22/03/2009

Convention du PS - quelques images

Cambadélis était MC, dans son arrondissement (La Villette, XIXe)

Camba, la main à la poche

 

Harlem Désir était un peu seul contre un militant CGT

harlem desir

 

Harlem Désir était entouré ensuite (et Benoît Hamon avait vu un truc pas clair au fond à droite)

Equipe PS IdF

 

Catherine Trautmann a fait un vachte bon discours

Equipe PS Grand Est

20/12/2007

"J'aurais voulu Brett Sinclair..."

 Attention, billet 100% méchant. Un spécialiste (sic: voir le lien) travaillant pour Bernard Accoyer me demandait tout à l'heure pour quelle raison je n'avais pas encore parlé de l'investiture UMP à Baguet. Allons-y, donc.

Soyons originaux. Et si nous faisions un récit croisé, et romancé, de Pierre-Christophe Baguet et de Pierre-Mathieu Duhamel, qui tous deux risquent de s'affronter aux municipales Boulonnaises. Le premier est député, conseiller général, élu à Boulogne depuis 1983 (ce qui ne l'empêche pas de se présenter comme une "nouvelle tête"), le second est maire de Boulogne et travaille à côté dans la vie vraie, pour le groupe Caisse d'Epargne. 

  Pour vous mettre dans l'ambiance, lisez le billet en écoutant la musique.

 

 Le 11 mai 1955 naît à Paris Pierre-Christophe Baguet. Un beau bébé de 3,8kg. Un an et demie plus tard, à Boulogne, le 17 novembre 1956 (Joyeux Anniversaire Monsieur le Maire!) naît Pierre-Mathieu Duhamel, un bébé plutôt chétif de 2,6kg, avec, déjà, un grand front intelligent d'énarque. Le petit Pierre-Christophe a lui beaucoup de cheveux, et un petit front étroit.84eeb307c827462b05feb3b4d6e38163.jpg

 A l'école, le petit Pierre-Mathieu est discret. Il s'est mis à parler tard et continue à économiser sa parole: mieux vaut agir. Il s'exprime à bon escient uniquement, en choisissant ses mots avec soin. Il finit les phrases de son institutrice, au besoin les corrige. Pierre-Mathieu pourrait s'ennuyer à l'école, mais l'observation de phénomènes sociaux et physique en réseau social clos comme une école primaire fascine ce petit garçon de 8 ans.

 Le petit Pierre-Christophe est plus turbulent. Il est plutôt du genre à jouer au foot à la récré et à oublier sa trousse plutôt comme Pierre-Mathieu, de sagement ouvrir un livre et soigneusement tailler ses crayons. Pierre-Christophe apprend très tôt à imiter la signature de sa maman, parce que comme il n'est pas vraiment ami avec ce chouchou de Pierre-Mathieu, il ne peut pas copier sur lui lors des contrôles.

 Le collège passe vite pour Pierre-Mathieu, qui continue de se passionner pour les méthodes plus ou moins brutales des pré-pubères à chercher un alter-ego de l'autre sexe, selon des conventions qu'ils auront repéré dans le modèle social dans lequel ils ont baigné. Cela lui rappelle un peu "Alter Ego", le livre qu'Alain Renaud et Sylvie Mesure n'ont pas encore écrit. Les cours ne l'ennuient pas. Il profite du cours d'histoire de 5eme pour se passionner pour "Les Rois Maudits", et les mémoires du Cardinal de Retz le fascinent en 4eme dans son cours sur l'Ancien Régime. 

9cda7455754b7610a4aa433b6e6e46fd.jpg Pour Pierre-Christophe, le collège est pénible. Heureusement, il y a les scouts et le catéchisme pour l'occuper. Très tôt, Pierre-Christophe fait montre de beaucoup d'ingéniosité lors des cache-caches dans la forêt, en faisant semblant de fermer les yeux en comptant pour être le plus fort de tous les scouts et recevoir une médaille. Grâce à ces fins stratagèmes que nul ne soupçonne, le petit Pierre-Christophe monte rapidement les échelons du scoutisme. Ses parents sont fiers de lui: "ben il est pas très bon à l'école, mais c'est un meneur d'homme ce petit", clâme son père.

