12/11/2006

"Le Point" Spécial Boulogne

 J'ai lu aujourd'hui le Point édition "La ruée sur Boulogne", que j'ai découvert par le biais du blog de Jean-Pierre Fourcade. J'ai trouvé l'édition un peu simple mais plutôt honnête quant à Boulogne. Evidemment, l'interviemedium_mli_2.gifw du maire a du être écourté (ça paraît évident à la lecture), mais elle donne les principaux bilans à mettre à son actif, et le premier d'entre eux: avoir réussi à relever une ville en quasi-faillite, tout en réussissant à attirer investisseurs et habitants, et en préservant la mixité sociale de la ville. Une mission impossible! Il a aussi rappelé la profonde modernité des habitants de la ville, qui l'ont témoigné, entre autres, en votant à 73% pour le Traité Constitutionnel Européen le 29 mai 2005.

 Le maire revient aussi sur ses échecs, et surtout celui d'avoir failli à persuader un Pinault décidé à partir d'attendre un peu... Mais l'histoire semble donner raison à Jean-Pierre Fourcade, à la lecture de cet article du monde: "Pinault en rade à Venise"...

 L'article sur Pierre-Christophe Baguet, appelé "le trublion de la droite Boulonnaise" est bien indulgent: on sait désormais tous que Baguet n'est plus qu'un député en sursis... c'est lui faire beaucoup d'honneur en tout cas. Enfin, des articles plus vivants sur la culture de la ville et son histoire, notamment sur le musée des Années 30, donnent au lecteur les principaux caractères de la 36e ville de France, qui va voir dans les dix ans son nombre d'habitants grossir de 12000 à 20000 personnes...! 

 

 

Les signatures du FN

 Dominique de Villepin, Gérard Longuet ou encore Hervé Novelli se sont émus hier du fait que le président du FN pourrait ne pas réunir ses 500 signatures, et ainsi ne pas pouvoir se présenter à la présidentielle. Seul Patrick Devedjian analysait sereinement la situation: "ce qui n'est pas bon pour la démocratie, n'est pas forcément mauvais pour Sarkozy". "Et puis, Jean-Marie Le Pen joue la comédie à chaque élection."medium_NON.jpg

 Ce n'est pas seulement que ce qui semble mauvais pour la démocratie sera bon pour les candidats démocrates (j'élargis un peu le point de vue de l'un des hommes politiques que je respecte le plus, je m'en excuse...), c'est peut-être aussi que ce qui ne semble pas bon à court terme pour la démocratie l'est peut-être à long terme: et si Jean-Marie Le Pen n'avait pas la possibité cette fois-ci de profiter du plus grand moment d'expression citoyenne en France pour faire passer ses idées qui rendent malade cette même démocratie, cela serait-il vraiment mauvais?

 

 C'est un débat qui nous emmènerait loin... Je résumerai ma position très simplement: dès lors qu'on dit que Le Pen doit figurer à l'élection présidentielle pour que la démocratie soit parfaite, alors elle doit l'être complètement, et le Conseil Constitutionnel devrait avoir le devoir de publier l'intégralité des signataires en faveur de tous les candidats (même ceux qui n'ont pas réuni les 500 suffrages), au lieu de se réduire à un tirage au sort de 500 noms de signataires publiés parmi tous ceux qui ont parrainé chaque candidat.

 

 Alors là, oui, Jean-Marie Le Pen comme tous les autres candidats aura mérité sa place dans la course à la magistrature suprême, et il n'y aura plus de place aux manoeuvres politiques et partisanes, les calculs, qui mettent en danger et jouent avec la démocratie.

 

 AJOUT: voici la listes de 530 signataires de Le Pen en 2002.

09/11/2006

Une éléphante dans un magasin de porcelaine!

Ceci est mon 101e post depuis le 18 juillet. Permettez-moi avant d'aborder cette note de m'auto-congratuler.
 
