04/06/2009

Bayrou "trop minable pour être Président de la République"

Je sens (et j'espère) que cette vidéo va poursuivre longtemps François Bayrou.


Tout d'abord pour le mensonge de début de propos: "vous êtes venu déjeuner 3 fois à l'Elysée". Ben oui, Daniel Cohn-Bendit est président de groupe politique au Parlement européen, Nicolas Sarkozy est chef d'Etat et a été 6 mois président en exercice de l'UE pour la France (et s'est à ce titre exprimé 3 fois au Parlement européen), et a donc entretenu des relations politiques avec les responsables du Parlement.

L'une de ces 3 fois était d'ailleurs à la suite d'un débat télévisé public que nous avions organisé pour les 40 ans de l'Université Paris-Dauphine, entre Valéry Giscard d'Estaing et Daniel Cohn-Bendit, le 9 décembre dernier. Dany en partant à 13h de l'Université pestait contre ses futures 20 minutes de retard et s'est méchamment détrempé le soulier gauche dans le caniveau en entrant dans son taxi.

 

Ensuite pour sa réaction sur "l'ignominie". Et je vous laisse l'apprécier.

 

J'ai bien des amis au MoDem. Ils disent "ah, Cohn-Bendit est bien ami avec Sarko", parce que c'est un argument de campagne. Bon... J'aimerais les entendre défendre leur grand guide spirituel et politique sur cette répartie et cette attaque honteuse sur une citation issue d'un bouquin qui a fait l'objet d'une polémique dont on a oublié les bases exactes mais qu'il est si facile de raviver quand on joue sur le lointain souvenir d'un traumatisme médiatique.

C'est petit, c'est petit homme. Du même Bayrou qui, à la fin du débat "A vous de Juger", prétendait être "un Républicain". A la fin d'un débat où d'ailleurs Daniel Cohn-Bendit a quitté ses compagnons de table, lassé par les éructations conjointes de De Villiers, Marine Le Pen et François Bayrou sur les sondages "vendus au pouvoir". Pour rejoindre celle de Mélenchon, Besancenot et Bertrand. Qui furent étonnamment mesurés, et plutôt bons.

Alors, si jamais son ego le laisse faire, François Bayrou s'excusera, lundi par exemple, de ce qu'il a sorti à Cohn-Bendit. Prétextera la fatigue de fin de campagne, peut-être les médias qui les ont monté les uns contre les autres... Mais les nerfs, la fatigue... Cela ne dévoile-t-il pas le fond de vérité d'un personnage?

Quand la confusion et la théorie du complot et de la connivence deviennent système, et qu'il n'y a comme ressource que l'insulte pour les justifier, alors on entre dans une catégorie politique qui ne m'intéresse pas.

Le populisme.

 

L'extrait complet:


26/05/2009

l'Euroscepticisme? "ça n'est pas sale"

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N.B cette note, comme la plupart des notes à venir sur ce blog jusqu'au 7 juin, est éditée en primeur sur le blog ouvert par Libération.fr: "Au fil de la campagne européenne". Au fil de cette campagne, des billets de Nick Carraway, d'Eurojunkie, d'Intox 2007, d'Authueil, d'Eric L'Helgoualc'h et d'Alexandre Delaigue.

 

Non José, cette campagne européenne n'est pas «la course à l’échalote pour la présidentielle 2012». En ce moment, et au vu des noms d’oiseaux que s'envoient Europe-Ecologie et le MoDem, c’est plutôt le diplôme de parfait pro-européen qui fait l’objet d’une course effrénée.

Et à ce jeu donc, il y a de mon point de vue, deux stratégies: une ancestrale, qui date un peu de l’avant-référendum de 2005, et une plus moderne.

Le MoDem est plutôt de la première catégorie, à l’image de sa tête de liste Grand Ouest et présidente du Mouvement européen-France, Sylvie Goulard. Le discours est simple: nous sommes de tradition européenne, «l’Europe c’est nous» et qui n’est pas en accord avec l’Europe actuelle n’est pas européen (cf. Jacques Chirac en 2005 «on ne peut pas être européen et voter contre la constitution européenne»). A titre personnel, je trouve cette position assez conservatrice, et plutôt peu démocrate.

Europe-Ecologie est plutôt de la seconde, post-référendaire de 2005. Elle a conjugué, à l’image également du PS (mais de façon plus cohérente), le Non et le Oui de 2005. Elle a rassemblé Bové le Noniste, et Cohn-Bendit le Ouiste acharné. Elle a concilié un certain euroscepticisme et une ambition européenne, non sans quelques concessions avec l’honnêteté intellectuelle (la justification du Non au TCE de 2005 made in José Bové ne me convainc toujours pas).

Parce que non, l’euroscepticisme, ce n’est pas sale (pour paraphraser Le Doc qui sévissait sur Fun Radio). Et c’est d’autant moins sale si l’on comprend aujourd’hui, que le sujet n’est pas «l’Europe, bien ou pas bien», mais plutôt «l’Europe est là, qu’est-ce qu’on en fait?»



Même si il y a à peu près autant de courants eurosceptiques que de tendances politiques, dégageons-en grossièrement deux:

1. Les pro-européens sceptiques sur des aspects définis de la construction européenne (José Bové, Benoît Hamon).

2. Les souverainistes qui acceptent désormais le principe de la confédération d’Etats, mais réclament des libres-arbitres économiques et politiques nationaux (Nicolas Dupont-Aignan, Donald Tusk en Pologne), et qui globalement représentent peanuts ou pas loin en France.

