05.05.2009
Paillé: Arnaque ou Imposture?
Dominique Paillé est un ancien UDF passé à l'UMP en 2002 après avoir été exclu du parti du Bayrou (souvenez-vous la guéguerre entre l'Union En Mouvement de la droite menée par Alliot-Marie et -déjà- l'UDF de Bayrou menacé).
Dominique Paillé sort un livre, en même temps que Bayrou, ça économise des frais de pub: "Les habits neufs des faux centristes".
Il justifie ainsi le titre (citation de mémoire): J'ai suivi François Bayrou tant que sa tactique était claire, de centrisme faisant jeu avec la droite. Mais il s'est aperçu que pour son succès personnel, il valait mieux adopter un discours de gauche. C'est un imposteur parce que Bayrou est un vrai homme de droite.
Honnêtement, que Bayrou soit de droite ou de gauche, alors que l'UMP nous explique à longueur de journée que l'Ouverture correspond au constat qu'il faut être pragmatique et que les solutions de droite et les solutions de gauche n'existent pas, qu'il n'y a que des bonnes ou des mauvaises solutions, je trouve ça malhonnête.
Dominique Paillé n'a pas quitté Bayrou quand Bayrou s'est tourné vers le PS (ou en tout cas l'anti-UMP). Il a quitté Bayrou quand Bayrou menait une UDF encore très centriste plan-plan. Sauf que, sans doute, il a du, en 2001-2002, trouver meilleur avantage personnel (investiture UMP pour les législatives par exemple) à jouer le jeu de Chirac. Il a la mémoire courte.
Enfin, Dominique Paillé (battu aux législatives 2007 et aux sénatoriales 2008, il y a une justice) est aujourd'hui porte-parole de l'UMP. L'UMP, dont les bureaux politiques se font à l'Elysée, ou en tout cas en présence de Sarkozy.
Sarkozy, un vrai homme de droite parlementaire qui a conçu que pour son succès personnel, il valait mieux adopter un discours de droite dure, voire un peu extrême.
Dominique Paillé, il est bien dans ses habits tout neufs de l'UMP? Il trouve que son after-shave sent bon?
08:14 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
13.04.2009
Kouchner n'est pas un homme d'Etat
Intéressant revirement de Bernard Kouchner au sujet de la Turquie dans l'UE la semaine dernière. Il était pour, et après le sommet de l'OTAN, plutôt contre.
Au même moment que Sarkozy pouvait tenter d'utiliser le soutien d'Obama à l'entrée de la Turquie dans l'UE à trois niveaux: un niveau fédérateur avec ses quelques partenaires européens ouvertement anti-Turquie dans l'Union (Allemagne, Autriche), un niveau électoral en en faisant un sujet de campagne pour les Européennes, et un niveau de popularité, en étant en phase avec l'opinion contre le nouveau Dieu sur Terre (Obama).
Voilà la justification de Bernard Kouchner: «Oui, parce que j’ai été très choqué par cette forme de pression qui a été exercée sur nous» (par Ankara, lors de la nommination de Rasmussen comme secrétaire général de l'OTAN).
C'est formidable non? Le Premier ministre turc procède à un chantage douteux (cf. retour des caricatures danoises), donc les Turcs ne sont plus prêts à entrer dans l'UE.
Si tous les hommes d'Etat étrangers étaient comme Kouchner, avec Sarkozy comme Président, les Français ne seraient plus prêts d'entrer nulle part...
22:25 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : kouchner, europe, turquie, sarkozy, obama, erdogan
07.04.2009
Renovatio Stupideo Horribilis
N.B quelques modifications de détail ont été faites sur ce billet, suite aux commentaires qui le suivent.
Attention, scoop.
Il y a encore 5 ou 6 ans, en 1ere année de SciencesPo, dans le beau cloître des Cordeliers de Dijon où le Premier cycle Europe - Europe centrale et Orientale avait élu domicile (avant de déménager dans un quartier plus cossu), je fréquentais un forum politique, sur internet. Je ne sais pas s'il existe encore. Il s'appelait "Forum Politique". Fastoche.
En même temps que je préparais exposés et fiches techniques dans la belle bibliothèque gothique du cloître, j'actualisais certaines pages de ce forum, où j'échangeais. C'était récréatif. Le "Forum politique" avait inventé un concept rigolo: des élections du forum, permettant aux utilisateurs d'élaborer des programmes électoraux, de débattre des grands sujets de ces simulations électorales.
