31.12.2007

Bonne Année...!

voeux2008

Bonne année à tous. 2007 a été particulièrement chargée. Alors je vais tenter de retenir quelques dates tout de même. Importantes pour moi.

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 1er Janvier: Une Union Européenne à 27 avec la Roumanie et la Bulgarie! 

 9 Mars: Jean-Pierre Fourcade démissionne et laisse la place à l'ancien directeur du budget de la France Pierre-Mathieu Duhamel à la mairie de Boulogne.

 10 Mars: Sarkozy me choque en liant immigration et identité nationale. Je commence à me demander à quoi ça rime.

 18 Mars: lancement de la campagne de Dorothée à Boulogne pour les législatives. 4 mois époustouflants.

 30 Mars 2007: Sarkozy me dégoûte de le soutenir en prononçant ce discours et en renvoyant en 2007 à la tête du peuple Allemand la "Solution Finale". Je me tâte: arriverai-je à voter pour quelqu'un qui me dégoûte et dont les manières m'insupportent? 

 19 Avril: je laisse chez Laurent un commentaire: "j'entame un régime" qui signifie en gros que je ne voterai pas Sarkozy.

 22 avril: je ne vote effectivement pas pour Nicolas Sarkozy. Mais je vote électronique! Et à part le symbole de l'urne, je trouve le système parfait.

 30 avril: TF1 nous fait une poussée d'émotion: Grégory Lemarchal est mort.

 2 Mai: Blogging en live du débat Sarko-Royal avec Eolas, Jules de Diner's Room, Damien et Versac (et j'en oublie). Mon visitomètre crève le plafond avec 5000 visites en une soirée.

 6 Mai: La victoire de Sarkozy consacre Johnny, Arthur, Christian Clavier, Jean Roch et et Mireille Mathieu. Pénible impression d'avoir vécu une campagne nulle avec des candidats nuls.

 18 Mai: Gouvernement Fillon. Optimisme: Juppé a le ministère du XXIe siècle. 

 25 Mai: Moquons-nous allègrement de la profession de foi et de la veste usée de Pierre-Christophe Baguet.

 10 Juin: Je préfère avoir perdu avec Dorothée qu'avoir gagné avec Baguet. Une jolie campagne.

 19 Juin: Pessimisme, Juppé quitte le gouvernement. Je ne sais pas pourquoi, j'ai commencé alors à avoir l'impression que ça devenait fantoche.

 Juillet: le Tour de France a t-il encore un sens?

 8 août: Lois anti-esclavagistes en Mauritanie. Et oui, il y a des pays où ça existe encore.

 31 août: départ pour Montréal, retour prévu début février.

 20 septembre: Facebook me propose de soutenir les moines Birmans. Soutenir depuis mon canapé sur facebook, ça doit leur faire une belle jambe.

 18 octobre: Grèves monstrueuses en France. L'annonce du divorce du couple élyséen leur vole la vedette.

 20 octobre: l'UMP entre bruyamment sur facebook, on peut s'en moquer. 3 mois plus tard, qu'est-ce que ça a changé en réalité?

 21 novembre: Pour son anniversaire, Jacques Chirac est mis en examen. Dommage, on commençait juste à le regretter au regard des clowneries de Sarkozy.

 27 décembre: Bénazir Bhutto est assassinée. Comme dans toute grande démocratie, c'est son fils de 19 ans qui lui succède à la tête du parti (Pitié, n'assassinez pas Ségolène Royal!).

 

Nous rappellerons les mémoires de l'Abbé Pierre, de René Rémond, d'Arthur Schlesinger, de Lucie Aubrac, de Jean Baudrillard, de Jean-Pierre Cassel, de Boris Eltsine, de Mstislav Rostropovitch, de Jean-Claude Brialy, de Ulrich Mühe, de Mohammed Zaher Chah, de Michel Serrault, de Pierre Messmer, de Raymond Barre, de Bizot, et de Maurice Béjart.  

 Et la naissance de Zacharie le 8 décembre.

25.12.2007

Joyeux Noel!

 Un petit film fait dans la nuit de dimanche à lundi...

 4 mois à Montréal. Départ pour New-York le 6 janvier! Désolé pour l'inactivité du blog, les jours de Noël sont fatigant, et le Consulat de Russie à Montréal aussi, bref, pas trop la tête à commenter le voyage de Sarkozy en Egypte en avion de son pote Bolloré. Ce qu'il y a d'embêtant avec cette démonstration permanente de fric, paillettes et vie privée, c'est le risque de banalisation. En 5 ans, je crois qu'on aura vraiment une démocratie qui aura régressé. Peut-être pas l'expression du vote, mais sur les motivations et les sujets de campagne, qui risquent de devenir totalement ad-hominem, en effaçant comme c'est le cas déjà, le fond des sujets.