 
Après avoir déclaré qu'elle n'était pas en faveur du développement du nucléaire civil Iranien, Ségolène Royal, par le biais d'une vidéo postée anonymement sur Dailymotion par un ami qui nous veut du bien, dit bien haut et fort qu'elle est en faveur des 35h pour les fonctionnaires de l'éducation nationale qui ont "le temps d'aller donner des cours personnalisés mais pas des cours gratuits dans les collèges après les cours".
Je voudrais dire toute ma peine à mes amis socialiste, qui certes ne soutiennent pas Ségolène Royal, mais qui restent tout de même au PS après avoir entendu cette semaine toutes les absurdités de la favorite des sondages du PS. Cette déclaration pointe tout de même beaucoup de questions, que je vais essayer d'énumérer, en vrac:
 
1) Ségolène Royal ne s'est jamais dit que, comme au PS, la fonction publique dans l'enseignement pouvaient être peuplée de bons et de mauvais individus? D'honnêtes et de malhonnêtes?
 
2) Ségolène Royal ne s'est jamais dit que parmi les enseignants et professeurs de l'éducation nationale, il y a des gens qui font largement leurs 35h en préparant leurs cours et corrigeant les copies?
 
3) Ségolène Royal conclut en gros qu'on doit infantiliser les professeurs, et au lieu de les inciter, il faut les obliger à rester dans les établissements scolaires plus tard pour travailler. Sans même se dire que ces heures supplémentaires obligatoires iraient sans doute au détriment du travail de préparation des cours...
 
4) La vision dogmatique de Ségolène Royal, pour qui tout est à traiter de la même façon sans distinction est à combattre, ce n'est pas en changeant uniformément le système qu'on erradiquera les mauvais, c'est en traquant les mauvais et en les remplaçant, et pour ça il existe... les inspections académiques. C'est peut-être ça qu'il faut changer: des inspections plus souvent et vraiment surprise, par exemple.
 
Par ailleurs, pour être moi-même professeur à Complétude, je crois pouvoir dire que la grande majorité des profs dans ce genre de société sont en fait des étudiants ou de jeunes diplômés qui font ça à côté de leur recherche d'emploi...
 
Et Ségolène ensuite de se dire l'initiatrice d'un projet révolutionnaire... On peut donc avoir la certitude que la révolution n'est pas à chercher dans les dogmes, idées et méthodes conservateurs et réactionnaires de Ségolène Royal, mais plutôt dans la façon de penser autrement que l'UMP propose dans sa convention sur l'enseignement...

06/11/2006

les couacs internet de l'UMP

 Comme le rapporte Axel sur Page 2007, la consultation des adhérents UMP sur les idées guidamedium_5propositions.gifnt le programme législatif du parti de la majorité a été un gros fiasco technique et médiatique, puisqu'en fait n'importe qui pouvait participer à cette consultation qui se voulait démocratique; je ne vais pas entrer beaucoup dans les détails, les différentes notes de Christophe Carignano, et les débats qui les suivent sont déjà à mon sens assez éloquents.

 Pour ceux qui auraient raté l'épisode, l'UMP et ses stratèges internet ont décidé dans la logique de transparence de l'UMP de proposer au vote (consultatif) des adhérents les différentes propositions retenues lors des conventions, et qui forgeront le programme législatif du parti. Pour voter rien de plus simple: entrer les 9 chiffres de son n° d'adhérent. C'est ainsi que le site a été "cracké" plusieurs fois par des gens inventant avec succès un numéro.

 

 J'aimerais quand même juste savoir quelque chose, à la fin: la démocratie au sein de l'UMP est-elle réelle? Si oui, est-elle une fin ou un moyen? Si non, est-elle un argument marketing ou bien quelque mesure sordide pour très intelligemment museler ceux qui voudraient provoquer le débat et jeter des pavés dans la mare, en présentant contre leurs arguments le très facile "les adhérents trancheront".

 Comme le souligne Axel de Page 2007, n'est-ce pas la direction de l'UMP elle-même qui donne leur code aux adhérents pour qu'ils puissent voter en ligne la réforme des statuts ou bien le candidat à la présidence de l'UMP?

 

 Sur ces sujets, il serait bon de pouvoir entendre les conseillers exécutifs de l'UMP chargés de l'internet faire amende honorable. Parce que si on veut la démocratie, il faut aussi que les "responsables" rendent des comptes...!

01/11/2006

Démocratie participative

medium_S_gol_ne_Royal.Pr_sidente_sinon_rien.jpg On parle beaucoup de démocratie participative ces temps-ci. Le fait que la démocratie représentative ne suffirait peut-être pas, et qu'il faudrait inventer de nouvelles institutions pour résoudre le problème de la démocratie en France; le fait qu'un tiers des Français ne votent pas, et qu'un autre tiers vote pour les extrêmes.