Las! Les espaces d'expression (notamment hébergés au Canada, ce qui était le cas de celui-ci) sur internet sont souvent le repère et le lieu de rendez-vous des laissés pour compte de l'intelligence collective. Sur ce forum, un type avait développé en quelques 20000 contributions, une pensée originale. Enfin, si l'on peut dire.
Le type, Thomas F*****, s'était trouvé un pseudo de bon goût, Stahler (contraction de Staline et Hitler), et prônait un socialisme national et européen. Une rénovation de la civilisation occidentale née en Grèce, mêlant les références vikings à celles de l'Illiade et l'Odyssée. En gros, le programme se résumait à "indépendance envers les grandes puissances comme les USA", "Rejet de toute immigration et reconduite de tous les individus non-Européens au-delà des frontières de l'Europe", et établissement d'un système socialiste entre bons Aryens.
Et puis j'ai quitté ce forum, parce que j'avais découvert des passestemps bien plus marrants, comme la politique en vrai. Et parce que j'avais l'impression d'argumenter contre des moulins. Des moulins anonymes.
Mais j'ai comme une impression de déjà-vu, là.
Là, c'est l'histoire de Roman Bernard. Roman Bernard, un type qui cherchera sans doute un jour du travail, et que les recruteurs vont googliser, et j'espère bien que cet article contribuera à garantir sa réputation et qui ne semble pas se rendre compte à quel point ses tribulations sur internet risquent de lui nuirent.
Roman Bernard a commencé nostalgique de Napoléon, gaulliste un peu flippant, très renfermé sur la nation, mais bon. Puis Roman a réfléchi en espace clos, en laissant des idées incohérentes pourrir dans sa petite caboche pour leur trouver une cohérence.
Quand Roman Bernard a eu trouvé des cohérences entre des concepts assez dissemblables, il a commencé à s'ériger en penseurs Appuyé par des savoirs d'articles de magazines plutôt que des lectures complètes. Dernièrement par exemple, Roman fait un contresens assez marrant sur Samuel Huntington et le "choc des Civilisations". Passons.
Roman Bernard a ouvert un blog pendant que ses idées incohérentes s'entrechoquaient. Pour faire partager le monde de son importance. Je ne critique pas, je pense faire un peu pareil dans mon coin. Et puis il a rassemblé autour de lui autant de blogueurs qui adhéraient à un aspect d'une idée flottant dans l'espace réduit servant de boîte cranienne à Roman.
Autant de blogueurs qui le quittent à présent que Roman a créé
RENOVATIO OCCIDENTALIS (effacé depuis, ouf).
J'incite tout lecteur à lire la charte de "Renovatio Occidentalis". Et tant qu'à faire, à lire un peu de la prose de Roman Bernard.
A repenser à Stahler. A ce courant de pensée qui a toujours vécu depuis la révolution industrielle et le début d'échanges commerciaux, de mobilité internationale, de métissage des cultures et des gens.
et tant qu'à faire un voyage dans les sombres contrées de la pensée humaine, à aller lire, de façon anecdotique, la présentation du PSUNE, créé par Thomas F*****/Stahler. Et a comparer. Pour voir jusqu'où la digression de Roman Bernard risque d'aller s'il ne se reprend pas.
Cf. ci-dessous (cliquez sur l'image):
18:50 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (47) | Envoyer cette note | Tags : roman bernard, blog, extrême droite, nationalisme, renovatio occidentalis
30.03.2009
Un jour en France
Ce soir devait se tenir le premier débat contradictoire entre les principaux candidats de la région Ile de France pour les élections européennes (les élections sont organisées en 8 grandes circonscriptions régionales).
Michel Barnier, Marielle de Sarnez, Harlem Désir, Daniel Cohn-Bendit et Patrick Le Hyaric avaient répondu présents. SciencesPo avait grâcieusement prêté son amphithéâtre Emile Boutmy, Christophe Jakubyszyn, rédacteur en chef de RMC avait déjà donné de son temps pour préparer l'animation et les thèmes du débat.
Mais voilà, en ce moment en France, il y a des réformes. De l'enseignement supérieur, notamment. Ces réformes, que nous ne jugerons pas, ont été lancées un peu toutes en même temps. L'une succédant à une autre, à peine enterrinée. Les propositions de loi délicates se chevauchant et cristallisant les mécontentements.