Alors là, forcément, vous vous demandez pourquoi je n’ai pas cité Libertas et son représentant français Philippe de Villiers. C’est parce que, à l’inverse de l’euroscepticisme, le mensonge et la caricature, ne fait pas avancer les choses. Lorsque je vois un clip de Libertas qui m’annonce que la Turquie dans l’Europe pourrait remplir jusqu’à 70% du Parlement européen de ses représentants, je le renvoie au texte du Traité de Lisbonne (qui reste à approuver, certes) et à cet article qui ne fut remis en cause par aucun Etat-membre (art. 14-2): «Le Parlement européen est composé de représentants des citoyens de l'Union. Leur nombre ne dépasse pas sept cent cinquante, plus le président. La représentation des citoyens est assurée de façon dégressivement proportionnelle, avec un seuil minimum de six membres par État membre. Aucun État membre ne se voit attribuer plus de quatre-vingt seize sièges.» Libertas, c’est un parti démagogique, et rien de plus.

 

Revenons à nos moutons (noirs). C’est quoi être sceptique? Et bien, c’est questionner. Cerveau binaire, j’adapte le mot «eurosceptique» au concept de «questionner l’Europe». Malheureusement, en démocratie, on a du mal à prendre un pouls très qualitatif des questionnements des citoyens, et généralement, on évalue le taux de scepticisme par référendum. Lequel référendum agrège plein de questions parfois totalement incompatibles, et qui doivent être satisfaites par une expression binaire: «OUI» ou «NON».

Bon, ben, c'est aussi notre faute: on ne parle et on n’informe jamais sur l’Europe, on demande peu l’avis des gens et on pratique mal la gouvernance. On ne doit pas s’étonner alors de prendre une grosse tarte de temps à autres!

Je constate donc plusieurs faits, moi qui fut un défenseur acharné et limite violent du Traité constitutionnel européen, et qui garde encore une certaine rancœur à l’égard de certains politiques opportunistes:

- Je constate que depuis les référendums français et néerlandais de 2005, la Commission européenne a boosté incroyablement sa communication institutionnelle, jusqu’à la chaîne EU-Tube montée sur Youtube.

- Je constate qu’à l’aune de la crise économique et sociale actuelle, il semble qu’il y ait une prise de conscience au niveau du pouvoir exécutif européen, et au sein de partis politiques jusqu’à alors assez imperméables au concept, de la nécessité d’une «Europe sociale». En d’autres termes, «l’économie sociale de marché» commence à laisser place à «l’économie sociale» tout court, revendication antédiluvienne des eurosceptiques, type Bové, Hamon, etc.

- Je constate également que la protection du consommateur, le principe selon lequel la santé est prioritaire aux règles de l’ouverture des marchés, devient un principe premier de l’Union européenne (cf. art.3 du Traité de Lisbonne -C’est ce souci qui est à l’origine du démontage –action symbolique– du McDonald’s de Millau en 1999.

- Je constate toujours, qu’il semble désormais important de «politiser» les institutions européennes: Nicolas Sarkozy ne veut-il pas envoyer un «politique» à la Commission européenne, plutôt qu’un technicien, afin d’être mieux à l’écoute des citoyens?

- Je constate une série d’évolutions dont je vous fais grâce de l’exhaustivité, qui font finalement progresser l’Europe. Et je constate, à ma grande stupeur de pro-européen ancestral, que l’euroscepticisme fait bouger les choses. Enfin, en tout cas, l’euroscepticisme qui reprochait à l’UE et au libéralisme économique d’être deux concepts un peu trop proches.

Concernant le souverainisme de Nicolas Dupont-Aignan, je dois dire qu’il est utile dans le sens où il fait comprendre à l’Union qu’elle maintient malgré tous ses efforts un défaut de communication, un malentendu entre son projet qui se construit et qui satisfait globalement ceux qui le comprennent, mais qui aggrave pourtant les éléments anxiogènes vécus par toute une partie de la population (exception culturelle, préservation de l’emploi…).

Les souverainistes surfent sur ces anxiétés, avec plus ou moins d’honnêteté, et s’attribuent avec un certain culot la définition d’euroscepticisme. Pourtant, Nicolas Dupont-Aignan ne remet pas (ou plutôt ne remet plus!) en question l’existence même de l’Union européenne. J’ai d’ailleurs été ravi de l’entendre se féliciter du vote du Parlement européen sur le paquet télécom, mettant des bâtons dans les roues d’Hadopi. Il n’y a d’ailleurs plus désormais que le Front National pour vouloir sortir de l’Europe. Ceux-là sont anti-européens, c’est une sacrée différence.

 

Mais quand bien même, deux questions s'imposent: l’euroscepticisme est-il inévitable? Et si non, peut-il être profitable à la construction européenne ?

L’euroscepticisme est aussi vieux que le projet européen. Dans les années 70, on aurait sans doute taxé d’euroscepticisme ceux qui dénonçaient une Europe anti-démocratique, dotée d’un parlement européen fantoche et élu au suffrage indirect. Pourtant, en 1979, les 9 pays membres de l’UE ont vécu les premières élections européennes au suffrage direct.

Force est de constater que depuis 1992 et l’échec du référendum danois sur le Traité de Maastricht (et l’adoption du même à un doigt près en France), le scepticisme envers l’UE, sans avoir augmenté, s’exprime plus volontiers.

Les raisons en sont simples: après la chute du Mur de Berlin et la fin d’un monde bipolaire où la fin justifiait les moyens en termes de politique étrangère, les affaires internationales sont entrées dans le champ de la démocratie et dans les attentes des citoyens. C’est ce que l’on appelle la fin du «consensus permissif». L’Europe en a été en quelque sorte un dommage collatéral. Tout d’abord parce qu’elle n’était pas prête à une si brutale ouverture aux récriminations des citoyens, et ensuite parce qu’elle avait jusqu’alors évité de trop avoir à communiquer en direction des citoyens.

