04.12.2007

L'Europe, Poutine et Sarkozy.

 ... Ou comment comprendre que Sarkozy se fiche pas mal de ses partenaires européens. Bon, il y a les choses dont il se targue d'être le (pro)moteur, et ce n'est sans doute pas sans fondement. Le Traité de Lisbonne par exemple. Ce mieux que rien de rattrapage que je vais essayer de détailler dans les semaines à venir (Allô, Nicolas?).

 Et puis il y a les actes, le genre qui révèlent quel est le fond européen en Sarkozy, où se place son réflexe. En diplomatie par exemple. La diplomatie c'est souvent un bon exemple pour bien évaluer l'esprit de quelqu'un. La politique étrangère est l'un des domaines encore largement dépendants des Etats (si l'on exclut la concurrence et l'aide au développement, qui sont des formes importantes de diplomatie). Quand, par exemple toujours, il y a une élection dans un pays pas trop démocratique, et que l'on se doute bien que le suffrage a été bidouillé, on peut dire que les réaction de protestation relèvent de la diplomatie.

 Tiens, justement, c'était le cas ce week-end avec les élections législatives de Poutinie: ce pays de près de 150 millions d'âmes qui n'ont en vérité pas vraiment vécu la démocratie dans leur histoire. Il est devenu évident pendant la dernière semaine de campagne (détentions préventives et arrestations façon "lettres de cachet"), comme au cours du scrutin, comme en constatant son résultat, que les élections n'étaient pas bien équitable.

 Dans ces conditions, l'Europe, voisin de la Russie, partenaire diplomatique, économique (pour la moitié des pays Européens, le gaz russe contribue à plus de 80% de la consommation de gaz), se devait tout de même de réagir. D'autant que l'Europe promeut ses valeurs et un certain esprit démocratique, à la façon d'une puissance sage. Et ce parce qu'elle n'a pas du tout encore les moyens d'établir une véritable politique étrangère, doublée d'une diplomatie Européenne (qui dit diplomatie dit leviers de pression et possibilité de démonstration de force - que nous n'avons pas).

 Et il se trouve que depuis quelques années les Etats européens et les institutions (Parlement et Commission en tête) sont vraiment insistants face aux viols démocratiques successifs de Poutine. Nous protestons à chaque fois, et à chaque fois avec un peu plus de véhémence. Oui, la protestation ça fait très "esprit Munichois", mais que voulez-vous, le jour où nous aurons une PESC digne de ce nom...

 Voilà que dans ce contexte, alors que Socrates le premier ministre Portugais président de l'UE, alors que Merkel, Brown, Pöttering (président du Parlement européen), et même les USA demandent des explications à ce scrutin, notre petit Nicolas Sarkozy lui, téléphone à Vladimir Poutine pour le féliciter chaleureusement de sa victoire.

 A tous ceux qui diront "ben il fait ce qu'il veut", ou bien "la PESC n'oblige pas de se concerter", etc, je rappellerai que depuis 1970 nous avons une diplomatie gouvernée par un principe: la CPE (Coopération Politique Européenne). La CPE oblige la concertation en politique étrangère afin « d’assurer par une information et des consultations régulières une meilleure compréhension mutuelle sur les grands problèmes de politique internationale ; de renforcer leur solidarité en favorisant une harmonisation des points de vue, la concertation des attitudes, et, lorsque cela paraît possible, et souhaitable, des actions communes » et recommande davantage de coopération « sur les questions de politique étrangère, chaque état s’engage en règle générale à ne fixer définitivement sa propre position sans avoir consulté ses partenaires ».

 Comme quoi, même en 37 ans, il y a toujours des types qui n'ont pas pris d'habitus Européen. L'ennui c'est quand ils sont Français, président, et qu'ils félicitent un dictateur. A moins juste que en réalité, Sarkozy se fiche éperdument de l'UE et de ses partenaires. Ce qui est bien possible aussi.

 Il faudrait que cesse cette enflure de l'égo Sarkozien. A force de ne s'admirer que le nombril avec satisfaction, on oublie de regarder où l'on va.

31.12.2006

2006 en quelques événements...