Les étudiants ont peu de moyens de montrer leur désaccord, dans notre organisation démocratique: le pouvoir consulte peu les syndicats étudiants en amont, qui sont peu représentatifs. Les projets de loi ne donnent pas l'impression d'être l'objet d'un grand débat de le démocratie représentative. Autrement dit, les revendications des étudiants n'ont pas l'air d'inspirer l'opposition.
Et les médias ne renforcent pas cette impression, loin de là.
Les étudiants ont un pouvoir de nuisance par l'inactivité approchant le néant. Un étudiant, par nature, contribue peu au PIB en allant à l'université. L'Etat investit sur l'étudiant à ce moment de sa vie.
Que peuvent faire les étudiants? Manifester. Bon. Mais il y a dans le mouvement actuel comme une agression envers les nantis, les élites. Sans même comprendre qu'un étudiant est de facto partie de l'élite (et oui, il n'a pas encore si courant de faire des études supérieures en France), celui de l'université va aller manifester son mécontentement devant ce qu'il considère comme des élites en devenir. Le raisonnement est simple:
Sciences Po forme certaines des futures élites professionnelles ; or les élites cassent le peuple ; nous sommes le peuple ; donc nous devons casser Sciences Po
Donc, occupation de SciencesPo. Joli pied de nez au service de sécurité privé qui filtre l'entrée de l'école étudiant par étudiant. Occupation il y a 2 semaines, occupation la semaine dernière...
SciencesPo, naturellement, se pose des questions. Ne se pose sans doute pas les bonnes d'ailleurs. Les questions prioritaires que se pose SciencesPo, c'est de savoir comment se protéger de ces invasions montées avec des complicités internes.
Technique de la terre brûlée: annulons tous les événements accueillant un public extérieur à l'école, fermons-nous sur nous-mêmes, et nous prêterons moins à invasion.
SciencesPo ne se pose évidemment pas la question de savoir si, effectivement, il est normal que certains de ses professeurs disent aux étudiants "oh, vous savez, pas la peine de vous compliquer la vie pour un CV. Jouez la carte SciencesPo et piochez dans l'annuaire des Anciens". SciencesPo ne se demande pas s'il est véritablement du rôle de son directeur de faire la tournée des lycées dans le cadre d'une mission pour Nicolas Sarkozy.
Un jour en France. L'histoire du battement d'aile de papillon. Les étudiants contestataires de la loi LRU ont occupé l'école semi-privée. L'école ferme ses portes aux événements. Parmi les événements, le premier (et sans doute l'un des seuls) débat public contradictoire des élections européennes.
Au final, on est en droit de se demander qui a gagné quoi que ce soit dans l'histoire.
Un espoir: tous les candidats ont exprimé leur envie de se rencontrer pour débattre, avant le 7 juin. Partie remise?
19:58 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : sciences po, lru, iep, descoings, barnier, désir, cohn-bendit
25.02.2009
Un jeune diplômé à 1 euro 50
Son annonce a vite fait le tour des journaux en ligne. Yannick s'est mis en vente sur e-bay, las des envois de CV et des entretiens qui ne donnent rien (300 CV envoyés, une vingtaine d'entretiens, pour une recherche de 5 mois déjà).
Le garçon est titulaire d'un master 2 en Intelligence économique et management des organisations à Bordeaux.
Son université doit le maudire. Si le jeune homme n'a pas trouvé d'emploi, cela veut-il dire que sa formation est mauvaise? En allant rapidement sur le site internet de l'Université Montesquieu Bordeaux IV où Yannick a effectué son master, je vois que le master "Intelligence économique et management des organisations" est récent puisqu'il date de 2006. Impulsé par le Conseil régional dans le cadre d'un programme pilote.
Je vois que c'est une formation qui laisse le choix de la professionnalisation par l'apprentissage. Comprendre: l'étudiant, à un moment du master, vraisemblablement en année 2, effectuera 2 semaines en entreprise, 1 semaine en cours, et ainsi de suite pendant le semestre ou l'année. L'apprentissage étant un processus de pré-embauche.
Surtout quand on a des entreprises partenaires. Ce qui est le cas de l'Université Montesquieu: Air Liquide, Areva, Thales, Isinov, et bien d'autres. La question qui m'étreint donc (moi qui ai fait un master professionnel spécialisé en Affaires européennes et pas du tout basé sur l'apprentissage, mais qui ait tout de même réussi à trouver un boulot avant la fin de mon cursus), c'est "mais comment ce type a-t-il pu faire pour se retrouver en détresse de boulot 5 mois après l'obtention de son diplôme?"