Depuis 1992, les citoyens ont ressenti de plus en plus éloquemment les effets de la mondialisation. Et, tandis que les pays européens en ont globalement plutôt profité, ils en ont conçu de la méfiance (notamment en France, par rapport à ses voisins). Méfiance qu’ils ont d’ailleurs volontiers mélangé à la construction européenne et l’ouverture des marchés.

Cet euroscepticisme qui s’est exprimé de façon de plus en plus organisée a fait avancer beaucoup de choses au niveau européen, et en premier lieu les institutions que nous nous apprêtons à modifier avec le Traité de Lisbonne.

Parce que les modifications institutionnelles du Traité de Lisbonne sont globalement celles qui furent déjà proposées par la Convention de Giscard d’Estaing qui a réuni 105 membres de tous les bords politiques, de toutes les institutions (nationales et européennes) et de toutes les nationalités, et qui ont été ratifiées par l’ensemble de ces membres, dont les eurosceptiques (à l’exception de 4 d’entre eux).

Ces institutions qui donnent plus de pouvoir au Parlement (co-décisionnaire à part entière sur tous les textes), et qui créent une présidence stable de l’UE et un haut représentant à la politique étrangère. Qui partagent mieux les compétences entre institutions communautaires et institutions nationales (principe de subsidiarité).

Autant de modifications qui permettent de renforcer la représentation des citoyens et de rendre le fonctionnement des institutions plus évident.

 

J’ai la faiblesse de croire que si l’Europe n’avait été peuplée que d’europhiles euphoriques, ces progrès démocratiques et ces nouvelles priorités politiques européennes (protection du consommateur, environnement…) n’auraient peut-être pas été mis sur les rails si vite.

Parce que dès lors que l’UE est contestée, questionnée dans son développement et sa construction, elle doit éprouver le besoin de se clarifier, de se réformer, de se rendre accessible. C’est désormais inévitable: oui, l’Europe est à l’écoute.

C’est dur, c’est pénible, c'est un travail de longue haleine qui n'échappe pas aux quiproquos. Mais l’Europe est à l’écoute des citoyens. Et être eurosceptique, ce n’est pas sale. Et même, comme le disait Oscar Wilde, cela peut être «le commencement de la foi».

 

Il faut juste ne pas mentir, ne pas travestir la réalité, ne pas profiter de la complexité du système. A ce titre, j’invite tous les lecteurs à considérer avec beaucoup de scepticisme les programmes de Libertas, du Front de Gauche et autre NPA.

Qui sait, peut-être eux aussi sont-ils à l’écoute des citoyens?

01/12/2007

Jean-Louis Bourlanges n'est plus député européen

 Excellente interview de Jean-Louis Bourlanges dans Le Monde. Il dresse un portrait peu réjouissant de l'UE des dix prochaines années et fustige le comportement cavalier de Nicolas Sarkozy, entêté de Bayrou, et celui trop peu indépendant de la Commission.

 Juste deux paragraphes pour saluer cet homme au vocabulaire millimétré:

 "Je suis partagé entre l'admiration et l'inquiétude. Admiration de voir l'efficacité et la rapidité avec lesquelles le président français a contribué à sortir l'Union de sa crise et à réinstaller la France au coeur de la construction européenne. Inquiétude en revanche devant la désinvolture avec laquelle on aborde les questions budgétaire et monétaire et celle du respect de nos engagements envers nos partenaires. Le paquet fiscal de l'été dernier est le péché originel de la politique européenne du nouveau président. L'Union n'est pas un prolongement du jardin à la française et il ne suffit pas à la France de dire ce qu'elle veut pour que ce soit la volonté de tous."

"Je ne me reconnais dans aucun des partis en concurrence. Ma famille politique, "sociale, libérale et européenne", qui a fait pendant vingt ans jeu égal avec le parti chiraquien, gît désormais à terre, tronçonnée en trois morceaux inanimés : entre l'UMP, le MoDem et le Nouveau Centre, les enfants de l'UDF n'ont le choix qu'entre une reddition, une secte et un camp de réfugiés. François Bayrou n'est pas le responsable exclusif de cette situation mais il y a contribué. Il chérit sa solitude comme on courtise une voyageuse de nuit et voit dans son exil intérieur la préfiguration providentielle d'un destin hors du commun qui lui vaudra demain le règne, la puissance et la gloire. Etonnant, non ?"

19/11/2007

Bayrou se présente à Pau

 François Bayrou, député des Pyrénées Atlantiques, conseiller général de son département, et président du MoDem à Paris, a annoncé avant-hier qu'il part à la conquête de la ville de Pau, où le contexte politique lui semble plutôt favorable, avec un maire PS élu par le Conseil municipal après le décès d'André Labarrère, et qui s'est rapproché du "Pôle de gauche" de Nicolas Sarkozy (ce qui énerve les anti-sarkozystes dans une ville traditionnellement de gauche), et où il avait réalisé un très beau score de 40% au premier de tour de la présidentielle.

 Mais, j'y pense, juste comme ça, que disait François Bayrou du cumul des mandats pendant la campagne? Il était bien entendu contre, par principe, mais même, il souhaitait le mandat unique des députés:

« Je veux restaurer dans notre pays la démocratie de représentation. Cela signifie que le Parlement soit respecté et fasse son travail, que les parlementaires participent aux débats du Parlement.
 
Nous ne pouvons plus continuer avec des parlementaires absents ! Nous ne pouvons plus continuer à délibérer avec 1 ou 2 % de la représentation nationale. La République nouvelle doit adopter le principe du mandat unique pour les députés. Et les députés doivent en avoir les moyens, en termes de statut et de collaborateurs - ce qui impose qu'il y ait moins de députés. Le cumul empêche de s’investir calmement dans une tâche, de prendre les repères, les habitudes et les marques du débatteur et du législateur.
 
