19.05.2008
UMP: le Contrat de Confiance
Je reproduis un texte pas encore disponible sur le site de l'UMP, dirait-on, mais distribué avec "Le Magazine de l'Union", journal mensuel du bon petit militant UMP.
"OUI, je souhaite soutenir les actions menées par Nicolas Sarkozy pendant la durée de son quinquennat et renouveler mon engagement à l'UMP jusqu'en 2012 en signant le Pacte d'adhésion présidentiel et en souscrivant au prélèvement automatique de ma cotisation annuelle. Le montant de ma cotisation sera prélevé automatiquement en février chaque année jusqu'en 2012, fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy.
Je peux à tout moment suspendre ce prélèvenement sur simple demande à létablissement teneur de mon compte."
L'UMP a donc décidé de passer à un système de vente bien connu: "Cédez au prélèvement automatique, c'est tellement moins de souci! Et puis vous êtes libre, vous pouvez arrêter le paiement quand vous le voulez!". C'est un truc déjà utilisé par les ONG, et évidemment par les entreprises. Et si ça marche, c'est que en fait, la grosse majorité des gens ne fait pas attention.
On peut souscrire au "Pacte d'adhésion présidentiel" en juin 2008, détester Sarkozy en décembre, et oublier qu'on a souscrit au Pacte, et donc continuer à se faire ponctionner savoureusement jusqu'à février 2012 (compris: il faut bien financ
er la future campagne, avec ce parti en faillite). On savourera pleinement la grande confiance qu'a l'UMP en son charismatique et bien-aimé leader, puisqu'en demandant aux citoyens un engagement d'adhésion sur 4 ans, on les prend un peu à la gorge. Tenez, moi-même, je verse mensuellement de l'argent à l'association AIDES avec ce système, et cela fait 9 mois que je me dis que je devrais l'arrêter, parce qu'un jour d'août Place de la Bastille, on m'avait vendu le concept de façon mensongère. En attendant, je continue à donner.
Tout de même, en souscrivant à ce pacte à la noix, l'adhérent n'est pas un pigeon total non-plus: "En devenant membres du "55", ces adhrents sont associés encore plus étroitement aux événements nationaux et reçoivent des informations privilégiées. Une carte spéciale leur est adressée."
Franchement, je me demande bien de quels "événements nationaux" on parle. Et surtout de quelle "association étroite": si l'UMP était un parti démocratique et participatif, ça se saurait.
Mais bon, il y a la carte argentée "55" collector. Cela vaut bien 35€ par an, non?23:31 Publié dans UMP | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : ump, sarkozy, pacte d'adhésion, devedjian, politique, marketing
24.02.2007
Devedjianiste, moi?
C'était donc lundi. Je suis arrivé bien sagement à 10h45. Café, maquillage, micro dans la poche de la veste, et à 11h tout était prêt, sauf Patrick Devedjian qui est arrivé beaucoup plus tard. Je dois dire que m'inviter à débattre dans le bar à blogueurs de Karl Zero avec Patrick Devedjian n'est pas le challenge le plus facile qui soit. Il est membre du mouvement européen, il est libéral, et il est pragmatique. Bref, forcément en ce qui me concernait c'était difficile d'apporter une contradiction, contrairement à Hugues, sympathique et très ouvert adhérent du PS (dont je m'étonne qu'il n'ait pas encore suivi le chemin d'Eric Besson), qui s'en est lui donné à coeur joie.
J'avais pourtant des sujets à mettre sur la table, si, si. En gros, des choses qui ne me convenaient pas. Le discours Européen assez "prudent" de Nicolas Sarkozy s'est malheureusement vite transformé en débat sur la BCE et les taux d'intérêt. Néanmoins je remarque que Patrick Devedjian a en gros développé ce que je voulais dire: demander un objectif de croissance et d'emploi à la BCE, cela signifie unifier les politiques indutrielles et commerciales. Pourquoi Sarkozy parle t-il de l'un sans évoquer l'autre?