Trois raisons me semblent probables:
- Yannick est nul. Il est soit mauvais élève, soit peu averti que l'intégration à la vie professionnelle, ça se prépare. On fréquente les salons de présentation des entreprises aux jeunes diplômés, on sort, on rencontre des gens. En plus, son apprentissage a du mal se passer parce que Yannick n'a pas trouvé de contrat suite à son cursus qui est pourtant fait pour.
- Yannick n'est pas nul, mais Yannick a des prétentions salariales un peu forte, ou bien Yannick n'a pas envie de bouger ses fesses de sa ville pour trouver du boulot. C'est possible.
- Le cursus de Yannick est complètement surfait, et sa présentation sur internet le dissimule bien.
Heureusement, Martin Hirsch a contacté Yannick rapidement (son cabinet ayant sans doute lui aussi l'oeil sur lemonde.fr pendant la journée), pour lui proposer d'intégrer une Commission sur l'intégration des jeunes au travail. C'est beau comme un conte de fée.
Mais on ne peut pas blâmer Yannick. Via Camille, je vous présente ci-dessous quelques annonces de boulot (histoire que ceux qui n'ont pas eu à chercher depuis quelques temps voient à quoi ça ressemble, en 2009):



16:51 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : emploi, libéralisme, jeunes, université montesquieu
03.12.2008
La Gauche, famille décomposée

Deux congrès d'une importance planétaire la semaine dernière. Mélenchon, inspiré de Robespierre, des fusillés de 1917, etc. Qui propose des tracts type "le travail le dimanche, CA SUFFIT COMME CA!" ou bien "Liquidation des services publics, CA SUFFIT COMME CA!". A l'instar du SPD allemand, ça y est, donc, la gauche française a créé son Frankenstein, et il faut bien le dire, incarné par Mélenchon, on n'aurait pu rêver meilleure créature.
Populisme de gauche, phrases simplistes et slogans faciles qui ignorent la réalité du pouvoir et de la façon de gouverner. Quel input pour le "Parti de Gauche", inspiré d'Oskar Lafontaine, trop heureux de sortir de son isolement européen? Aucun.
Mélenchon, sénateur jusqu'en 2011, se verrait bien député européen. Qu'y ferait-il? Comme Peillon, absent à toutes les séances? Juste pour se créer une autorité? Et Lafontaine au Congrès fondateur du "Parti de Gauche" de se gausser: "les Eléphants ont accouché d'une souris!" (en parlant du Congrès du PS), alors que le Mélenchon en question est déjà sénateur depuis 22 ans, et que lui-même est en politique depuis 40 ans. Mais c'est vrai que les fossiles peuvent se moquer des éléphants. Passé un certain temps en politique, certaines choses n'ont plus de sens.
Deuxième Congrès, à Suresnes (ville paisible où votre serviteur a le bonheur de travailler): celui de la "Gauche Moderne"! Un parti confidentiel, même s'ils ont quand même à l'aise rempli au deux tiers un préau d'école. D'ailleurs, contrairement au site du Parti de Gauche, sur celui de la gauche moderne, pas de démonstration de force, de vidéo avec des bons gros militants moustachus, pas de photo du Congrès. C'est le parti de la matière grise à n'en point douter. Un parti cependant modeste, à l'échelle de son président, dont pourtant l'avenir politique radieux est assuré, tant le Secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants est une pièce maîtresse de l'exécutif actuel.
Le Parti de Gauche est teint aux couleurs rouge-sang coagulé. Celui de la Gauche Moderne d'un violet un peu pénible.
Et au centre de la gauche, que reste-t-il?
"Maintenant, on va enfin parler des idées" me promettait un ami, soutien de Martine Aubry pendant la campagne interne de ce parti miné par trop de démocratie. On attend toujours. Martine, le charisme d'une marchande de rillettes, les pratiques d'antan au PS avec des (grosses) ficelles tirées de tous les côtés au mépris de la ligne politique et de la modernisation du discours.
Ségolène Royal a bien des défauts, et bien des torts. Elle a cependant, avec ses alliés, notamment Valls, lancé de nouveaux mots dans le vocabulaire d'une responsable politique socialiste: sécurité, libéralisme, centrisme. N'est-ce pas en se calquant enfin sur ses collègues européens et sociaux-démocrates modernes que le PS (ou plutôt ce qu'il en reste) pourra s'inscrire dans une dynamique et retrouver une ligne de pensée cohérente?