Et il y a une Assemblée de notre Parlement qui doit comprendre des élus locaux, de grands responsables d’exécutif : c’est le Sénat. La République a besoin que la voix de ses collectivités locales soit représentée dans la délibération des lois et participe au contrôle du gouvernement. Le Sénat est le lieu naturel du dialogue entre les responsables des grands exécutifs locaux et les gouvernants nationaux. »

 Bon, ben voilà, je crois qu'on peut en tirer deux conclusions (dit-il en en écrivant trois):

- François Bayrou a des principes démocratiques et d'efficacité politique, mais seulement en période d'élection.

- François Bayrou préférerait-il être sénateur que député, et ne pas passer sur France3 le mardi après-midi?

- J'ai un peu l'impression que le MoDem, ce grand parti citoyen qui ne veut pas mentir et qui veut faire de la politique avec les armes et la pureté de la société civile, prend ses adhérents, ses supporters, et l'ensemble des citoyens à qui ils demandent des suffrages, pour des imbéciles.



 Ouf! Pendant un temps j'ai cru que prendre les gens pour des cons c'était l'apanage de l'UMP et de la gauche noniste en ce moment.

03/10/2007

Ils disent non à l'amendement ADN

 Libération publie les interviews de certains signataires de la pétition "touche pas à mon ADN" contre les tests ADN. Quelques réponses choisies parmi celles qui sont publiées sur leur site. Je me suis permis de mettre en gras les arguments que je trouve particulièrement opportuns de rappeler.

François Bayrou président du Modem
«Quelque chose d’essentiel est en jeu»
Par principe, je ne signe jamais de pétition. La seule exception avant celle-ci fut celle sur les prisons. Je donne ma signature contre les tests ADN car quelque chose d’essentiel est en jeu. Premièrement, il s’agit de ramener à la biologie et à la génétique la relation humaine la plus précieuse qu’est la relation familiale. Or, il y a beaucoup d’enfants qui s’épanouissent dans le cercle de famille sans être pour autant les descendants biologiques de leurs parents. Par humanisme, notre vision de l’homme est que le lien familial ne peut se réduire au seul lien génétique. Deuxièmement, il s’agit de l’installation de mécanismes de recours à la génétique dans la régulation de problèmes de société. Troisièmement, on considère que l’immigré doit relever pour sa vie de famille de mécanique biologique que pour l’instant on ne songe pas à imposer aux citoyens français.


Stomy Bugsy rappeur

«Une boucherie dans les familles»
Ce projet de loi nous ramène aux heures les plus sombres de l’Histoire, avec les juifs. Un test ADN, normalement, on le fait pour les assassins. Il faut aussi savoir qu’en France 8 % des enfants naissent d’un adultère. Alors, on veut quoi, être responsable d’une boucherie dans les familles ? Même Pasqua, qui n’est pas réputé pour faire dans la dentelle, a critiqué ce projet de test ADN. Sarkozy a le don pour faire sortir le racisme en chacun.


Marie Darrieussecq écrivaine
«Un flicage généralisé»
Ce qui m’a choqué, c’est cette idée dingue que la famille serait biologique. Il me semblait qu’on avait évolué là-dessus, que la famille, c’était aussi l’adoption, sans parler de mes convictions sur le droit des homosexuels à adopter. Pour moi, la famille ce n’est pas la nature. Je ne vois pas pourquoi la France contreviendrait à cette idée dès lors qu’il s’agit d’immigration. Cet amendement est un symptôme d’époque, celui d’une atmosphère de flicage généralisé qui va de pair avec un dévoiement de la science. Et fait toujours porter la suspicion sur l’autre, l’étranger. C’est terrible et grotesque d’avoir à signer une pétition pour rappeler ces évidences.


René Frydman gynécologue-obstétricien
«La génétique ne fonde pas un lien familial»
Ce projet est très offensant pour les étrangers. La loi française de bioéthique refuse la biologisation de la filiation et réserve le recours au tests ADN de filiation aux conflits familiaux graves, portés devant les tribunaux. Cette ligne est juste, la génétique ne fonde pas un lien familial. Il y a une quinzaine d’années, l’Inserm avait étudié l’ADN et la filiation de classes entières d’enfants, dans des écoles et avait découvert qu’une proportion non négligeable des troisièmes rejetons d’une famille n’étaient pas l’enfant de leur père… Ainsi, nous appliquerions aux autres une règle que nous refusons. Ainsi, nous exigerions que des informations biologiques servent de passeport à des étrangers. Cela rappelle de très mauvais souvenirs. Il est vrai qu’une minorité de pays européens se réservent la possibilité de demander des tests ADN pour le regroupement familial. Mais dans ces pays, il n’y a pas de discordances de droit : les tests ADN sont libres d’accès pour tous. Il faut aller au-delà, obtenir une harmonisation au niveau européen de l’usage des tests ADN pour l’immigration, sur la base d’une réflexion éthique.


François Hollande 1er secrétaire du PS
«Cette question dépasse le clivage droite-gauche»
Cette pétition montre que cette question d’ADN dépasse le clivage droite-gauche pour toucher à notre conception de la nature et de la République… Elle met en cause deux principes fondamentaux. La filiation n’est pas un simple lien du sang mais un lien d’affection, d’adoption et d’accueil. On ne peut avoir deux définitions de la parentalité selon qu’on s’adresse aux Français ou aux étrangers désireux d’immigrer en France. Enfin, elle met en œuvre une discrimination : pourquoi le test ADN réservé à des fins d’enquête et de justice devrait régler l’accueil ou le non-accueil des étrangers? Je pense que ce procédé n’est pas destiné à régler une question mais à soulever une polémique. Que Le Pen et l’extrême droite soient les premiers à approuver ce test ADN est ­significatif.


