17.06.2009

Les comptes fantastiques de Paulette de la Brosse (épisode 1)

Petite satire reçue par e-mail d'un primesautier citoyen d'une "grande ville d'Île de France, située dans l'Ouest parisien". Je la retranscris ici, ne pouvant m'empêcher de questionner la compétence de l'aréopage de cette grande ville... que je pense reconnaître.

- - - - - - - -

Le conte se passe dans cette grande banque franco-belge, DEXIA, spécialisée dans le crédit aux collectivités, qui fut si sévèrement touchée par la crise dite des sub-primes, que les états furent contraints de la recapitaliser lourdement pour éviter sa faillite.

DEXIA finance de très nombreuses villes en France, et certains montages fondés sur des variables exotiques ont été durement vécus par certaines d’entre elles, qui tentent désespérément de les renégocier.

Cette grande Ville de l’Ouest parisien, métropole majeure de l’Ile de France, n’a jamais accepté ces offres exotiques et toxiques, seulement des financements aux bases traditionnelles, un peu décalées dans la folie des années précédentes .

Ce jour là, l’adjointe aux finances de cette ville a pris rendez-vous avec le directeur du département Bernard Dupont, pour « étudier tous les prêts en cours ». Auparavant, DEXIA traitait directement avec le maire, et Bernard Dupont se souvient avec quelques frissons de l’ancien ministre qui jonglait avec les taux, le Pibor, la BCE et face à qui il fut de maintes fois en péril, ou de son successeur, haut fonctionnaire des chiffres, qui devait avoir un ordinateur à la place du cerveau tant il calculait vite et sans erreur.

Avec eux pas de fantaisie ou d’exotisme, de la rigueur jusqu’à l’austérité !

Bernard Dupont n’avait jamais encore rencontré la nouvelle adjointe aux finances, Paulette de la Bosse.

Elle se présenta à l’heure, et Bernard Dupont vint l’accueillir pour prendre l’ascenseur qui menait au 37eme étage de le tour, celui des réceptions VIP. Dès entrés dans l’ascenseur, Paulette de la Bosse l’entreprit sur les prêts à taux variables qui constituaient les toxiques tueurs des banques et des collectivités. Bernard Dupont vit là une dure entrée en matière, avec le rappel des turpitudes financières de DEXIA.

Dans le salon de la réunion, Paulette de la Brosse poursuivit sa diatribe contre les prêts à taux variables, assimilés à des variables toxiques, qui portaient en eux des risques mortels ; certains prêts contractés par la Ville étaient à taux variables, il fallait les changer.

Bernard Dupont n’en revenait pas !

Les prêts variables étaient indexés sur le TBB ou le PIBOR, en €uros, à des taux avantageux pour la ville, et l’évolution annoncée de l’inflation et des taux de la BCE permettait d’envisager une baisse réelle de leurs coûts.

Paulette de la Brosse expliqua alors que la Ville était au bord de la faillite à cause de la gestion précédente, et qu’une mise sous tutelle par le Préfet n’était pas à exclure ; dans ces circonstances, la Ville devait se défaire de tous ses prêts à taux variables, toxiques, et leur substituer des prêts à taux fixes que sa compétence de comptable permettait de comprendre et de gérer.

Etouffé de rire intérieur, Bernard Dupont s’excusa quelques minutes pour conter l’histoire à ses collaborateurs.
Décidemment le métier de banquier réservait bien des surprises, pas seulement mauvaises.

C’est ainsi que DEXIA accepta la renégociation des prêts variables en taux fixes, plus chers d’un demi-point.

Après tout, le métier de Bernard Dupont était de vendre de l’argent, dans les meilleures conditions pour sa banque,
pas d’enseigner la finance à une comptable.

Ecrire un commentaire