Quel poids pour le PS au niveau européen, avec des députés européens aussi minables que Stéphane Le Foll, Martine Roure, Vincent Peillon ou Pervenche Beres? Des élus qui ne savent même pas comment fonctionnent les institutions et comment est articulé le budget qu'ils votent? Des élus qui (Pervenche, c'est pour toi) élaborent un Traité Constitutionnel Européen, le signent, le défendent face à la commission intergouvernementale, puis appellent à voter NON pendant le référendum parce Fabius l'a dit?
Quel poids pour le PS, qui en temps de crise, ne reste que dans l'incantation et jamais dans la proposition?
Quel poids pour le PS, qui ne s'oppose en rien à rien, qui cède aux tollés médiatisés, aux petites phrases, mais qui rendent illisibles tous les dossiers de fond?
Quel avenir pour le PS, qui va finir par faire la même chose que Mélenchon ou Besancenot, mais en moins bien et avec moins de légitimité, ou bien confondre son message avec le credo d'oppostion civile du MoDem, ou de social-libéralisme assumé d'un Bockel, d'un Besson, ou même, d'un Sarkozy qui modifie son discours de jour en jour en fonction des événements reçus par l'opinion?
10:29 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : ps, mélenchon, bockel, aubry, sarkozy, royal
17.10.2008
Racisme ordinaire
Match contre la Tunisie. Sifflets pendant la Marseillaise.
«Arrêtons d'être hypocrites, ne faisons plus ce genre de matches, tout simplement [...] On va pas donner sans arrêt le bâton pour se faire battre. Ca, on n'a plus envie de le revivre, plus de matches contre l'Algérie, contre le Maroc, contre la Tunisie au Stade de France [...] N'organisons plus ce genre de match comme ça ce public sera privé de son équipe (...) On ne peut pas tolérer que nos joueurs français soient sifflés en permanence durant le match, que notre Marseillaise soit sifflée». A noter que Laporte (puisque c'est cette sombre cervelle qui parle), ne veut pas interdire les rencontres sportives avec les pays sus-cités, mais juste «il faut les jouer chez eux, ou alors en province [...] en province, ils sont sevrés... Ils la voient jamais, l'équipe de France... Les 30.000 Tunisiens qui sont de la banlieue parisienne, ils iront pas, si le match est à Carcassonne ou si le match est à Biarritz, ils n'iront pas voir le match. Voilà, on aura un public sain».
La Marseillaise est sifflée, bon, c'est pas bien. Elle a été sifflée déjà, lors d'un match contre l'Algérie, si je ne m'abuse. Comme Bernard Laporte est un homme doté d'un cerveau manifestement simple, tentons d'entrer dans sa réflexion. Une réflexion simple.
"Les sifflets sont l'objet des spectateurs. Les spectateurs d'un match France-Tunisie au Stade de France sont forcément Français, et forcément des parisiens issus de l'immigration. Des Français sifflent donc leur propre hymne, ce qui n'est pas tolérable (je ne sais pas pourquoi, mais c'est certain).
La polémique gonfle, je suis secrétaire d'Etat aux sports, je dois réagir du haut de mon importance. Et le credo de Sarkozy, c'est de réagir vite, peu importe ce que l'on dit.
Je vais donc demander à ce que les matchs contre des pays du Maghreb aient lieu ailleurs qu'à Paris ou bien "chez eux".
Une fois ma bonne grosse bêtise proférée, je reviendrai pas sur mon propos et j'assumerai donc mon amalgame entre immigration, identité française, culture d'origine, sport, jeu, et politique."
Le type est quand même ministre de la République. Ceci dit, que l'on se rassure, tous les anciens sportifs ne sont pas dotés d'un micro-cervelet et d'une grande bouche: lisez Platini, par exemple.
En attendant, pour le racisme ordinaire, et pour avoir un gouvernement sain, Laporte, dehors!
11:33 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bernard laporte, sport, football, sarkozy, ps, politique
23.09.2008
Les bons côtés de Nicolas Sarkozy
Mon cher collègue Toréador m'a demandé de trouver quatre qualités à Nicolas Sarkozy. Sébastien a rebondi. En bon adepte des études d'opinion qualitatives, je me suis forcé pour ne pas lire les opinions de mes camarades, et garder un point de vue immaculé sur le sujet de Nicolas Sarkozy, et ses quatre qualités. C'est la raison pour laquelle j'ai mis dix jours à sortir cette note.
Pour en conclure qu'en fait, Sarkozy, il a les qualités de ses défauts.