Dominique Sopo SOS-Racisme
«Une offensive contre le regroupement familial»
Le projet Hortefeux a suscité des amendements populistes aux relents xénophobes. Le groupe de députés entraînés par Mariani associe l’immigration à l’image de la fraude pour retirer des droits vécus comme évidents pour les étrangers qui vivent en France et lancer une offensive de taille contre le regroupement familial. L’immigration devient un épouvantail qu’agitent ces ultras. Cela pose la question de la responsabilité du chef de l’Etat. Il a compris que la France était dans une période de repli national et pendant la campagne, il a ouvert les vannes. La question de l’ADN est le symbole de cette suspicion à l’égard des immigrés. D’autant plus grave que l’amendement brise un consensus républicain autour des lois bioéthiques.


Bernard Thibault Secrétaire général de la CGT
«Alimenter le racisme»
L’instauration de tests ADN pour prouver une filiation familiale est présentée par certains députés comme une simple méthode pour organiser «l’immigration choisie». Faire entrer la génétique sur un autre terrain que ceux liés à la médecine et la justice est un choix de société qui peut être lourd de conséquences. Il ne peut certainement pas être traité au détour d’une énième loi sur l’immigration sauf si l’objectif inavoué est d’alimenter un racisme déjà omniprésent. La génétique n’a rien à faire dans la définition d’une famille, sinon il faut se préparer à des milliers de charters pour des milliers de Français «génétiquement illégaux». Ouvrir cette voie, c’est admettre demain de nouvelles ignominies.


Dominique de Villepin ex-Premier ministre
«Une mesure ni utile ni efficace»
Je demande le retrait pur et simple de cette mesure, pour une raison de principe républicain qui dépasse de loin les frontières politiques partisanes. Quelle idée nous faisons-nous du droit de la famille ? Quelle idée de la nation ? Doit-il y avoir une loi pour les étrangers et une autre pour les nationaux ? Cette mesure est profondément attentatoire à nos principes républicains, contraire à la mission universaliste de notre pays. Et elle n’est ni utile ni efficace. Je note par ailleurs que cet amendement divise profondément notre majorité, je pense à Charles Pasqua, à Jean-Pierre Raffarin. C’est aussi le cas au sein du gouvernement, avec les oppositions, notamment, de Bernard Kouchner et de Fadela Amara. Or, sur la question de l’immigration, il faut un très large consensus. Il faut bien sûr lutter contre l’immigration illégale mais avec nos principes, et pour construire une vraie politique d’immigration à l’échelle européenne. Il ne faut pas trahir nos idéaux ni oublier nos objectifs. Il existe une autre vérité, plus stratégique : il est important pour le gouvernement et pour le président de la République de se concentrer sur l’essentiel, et l’essentiel ce sont les réformes économiques et sociales. Tout ce qui nous éloigne de cet objectif n’est pas bon.

27/04/2007

Premier tour: évolution des scores

Voici un petit schéma de l'évolution des scores des candidats. Tassements aux extrêmes, élargissement du centre, de la droite, maintien de la gauche. Sauf évidemment que cette petite comparaison ne prend pas en compte la participation (Nicolas Sarkozy a doublé les voix de Jacques Chirac), et que, comme toujours, il va être extrêmement difficile de savoir ce qui a motivé les Français à évoluer dans leurs choix.

Pour une comparaison des chiffres absolus, faites un petit tour par le site du Conseil Constitutionnel, 2002 et 2007.

29/03/2007

Le nouveau credo centriste: l'anti-système

medium_bayrou2.3.jpg C'est décidément une habitude acquise, pour Bayrou: le discours anti-système. Nicolas l'a déjà assez bien éclairé sur son blog, et j'avais déjà commencé à me poser des questions sur ce qui pourrait s'apparenter à du populisme: cultiver la défiance à l'égard de responsables politiques, qui plus est de responsables politiques démocrates et républicains. Bien sûr, la campagne électorale consiste autant à promouvoir ses idées qu'à démolir celles de l'adversaire. Mais le problème désormais de la rhétorique de Bayrou, c'est cet incessant discours contre le système, contre le fonctionnement de la République façon "UMPS". Certes, il n'a pas encore prononcé le raccourci lepéniste qui met dos à dos les deux principaux partis animant la vie démocratique en France, mais on n'en est plus loin. Jugeons par rapport à son discours de Rennes de mardi soir:

 "Ils sont comme larrons en foire. Ce ne sont pas les meilleurs ennemis, mais les meilleurs alliés, avec une obsession : que personne ne vienne troubler leur duo."  Bayrou se présente lui-même comme "un candidat trublion, soutenu par des millions de trublions", et continue: "On voit aujourd'hui éclater au grand jour leur entente. Compère et Commère veulent que, surtout, rien ne change. Ils ont les mêmes thèmes, les mêmes mots. Ils vont même se mettre d'accord pour être en désaccord. Pour être assurés au moins d'une chose, que le pouvoir se joue entre eux".

 Etonnant, non? Alors je sais bien qu'il n'y a rien de commun entre Le Pen et Bayrou, à part que leur seul créneau électoral à tous deux, c'est de taper sur le système. L'un parce qu'on ne prend pas suffisamment de voix pour figurer au second tour en ne développant que des thèses nationalistes et xénophobes, l'autre parce que l'espace démocratique au sein des partis démocrates et réublicains est déjà pris et qu'il lui faut imaginer un stratagème pour accéder au second tour.

 Ce faisant, François Bayrou accrédite de fait la rhétorique anti-système de Le Pen ou de l'extrême gauche, alors même qu'il dénonce l'utilisation de l'idée de l'identité Français/nationale/républicaine par les deux principaux candidats, et clâme qu'elle fait le jeu du FN.

