abstention, et de ce fait la mobilisation pour les extrêmes.
Je suis sur ce point d'accord avec Nicolas Sarkozy, dont la première des faiblesse serait de ne plus respecter cette ligne directrice: faire ce qu'on dit, dire ce qu'on fait, et rendre le débat intéressant et sans tabou pour faire reprendre le goût de la politique aux Français.
Et, bien entendu, l'enjeu de l'éducation... Rendez-vous pour celui-ci le 4 octobre à la maison de la Mutualité: Jean-Robert Pitte, dont l'excellent livre "Jeunes on vous ment" entame le sujet, et Alain Renaut, qui a beaucoup collaboré avec Luc Ferry dans ces problématiques de la crise de la démocratie et de l'identité citoyenne, pourraient nous en apprendre beaucoup.
13:40 | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : démocratie, politique, UMP, Hongrie, Europe
20/09/2006
Ferenc Gyurcsany, l'homme qui voulait être populaire pour être réélu.
Si vous suivez les actualités, vous n'avez pas pu manquer ces images vraiment violentes de manifestations des
partisans du parti de Droite (FIDESZ), et des électeurs rendus fous de rage par un enregistrement secret diffusé par les média Hongrois, où l'on entend le premier ministre fraîchement réélu (c'était la seule bonne nouvelle d'Europe centrale et orientale ce printemps pour l'UE et la démocratie...) révéler que lui et son équipe ont menti tout le long de la campagne électorale sur la politique économique et sociale que le parti social-démocrate appliquerait une fois élu.
En effet, la campagne électorale a plutôt été celle des promesses de réduction d'impôts et d'augmentation des dépenses publiques au service du citoyen...
La réalité est toute autre: la gestion de l'économie Hongroise a mené le pays à un deficit public églisant 10% du PIB cette année. Résultat, demande expresse de l'Union européenne, qui a averti que ce deficit devait absolument être comblé afin d'adopter l'euro, comme le veulent les sociaux-démocrates. Les promesses de Ferenc Gyurcsany ne pourront donc pas être tenues, et même, la réalité de la politique du gouvernement ira sans doute à l'extrême opposé de celle préchée au printemps
(donc hausse des impôts et baisse de aides publiques).
Ferenc Gyurcsany a donc été selon moi pris en otage par la phrase qui vous accueille sur ce blog, mais surtout le concept qui se cache derrière: "Comment gouverner les démocraties s'il faut être populaire pour être élu et impopulaire pour réformer?"
Et ce parce que même si c'est complètement indigne d'un démocrate de mentir aux électeurs (je déteste et méprise assez les extrêmes en France pour imaginer faire deux poids, deux mesures pour un homme politique envers qui j'ai plus de sympathie), je me contenterais tout de même de soulever trois questions:
1) Ferenc Gyurcsany avait-il le choix de mentir ou pas? Le pays aurait-il été en de bonnes mains avec Viktor Orban, ex-premier ministre du FIDESZ de droite ultra-conservatrice et eurosceptique?
2) Viktor Orban n'a-t-il pas lui non-plus menti pendant la campagne, sachant pertinemment la situation économique du pays et développant les mêmes images d'avenir doré à la Hongrie?![]()
3) Dans quel genre de démocratie vit-on, où les hommes politiques doivent mentir aux électeurs pour espérer une élection? Ne sommes-nous pas déjà entrés de plein pied dans une "démocratie populiste", pour reprendre l'idée chère à mon coeur d'Aristote?
Voilà en tout cas de quoi nous faire réfléchir, alors que nous allons en novembre entrer de pleins pieds dans la campagne de l'élection présidentielle...
01:10 Publié dans Parlons d'Europe, UMP | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : ump, Hongrie, Europe, UE, démocratie