 25 Janvier 2006: élections en Palestine, le Hamas ravit la majorité au Fatah et prend le pouvoir.

 7 Mars 2006: le jour symbolique de la crise du CPE avec l'occupation de la Sorbonne, "libérée" le 11. La crise aura emportée avec elle un texte qui aurait pu en partie résoudre le problème du chômage des jeunes, mais aussi un premier ministre jusqu'alors indiscutable présidentiable. Elle aura aussi révélé la peur-panique de la réforme et de la liberté chez les jeunes.

 9 et 10 avril 2006: le Guignol transalpin et ses alliés d'extrême droite sont vidés du pouvoir par une coalition hétéroclite menée par Romano Prodi, qui finit de me convaincre que la proportionnelle, c'est dangereux à trop haute dose.

 21 Mai 2006: le Monténégro devient un Etat indépendant après référendum. L'indépendance est proclamée le 3 juin.

 17 Juin 2006: triste nouvelle pour l'UE et la démocratie, une coalition rouge/brune pend la tête de la Slovaquie.

 9 Juillet 2006: Zidane sort sur un coup de tête, Cannavaro brandit la coupe.

 12 Juillet 2006: Début du conflit entre Israël et le Hezbollah, qui ravage le Liban.

 18 juillet 2006: première note de ce blog.

 2 Octobre 2006: Le président Brésilien Lula est réélu malgré une poussée des libéraux.

 7 Novembre 2006: monumentale torgnole des citoyens Américains à George W. Bush, qui donnent la majorité aux Démocrates aux deux chambres Américaines.

 16 Novembre 2006: La défaite de la pensée. Ségolène Royal obtient plus de 60% des votes socialistes à l'issue de la campagne interne du PS.

 6 Décembre 2006: France 24 émet.

 9 décembre 2006: Pinochet meurt dans son lit.

 30 décembre 2006: Saddam Hussein meurt à la potence.

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 2006 aura aussi été l'année de la mort d'hommes qui ont révolutionné la musique, Wilson Pickett, Syd Barret et James Brown. Et d'autres, que j'aimais bien, Philippe Noiret, Marek Grechuta, Claude Piéplu, Ali Farka Touré, Raymond Devos, ou encore Bernard Rapp.

 

 Et vous, qu'avez-vous retenu de 2006? Quel est votre petit zapping?

05.09.2006

Une vidéo pour réfléchir...

 

 Désormais dans la colonne de gauche, vous pourrez trouver une vidéo qui engage la réfleximedium_pitte.jpgon sur un thème particulier. Donc pour la première vidéo, je reviens sur la crise du CPE et le comportement des anti-CPE, et ce qu'il révèle de l'état d'esprit qui règne parmi les étudiants Français, et dans lequel "on" les a conduit par des réformes transformant les études "en voie de garage". C'est donc un extrait de "Ripostes" que je vous propose, où l'on donne beaucoup de pistes pour comprendre l'attitude des jeunes pendant cette crise, mais aussi en général celle des Français par rapport à la démocratie.

 

 Pour continuer la réflexion, je vous propose aussi cet excellent livre du doyen de la Sorbonne, Jean-Robert Pitte, Jeunes, on vous ment

 Plusmedium_vitre.jpg littéraire, mais tout aussi édifiant, je vous recommande bien évidemment chaudement Derrière la vitre de Robert Merle. Merle était professeur à Nanterre en 1968. Il nous raconte les prémisses des "événements". Les rapports entre groupuscules (extrême gauche), communistes, bourgeois, bourgeois communistes, prolos qui bossent pour s'en sortir... Passionnant, et surtout... édifiant. On dirait que les enfants gâtés ne sont vraiment pas où l'on croit... Être d'extrême gauche en France: un luxe? 

Ou pire... une mode? 

 

 

Personnellement, je tire quelques questions de ce cour extrait de "Ripostes":

- Comment redonner le goût du risque et de la réforme à une frange de la population qui a peur de tout changement?

- Comment cesser de faire de l'enseignement supérieur et des universités des voies de garage?

- La contestation systématique par la rue est-elle une preuve que la Ve République ne marche plus, ou bien que ses hommes doivent changer?  Est-ce une question de fond ou bien une question de pratique?

09:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : UMP, CPE