 Cela me rappelle une vieille rhétorique Communiste. Lorsque ce sont les USA ou bien les pays occidentaux qui font de l'interventionnisme, cela devient la tyranie capitaliste des puissants sur les faibles. Lorsque c'est l'URSS qui intervient en Afghanistan par exemple, c'est du messianisme et la libération des peuples du joug capitaliste. Autrement dit, un fusil n'est qu'un moyen sans grande portée, l'important est de savoir entre les mains de qui on le met. Cmedium_TiersEtat.jpge sera sans doute, d'une façon plus ou moins déguisée, l'argument de Bayrou, tout comme cela l'avait déjà été à la sortie de son livre "Au nom du Tiers-Etat", lorsque, face à Jean-Michel Apathie, il s'était fâché tout rouge après la boutade du journaliste qui le présentait en le comparant à Arlette Laguiller, en fulminant: "on ne peut pas dire cela d'un élu républicain et modéré!"

 

 Et, pourtant, la démagogie n'est pas un instrument, et l'important n'est pas entre quelles mains elle est mise. L'important c'est que dans tous les cas, elle marque les esprits des citoyens, et que dans tous les cas, même si elle peut permettre un élection sur le court terme, elle favorise toujours les extrêmes sur le long terme.

 Il me semble que le référendum du 29 mai 2005 est une assez bonne illustration de ce que donne l'abus de démagogie sur l'esprit commun.

 

(Illustration: Bayrou nous la joue candidat du Tiers-Etat face aux deux grands candidats...) 

24/03/2007

Pour qui voter?

  Comme la plupart des gens qui n'aiment pas vraiment le candidat de leur parti, qui sont déçus par la teneur des débats, qui aimeraient tout de même voir entrer sur scène la politique étrangère, et surtout le sujet Européen, et qui aimerait que s'arrête la surenchère parmanente et mensongère, les promesses à tout-va qui répondent à des exigences de minorités et qui dévoilent une inquiétante propesion à dire oui à tout et à tout accepter au lieu de considérer un projet global, j'ai fait des tests. Merci au Monde.fr et à PAC pour son polimètre.

 J'ai fait des tests pour savoir pour qui voter, un peu comme un enfant ferait un test de QI parce que ses parents s'inquiètent de savoir si la filière générale est vraiment la bonne pour lui. J'ai fait donc deux tests qui ont beaucoup de mérite mais qui à mon sens ne servent pas à grand chose, vu le peu de sujets qu'ils balayent, et vu le peu de profondeur des questions. Mais bon, ce ne sont que des tests, et on ne peut pas trop leur en demander. Sinon, il faudrait que j'aille consulter directement chez un Christophe Barbier ou un Alain Duhamel pour me déterminer.

 A moins évidemment que eux non-plus, ne sachent plus trop où donner de la tête...

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 Je dois bien dire que les trois gais lurons anti-européens, anti-mondialisation, anti-progrès, populistes et xénophobes en brochette au milieu de mon spectre d'affiinités électorales, ça ne m'enchante pas trop.

21/03/2007

Un président qui vous rassemble?

 Bon, j'ai écouté quelques instants du discours de François Bayrou au Zénith ce soir.

 C'est surprenant, pour un "Président qui nous rassemble", cette façon qu'il a eue pendant tout le temps où je l'écoutais, d'opposer les "petits" des "grands". D'opposer les agriculteurs, médecins, infirmières, professeurs, ouvriers (hop, un bon paquet de petits d'un coup) avec "le CAC40", cette nébuleuse qui fait peur et qui évidemment ne peut soutenir que Sarkozy, et vice versa.

medium_bayrou2.2.jpg J'avais déjà écrit quelque chose sur le populisme, qui consiste à diviser la société, à opposer des archétypes sans nuance aucune. On ne peut être que frappé du discours d'un homme qui a tant de fois crié qu'il était victime de caricature et de jugements hâtifs, et qui pourtant se permet d'opposer "les petites entreprises" au "CAC40". Le tout avec en fond une espèce de sortie en philigrane contre Nicolas Sarkozy, qui devient le candidat d'un petit groupe de personnes influentes,à l'opposé du "candidat au tracteur" (Jean Saint-Josse, sors de ce corps!). C'est parfait, c'est exactement ce que Le Pen martèle depuis quelques années. Mais, dit par un centriste, ça passe mieux.

 Et ça passe d'autant mieux que Bayrou ne fait pas que dénoncer, non, il promet à chacun des petits quelque chose pour lui. Pour les agriculteurs par exemple, Bayrou propose un grand marché agricole avec des prix garantis pour les producteurs. Ce qui signifie des subventions à l'exportation, ce qui est complètement interdit par l'OMC. Enfin, il pourrait faire la promesse après tout de convaincre ses partenaires Européens. Encore faudrait-il qu'il ne promette pas à côté de développer l'Afrique et son industrie, notamment dans le secteur primaire. Mais on n'est pas à une contradiction près, n'est-ce pas.

 Aux entreprises aussi, il promet, je viens de l'entendre, un système de soutien et d'aides aux entreprises, notamment par des mesures fiscales avantageuses, et surtout, par un accès à 20% des chantiers publics garanti aux PME. Je me demande bien ce que la politique de libre-concurrence Européenne pense de cela.

 A l'actif de Bayrou, d'autres promesses qui relèvent plus de l'obscurantisme total; moratoire sur lesmedium_bayrou.2.jpg OGM qui va à l'encontre des deux directives Européennes sur le sujet, et moratoire sur le réacteur EPR. Le genre de proposition stupide qu'on aurait pu attendre de Bové l'anti-européen, l'homme du passé, mais pas de Bayrou...