 Le lycée est pénible pour nos deux héros. Pierre-Mathieu de son côté, trouve vraiment que l'éducation nationale devrait réformer ses programmes: enfin, quoi! On a déjà vu tout le programme de seconde en 5eme, et tout le programme de terminale en 3eme! En plus, comme son front ne cesse de grandir, ses camarades de classe aux cheveux longs et touffus se moquent un peu de lui.900984cd946ff9445feeea44eee842d2.jpg

 Pierre-Christophe a des problèmes autrement plus graves. Ses addictions le poursuivent et l'empêchent de travailler correctement.  Le catéchisme lui prend beaucoup trop de temps, et avec ces responsabilités chez les scouts... Pas moyen de travailler. Mais Pierre-Christophe ça ne le dérange pas trop, parce que depuis qu'il a 13 ans, son père dit que c'est pas grave de pas être bon à l'école, tant qu'on est un meneur d'hommes. Alors...

 Pierre-Mathieu a son bac à 17 ans, avec mention, tandis que Pierre-Christophe rate l'examen. "Qu'à cela ne tienne, rugit Pierre-Christophe, les scouts ça apprend beaucoup mieux la vie que l'école. On fait peut-être pas d'économie, mais on sait allumer un barbecue avec des silex!"

 Ainsi, tandis que Pierre-Mathieu s'engage dans la voie des classes préparatoires, Pierre-Christophe explore celle du sport et du centre de loisir Boulonnais. Cet athlète confirmé, dont le corps a été aiguisé par les longues expéditions à genoux sur les pentes de Saint-Jacques de Compostelle, et le cerveau affûté par les chansons d'autocar entre scouts, devient entraîneur de l'équipe de Basket poussins au centre de loisirs.

 En 1981, alors que les parents Chrétien-démocrates de Pierre-Christophe s'enfuient dans la maison de campagne pour ne pas voir les chars soviétiques débouler sur les Champs Elysées, Pierre-Mathieu sort de l'ENA avec ses camarades de promo; François Goulard ou Laurent Perpère. 

 

 L'année qui suit est pour Pierre-Mathieu comme pour Pierre-Christophe l'année de LA grande rencontre de leur vie. Pierre-Mathieu découvre le ministère de l'économie, des finances et du budget, où il est administrateur civil. C'est le coup de foudre. Pierre-Christophe découvre lui André Santini, qui va devenir son pygmalion, et pour lequel il se met à travailler, en devenant son directeur de Cabinet à Issy les Moulineaux. En échange, André demande poliment à Georges Gorse, qui constitue sa liste pour les municipales de 1983, de prendre le jeune homme qui sait allumer un feu avec des silex dans son équipe. Pierre-Christophe est élu conseiller municipal.

 Dans les années 80, nos deux héros travaillent ici et là. Avec André Santini à Issy les Moulineaux, avec André Santini au ministère des rapatriés, avec André Santini au ministère de la Communication pour Pierre-Christophe, au ministère du budget, de l'économie et des finances, puis au Conseil Général des Hauts de Seine, puis à la mairie de Paris pour Pierre-Mathieu.

 En 1991, alors que Pierre-Christophe, devenu maire-adjoint en 1989, participe à son premier putsch contre le premier édile Boulonnais, Pierre-Mathieu devient directeur adjoint du cabinet du Maire de Paris Jacques Chirac. L'année suivante, alors que Pierre-Christophe est premier maire-adjoint du putschiste Paul Graziani qui a viré Georges Gorse, Pierre-Mathieu devient directeur des finances et des affaies économiques de la mairie de Paris.

 En 1994, alors que Pierre-Christophe est destitué de ses charges après un putsch raté contre Paul Graziani, Pierre-Mathieu continue de travailler avec Alain Juppé. Pierre-Christophe décide d'arrêter toute activité professionnelle à 40 ans, tandis que Pierre-Mathieu devient directeur adjoint de cabinet du Premier Ministre.