Allez, joyeux Noël. On est pas là pour déprimer:

11.06.2007

Des bleus à l'âme

27b44b81b0c6a877ba5bcc1e5c502a79.jpg Il convient évidemment de féliciter Nicolas Sarkozy d'avoir aménagé une vague bleue aussi forte, et d'avoir aussi bien réussit le début de son mandat, en plein état de grâce. En plus, depuis qu'on l'a vu un poil éméché en conférence de presse du G8, il apparaît beaucoup plus humain qu'il n'était jusqu'à présent.

 Il convient aussi de féliciter les députés réélus dès le premier tour; au premier rang desquels François Fillon, Jean-Louis Borloo, Eric Woerth, Hervé Morin, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, ministres. Il convient de féliciter Pierre-Christophe Baguet, qui a été réélu hier malgré nos efforts depuis 4 mois. Il aura sans nul doute réussi à mieux parler aux Boulonnais. Même si au cours de cette campagne j'ai pu constater que je n'avais pas que des désaccords de personne avec notre député, mais aussi des profonds désaccords politiques. Il est contre le mariage homosexuel, pour l'inscription des racines chrétiennes de l'Europe dans un traité constitutionnel, il est globalement très conservateur et très "tradi"... En plus d'être complètement incapable sur un sujet important comme l'ISF, où il ne réussit qu'à apporter un lustre de connaissances, émaillé d'anecdotes d'hémicycle qui doivent impressionner les retraités de Boulogne, son électorat de base.

 

 Il convient aussi de tirer des conclusions plus générales sur le système politique Français après cette élection et cette abstention record, qui est l'exacte opposée de l'élection précédente: pas ou peu de débat public, absence totale dans les médias ou presque, désintérêt évident des citoyens pour le sujet... Jamais la réaction des citoyens aura été aussi dérisoire par rapport à l'importance de l'élection. Et jamais nous n'aurons eu confirmation de la tendance globale des Français, qui sont légitimistes.

 On voit bien la présidentialisation du régime: le président élu, les Français non seulement votent un mois plus tard pour la majorité présidentielle, mais s'abstiennent en masse, ce qui est un fort révélateur de la perception de l'importance de l'élection pour l'opinion. Cela ne laisse que peu de place aux candidats challengers, cela ne laisse que peu de place à l'appréciation de la qualité des candidats qui se présentent.8c4bef6e88e38c818c0f2cd90c6d2592.jpg

 Là ce qui compte, c'est l'étiquette. Le seul argument de la campagne sera, pour les uns: "je suis avec le Président que vous avez choisi", pour les autres "laissez nous un espace démocratique pour organiser une bonne opposition!". Dans ce contexte, difficile d'exister quand on est un candidat qui n'est pas étiquetté, et qui préfère avancer des arguments d'un programme, que d'avancer une figure.

 C'est à dire qu'hier, une chèvre avec le label UMP aurait pu être élue. Aujourd'hui, un collègue UMP avec qui nous avons pu avoir de gros différends, me l'a confirmé: "objectivement, je trouve que la campagne de Dorothée était bonne, mais on ne peut pas lutter contre l'investiture UMP à Boulogne. Elle a eu le mérite d'animer la campagne". Et de confirmer que le système actuel favorise la médiocrité... en m'informant qu'Eric Raoult est en ballotage plus que favorable au Raincy.

 Concernant notre campagne, voilà: nous avons publié des tracts, avec des textes, des choses importantes à lire. Nous avons mené campagne en expliquant, en parlant et en essayant de sortir du débat d'étiquette. En face, l'UMP a fait plus efficace, avec une équation simple: Baguet = Sarkozy = majorité présidentielle. En s'appropriant le monopole de la majorité présidentielle, ils ont tout dit: le reste de la campagne n'a été que dénigrement, auquel nous avons répondu de notre mieux.