 Bref, je me suis arrêté d'écouter. Je trouvais Bayrou sympathique mais promeuvant une Grande Union qui aurait la force de débat démocratique d'un flamby. Je m'aperçois qu'en plus il dit tout et n'importe quoi, quitte à créer des désillusions et à -encore une fois- faire de l'Europe un bouc-émissaire.

 Ce n'est pas vraiment ce que j'appelle le changement. 

20/03/2007

Grande Union, une vue de l'esprit.

 Il n'en démord pas, Lou Bayrou. Il continue à imaginer une Grande Union, envers et contre tout, et notamment contre la raison et le danger potentiel d'un tel gouvernement pour notre démocratie. je m'explique;

  J'avais déjà expliqué ma méfiance à l'égard d'un projet de gouvernement complètement inamedium_flan.jpgdapté à la situation de la France aujourd'hui. La France d'aujourd'hui, elle est confrontée à des fractures, des inégalités de plus en plus nombreuses, et aussi de plus en plus politique (Europe, libéralisme, fiscalité, par exemple). Le projet de Bayrou (s'il est élu) nous place face à trois possibilités:

 La première, et sans doute la moins mauvaise, c'est un gouvernement minoritaire obligé de composer une fois avec sa droite, une fois avec sa gauche, pour voter des lois. Bien entendu, au premier CPE, les intérêts particuliers et la discipline de parti auront raison de ce gouvernement fragile, et une motion de censure sera rapidement expédiée. Je me demande d'ailleurs comment, dans cette configuration, se tiendrait sa seconde campagne référendaire sur le Traité constitutionnel qu'il appelle de ses voeux. Il y aura toujours des Fabius pour trahir leurs idéaux pour leur petite ambition personnelle. Et je pense que ce genre de déchet de la politique ne sera que multiplié dans ce type de régime. Outre évidemment que du coup le gouvernement minoritaire est un terrible appel d'air à tous les médiocres de France pour avoir un "poste". Vous imaginez un gouvernement de Doustes ou d'Aubrys, vous?

 La seconde, c'est un gouvernement composé d'une majorité présidentielle essentiellement composée de députés sortants élus par un concours de circonstances (Le Pen au second tour en 2002 et nécessité alors d'une majorité présidentielle après 5 ans de cohabitation). Autant dire une majorité plutôt à droite, qui fichera le camp à la première difficulté, ce qui signifie une cohabitation permanente. Le pied.

  La troisième, c'est évidemment la situation de Giscard en 1974. Le soutien d'une grosse machine politique, comme l'UDR d'alors. Mais Giscard s'assumait vraiment du centre-droit, lui. Et qui jouera le Chirac de 74? Sarkozy? Alors même qu'il aura été battu à la présidentielle?

 

 Dans ce tourbillon de cas de figure, une certitude: les nécessaires débats de fond à aborder au sein de la société, les réformes volontaristes à mener, le changement d'état d'esprit à installer, ne seront qu'inexistants. Au mieux remplacés par des querelles de clocher et des disputes purement politiciennes, qui passeront totalement à côté des vrais sujets. Et pendant ce temps-là, le monde tournera, se réformera, se lancera dans le XXIe siècle, en courant.

 Je n'aime pas Nicolas Sarkozy. Ni sa personalité, ni ce que je vois de l'UMP à mon petit niveau local de Boulogne. Mais je suis sûr d'une chose; Sarkozy élu, il y aura du débat, il y aura un combat de boxe démocratique, des upercuts et des directs fournis d'arguments, et des collisions (et, qui sait, des collusions?) d'idées. De débat, de dialogue.

 La vie démocratique, quoi. 

16/03/2007

Une occasion unique de Parler d'Europe!

 Tandis que Berlin (présidence Allemande oblige!) organise une énorme fête samedi 24 mars pour célébrer les 50 ans du Traité de Rome, avec des groupes et artistes des 27 Etats-membres (dont par exemple Joe Cocker ou Babylon Circus), moi je resterai à Paris.

 Bon, alors dit comme ça c'est frustrant, mais en contre-partie, je pourrai voir les trois principaux candidats de la Présidentielle être mis sur le grill à propos de l'Europe, chacun son tour pendant une heure. C'est au Palais des Congrès, à partir de 9h, et l'ouverture est de Jose Manuel Barroso himself. N'hésitez pas, sur vos blogs, auprès de vos amis, à relayer l'événement: la salle contient 1000 places.

 

13/03/2007

Grand Jury Européen le 24 Mars!

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

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*  *  *

Les jeunes interpellent les candidats à l’élection présidentielle

Le 24 mars prochain à 9h, au Palais des Congrès de Paris, près de 1000 étudiants et élèves des plus grandes écoles et universités françaises, représentées dans le Grand Jury européen, se réuniront pour interpeller les principaux candidats à la présidentielle sur leur projet européen pour la France.

Jamais le débat démocratique n’a été aussi riche que lors du référendum de mai 2005 sur la Constitution européenne. Jamais les jeunes – que l’on dit par ailleurs indifférents à la politique – ne se sont autant engagés qu’à l’époque.

Europe + jeunesse + politique : c’est l’équation du Grand Jury européen.

 « Qu’avez-vous fait de notre vote du 29 mai ? » ; « Quelles seront la parole et l’ambition française que vous porterez en Europe si vous êtes élu ? »… Ce sont ces questions que le Grand Jury veut poser à celles et ceux qui, demain, représenteront notre pays et défendront ses idées.

Démocratie, politiques d’avenir, économie, affaires étrangères, voisinage… Les membres du Grand Jury demanderont aux candidats de se prononcer sur les 10 propositions du Manifeste européen qu’ils préparent ensemble depuis plusieurs mois. Les réponses qu’ils obtiendront permettront d’évaluer concrètement la force et la sincérité des engagements de chacun.