 Je vais tenter de faire court et synthétique sur le sujet, mais rien ne m'exaspère plus que d'entendre des hommes politiques présents depuis déjà longtemps dans le paysage politique Français s'interrogermedium__20_20_20_20sarkozy.jpg avec démagogie d'un problème pour la résolution desquels existent déjà nombre d'instruments démocratiques. Ces responsables à vrai dire contribuent à la méfiance des Français à l'égard de ceux qui les administrent. En effet, selon un sondage (sic), 70% des Français disent se méfier des responsables politiques Français (ce sondage dégage une tendance qui certes ne veut rien dire: a t-on déjà vu Français content de ceux qui le gouvernent?).

 Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, pour ne pas les nommer, contribuent à cette confusion plus ou moins malgré eux. Sous couvert de vouloir rendre la vie politique plus intéressante, ces deux-là ne font qu'adapter leurs discours, ce qui a pour conséquence une perception d'attraction/répulsion à lur égard de la part des citoyens, qui ne fait rien pour rendre le débat politique intéressant, mais qui en revanche continue à politiser les Français sans leur donner les outils permettant, avec exigence intellectuelle, d'entrer dans le débat d'idées.

 

 Mais je m'écarte un peu du sujet: ainsi, comment fonctionne la démocratie en France, et pourquoi le problème de la démocratie participative est un faux problème?

 Cemedium_systeme.2.JPG graphique, qui est une théorie sociologique de la gouvernance, montre assez bien quel est notre système politique. Le système repose sur le fait que le gouvernement, pour exercer son pouvoir, reçoit de la part des citoyens, de leurs représentants, ainsi que des associations citoyens ce que l'on appelle des "inputs", qui sont en gros des réclamations, suggestions, doléances, etc, pour rendre ensuite des "outputs", qui sont des politiques et des lois, le gouvernement ayant le pouvoir d'attribution des ressources.

 Au niveau Européen, le système est encore plus vertueux, prenant un peu pour exemple le système de dialogue social scandinave, en le poussant encore plus loin, puisque les rédactions de directives sont faites par la Commission avec le concours et les suggestions des personnes concernées, issues de la société civiles et rassemblées en assocations, syndicats ou lobbies.

 Il existe en plus de cela en France ce que l'on appelle le Conseil Economique et Social, qui a exactement pour tâche de donner au système repésentatif ce pendant participatif qui est nécessaire a bon fonctionnement du sytème politique.

 

 Aujourd'hui, parler de démocratie participative comme le fait Ségolène Royal, c'est nier que le système représentatif marche bien, et c'est se bercer d'idées à propos d'une forme de démocratie sans doute possible au niveau d'un canton Suisse, mais qui ne peut en aucun cas remplacer notre système représentatif. La République Française a été créée sur le principe du mandat représentatif des représentants du peuple, et non du mandat impératif (comprendre; on vote pour un candidat non pour qu'il porte nos idées, mais parce que je partage les siennes). Il me semble que ce qu'il manque surtout à la démocratie Française, c'est de l'éducation civique des citoyens, ainsi qu'un changement de mentalité des responsables politiques (en Norvège, tout est public, jusqu'aux listes des membres de la franc-maçonnerie ou les déclarations d'impôts de chaque citoyen...)

 

 Peut-être les responsables politiques ont-ils compris l'attente de démocratie des citoyens Français. Mais nos deux favoris des sondages (démocratie d'opinion) ont décidé d'y apporter la réponse la plus simple, et la plus dangereuse, justement. Peut-être la hauteur de la tâche d'éducation et d'information est-elle trop élevée pour eux...


 

30/10/2006

Azouz Begag, candidat à Lyon

 Il y a quelques temps déjà, j'avais mis dans la colonne de gauche une vidéo pour démedium_Begag300.jpgbattre, qui était extraite de "A vous de juger", et qui tentait de se demander de quelle façon donner aux gens habitant dans des cités délaissées la certitude qu'ils ne sont pas exclus du contrat social et du pacte républicain.

 Je n'avais jusqu'alors été que très peu enthousiaste sur la discrimination positive, qui me semblait être la solution de facilité, gadget qui n'aurait finalement résolu le problème que pour la partie émergée de l'iceberg que pose l'intégration de gens qui sont logés dans des endroits par définition hors du système républicain, et donc à qui l'on ne donne pas les outils de s'intégrer, au contraire.