J'ai oublié pour étayer mon propos que Nicolas Sarkozy est tout de même le ministre Français qui a été le plus absent des Conseils des ministres de l'UE pendant 5 ans, à peine concurrencé pour ce triste record par Thierry Breton. Cela faisait partie des sujets préoccupants quant à la volonté européenne de Nicolas Sarkozy, dommage qu'on ne l'ait pas plus développé.
Je voulais aussi évoquer les ralliements des UDF des Hauts de Seine, et bien entendu m'insurger contre cet achat de la victoire, qui a tout de même moins de panache que de livrer bataille avec audace. Finalement, Hugues a entamé en débat sur le clivage droite/gauche, et j'ai embrayé en faisant mienne la théorie du dilemme du prisonnier de Charles. Si Sarkozy n'assume pas un vrai libéralisme, il empêche Royal de tourner vraiment le dos aux anti-libéraux. Et inversement, en n'étant pas réellement sociale-démocrate, Royal empêche Sarkozy d'être franchement libéral. Il doit donc se contenter de coller plus ou moins à une caricature de libéral interventionniste, parfois protectionniste (cf. le patriotisme économique de GDF/Suez ou bien Alstom). Je crois d'ailleurs que sous couvert de défendre notre candidat Patrick Devedjian approuve assez.
Pour le reste, et bien... Vivement que je puisse me retrouver dans la peau d'un véritable contradicteur. Ce n'était pas bien confortable.
00:45 Publié dans Dans les médias, Idées, opinions, propositions, UMP | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : UMP, Sarkozy, devedjian, politique, 2007
20.02.2007
Club du Net (2)
01:35 Publié dans Dans les médias | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Karl Zero, UMP, Devedjian, politique, médias
19.02.2007
Club du Net
00:25 Publié dans Dans les médias | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : politique, karl zero, 2007, web, UMP, Devedjian
07.12.2006
Patrick Devedjian: "La justice ne peut s'améliorer que sous un regard critique!"
Suite et fin de mes notes sur le café-débat avec Patrick Devedjian, qui avait lieu mercredi de la semaine dernière. Parti avant la fin pour aller à la République des Blogs, je n'ai pu prendre en notes que le début de sa réponse sur les réformes à apporter à la justice. Ceci dit, c'est tout de même intéressant...
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La question centrale de ce débat sur l'amélioration de la justice est qu'elle est posée par le politique. Or, doit-on mêler politique et justice, et pourquoi l'UMP le fait-il?
Pour remettre des choses en ordre, rappelons qu'il y a en France 6500 juges, ce qui n'est pas vraiment un enjeu électoral, et que la justice a besoin de s'améliorer. Les Français considèrent la justice comme l'une des administrations Françaises les moins bien gérées, et ce n'est que sous un regard critique qu'elle pourra enfin être à la hauteur de sa tâche.
Pourquoi la justice ne fonctionne t-elle pas bien? C'est à cause de l'argent, qui est mal employé, par des gens qui ne sont pas forcément compétentes à la gérer. La carte judiciaire est l'une des premières causes de dilution des moyens (cf. rapport Devedjian sur les moyens de services judiciaires, 2001): 4 tribunaux d'instance en Ile de France au lieu de 20, voilà qui simplifierait de beaucoup la diffusion de l'argent de la justice... Il y a aujourd'hui en France 181 triunaux de Grande Instance qui datent de Napoléon Ier et qui ne sont plus du tout adaptés à la démographie Française.
Il n'y a pas de grand tribunal moderne en Ile de France, qui concentrerait tous les moyens et ressorts de la justice, sans avoir à perdre du temps, des papiers et de l'argent.
La gestion des juridictions est mauvaise et la plupart des appels d'offre sont truqués par méconnaissance des juges qui sont chargés de les gérer.
Il y a enfin bien assez de magistrats, mais 300 d'entre eux sont détachés à des travaux incohérents et subalternes qui leur prennent tout leur temps.
Autant de chantiers pour le futur ministre de la justice que sera, je l'espère, Patrick Devedjian.