 En 1995, Boulogne-Billancourt est une ville sinistrée financièrement. Nos deux héros en font l'amer constat, même si l'un deux a fait partie de l'exécutif gestionnaire de la ville depuis déjà 12 ans. C'est pourquoi André Santini impose à Pierre-Christophe de faire équipe avec Jean-Pierre Fourcade, ancien ministre des finances, et surtout, candidat malheureux au poste de Commissaire européen. Jacques Chirac président, Paul Graziani, malgré sa mauvaise gestion, est reconduit par le RPR. Mais on lui importe Pierre-Mathieu, gestionnaire de choc aux expériences déjà impressionnantes, à 39 ans.

 On connaît la suite. Alors que Paul Graziani perd l'élection au profit de Jean-Pierre Fourcade, Pierre-Mathieu se retrouve conseiller municipal Boulonnais, se ralliant rapidement à l'équipe en place pour participer au redressement de la ville. Pierre-Christophe devient lui député, en 1997, et après cette date décide de préparer un troisième putsch contre le troisième maire avec qui il travaille. Le putsch rate. En 2001, Pierre-Chistophe troque sans en avoir trop le choix son ambition municipale contre un fauteuil de Conseiller Général, tandis que Pierre-Mathieu devient adjoint au maire de Jean-Pierre Fourcade. La période 2000 à aujourd'hui voit un duel à distance entre l'équipe de Fourcade qui essaie de construire des choses, et Pierre-Christophe qui s'empresse de critiquer et soutenir les recours posés au tribunal administratif.

 En 2002, alors que Pierre-Christophe craint pour son siège de député, il devient au dernier moment candidat UMP et UDF pour l'élection, pour ensuite siéger avec François Bayrou. Au même moment, ou presque, Pierre-Mathieu devient directeur du budget de la France.

 En 2006, Pierre-Christophe, conseiller général des Hauts de Seine et député UDF, disciple du puissant André Santini, se dit que peut-être, pour conserver son siège contre les crocodiles UMP qui montrent des crocs, il lui faudrait un brevet de Sarkozysme, tout puissant dans son département. Il appelle courageusement et contre toute logique, à voter pour le favori de l'élection. Pierre-Mathieu succède lui à Jean-Pierre Fourcade.

 Mercredi dernier, Nicolas Sarkozy a décidé qu'il préférait Pierre-Christophe, qui sait allumer un feu de camp avec des silex et écrire des lettres pour donner l'illusion de l'action, pour gérer une ville de 110000 habitants et au budget conséquent, plutôt que Pierre-Mathieu, fidèle compagnon d'Alain Juppé qui n'a pas l'expérience du scoutisme, mais qui a celle de la gestion, et qui s'est découvert depuis 1995 celle des gens et des rencontres.

 Qu'importe l'intérêt supérieur des Boulonnais. Il fallait donner à Pierre-Christophe la monnaie d'échange de son appel si risqué à voter Sarkozy. Mais en 1995 le candidat du président avait été battu. Alors...

05/11/2007

Facebook, politique et sociologie

Il y a eu la critique de la petite manipulation par de petits intoxicateurs, il y a eu la critique de l'utilisation purement marketing si peu intéressante de tout phénomène de mode internet, dont facebook est un exemple, passons à une réponse un peu sociologique, peut-être même juste de bon sens, à la question qui revient inévitablement sur le tapis lorsqu'on parle de politique et de nouvelles technologies: "Mais ça se voit que tu es un sale élitiste! Si Delanoë/Pécresse est sur facebook c'est pas pour toi, c'est pour se rapprocher des jeunes qui ne s'intéressent pas à la politique!"

