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05.11.2008
Nous sommes tous Américains!
07:29 Publié dans Sur le monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : obama
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Trois semaines après l'élection présidentielle aux Etats-Unis et la victoire du candidat démocrate, je vous propose d'approfondir le sujet avec la lecture d'un article écrit par Jay Mc Inervey, pour The Independent, de Londres :
« La dernière fois qu’un inconnu m’a serré dans ses bras en pleine rue, c’était le 11 septembre 2001. Cette fois, l’inconnue – car c’était une femme – ne pleurait pas, mais était tout sourire. « Vous vous rendez compte ? m’a-t-elle lancé. J’ai eu peur ce matin en me réveillant de m’apercevoir que ça n’avait été qu’un rêve. Il était 8 h 30 ce mercredi matin, et nous étions devant le même kiosque à journaux, à la recherche du New York Times. Presque tous les kiosques et épiceries-journaux de Greenwich Village avaient été dévalisés. La dernière fois que j’avais eu autant de mal à trouver le Times, c’était le 12 septembre 2001.
A bien des égards, le moment que nous vivons est le contraire même de ce terrible lendemain. Et il en émane comme un parfum de revanche pour ceux d’entre nous qui estiment que notre pays avait perdu ses repères peu après. Après huit longues années obscures, nous avons le sentiment que l’Histoire est de nouveau avec nous, que l’Amérique est de nouveau avec nous. Ce n’était un secret pour personne que New York allait voter démocrate. John Mc Cain lui-même avait identifié ses ennemis dans une interview à NBC. Assis à côté de Sarah Palin, il avait déclaré, avec un sourire inquiétant, que New York et Washington étaient des repères d’élitistes. Manifestement, il s’imaginait que le reste du pays allait acquiescer en souriant dédaigneusement. Mc Cain, ce prétendu franc-tireur, s’imaginait que la méthode George Bush – Karl Rove – diviser pour régner – allait le conduire à la Maison-Blanche. Diaboliser les New-Yorkais, les gays, les immigrants, Hollywood et même les héros de guerre, cela a bien profité aux républicains ces dernières années.
Pendant que nous fêtions la victoire à New York, nous aurions dû lever nos verres aux électeurs de Virginie, de Floride et de l’Ohio, parce que ce sont eux qui ont changé leur fusil d’épaule et ont fait la différence. Nous devrions nous réjouir de les avoir de nouveau avec nous. Après tout, une élite progressiste ne peut pas diriger seule une démocratie. Ces électeurs ont peut-être voté Obama à cause des menaces sur l’économie, mais la nouvelle équipe au pouvoir serait bien inspirée de les traiter mieux que ne l’ont fait ses prédecesseurs.
Dans la nuit de mardi à mercredi, j’ai reçu un appel de mon ami Jim, un cynique notoire. Il y a quarante ans, Jim avait participé à la campagne de Robert Kennedy, mais il a perdu la foi après la fin tragique de son candidat et la disparition de l’idéalisme d’alors. Nous nous étions disputés dans un restaurant il y a quatre ans, en pleine campagne de John Kerry, lorsqu’il avait dit que la victoire de l’un ou l’autre candidat ne changerait rien parce qu’il n’y avait aucune différence entre les partis. La nuit dernière, quand il m’a appelé, il était pris de vertige. « J’avais peut-être tort à propos de Kerry, m’a-t-il dit. Mais là, c’est différent. Ma génération a tout gâché. On n’a pas pu aller au bout de nos engagements. Là, on sent que c’est un nouveau départ. »
Comme un rire nerveux, les vivats et les cris de victoire masquent une profonde anxiété à propos de notre avenir. Nous avons peine à croire qu’un simple mortel puisse nous guider hors de la sombre forêt où nous nous trouvons. Mais, apparemment, Barack Obama est le mieux à même de le faire, et, pour le moment, nous voulons y croire. »
Ecrit par : marc porta | 27.11.2008
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