 Puis l'un de ces "jeunes de banlieue" a alors pris la parole pour dire qu'il fallait des icônes de la République, des héros républicains, qui puissent démontrer de la capacité de cette dernière de donner sa chance à chacun. Une motivation qui s'inspirerait de la discrmination positive, en l'inscrivant dans la méritocratie.

 

 medium_index-couv_begag1.jpgAzouz Begag vient d'annoncer qu'il sera candidat à la mairie de Lyon aux prochaines municipales. Il est exactement l'illustration de ce que ces jeunes peuvent attendre: un homme venu des derniers bidonvilles de France, devenu écrivain, puis homme politique, et qui maintenant se présente pour les administrer. Avec un petit coup de pouce un jour de Juin 2005 pour son entrée au gouvernement. Mais personne ne niera la mérite d'Azouz Begag.

 

Et quel symbole!

27/10/2006

Génial Pancho!

Image Hosted by ImageShack.us

 Pancho, dans Le Monde, vient de démontrer l'absurdité de la proposition de Ségolène Royal sur les jurys citoyens.

 

Ceci dit, pouvait-on s'attendre à une logique, et à de l'exigence morale, de la part de quelqu'un qui, par calcul ou par paresse intellectuelle, donne dans le populisme? 

23/10/2006

Un Populisme Royal

medium_medium_250S_gol_ne_Royal.Pr_sidente_sinon_rien.2.jpg Wikipedia: "Le populisme est une attitude politique et un style rhétorique qui tiennent que l'élite de la société trahit les intérêts de la plus grande partie de la population, et qu'il y aurait donc lieu de retirer l'appareil d'Etat des mains de cette élite égoïste voire criminelle pour le "mettre au service du peuple" tout entier. Un populiste dans une démocratie supposée affirme donc que cette démocratie fonctionne mal, qu'elle ne tient pas ses promesses de servir "le peuple", ou même qu'elle ne peut pas les tenir étant donné les institutions existantes."
 
 Récemment, nous avons pu entendre Ségolène Royal continuer à s'exprimer sur un sujet qui lui tient à coeur: la démocratie participative. En théorie, et hors de la bouche de Ségolène Royal, la démocratie participative, c'est d'ores et déjà plus ou moins ce que l'on appelle la "gouvernance". C'est à dire l'exercice du pouvoir avec l'aide d'associations, syndicats ou lobbies (cf. Gouvernance de la Commission européenne). La démocratie participative, c'est aussi le pouvoir de pétition, et même, moins officiellement, ce qui se passe sur le web aujourd'hui: les blogs.
 
 Hélas, s'il fallait admettre que la démocratie participative existe déjà à bien des égards en France et en Europe, Ségolène Royal se trouverait bien ennuyée, avec un thème-force de moins à brailler dans son opération séduction des Français. Laquelle opération séduction est basée sur les sondages, et ce que l'on appelle la "démocratie d'opinion", une démocratie tronquée qui induit des débordements démagogiques (bien oui, comment peut-on connaître l'opinion des Français sur la Turquie aujourd'hui, hors des sondages?).
 
 
 Donc Ségolène Royal  est allée de sa petite phrase samedi à la Sorbonne, que je cite de mémoire: "Qu'y a t-il de mal à partager l'opinion des Français sur la Turquie? Si mon opinion est celle des Français et que vous la remettez en cause, alors vous êtes contre la démocratie participative!". Un peu gros comme rhétorique, mais on dirait qu'aujourd'hui, en France, plus c'est gros, plus ça passe. Parce que si le premier souci est que l'opinion des Français à laquelle se fie Ségolène Royal à propos de la Turquie est basée sur des sondages, le plus grave c'est que ces sondages ne peuvent rien dire sur la motivation des Français à faire ce choix. Et pourtant, le premier devoir du politique est bien d'expliquer des motivations, et non d'exprimer des avis...
 medium_lcproyal3.2.jpg
 
 Ce qui dévoile à mon avis le mieux la pente résolument populiste qu'a adopté la candidate Royal, c'est cette proposition de jury citoyen qui jugerait les mandats et les mensonges des hommes politiques. (Pourquoi pas un Comité de Salut Public tant qu'on y est?)
 