 Cet argument est bête. Pour deux raisons. La première vient tout simplement du profil socio-professionnel des utilisateurs de facebook, la seconde vient de ce que l'on pourrait appeler une théorie des réseaux sociaux. Facebook, on l'a assez dit, est une plateforme née des campus Américains, et qui a élargi son public peu à peu en 3 ans, jusqu'à aujourd'hui compter 46 millions de personnes de par le monde. C'est, comme le disait Versac, un peu comme les blogs. Quelques uns s'y mettent, puis des plateformes se créent, on peut choisir son blog selon le message que l'on veut faire passer, du skyblog "tof, kikoo, lol" à des blogs de nouvelles technologies ou à des blogs politiques. Facebook c'est un peu la même chose. Il y a des utilisateurs qui se servent de facebook parce que leurs amis y sont, et ça s'arrêtera toujours là (skyblogs, blogs les plus nombreux en France), il y a les utilisateurs de Facebook qui s'en servent déjà comme outil de marketing (des groupes permettant d'aborder tel ou tel sujet de consommation...), ou comme agrégateur de plein d'applications éparpillées (flickr, twitter, netvibes et j'en passe), et il y a des gens qui font de la politique et qui s'intéressent à internet. Le plus petit nombre. Ils ont souvent des contacts avec ceux qui s'intéressent au marketing ou aux nouvelles technologies, tout comme ils en avaient sur les blogs.

 Il n'y a qu'à expérimenter une carte des réseaux sociaux de n'importe lequel de ces hommes politiques (si quelqu'un pouvait m'en passer une...?). On s'apercevra qu'il est ami avec un bon noyau d'individus déjà reliés entre eux, comme une communauté de blogueurs, une cellule de parti politique local, et avec quelques personnes ça et là, peu nombreux,et tous étudiants dans le supérieur.

41c9d14c2c05e7da48be48195a538031.jpg Parce que facebook est par nature un outil internet élitiste (la politique aussi est élitiste, d'ailleurs). Encore un peu plus que ne l'étaient les blogs. Sur facebook il faut avoir des amis. Or, à moins d'être déjà membre d'une communauté avant de s'inscrire sur facebook, on a peu de chance d'y rencontrer ses amis. Exemple: ma carte de réseau social facebook montre quatre grands pôles de réseaux:

Celui de Sciences Po (rouge), de loin le plus nombreux. Les étudiants de Sciences Po sont connectés, ils se croisent souvent, même sans très bien se connaître, ils sont tous amis.

Celui de Montréal entre l'Université de Montréal (bleu et vert) où j'étudie et Concordia, où mes colocs étudient.

Celui de la blogosphère (orange clair), qui s'est constitué pendant l'été 2007.

Celui de mon lycée (violet), dans le XVIe arrondissement. Des jeunes a priori pas en deficit de civisme, ni en déficit d'argent.

 

 En d'autre termes, les utilisateurs de facebook sont en leur grande majorité des gens qui son connectés à internet quotidiennement, qui ont un peu de temps à perdre dessus, et qui ont des chances d'y élargir tous les jours leur réseau social. En résumé, le total opposé d'un jeune de banlieue qui se trouve délaissé par la politique.

 Et quand bien même, il y a aurait un réseau social entier de jeunes non-issus de milieux aisés, non-parisiens, et non-étudiants en niveau supérieur, ce réseau social, hétéroclite pour le moins, est par nature le plus éloigné du réseau social "naturel" des politiques qui s'inscrivent sur facebook.

 

 Pour conclure, l'homme politique ne sert à rien sur facebook, sinon à m'agacer à m'envoyer des invitations pour des réunions et autres manifestations à relayer sur les blogs comme des moutons. Le meilleur moyen d'intéresser "les jeunes qui se désintéressent de la politique", c'est de s'attaquer à leurs problèmes et d'écouter ce qu'ils ont à dire pour de vrai. Pas par le truchement d'un pauvre outil bidon comme facebook.

 J'ajouterais pour finir que facebook est encore en cela moins utile que les blogs, car facebook étant un site communautaire privé, aucune production intelligente n'est mise à disposition sur les moteurs de recherche. C'est donc du relationnel tronqué. Rien d'autre. Une assez bonne illustration du marketing politique aujourd'hui.

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Epilogue, aujourd'hui 5 novembre 22h39 (heure du Canada), quelqu'un m'ajoute parmi ses contacts.

- "Bonjour, je suis un peu confus, je n'ai pas le souvenir qu'on se soit rencontré...!" envoyé-je

- "il me semble (sic) que si, à un meeting ou aux universités d'été." répond-il

- "Ah oui, en effet, ça explique tout..." conclus-je. 