 Hier soir, j'ai donc été triste de voir que nous avons raté notre objectif premier: mettre Pierre-Christophe Baguet en ballotage. Nous avons fait 11%, ce qui, au creux de la vague bleue, est honorable, mais nous n'avons pas réussi à persuader l'électeur de l'importance de l'élection, du courage et de la compétence que doit avoir un député. M. Baguet a gagné en cultivant la paresse intellectuelle de l'électeur, en adhérant complètement à la médiocrité du système. Nous avons eu à coeur de considérer que l'électeur avait droit à une meilleure appréciation de la démocratie. Et manifestement, l'avenir n'appartient pas à ceux qui considèrent que la politique et la campagne, c'est élever le débat, et le citoyen.

 L'abstention a favorisé le sortant, dont l'électorat s'est apparemment beaucoup plus mobilisé que celui du centre ou de la gauche, par rapport à la présidentielle. Nous verrons maintenant si le député Baguet saura expliquer les lois qu'il vote, surtout au moment où commenceront les frictions sociales et les malaises.

 D'ici-là, l'image d'hier soir, c'est Pierre-Christophe Baguet montant les marches de la mairie sous les cris "bienvenue chez toi!" (il a été viré de l'équipe municipale en 2001 pour voir toujours oeuvré contre le maire dont il était premier adjoint) "Baguet/Solère à la mairie!"... Les médiocres ont déjà la tête à l'année prochaine.

 La déconfiture démocratique continuera t-elle longtemps?

01.06.2007

Le jogging

 "Claude tous les matins il faisait son...?"

"son lit?"

"Son jogging bande de buses! Faut que vous sachiez les filles, que quand les Delpech les Dave les Sardou rentraient de boîte de nuit pétés comme des coings, Claude lui, dès poltron-minet, il était ici, et il joggait. Ok? Et ça c'est un exemple à suivre!"

 Il y en a au moins un qui a retenu la leçon de Podium, donnée par Benoît Poelvoorde, à 1'10 dans la vidéo.


11.05.2007

La curée, ou l'intérêt personnel avant tout!

medium_curee.jpg Décidément, cet enchaînement présidentielle puis législatives laisse songeur. On pourrait croire que la politique c'est vraiment quelque chose de noble n'est-ce pas... Et cependant nous avons d'un côté des partis politiques uniquement motivés par la majorité à l'Assemblée, quel qu'en soit le prix, moral surtout, et de l'autre des élus qui abandonnent vite tout courage politique et toute conviction pour garder leur siège. Il ne manque à Hervé Morin, Pierre-Christophe Baguet, Maurice Leroy et ces quelques autres qu'une pancarte "A vendre" pour compléter la panoplie.

 D'un côté, François Bayrou. Le "responsable" politique Français qui a participé à cette situation anti-démocratique complètement ubuesque, en trépignant en 2001 pour l'inversion du calendrier électoral, qui rendait les élections législatives dépendantes des présidentielles. Aujourd'hui, le petit François est bien embêté, parce qu'il se rend compte soudainement que l'état de Grâce ça existe, et que l'intérêt personnel et l'égoïsme des élus de la nation aussi. Ceci dit en égoïsme et en intérêt personnel, il n'est pas mauvais non-plus...

 De l'autre côté, l'UMP. Son tout nouveau président de la République, ses 365 députés sortants, son pouvoir d'achat bien supérieur aux autres formations politiques sur le marché du cynisme, du fait d'une rentrée de gains électoraux énorme après l'élection présidentielle, et peut se permettre de conditionner les votes des électeurs des 10 et 17 Juin. A l'UMP on a bien compris comment étouffer Bayrou: création d'un pôle du centre ayant vocation à remplacer l'UDF tout en obligeant Bayrou à s'isoler sur la gauche, mise en coupe réglée des UDF prodigues sous l'ombre imposante d'André Santini, et bienveillante de Gilles de Robien. Contrat de législature pour éviter toute félonie, obligeant les députés ralliés à voter les futurs budgets et lois de financement de la sécurité sociale.

 A ce propos, je fais une digression, mais mon député à moi, élu en 2002 en étant inscrit à l'UMP puis parti siéger à l'UDF par la suite a justement "oublié" de voter pour les budgets de 2004, 2005, et 2006, ainsi que pour les lois de financement de la sécurité sociale de 2003, 2005, 2006 et 2007 (vérifiable ici). Et le plus drôle c'est que Baguet (mon député, donc), est justement investi par l'UMP cette année. Il faut dire que, ne vivant que de ses mandats électifs, le chômage lui poserait un problème de ressources.