Ceci est dangereux à deux égards: 
1) Cela sous-entend que les politiques sont naturellement corrompus et menteurs et que le contrôle démocratique "naturel" (le rapport majorité/opposition ainsi que l'engagement associatif et citoyen) n'est pas suffisant.
2) C'est un appel direct au peuple pour qu'il se mobilise contre une élite qui le trahi, et ça, c'est du véritable populisme
 
Par ailleurs j'aimerais bien savoir sur quelles bases de droit véritable condamner pour malhonnêteté intellectuelle un responsable politique. Cette condamnation par le jury citoyen ne peut être que politique, donc elle ne doit pas échapper à la démocratie. Mieux vaut encore améliorer la démocratie locale à cet effet...
 
 
 medium_lcpdsk1.jpg
 On peut donc faire une constatation au PS aujourd'hui.
 
Il y a un candidat qui rassemble les intelligences (Badinter, Rocard, Bockel, Moscovici...), qui est Dominique Strauss Kahn,
Il y a une candidate qui rassemble les ambitieux et les opportunistes (Peillon, Montebourg...), qui est Ségolène Royal,
Et  y a un candidat à qui échoit les restes (Mélenchon), qui est Fabius.
 
 
Si Ségolène Royal est cooptée pour être la candidate du PS, ce sera une mauvaise nouvelle pour la démocratie... 

12/10/2006

Mardi, première conf de méthode de Sciences politiques: ambiance

medium_arton5.jpg Mardi avait lieu la première conférence de méthode de Principes de Sciences Politiques. Le système consiste à un cours magistral et à une conférence de méthode durant laquelle se succèdent exposés, fiches et discussions. Les Sciences Politiques autrefois matière obligatoire à Sciences Po, et que j'ai pu approcher grâce à des cours avec certains des plus éminents chercheurs de sociologie politique, et par mon stage a CEFRES, ne rassemble plus aujourd'hui sur les quelques 500 étudiants en master que 36 personnes.

 Lors de cette première conférence, le professeur demande aux 16 étudiants présents (deux conférences divisent la classe en deux) de se présenter, de dire ce qui les intéresse, et enfin, d'indiquer s'ils sont affiliés à un parti.

 Le premier est au PS. La seconde a pris sa carte au PS pour Ségolène. Un troisième est militant d'Attac. Une autre du Parti Communiste, et croit à une candidature unitaire de la gauche anti-libérale. Heureusement, les 10 autres ne semblent pas encartés.

 "Bonjour, Pierre Catalan, j'ai déjà pu approcher les sciences politiques par les cours de Philippe Braud, François Bafoil, Hans Dieter Klingemann, et un stage au CEFRES. Je suis particulièrement intéressé par les débats partisans, l'apparition du populisme en démocratie, ainsi que par les différentes représentations que l'on a du libéralisme et des notions de droite et de gauche entre Vieille et Nouvelle Europe. Je suis membre de l'UMP depuis 5 ans."

 

Regard amusé de mon voisin de droite. Sceptique ou carrément hostile de mes vis-à-vis PC et Attac.

 

 

 Ambiance...

 

29/09/2006

Le cimetière des Eléphants ouvert

 Ils se frottent les mains, les prétendants du PS, et je ne sais pas s'ils ont bien raison: Jospin est-il plus écouté alors qu'il est dans la course à la présidentielle, ou bien en dehors, électron libre ayant démontré sa bonne volonté, son respect des militants, et de la démedium_elephant.jpgmocratie d'opinion, par la même occasion?

 Car Jospin vient de dire Adieu à la vie politique, et ce réellement, après s'être cassé les dents face à la démocratie d'opinion, les sondages ne le faisant toujours pas décoller, et les militants du PS étant plutôt peu enthousiastes à l'idée de voir revenir le Commandeur (D'ailleurs, espérons que le Dom Juan féminin du PS connaîtra la même fin que dans la pièce de Molière...).

 Jospin se retire le lendemain de l'annonce faire par François Hollande de sa candidature, si et seulement si les autres candidats à l'investiture s'écratient eux-mêmes de sa route, symbole du rassemblement par la paix au PS. Jospin premie rà se retirer, Hollande n'a plus qu'à espérer que Djaaack et DSK fassent de même. Evidemment, pour Fabius et Royal, ce sera plus difficile, mais voilà que Hollande se trouve un allier, bon gré mal gré: Lionel Jospin.