20/10/2007

Facebook et politique

La scène se passe quelque part rue de La Boétie (génial auteur de la Servitude Volontaire). Un troufion stagiaire quelconque, jeune populaire, et Thierry S. Thierry S est quelqu'un de très important. En tout cas il s'en donne l'air. Il est secrétaire à la fédération numérique de l'UMP. Un enjeu majeur hors élections.
 
 Troufion: "Salut Thierry, comme j'avais rien à fiche ce matin, comme tous les jours d'ailleurs, je me suis créé un compte facebook, c'est trop bien, j'ai pu déjà y retrouver tous les autres stagiaires et assistants parlementaires de l'UMP avec qui je glande toute la journée!"
 
 Thierry S: "Ah c'est bien ça, crois-tu que ça soit exploitable d'une quelconque façon?"
 
 Troufion: "Boarf, je sais pas trop, c'est un site de réseaux sociaux ulra viral qui permet à n'importe qui d'envoyer des invitations à rejoindre des groupes de n'importe quoi. Tu me croiras si tu veux, mais Yves Jégo s'est déjà créé un compte Facebook. Et il a déjà plein de potes qu'il ne connaît même pas!"
 
 Thierry S: (hmmm... Surtout ne pas montrer ma jubilation alors que je viens de trouver un moyen de me faire mousser en haut lieu à l'UMP sans bouger un poil de paume de main) "Ouais, une bonne récréation quoi."
 
 Troufion: "Bon, ben je vais déjeuner".
 
 Thierry S: "Tu me rapportes une pizza du coin? C'est l'UMP qui régale!"
 
 Troufion: (qu'il est cool ce mec)
 
 
 Bien sûr cette scène et ces personnages sont fictifs. Quiconque y verrait un quelconque rapport à la réalité serait un vrai paranoïaque.
 
 Toutefois voilà, je suis utilisateur de facebook, et je trouve ça super parce que j'ai retrouvé des amis de longue date, des amis lointains, et que depuis Montréal je peux échanger beaucoup de choses avec eux. Grâce aux applications de facebook je remarque que la théorie du petit monde n'est pas du tout absurde. J'ai adhéré à des groupes sympathiques; "My friends are getting married, I'm just getting drunk", ou bien "J'ai un humour de merde et j'assume". Comme n'importe qui peut créer un groupe, on a pu en créer un de Sciences Po à Dijon, etc. Mais depuis quelques temps (depuis que je commence à accueillir des blogueurs parmi mes amis en fait), la politique a fait irruption dans cet espace de détente, et le marketing politique qui va avec aussi.
 
 Revenons sur l'intérêt qu'il y a à créer un compte facebook pour un homme politique. Tout d'abord, ça fait jeune. Accessible. N'importe quel inconnu peut devenir le "facebook friend" de Bertrand Delanoe ou Yves Jégo. C'est ultra viral et fonctionne encore plus efficacement qu'internet: n'importe lequel de vos amis sur facebook peut vous inviter à rejoindre un groupe, participer à un événement, donner votre opinion sur quelque chose. Il est aisé de vous créer votre propre réseau social, et pour peu qu'il soit impressionnant, ça peut éventuellement inspirer le respect d'un ingénu.
 Récapitulons: facile de créer un réseau social, moderne, jeune (peu d'utilisateurs de plus de 35 ans), viral, extrêmement rapide. Le terrain parfait pour l'exercie de la démagogie internet sous prétexte "d'aller chercher les électeurs où ils se trouvent". 
 
 Revenons à notre politique fiction.
 
La scène seconde se passe dans un bureau du 1er étage de la rue La Boétie (visionnaire auteur de la Servitude Volontaire, l'ai-je déjà dit?). Thierry S frappe prudemment à la porte de Nadine M, porte-parole du parti politique le plus moderne de France.
 