1. Sarkozy est un homme bling-bling. Il aime les messages et les symboles. Il apprécie le grandiloquent. Cela a des avantages, parce qu'il y a beaucoup d'aspects de la politique qui ont besoin d'être incarnés, à qui l'on doit donner un aspect un peu charnel, afin de construire des appropriations. L'appropriation d'une idée, d'un débat, d'une construction qui nécessite un engagement des citoyens. C'est le cas pour l'intégration des jeunes dans la société, pour changer les mentalités sur certains aspects de la vie sociale. C'est le cas pour la construction européenne. La tour Eiffel illuminée aux couleurs de l'Europe, c'est un événement qui crée la fierté, qui interpelle. Qui incarne le projet européen. Et peut-être que ce symbole un peu m'as-tu-vu en a plus fait pour intéresser les Français à l'Europe que tout ce qu'a pu faire Chirac, malgré des discours d'intention, en douze ans.
2. Il parle tout le temps. Il monopolise l'attention politique et médiatique. C'est fatiguant, ce sont autant d'écrans de fumée. Mais ça a la grande qualité de ne jamais relâcher le débat public. Lequel est sans doute tronqué, sans doute pas toujours bien pertinent, mais jamais éteint. Souvenons-nous des pénibles mois d'après référendum de 2005, où le pouvoir n'osait plus rien faire, où le débat était devenu tout amorphe. Il y a un équilibre à garder entre le trop peu et le trop, dans ce domaine. Mais au moins le changement de style de Sarkozy a le mérite de faire en sorte que chacun puisse se sentir autorisé d'avoir une opinion sur le pouvoir et son exercice.
3. Il a fait passer des réformes sur lesquelles ses prédécesseurs ont lamentablement butté, quand ils ne les ont pas tout simplement liquidé de leurs priorités. La fusion de l'ANPE et des Assedics, par exemple. Tout ce que l'on ne voit pas aux échelles locales, de rationalisation des postes et des attributions de tel ou tel corps administratif. Alors oui, c'est sans doute un bon travail d'Eric woerth (et, ça me fait mal, d'André Santini). Mais on ne peut pas reprocher à Sarkozy de savoir se servir très habilement des situations politiques pour pousser son avantage, et en profiter en passant pour réaliser des réformes depuis longtemps attendues. Le souci? L'absence total de débat démocratique et public sur ces réformes. Mais est-ce la faute de Sarkozy, ou celle du PS?
4. Il a un rythme effréné. C'est mauvais, parce qu'en politique il faut savoir prendre le temps de la prospective et de la réflexion. Il faut savoir ne pas céder à l'immédiateté. Cela a aussi du bon. Prenons l'exemple de la machine "Europe", qui avance par consensus, par étapes d'escargot. Sarkozy bouscule ces institutions, bouscule les consensus mous, et provoque le débat et la polémique sur ces institutions. Ce n'est pas toujours bien pertinent: par exemple, sur l'euro et la BCE. Mais encore une fois, l'Europe politique ne se construira jamais si on continue à finasser sur des consensus qui nous font avancer trop lentement. L'Europe politique ne se construira jamais si les débats sont hors de portée des citoyens, et si les institutions sont inattaquable.
Voilà, pour faire vite, ces quatre qualités de Nicolas Sarkozy. Je ne passe cette chaîne à personne, c'est trop éprouvant!
09:25 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, démocratie, europe, qualités, anpe, assedics, ps
10.09.2008
C'est français, c'est la police française
1991. 41 ans après la création de la Stasi, ses archives sont ouvertes et accessibles au public. Evidemment, entre 1950 et 1991, aucune citoyen allemand n'a pu avoir accès à ces archives d'une police politique de régime totalitaire.
Toutes les archives du KGB n'ont pas encore été ouvertes. Mais même principe que pour la Stasi: aucun citoyen n'a eu accès, de 1928 à la fin du régime soviétique, aux fiches qui les concernaient, stockées dans les locaux de la police politique. La-dite police savait pourtant souvent plus de choses sur la vie de certains citoyens que les proches de ces citoyens eux-mêmes.
1972, John Edgar Hoover meurt après près de 50 passés à la tête du FBI. L'homme représente la plus grande perversion qu'un état d'esprit délétère ait pu produire: la sécurité du pays, la raison d'Etat a tout justifié.
Années 80. D'une petite dizaine de personnes ayant connaissance de l'existence de Mazarine Mitterrand, les écoutes de l'Elysée s'étendent à 6000 citoyens de notre démocratie centenaire: la France.