 Ce dernier, en soutenant que la gauche ne pouvais l'emporter en 2007 qu'en passant par le OUI en référendum sur l'Europe, ne peut être tendre avec Laurent Fabius, le Janus de Gauche. Et les mots qu'il a à l'encontre de Ségolène Royal, quelques instants après avoir annoncé son retrait, ne permettent pas de penser que la fin de campagne pour l'investiture sera de tout repos pour celle qui prend le train en 2eme classe avec les journalistes, et revient en Première non-accompagnée.

 

 Reste à savoir si Royal, continuant avec la complicité des médias Français à manger l'espace médiatique pour ne rien dire, ou si peu, ne gagnera pas la bataille de la démocratie d'opinion. 

 Dans tous les cas, pour l'instant, une seule vraie perdante: la démocratie à proprement parler: quand allons-nous parler des idées, des concepts, des perspectives dans lesquelles ils s'inscrivent...?

 

16/09/2006

De l'avenir de l'Europe

 

 Sur son blog, Cédric nous fait un compte-rendu des propositions de Nicolas Sarkozy lors de son voyage à Bruxelles il y a quelques jours. Il nous fait aussi le rapport des non-propositions de Ségolène Royal au même endroit. Je dois dire qu'au sujet de l'Europe, j'aurais tendance encore une fois à largement faire plus confiance au programme et à l'unité de l'UMP sur le sujet, plutôt que du PS, qui ne semble toujours pas avoir déterminé une position un peu ambitieuse, mais surtout incontestée, au sujet de l'Europe. On peut croire que le sujet sera déterminé par le désir du candidat nommé par ses pairs de faire de l'Europe un sujet important ou non des prochaines années.

 Comme je l'ai déjà exposé auparavant, l'Europe n'est pas aujourd'hui dans l'impasse uniquement à cause de la mauvaise volonté des dirigeants Européens, mais surtout parce qu'aucun traité digne de ce nom n'a accompagné l'élargissement de 2004, dont la portée a été beaucoup plus importante que prévue par Nice, ce traité mou et pas courageux qui n'a que compliqué le système décisionnel sans le rendre plus efficace.

 Ce que propose Nicolas Sarkozy, et qui réjouit assez mon sentiment fédéraliste, c'est de faire signer par les citoyens Européens en 2007 un Traité institutionnel basé sur les parties 1 et 2 du TCE, qui n'étaient critiquées par personne, et qui permettaient réellement au Conseil des ministres de l'Union européenne de simplifier leurs prises de décision, qui permettaient aussi plus de démocratie participative, de transparence, et de progrès concernant le rôle de l'UE sur la scène internationale. Il propose aussi qu'on détermine quelles sont les frontières de l'Union européenne, en incluant la problématique posée par la Turquie dans cette réflexion.

 Il propose par ailleurs qu'en 2009 on puisse relancer la rédaction d'une Constitution pour l'Europe, pourquoi pas sous forme d'une Assemblée constituante hybride, mêlée au principe de la Convention, qui permet une meilleure représentation des citoyens grâce à la présence de responsables de syndicats et d'associations dans les débats.

 

 Je ne comprends pas comment Pierre Moscovici, Président du Mouvement européen, peut avoir une réaction aussi hostile à ces initiatives du président de l'UMP. Après le 29 Mai 2005 on ne peut plus avoir une ambition aussi déconnectée de la réalité, comme celle qui anime Moscovici.

 J'ai pour ma part compris que donner une fin à ce que doit être l'Union européenne est une réflexion déterminante à mener pour redonner confiance aux citoyens en l'Europe. Ce n'est pas en continuant d'élargir sans rien approfondir, que ce soit au niveau des institutions ou au niveau de la pédagogie aux citoyens, que l'UE s'améliorera. J'ai vu comme chacun les clips de campagne du MPF pendant les débats portant sur le référendum. Ce sont des clips mensongers, qui jouent sur les peurs des Français par rapport à une Europe qui n'arrive pas à se définir. Peut-on avoir légitimement confiance en quelque chose qu'on connaît mal, mais qui en plus ne semble pas savoir où elle va?

 

 Rappelons-nous: les "petits pas"....