 

 Bref, en ce moment on est en train de vivre un vrai bonheur de tractations politicardes qui révèlent que le vrai problème de la démocratie en France, c'est que les élus peuvent être réélus à l'infini. Peut-être devrait-on penser, outre une inversion du calendrier électoral, à limiter les mandats non-pas dans le nombre, mais surtout dans le temps! Pas plus de deux mandats de suite pour tous les mandats, sauf municipal, ça me semble très sage.

 En attendant, le spectacle continue. La création de pôles factices permettant la constitution d'une majorité asservie va continuer, les crapauds se jeter dans la soupe et Bayrou continuer sa stratégie désastreuse, personnelles et électoraliste.

 Quant à Baguet et consors, on dit bien que "c'est un plaisir de traiter avec des imbéciles: on les achète pour leur prix réel, et on les revend pour le prix qu'ils pensent".

10.05.2007

Tony Blair partira le 27 juin!

 Tony Blair quittera le 10, Downing Street le 27 juin, et laissera la barre à son minitre de l'économie Gordon Brown. Je suis particulièrement heureux que Tony Blair, qui est certainement le plus pro-européen des premiers ministres Britanniques depuis Edward Heath en 1970, ait décidé de ne passer le pouvoir à son eurosceptique Dauphin qu'après le Conseil Européen des 21 et 22 juin, qui a notamment pour buts de fixer l'avenir du Traité Constiutionnemedium_tony_Blair.jpgl Européen.

 J'espère que Tony Blair saura se montrer courageux et oser engager son pays dans un véritable esprit de relance Européen. Pour ce qui est de son bilan, j'imagine que Thomas aura beaucoup plus de choses à dire dessus. Je retiendrai la paix en Irlande du Nord, un taux de chômage qui avoisine ce que l'on appelle le "chômage structurel" (c'est à dire le plein-emploi), le début d'une défense commune Européenne, et surtout, un esprit de construction et un pragmatisme, une humilité, qui nous ont permis entre 2003 et 2004 de forger le meilleur compromis possible pour rénover les institutions Européennes, et lui donner les moyens de ses ambitions. Souvent les Français s'imaginent pouvoir donner des leçons d'européanité aux autres, et particulièrement aux Anglais. Tony Blair a vraiment joué le jeu de l'Europe pendant 10 ans.

06.05.2007

6 mai, 20h, ça commence!

 Et nous y voilà! A peu près 53% de voix plus tard, avec une participation qui ne laisse aucun doute sur ce qu'ont décidé les Français, Nicolas Sarkozy deviendra, dans 10 jours, le sixième Président de la Ve République. Quel style de présidence? On a quelques indices: présente, active, et j'espère compétente et honnête avec les Français. Je ne soulignerai pas l'ironie qu'il y a à dire "je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas", alors qu'on a dit tant de mensonges sur l'euro, la politique fiscale commune, ou Airbus. Cela mériterait plutôt des articles de fond.

 On ne peut qu'être satisfait, globalement, que les Français aient considéré que Sarkozy était le plus capable pour guider la France pendant cinq années. Je dois avouer que pendant l'entre-deux tours je n'ai pas toujours été très enthousiaste à l'idée que Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy puissent faire l'objet d'un choix pour cinq ans. Le premier tour avait un intérêt pour vraiment observer l'impact de la campagne sur la société, observer les comportements électoraux et les grands courants qui séparent les Français.

 Le second tour fut à l'image du débat, ni l'un, ni l'autre n'ont pu enthousiasmer, inspirer la passion, hors de la polémique, et donc du militantisme dur, dans sa définition la plus étroite.

 En vérité si l'on croit en la démocratie, et si l'on considère que la Ve République est un régime formellement plus parlementaire que présidentiel, tout commence en juin. Avec et après les élections légslatives. Il faudra alors observer qui des très nombreux militants, apparatchiks et autres courtisans de la campagne seront capables de convaincre, de construire, de changer les mentalités. Je vous rassure, j'aurais dit la même chose si Ségolène Royal avait été élue.

 Sarkozy ce soir a rappelé ses grands chantiers. Les bons: le plein-emploi, la relance Européenne, l'environnement, une économie plus efficace, des soucis sociaux plus équitabls. Les mauvais: "en finir avec la repentance", par exemple. Il sait que les Français qui ont voté pour lui l'attendent au tournant, il sait que ceux qui l'ont rejeté le voient sous un jour peu reluisant.

 J'espère qu'il saura le négocier, ce tournant. 