23:36 Publié dans UMP | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : UMP, Devedjian, justice, 2007
30.11.2006
Patrick Devedjian: "Ségolène est dans l'affect. Nous, nous sommes dans le rationnel"
Ce soir, avant la République des Blogs, je suis allé au café-débat organisé par les Jeunes Pop des facs, autour de Patrick Devedjian. La rencontre était en trois parties (et pourtant l'organisateur venait de la fac de droit d'Assas, tssss): son impression sur Ségolène Royal et, face à elle, la stratégie de l'UMP, des questions de la salle, et enfin les problèmes de la justice en France, qui lui tiennent à coeur.
J'ai du partir avant la fin de la problématique de la justice, mais je tiens à vous retranscrire au moins les impressions de Patrick Devedjian sur Mme Royal.
"Ségolène Royal est un mythe"
Selon Patrick Devedjian, et son analyse me semble juste, la politique manipule souvent les mythes, en tentant de "surfer" sur des vagues successives qui forgent la popularité. La gauche, entre Mitterrand, Blum et Jaurès, est plutôt douée à ce petit jeu (j'ajouterais que la droite avec De Gaulle ne me semble pas si mal lotie). Toujours est-il qu'en temps de campagne présidentielle, ces mythes prennent beaucoup d'importance, et ce parce que les Français attendent beaucoup d'un candidat à la présidentielle (témoignent les 80% de participation réguliers à chaque élection présidentielle).
En ce qui concerne Ségolène Royal, le processus de mythification est le même qu'il était pour Sarkozy il y a 2-3 ans, quand on a commencé à en faire un présidentiable. On voit au début de ce processus toutes les qualités du candidat, ce que l'on pourrait appeler un coup de foudre, puis le temps du mythe passe, et on veut connaître un peu mieux l'objet du mythe. C'est alors qu'apparaissent les défauts.
Et pour l'instant chez Royal, c'est le temps du mythe, même si la volonté de connaissance est palpable. D'ailleurs ce travail est effectué en partie par les médias, qui "scannent" les candidats. C'est pourquoi, selon Patrick Devedjian, Sarkozy a un temps d'avance, puisque les Français le connaissent dans sa totalité, parfois peut-être de façon tronquée, mais avec ses défauts.
Dans 5 mois, ce travail de connaissance sera achevé, et il n'aura pas beaucoup d'impact sur Sarkozy, mais provoquera sans doute un gros contre-coup pour Ségolène Royal. Preuves à l'appui: ceux qui connaissent déjà bien Ségolène Royal, comme Claude Allègre ou Max Gallo n'ont pas de mots assez durs à son égard. Et le mouvement s'élargira sans doute avec le temps.
Ceci explique pourquoi aujourd'hui Ségolène Royal place sa campagne dans l'affect et pas dans le rationnel, tandis que l'UMP se force à ce travail de rationalité du programme et des idées. Ceci expliquerait d'ailleurs pourquoi le "populisme royal" que j'avais dénoncé ici marche si bien... pour l'instant.
Car Patrick Devedjian fait confiance aux Français et à leur raison. Il s'appuie sur l'histoire, récente et plus ancienne, d'une France qui n'a jamais basculé pour les mouvements populistes communistes ou fascistes, et qui a fermement rejeté Jean-Marie Le Pen. C'est peut-être là que je ne suis pas d'accord avec lui: pour moi, le referendum de 2005 sur le TCE est un tournant de la victoire du populisme en politique. De toutes façons, les prochaines échéances nous diront bien ce qu'il faut en penser.
Tout cela appelle à quelques questions:
- Ce processus de démythification de Ségolène Royal ne prendra t-il pas plus de temps que prévu? Et que faire pour l'accélérer?
- Connaissant "l'expérience Sarkozy" de la démythification, Ségolène Royal ne se prépare déjà t-elle pas à contrer ça?
00:30 Publié dans UMP | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : UMP, PS, Devedjian, Sarkozy, politique, populisme