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Aujourd'hui, EDVIGE.
Il n'est pas choquant que la police dispose de fichiers. Une police sans fichier n'aurait d'ailleurs aucune raison d'être. Pour protéger une société, il faut savoir parfois prévenir. Et l'investissement dans la vie publique induit une acceptation des moyens mis en oeuvre dans le Contrat social pour assurer la sécurité de l'ensemble des membres de la société. Même si notre liberté doit un peu en souffri
r.
Heureusement, la démocratie garantit la séparation des pouvoirs, et l'égalité de tous devant la justice. Ainsi que des moyens juridiques et judiciaires de faire valoir ses droits.
Il n'est même pas forcément choquant que la police dispose de fichiers sur des mineurs (entre 13 et 18 ans), qui éventuellement n'ont pas de casier judiciaire, ni même jamais eu affaire avec la police, mais qui gravitent autour du "réseau social" d'un délinquant. Il est commun dans les milieux délinquants de mettre à contribution des enfants ou ados encore un peu naïfs.
Il y a en revanche dans le principe d'EDVIGE et dans ses justifications par les responsables politiques, plusieurs éléments extrêmement choquants. Choquants au point de permettre de penser que l'on change de régime, déviant à peu près dans une sorte d'oligarchie totalitaire, creusant un trou de plus en plus profond entre le pouvoir et ses suppôts, et des citoyens qui en toute légitimité, devraient avoir un égal accès aux fonctions politiques (NB politique = s'occuper de la Cité).
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Dans l'idée même du fichier:
Comme je le disais, les fichiers font la police. Si la police ne faisait que retrouver les criminels sans déjouer en amont leurs forfaits, les citoyens pourvus du droit de vote que nous sommes ne serions pas contents. Or, il faut savoir que si l'on veut l'efficacité des pouvoirs pour garantir la sécurité ("première des libertés" selon le RPR en 2002), il faut savoir accepter les fichiers. Je ne suis pas choqué par cela.
En revanche, le fichier EDVIGE pourra être alimenté de façon anonyme par n'importe quel officier de police ou de gendarmerie. Pas de matricule, pas de signature. Pas de moyen de retrouver l'auteur du dépôt d'informations. Lesquelles informations peuvent être erronées - l'erreur est humaine.
Le fichier EDVIGE sera consultable par - dit-on - 1600 personnes. Dont par exemple, les préfets. Revenons dans la vraie vie, et dans ce que l'on appelle l'usage. Dans l'usage, les préfets ont accès au fichier. Donc leur directeur de cabinet aussi. Leur secrétaire éventuellement, aussi. Un responsable politique, membre d'un exécutif local ou national, par amitié, par collusion, par conviction, aussi. Quelques mots au téléphone, c'est si peu.
C'est le moment où se rappeler que nous vivons en démocratie. Je suis Pierre Catalan, un garçon relativement peu influent, surtout en politique. J'habite Gros-Boule les Bains, et je cherche à me présenter aux municipales. Le maire de Gros-Boule, monsieur Duschmol, est très ami avec le préfet du département Gros-Boulais. Aura-t-il accès au fichier EDVIGE constitué à l'annonce de ma candidature, et qui pourtant n'a rien à voir avec la compétition démocratique?
Y aura-t-il accès alors que moi-même Pierre Catalan, citoyen Gros-Boulais payant mes impôts à Gros-Boule les Bains, n'y aurais pas accès?!
Parce que finalement dans la méthode, le plus choquant d'EDVIGE, c'est l'impossibilité totale, directement ou indirectement, pour les citoyens fichés, de consulter leurs fiches. Allons plus loin: en cas de procès, mon fichier EDVIGE sera-t-il produit comme preuve ou élément d'enquête au procès? Ou bien restera-t-il secret? Mon avocat y aura-t-il accès?
Il n'existe aucun mécanisme juridique qui me permette de demander de consulter ma fiche EDVIGE, et de constater si elle est fausse ou non. Ni dans quel esprit elle est rédigée. Nous ne sommes plus en Contrat Social. Nous sommes soumis au Leviathan, en y ajoutant un soupçon de servitude volontaire.
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Dans les justifications:
Le porte-parole de Michèle Alliot-Marie cite quelques exemples de cas d'utilisation d'EDVIGE:
- Le cas pré-cité des mineurs pour une utilisation de prévenion de la délinquance. On peut admettre le raisonnement: à condition évidemment que l'accès à la fiche EDVIGE soit possible, à l'instar des fiches actuelles des RG.