 Thierry S: "Pardon de te déranger Nadine, voilà, j'ai planché super longtemps sur un projet internet génial, ultra viral, c'est complexe... théorie des réseaux sociaux, viralité du concept, construction d'un espace web UMP, cible jeune, travail de longue haleine mais nous y sommes presque. Nous pouvons dévoiler à la presse que l'UMP EST SUR FACEBOOK! Encore un coup d'avance sur ces crétins du MoDem et du PS!"
 
 Nadine M: "Hum. Thierry, je ne vous tutoie pas. C'est très bien, quel est le nom du truc déjà? FaïceBouque? Intéressant. Puisque c'est votre dossier, présentons-le à la presse demain voulez-vous? ... Et cessez de manger devant moi c'est agaçant!"
 
 Thierry S: Dis, tu placeras un mot pour moi à qui vous-savez?
 
 Nadine M: Bien sûr Thierry, bien sûr. (quelle engeance ce type, à quoi sert-il?!) 
 
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 Voici la conférence de presse:

 
 
 Pour vous dire toute la vérité, cela prend environ 3 secondes de créer un compte Facebook, à peu près 4 jours de retrouver les blogueurs et autres types de l'UMP habituels, et environ 1 minute pour créer un groupe "fédération numérique de l'UMP". A peu près 2 jours pour rameuter les militants et blogueurs UMP de facebook qui, comme leur statut l'indique (militant jeune et blogueur) passent leurs journées sur internet et sur le site de facebook. 
 
 Depuis quelques temps, je vois donc les groupes de soutien et autres intoxications auto-publicitaires éclorent sur facebook. Si ce n'était que ça. On m'y invite: "eh, Pierre, toi qui blogues, tu devrais adhérer au groupe de soutien à machin qui compte se présenter dans le trou du cul de la France!".
 
 Cela m'agresse et c'est très désagréable. Des jeunes populaires (et autres militants, soyons juste) croisés au hasard d'une réunion de blogueurs UMP veulent grossir leur réseau social et m'ajoutent. Cela m'agace, je dois refuser.
 
 "La Servitude Volontaire" d'accord. Mais là je n'ai rien choisi. Et cette stratégie marketing agressive et proprement virale a le don de passer à un autre genre de servitude. Elle ennuie tous ceux qui se fichent éperdument de "machin qui compte se présenter dans le ville de Chose sur Oise". En plus qu'il n'a d'ailleurs aucune influence ni écho qui dépasse les frontières d'un réseau social naturellement constitué: le milieu des militants partisans (de partis politiques, pas de causes plus universelles type Europe ou Droits du Bonze Birman) est très restreint.
 
 Et ce qui m'agace le plus, c'est que sur cette énorme intox, les Thierry S du monde entier puissent faire croire qu'ils servent à quelque chose. Et sans vergogne aucune continuer leur marketing politique à la petite semaine. Le tout de façon d'ailleurs très maladroite, avec effet vitrine mais pas de fond ni aucun concept pour matérialiser ce "militantisme en ligne". J'aimerais bien trouver une statistique sur le taux de fréquentation des groupes auxquels les utilisateurs de facebook ont adhéré. Il doit être bas.
 
 Il me semble que ce coup de gueule est un poil violent. Mais je crois qu'on a souvent du mal à différencier ce qui relève de l'intox et ce qui relève du vrai travail. Surtout quand comme Mme Nadine M on a beaucoup à faire et qu'on se fiche totalement de la "fédération numérique de l'UMP". Pour l'instant le concept est fumeux et n'importe quel troufion pourrait se charger de s'en occuper.
 
 A voir les noms des créateurs de ces divers groupes, c'est d'ailleurs le cas. 

04/09/2007

Vélib à Boulogne, ou quand PC Baguet nous prend pour des imbéciles

Je n'en parle pas souvent, parce que si on devait parler de tous les types qui pensent que faire de la politique se résume à publier sur leur site des lettres qu'ils ont pris deux minutes à torcher, alors on serait bien perdu. Mais bon, aujourd'hui je vais quand même parler de Pierre-Christophe Baguet, député de Boulogne-Billancourt, lorgnant sur la mairie comme la misère sur le monde, avec si il était élu à peu près les mêmes effets à prévoir, d'ailleurs.