 

13/09/2006

La campagne Française vue de Pologne

medium_parade1.jpg

 Vous pourrez retrouver sur PAGE 2007 mon article sur la campagne électorale, les candidats à l'élection, vus de Pologne. Alors quela Pologne vait jusqu'à maintenant toujours considéré la France comme son ami et son protecteur, les rapports de confiance changent de camp, l'intérêt aussi... Toutefois, cet interview nous présente deux visions contradictoires de la campagne sur l'intérêt que les Polonais portent à la France. medium_parade2.jpg

 Je suis allé l'année dernière à Wroclaw, à Cracovie et à Varsovie. J'ai été étonné à chaque fois de pouvoir démolir mes clichés sur les Polonais, leur soit-disant nationalisme associé à un sentiment religieux trop fort. S'il y a certes une grande conscience d'appartenance à une nation que les souffrances medium_cross.jpget l'Eglise ont soudé, je n'ai jamais au grand jamais vu autant d'enthousiasme pour l'Europe qu'à Varsovie lors de la grande Schuman Parade, organisée (tenez vous bien) pour la TREIZIEME fois cette année. Invité par la fondation Robert Schuman à Varsovie pour des journées de rencontre entre les jeunes, j'avais du répondre à d'innombrables questions des participants sur la France, sur Chirac, ou sur Sarkozy. Sur le CPE et le TCE aussi. L'inquiétude des Polonais et leur curiosité pour l'Europe et ses membres, si antipathiques qu'ils puissent être (on ne rappellera pas la "ils ont perdumedium_parade3.jpg une bonne occasion de se taire" de Jacques Chirac...) me donne vraiment envie: pendant la campagne du TCE, je n'ai entendu aucun Français s'inquiéter de ce que représentait e traité pour les autres pays de l'Union.

(Les photos que je vous propose sont celles de la Schuman Parade de Mai 2006)

 

 L'interview ici.

 

01/09/2006

La campagne des présidentielles vue d'ailleurs.


Juste un mot pour vous dire que vous pouvez à partir d'aujourd'hui retrouver sur PAGE 2007 ma rubrique la campagne des élections présidentielles Françaises vue de l'étranger.

 

 Pour commencer, mon amie Kate m'a confié d'Australie le peu qui se sait sur la pré-campagne en France. De quoi relativiser sur l'importance de la France dans le monde...

 

 Je suis en train de travailler à des interview Polonaise et Tchèque, bientôt en ligne.

 

 

Comment peut-on être jeune et de droite?

 

 Avant de répondre à la question, j'essaie de reprendre mon calme. J'avais en effet quasiment fini la note hier soir lorsque soudainement, fausse manipulation, et perte de toute ma prose. Cette note-ci sera donc forcément moins bien que celle perdue, et idéalisée. Mais vous n'en saurez rien, gnark gnark.

 

 "Je ne comprends pas comment on peut être jeune et à droite franchement. C'est quelque chose qui m'échappe totalement.": Cette remarque, c'est Emma qui me l'a faite. Emma était l'année dernière en terminale au lycée Français de Prague, et je la préparais au concours de Sciences Po pendant l'année. Comme j'ai appris plus tard qu'elle était en faveur de la peine de mort, j'ai relativisé sa remarque avec un sourire, mais tout de même, c'est vrai: être jeune et de droite, c'est pas un peu ringard, des fois?

 

 Evidemment, je dis non. Être jeune et au MPF je dis pas. Jeune au FN pareil. Jeune à Debout la République de même. Mais ce n'est pas ce que j'appelle la droite. D'ailleurs je continue à m'insurger contre ces apparatchiks venus de partis de droite dure, pour certains ayant flirtés de façon assez appuyée avec l'extrême droite, et qui sont trop bien traités à l'UMP... Je dirais que ce sont les Vanneste, les Dupont-Aignan, et tous les élus locaux qui ont bénéficié de la prime au sortant pour rejoindre l'UMP et se faire réélire, qui salissent notre image, de droite moderne, qui s'assume, mais qui sait aussi que jouer le jeu du libéralisme n'empêche pas d'avoir le souci de ceux qui sont écartés de ses bénéfices. D'ailleurs, en République Tchèque, en Pologne, en Allemagne ou en Grande-Bretagne, la plupart des jeunes se disent libéraux sans aucun complexe: c'est une idéologie de rêve et de jeunesse que le libéralisme. Et ce uniquement peut-être parce qu'on a tendance à oublier que le libéralisme politique est venu avant le libéralisme économique. Et qu'on a trop souvent tendance à assimiler libéralisme et capitalisme...