- Le cas d'un candidat à un poste dans l'administration. La justification est: "l'administration a tout de même le droit de savoir à qui elle a à faire". Justement NON. Tout ce que l'administration doit savoir, c'est si le candidat a un casier judiciaire ou non. La fonction publique est républicaine: peu importent les convictions politiques ou religieuses, tant que l'on reste dans le cadre de la République. On se croirait dans le temps de chasse aux Communistes des USA des années 50-60.
Et, allons plus loin. Adhérent militant de la LCR, M. Duschmol candidate à une administration publique. Il est fiché dans EDVIGE (eh oui, membre de la LCR, cela peut éventuellement être considéré comme un danger pour la sécurité nationale). Le recruteur constate qu Duschmol est militant LCR. S'il le refuse, que fait Duschmol? Peut-il attaquer en justice sous prétexte d'une discrimination parce qu'il est "inquiété pour ses convictions" (cf. Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, article 10)?
Ben non, puisqu'il ne peut pas le prouver, sa fiche EDVIGE étant confidentielle! Bien pratique non, ce retour subtil à un régime d'arbitraire.
D'ailleurs, je connais un actuel "homme politique" dont la candidature au cabinet du premier ministre de l'époque a été rejetée après une courte enquête, sans qu'il n'est besoin d'un quelconque fichier EDVIGE. Mais on peut supposer que l'enquête portait effectivement sur les qualités intrinsèques et non sur les convictions du personnage (qui ne doit pas en avoir beaucoup, en fait).
- Le cas d'un candidat à un mandat électif, pour lequel le préfet aurait droit de consulter la fiche EDVIGE des candidats. De quel droit? Je suis citoyen et aucun tribunal ne m'a privé de mes droits civiques. Pourquoi le préfet (représentant de l'autorité de l'Etat) aurait-il le droit de savoir quoi que ce soit sur mes convictions? Pour en faire quoi? Avec quelles garanties d'imperméabilité (imperméabilité = quand ça ne fuit pas).
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Réseau social
Par ailleurs, il paraît que EDVIGE permet de ficher aussi les contacts des heureux titulaires d'une fiche. Cela permet en fait de ficher n'importe qui, à son insu, et sans aucun droit de regard de leur part. Prenez Facebook comme exemple. Si je suis fiché sur EDVIGE, voici la carte des fiches qui pourraient concerner mon réseau social:
PS: Voir Sébastien, de ça réagit
00:08 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : edvige, politique, démocratie, libertés, droits de l'homme, stasi, kgb
05.09.2008
Bienveillante grossesse
La grossesse de Rachida Dati (dont personnellement je me fous, félicitations) arrive pile poil bien. D'abord pour Raphaëlle Bacqué, la fausse vrai journaliste politique du Monde qui n'avait rien à dire depuis la séparation de Ségolène Royal et François Hollande pour se mettre en avant, et qui ose prétendre un travail journalistique en interviewant la ministre sur son heureux événement. Ensuite pour Patrick Devedjian.
Le pauvre Patrick Devedjian, qui essaie de trouver du soutien dans une difficile période de sa vie politique. Le ministère de la parole aura vécu, le temps d'un bout de présidence Chirac. Depuis mai 2007, c'est révolu. Mais diantre, quel heureux hasard! Rachida Dati enceinte de 4-5 mois, ça signifie une Rachida Dati en congé de maternité en décembre-janvier! Un poste de garde des Sceaux qui se libère!
Une compensation pas trop déshonnorante pour se faire virer de la tête de l'UMP, et sans doute du Conseil général des Hauts de Seine.
Et ce malgré un scandale très médiatisé sur la "propreté" du département en juillet dernier, quand Devedjian disait "nettoyez les écuries d'Augias" de l'ancienne propriété de Pasqua et Sarkozy. En effet, comment imaginer une éjection de Devedjian après un tel pavé dans la mare, qui, immanquablement, donnerait crédit à l'annonce du successeur de Sarko dans le 92?
En même temps, le meilleur moyen de nettoyer les écuries d'Augias est de ne pas y faire entrer de porc.
Ministre de la justice... un poste que Devedjian guigne depuis bien longtemps, et qu'il s'était vu soufflé par la médiatique Rachida, qui porte bien mieux les robes Dior que lui, il faut le reconnaître.
11:15 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : devedjian, 92, hauts de seine, pasqua, sarkozy, dati, politique