03.05.2007

Le débat Sarkozy/Royal

medium_courrier_inter.gif Pour plus de clarté je rassemble ici les huit notes que le débat d'hier m'a fait écrire. Comme je comptais être le plus exhaustif et le moins confus possible ceci explique cela. Quant à mes impressions, j'avais mis sur papier quelques questions avant le débat, que je comptais bloguer avant le gong du premier round, mais je n'en ai absolument pas eu le temps.

 Question image, Ségolène Royal a t-elle pu démontrer de l'humour, de la compétence, de la sympathie, de l'agressivité? A t-elle su réussir à parler de façon fluide? Nicolas Sarkozy a t-il réussi à montrer un jour humain? A t-il su sortir de ses manies rhétoriques habituelles? A t-il pu montrer un peu d'humour?

 J'ai l'impression que globalement ce débat a complètement manqué d'humour,  par la faute de l'un comme de l'autre. La courtoisie artificielle de Sarkozy a pu passer pour de l'humour, mais j'ai l'impression que c'est plutôt du comique de situation. Royal a commencé très mal le débat, en récitant une réponse complètement décalée et artificielle, puis s'est chauffée façon diesel, en parlant de mieux en mieux. J'ai la nette impression qu'une fois sortie des sujets économiques qui l'handicapaient un peu (en gros les quatre premiers rounds), elle a surclassé Sarkozy, sans plus avoir besoin de trop d'agressivité, qui est la marque de ceux qui ne maîtrisent pas trop la situation.

 Nicolas Sarkozy a eu l'intelligence de contenir le débat sur ses propres thèmes au début, en s'engouffrant avec délice dans le sujet de la sécurité que Royal a eu la bêtise d'entamer. Dommage, question institutions, pouvoirs du parlement, décentralisation et démocratie participative, Ségolène Royal aurait eu des choses à lui opposer. Lui n'a jamais été réellement agressif, en balançant juste ici et là quelques piques, et préférant s'adresser à PPDA quand ce qu'il avait à dire était un peu violent.medium_debat1.gif

 Les deux ont réussi à montrer l'image inverse de celle qu'ils ont montré jusqu'à présent. Sarkozy est resté calme, sans doute au prix de gros efforts, et Royal a été agressive mais pas incorrecte, l'inverse de la poupée de son de meetings.

 On a en gros fait le tour de tous les sujets, plus ou moins superficiellement. Quelques éclaircissements, mais on a plutôt assisté à une énorme séance de flood histoire de noyer les poissons (super jeu de mot, non?). Et le pire, c'est qu'on dirait que les deux en étaient plutôt satisfaits. 

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23,6°C le soir: H - 5 minutes

Born to be wild: un début effréné.

Rocky II; round 2, le chômage.

Rocky III; round 3, protection sociale

Rocky IV; round 4, ficalité.

Rocky V; round 5, l'environnement.

L'étoffe des Héros; round 6, l'éducation

"L'Europe c'est important"; round 7, Europe et International 

02.05.2007

"l'Europe c'est important"

23h02: Le sujet Européen.

Royal dit pouvoir rassembler le NON et le OUI. L'Europe doit savoir protéger contre les délocalisations, contre la mondialisation. Routine de l'Europe par la preuve: recherche, environnement, chômage, protocole social... Nombreux sont les chantiers de l'Europe par la preuve (en ce qui concerne le chômage il va falloir songer à donner à l'Europe les moyens d'honorer les promesses de Royal...)

Sarkozy enterre le TCE présenté en 2005. Il pose clairement l'équilibre widening / deepening pour approfondir les institutions. Pour rassurer les Français, il propose la préférence communautaire (l'OMC doit bien se bidonner), et l'abolition de la règle de l'unanimité (ouf!!!!). Il engage Zappatero sur son Traité simplifié, ce sera intéressant de suivre le sujet.

Quant à la réforme institutionnelle, ce sera par le Parlement. Argument hypocrite sur "le traité simplifié ne sera pas le TCE, il n'y a donc pas besoin de le passer par referendum".

Royal répond à Sarkozy sur la Turquie. Elle persiste dans sa réponse habituelle: "les Français seront consultés par référendum" (hélas), et "vous faîtes peur aux Français à en parler trop tôt!". Elle a donc tort sur la première partie, et raison sur la seconde: peut-on imaginer un président qui ne prenne pas position sur un référendum ratifiant un traité d'adhésion mené par des diplomates sous mandat politique? 