 Le PS rime t-il plus avec jeunesse, alors même que l'UMP est le parti qui enrôle le plus de jeunes en France? Je ne crois pas. D'ailleurs, le PS sur la jeunesse est dépassé sur sa gauche par la LCR, qui a trouvé un leader qui parle, s'habille, et travaille comme un jeune. Par leur stratégie consistant à transformer toute grogne sociale en rapport de génération et de classe, l'extrême gauche, et d'ailleurs aussi le PS, ont réussi sans doute à se rendre plus séduisants envers les jeunes. Il est vrai que dire ce que les gens veulent entendre, et dire ce que les gens ont besoin d'entendre est différent. C'est là que se situe d'ailleurs la principale différence entre la gauche et la droite parlementaire aujourd'hui.

 Le chômage des jeunes n'est pas dû à la politique libérale du gouvernement (rires), mais en fait à la doctrine laxiste et irresponsable de Jospin ministre de l'éducation nationale: "100% d'une génération au Bac". Et sa naturelle suite: tous à la fac. Car, c'est bien connu, étudier en fac de socio ou d'histoire, où les débouchés approchent le néant, c'est toujours mieux que de commencer des études techniques et professionalisantes: BTS, IUT, ou bac technologique... On marche sur la tête non?

 Alors, comme moi pendant la campagne référendaire, ou pendant le TCE, on peut entendre des jeunes qui hurlent au scandale parce qu'avec une licence de psycho ou d'histoire ils ne trouvent pas d'emploi "à leur mesure"... Il faut croire que le mensonge fonctionne bien, à moins que ce ne soit une sorte de "Stockolm syndrom": les jeunes se mettent à aimer ceux qui les ont plongé dans l'étron, et à détester ceux qui essaient de les en sortir... Pour insister sur le mensonge de la gauche, j'avais été très surpris, et scandalisé d'entendre DSK pendant le CPE, arguer que le CPE n'est pas mieux que rien, mais pire que tout. Lorque j'étais en cours d'économie avec le monsieur, en deuxième année de Sciences Po, ce n'était pas exactement ce qui ressortait de ses cours...

 

 Aujourd'hui, la plupart des jeunes qui deviennent membres de l'UMP sont plutôt en fac de droit ou en grande école. Est-ce vraiment un hasard?

 

 Mais revenons au sujet, est-il possible d'être jeune et de droite? Bien sûr. En revanche, comme je ne me considère moi-même pas de droite (au sens traditionnel du terme), je ne saurais réellement répondre à la question. L'alliance gouvernementale en Pologne, où la droite anti-libérale, populiste et réactionnaire s'est alliée à l'extrême droite et au parti paysan anti-libéraux, de même que l'alliance entre socialiste conservateurs et anti-libéraux et extrême droite en Slovaquie nous prouvent que penser en termes de droite et de gauche est totalement obsolète. D'ailleurs, les frappantes ressemblances de discours entre l'extrême gauche et l'extrême droite Françaises lors de la campagne référendaire le prouvent aussi.

 

 On assiste à une transformation du rapport politique, qui ne passe plus par un hémicycle de l'extrême gauche à l'extrême droite, mais par un repositionnement des forces entre réformateurs et conservateurs. C'est la raison de l'incohérence du parti socialiste aujourd'hui, et, à une moindre mesure, de l'UMP qui mélange les genres, avec Dupont-Aignan dans ses rangs.

 

 Or, si dans toute l'Europe de l'Est, en Allemagne, en Espagne, en Grande-bretagne, les jeunes n'ont pas peur de se dire libéraux, c'est parce que c'est une idéologie de jeunesse et de réformes.

 

 Alors bien sûr restent des différences entre les réformateurs de gauche et ceux de droite. En terme de discours, d'urgence de la réforme, et surtout de façon de la mettre en route. C'est pourquoi je suis de droite, car je suis certain qu'on peut faire confiance à l'intelligence des Français pour apprendre à pêcher leur poisson eux-même, et ne pas leur apporter la nourriture toute prête à chaque fois qu'ils la réclament.