M. Baguet n'est pas un député bien actif. Il n'est pas absent non-plus. C'est un type moyen-médiocre, un peu comme il a du être à l'école, et ça satisfait tout le monde qu'il soit député, malgré tout, parce que bon, si la démocratie devait s'encombrer d'exigence intellectuelle, où irait-on?

M. Baguet est député. Il a su accrocher les bons wagons et retourner sa veste aux bons moments. Et sans doute aimer un minimum les gens. Il est député depuis 1997, et a des vélléités municipales à peu près depuis 1989. Conseiller municipal, puis maire-adjoint, puis plus rien à partir de 2001 (enfin si, Conseiller Général), m. le député Baguet est censé connaître tous les rouages de la vie d'une ville. D'ailleurs sans ça il ne serait pas un candidat sérieux à la mairie.

M. Baguet connaît donc la règle des appels d'offre municipaux. Il ne faut pas qu'ils soient attaquables, ou que l'on puisse prouver qu'ils sont truqués. S'il ne le savait pas, il ne serait pas un candidat sérieux à la mairie.

M. Baguet, je l'ai dit, n'a pas grand chose à faire. Il écrit donc plein de lettres à tout le monde, et en fait publicité sur internet. L'illusion de l'action, toujours. Le but du jeu est simple: récupérer un événement ou un phénomène qui intéresse les gens ou les choque, pour donner l'illusion de l'action. Quitte éventuellement à jouer Janus et à dénoncer une politique ou un phénomène (état d'une route départementale par exemple) qui pourrait relever de son autorité (de conseiller général de la ville, par exemple). Jouant ainsi sur l'ignorance du bon peuple.

Mais je parlais d'appels d'offre.

La mairie de Paris a récemment ouvert des Vélib'. Je le sais et j'en ai bien profité cet été, avant de partir pour Montréal, où les gros pick-ups changent l'atmosphère.

Suivez le raisonnement du rusé (sic) Pierre-Christophe Baguet: Vélib' est un succès. Les Boulonnais aiment Vélib'. Je vais donc écrire une lettre au maire de Boulogne (dont je veux prendre la place), et publier cette lettre sur mon blog, pour qu'il y ait des Vélib' à Boulogne. Ce faisant évidemment le but n'est pas qu'il y ait effectivement des Vélib' à Boulogne, mais bien que les Boulonnais puissent voir que moi député de Boulogne, je donne des conseils à ce pauvre technocrate de Pierre-Mathieu Duhamel (qui lui, a le bac, mais comment a t-il fait?! Je le déteste), même si dans mon simplisme, je risque d'aller contre la loi.

Sauf que voilà. Pour qu'il y ait des Vélib' à Boulogne, il faut que la ville fasse un appel d'offres. Et que donc toutes les entreprises puissent y participer à égalité. JCDecaux comme les autres.

Hélas, trois fois hélas, le matériel Vélib' parisien est déjà fabriqué par JCDecaux, et son système d'exploitation aussi. Il est assez improbable que Boulogne ne prenne un système que Boulonnais (genre il faudrait prendre un Vélob' à Boulogne pour changer et prendre un Vélib' porte de Saint-Cloud), et il est compliqué alors d'imaginer que l'appel d'offres ne soit pas dès le départ truqué, donc attaquable, puisque bien évidemment, on va prendre JCDecaux, étant donné que c'est le prestataire de Paris.

M. Baguet nous prend donc pour des veaux. Mais on dirait que c'est la mode en ce moment. Au lieu de s'en prendre à Pierre-Mathieu Duhamel, il ferait mieux d'interroger le maire de Paris. Mais ça nécessiterait de travailler le dossier... Et ça c'est usant, hein.

 

A moins qu'en fait il soit sincère, comme en atteste la mention en fin de lettre d'une copie de celle-ci à Jean-Claude Decaux lui-même (mais pas à ses concurrents). Mais si c'était le cas, il ne serait pas un candidat sérieux à la mairie. Et on pourrait donc continuer à avoir une mairie bien gérée avec Pierre-Mathieu Duhamel.