C'est quand même lamentable que le sujet Européen du débat entre deux présidentiables se résume à la Turquie. Sarkozy n'a manifestement rien compris à l'idée de frontière en Europe, et Royal n'a manifestement pas les connaissances suffisantes pour parler du reste. Cela semble arranger tout le monde.

 

PPDA entame le débat sur l'Iran. Nous aurons donc eu 10 minutes sur l'Europe sur la Turquie. 

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Et hop, on va digérer en deux temps trois mouvemens les sujets de l'Iran et du Darfour. C'est quand même incroyable de passer l'Europe et les sujets internationaux en toute fin de débat, en dix minutes. Les sondages ont du dire que les Français ne s'y intéressent pas. This is the PAF way of life.

Selon Royal, les politiques d'immigration doivent être concertées avec l'Espagne et l'Italie, et plus globalement au niveau Européen. Mais le véritable enjeu reste l'aide au développement (ça tombe bien, l'Europe s'en occupe, il suffit à la France de tenir ses engagements de Cotonou).

Nicolas Sarkozy développe le concept de l'immigration choisie, plutôt bien d'ailleurs. 

 

Ma batterie me laisse finalement complètement tomber. Avec une prise électrique pour trois, il eut été étrange s'il en avait été autrement. La fin du débat revient au yahourt, Sarkozy sort "Coeur de femmes", une association dont il ne voulait pas parler mais qu'il a exhibée au "Grand Journal" de Denisot, tandis que Ségolène Royal soutient la régularisation généreuse au cas par cas.

Ultime bêtise de Ségolène Royal, qui dit que la moitié des lois ne sont pas appliquées faute de décrets d'application. En réalité, entre 2002 et aujourd'hui, ce sont 85% des décrets d'application qui ont été promulgués.

 

23h28: La fin du débat consiste à remplir la différence de temps de parole. Le "débat projet contre projet" nous rend une sacrée image des acteurs de notre démocratie... 

L'étoffe des héros

22h39, l'éducation.

Nicolas me sauve au péril de sa batterie en se débranchant. Alleluja. 

Sarkozy passe à la litanie de l'éducation anti-modèle 68, avec des enfants qui se lèvent, sans casquette, avec des enseigants qui auraient les moyens d'imposer l'autorité. 

Royal embraye, en oubliant que c'est elle qui a commis la fameuse circulaire interdisant aux enseignants d'imposer des "lignes" aux élèves. Elle continue, la considération à apporter aux enseignants, le soutien scolaire à apporter aux élèves... On aborde enfin le sujet des ZEP. Royal propose le soutien individuel qui lui semble indispensable pour combler l'inégalité entre ceux qui peuvent se faire aider par leurs parents, et ceux qui ne peuvent pas. La tribune continue, ça semble préparé à l'avance, mais ça a beaucoup de cohérence, et elle gagne des points. Et pof, elle avait une jolie rose en éclosion, qu'elle gâche avec le retour des clichés, de "l'autorité juste", et des "postes qui ferment". Elle propose enfin l'école à échelle humaine et 17 élèves par classe en ZEP. En gros c'est carré, c'est complet.

Sarkozy doit répondre, plus de culture oui, mais aussi plus de sport. Mens sana in corpore sanum, l'apologie du sport pour régler la discipline. Il faut plus de places de crèches, et solutions alternatives évidemment. Il propose en sus un "droit opposable" sur les gardes d'enfants. Slogan sur ce droit opposable: "passer de la république des droits virtuels à la république des droits réels". Brouhahaha avec un sarkozyste qui vient nous exprimer son militantisme. La fin de l'intervention de Nicolas Sarkozy est inaudible.

Royal répond en dénonçant le "summum de l'immoralité politique" au sujet de l'intégration des élèves handicapés à l'école de la République. Elle précise qu'elle a élaboré un système très perfectionné pour intégrer élèves handicapés à l'école maternelle, qui a été "détruit" par le gouvernement Raffarin. Les uppercuts et les directs du gauche se suivent, Sarkozy répond mal en lui demandant de se calmer. Royal commence à prendre sérieusement le dessus sur ce sixième round.

Je dois dire que nous sommes tous morts de rire à la phrase de Sarkozy "pour être président il faut être calme". Il insulte/provoque une femme scandalisée et manifestement blessée, et ce n'est vraiment pas positif.

Sarkozy se raccroche à Giscard, reprend le "monopole du coeur", et suit avec un manifeste foutage de gueule sur le Président qui doit garder ses nerfs.

 

Le round éducation 100% acquis à Ségolène Royal, on passe au sujet Européen. 

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