Quatre candidats, dont les partis sont représentés au Parlement, ont été invités à « plancher » devant le Grand Jury. MM. François Bayrou et Nicolas Sarkozy ont déjà fait part de leur intérêt pour la démarche. Et les autres ?

 

Les membres du Grand Jury européen sont issus des établissements :

AgroParisTech, Ecole Centrale, Ecole spéciale des Travaux publics, ESCP-EAP, ESIEE, HEC, Institut d’Etudes Politiques de Paris, Normale Sup’, Mines, Paris I (Panthéon-Sorbonne), Paris II (Panthéon-Assas), Paris IX (Dauphine), Paris X (Nanterre), Paris XI (Jean Monnet) et Supelec.

 

Contact presse :

Pierre Catalan, représentant de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

legrandjuryeuropeen@yahoo.fr

 

 

NB: Merci à Eklectik et à David Carayol d'avoir déjà relayé le message!! 


06/03/2007

Bayrou, débat démocratique et société

 En fait, la note d'avant-hier sur la démocratie et les relents de totalitarisme de certains candidats de cette présidentielle constituait le premier volet de la décantation promise après la conversation que Charles et moi avions eue à la dernière République des Blogs. Nous nous inquiétions notamment du discours et de l'idéalisme de François Bayrou face à l'exigence de la démocratie, et surtout sa fragilité.

medium_Aristote.jpg En fait, nous établissions qu'on peut, avec pourtant les meilleurs sentiments du monde, faire beaucoup de mal à la démocratie. Et nous nous demandions si ce ne serait justement pas le cas de Bayrou. Vu comme ça la République des Blogs ça a l'air un peu prise de tête mais je vous assure, c'était une discussion vraiment intéressante, comme vous allez le voir.

 J'ai déjà dit que la société provoque de fait des oppositions, des inégalités en son sein. Certains naissent fort, d'autres faibles, par exemple. Il y a eu dans l'histoire plusieurs stratagèmes pour faire en sorte que la démocratie ne concerne qu'une société ultra homogène qui organiserait parfaitement le pouvoir. J'ai parlé de la "Politique" d'Aristote, mais au XIXe siècle en France le vote censitaire constituait lui-même une façon d'homogénéiser la société concernée par la démocratie: seuls les pesonnages les plus riches, instruits, de la société pouvaient voter. Les ouvriers constituaient en quelque sorte les esclaves de la république Athénienne de Platon, et les femmes n'avaient pas le droit de vote.

 Pourtant, il n'y a qu'une seule façon de gérer pacifiquement les inégalités et les fractures que provoque toute société humaine, c'est la démocratie, c'est la confrontation sans concession, musclée et volontaire, mais respectueuse, des idées. Dans le contexte démocratique aujourd'hui, nous avons des néo-totalitaires qui n'ont aucune envie de régler pacifiquement les conflits de la société (voir la note du 4 mars), et il y a les démocrates.

 Et ce que Charles et moi craignons, c'est que la présidence Bayrou, sans utiliser évidemment les mêmes moyens, ait les mêmes effets qu'un totalitarisme. Que ça provoque la dilution des conflits, des débats, dans une espèce d'ennui, de consensus mou et établi à minima, qui ne ferait que larver les conflits en attendant qu'ils explosent, façon crise des banlieue, mais de plus diversifiée. 

 

 La seule façon en fait de briser les clivages et rendre la société raisonnable c'est un débat honnête, emprunt d'humilité et de franchise. Sans justement faire de la grande union à la Bayrou, les politiques devraient reconnaître que ce qui est fait par leurs collègues de l'autre bord n'est pas complètement mauvais, qu'il y a des choses à conserver. C'est l'honnêteté. L'humilité ça consiste à accepter qu'on ne peut pas tout savoir et tout organiser seul, qu'on a besoin d'expertise et de conseil de la part de la société civile, des groupes d'intérêts et d'association. C'est une vraie bonne gouvernance dans tous les domaines de gouvernement.

 Dire cela, ce n'est justement pas la Grande Union. C'est vouloir conserver l'alternance, le débat, le combat démocratique, le rendre sain et passionnant, humble et honnête. Permettre à chacun de s'y impliquer, si ce n'est pas par le biais du parti, par le biais d'un engagement associatif qui a un sens réel.

05/03/2007

Star de la blogosphère

 "c’est pour moi le plus brillant par la qualité de ses posts et de ses réflexions. Europhile convaincu, il devrait voter normalement pour Nicolas Sarkozy. A moins peut être qu’il se rende compte qu’il a fait trop de pizzas party et qu’il n’entame un régime."

 De qui parle Laurent de Politoblog? Bon, c'est à cause du régime que vous avez deviné. Laurent propose un rapide tour d'horizon des choix des blogueurs qu'il lit fréquemment; on n'en trouve que deux en faveur de Nicolas Sarkozy, et j'avoue que ça ne me met pas très à l'aise que le second soit Loïc Le Meur. Sinon évidemment grosse proportion de Bayrou-fans bon gré, mal gré, et des blogueurs PS qui se sont fait une raison et voteront Chabichou.

 Comme je l'ai dit chez Quitterie, cette élection, c'est le vieux dilemme du coeur et de la raison; le vote Quitterie emmène autant vers le vote Bayrou que le vote Solère/Baguet éloigne du vote Sarkozy. Mais je ne voudrais pas que mon président en 2007 soit le résultat d'une passade, d'un coup de coeur. Je me remets donc à ma raison, et Nicolas Sarkozy est sans doute le candidat le plus raisonné, et le plus raisonnable.

 Moi aussi Laurent, j'aurais bien voulu voter pour moi, à la réflexion...!