17.10.2008
Racisme ordinaire
Match contre la Tunisie. Sifflets pendant la Marseillaise.
«Arrêtons d'être hypocrites, ne faisons plus ce genre de matches, tout simplement [...] On va pas donner sans arrêt le bâton pour se faire battre. Ca, on n'a plus envie de le revivre, plus de matches contre l'Algérie, contre le Maroc, contre la Tunisie au Stade de France [...] N'organisons plus ce genre de match comme ça ce public sera privé de son équipe (...) On ne peut pas tolérer que nos joueurs français soient sifflés en permanence durant le match, que notre Marseillaise soit sifflée». A noter que Laporte (puisque c'est cette sombre cervelle qui parle), ne veut pas interdire les rencontres sportives avec les pays sus-cités, mais juste «il faut les jouer chez eux, ou alors en province [...] en province, ils sont sevrés... Ils la voient jamais, l'équipe de France... Les 30.000 Tunisiens qui sont de la banlieue parisienne, ils iront pas, si le match est à Carcassonne ou si le match est à Biarritz, ils n'iront pas voir le match. Voilà, on aura un public sain».
La Marseillaise est sifflée, bon, c'est pas bien. Elle a été sifflée déjà, lors d'un match contre l'Algérie, si je ne m'abuse. Comme Bernard Laporte est un homme doté d'un cerveau manifestement simple, tentons d'entrer dans sa réflexion. Une réflexion simple.
"Les sifflets sont l'objet des spectateurs. Les spectateurs d'un match France-Tunisie au Stade de France sont forcément Français, et forcément des parisiens issus de l'immigration. Des Français sifflent donc leur propre hymne, ce qui n'est pas tolérable (je ne sais pas pourquoi, mais c'est certain).
La polémique gonfle, je suis secrétaire d'Etat aux sports, je dois réagir du haut de mon importance. Et le credo de Sarkozy, c'est de réagir vite, peu importe ce que l'on dit.
Je vais donc demander à ce que les matchs contre des pays du Maghreb aient lieu ailleurs qu'à Paris ou bien "chez eux".
Une fois ma bonne grosse bêtise proférée, je reviendrai pas sur mon propos et j'assumerai donc mon amalgame entre immigration, identité française, culture d'origine, sport, jeu, et politique."
Le type est quand même ministre de la République. Ceci dit, que l'on se rassure, tous les anciens sportifs ne sont pas dotés d'un micro-cervelet et d'une grande bouche: lisez Platini, par exemple.
En attendant, pour le racisme ordinaire, et pour avoir un gouvernement sain, Laporte, dehors!
11:33 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bernard laporte, sport, football, sarkozy, ps, politique







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