01.09.2008
Martine ou la préhistoire?
On parlait d'éléphant, celle-ci donne l'impression d'un dinosaure. Après les universités d'été de La Rochelle le week-end dernier, l'impression est encore plus forte. On retrouve les vieilles recettes de la politique des alliances qui font fi des convictions, et on met vite vite sous le coude et sans vergogne aucune les questions d'ordre politique (NB: comment s'occuper de la vie de la cité) qui pourtant semblent fondamentales dans l'établissement d'un projet à proposer en démocratie.
Les universités d'été du PS, ce sont: 4 candidats, 1 poste, des centaines de faire-valoirs, et des moments off qui en disent plus que les discours. Martine a bien compris que donc, les discours, les moments où l'on dit des choses qui permettent de construire une opinion ou une ligne politique, ce n'était pas tellement le plus important. Elle intervient donc à la télé, ou les journalistes sont gentils et tolèrent ses 20 minutes de langue de bois autour de l'unité du parti avant de prendre des positions politiques. Elle prend des cafés et déjeune avec des amis de plus en plus nombreux pour garantir à la presse qu'elle rassemble, par ailleurs.
Tant et plus que l'un de mes contacts facebook est en train de faire un rêve fou: "et si Martine et Pierre pouvaient s'entendre?"
Là où le bas blesse, c'est que Martine, fille de Jacques Delors, façonneur de l'Europe avec un horizon porté à 20 ans, est en train de s'allier avec les amis de Laurent Fabius, pourfendeurs opportunistes de la construction européenne, avec un horizon porté à la prochaine élection présidentielle.
Martine reprend donc la gentille phrase de Mitterrand: "un Congrès réussit ce sont des additions, et pas des divisions". Et si jamais Mitterrand, un homme politique socialiste des années 70, avait tort, aujourd'hui en 2008?
Au risque de me répéter, le Parti Socialiste est sans doute en train de doucement se décrédibiliser avec cette incessante manie des attelages improbables. Aubry, Fabius, Cambadélis... une association des réseaux importants qui, si elle continue, aura le grand tort d'atomiser le courant strauss-kahnien, et de repousser encore la définition d'une ligne politique claire et moderne.
Le pauvre Pierre Moscovici s'est retrouvé à déjeuner tout seul pendant la Cène de Martine et ses amis sus-cités. Gérard Collomb et Jean-Noël Guérini se gardant bien de trop s'aligner sur Martine, eux qui préfèrent oublier qu'il y a un courant fabiusien (et on les comprend!). Si Martine et Pierre pouvaient s'entendre... ce serait sans doute pour Delanoë qu'il faudrait voter.
Cliquez ici pour l'avis de notre confrère de Ca réagit.
Lisez ici la contribution de "Sauvons l'Europe" aux universités d'Eté du PS.
15:40 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : martine aubry, pierre moscovici, delanoe, ps, hollande







Commentaires
Les amis de Laurent Fabius ont appellé à voter NON. Voilà leur crime.
55 % de vos concitoyens ont eu l'audace de ne pas être toujours d'accord avec vous, ni avec ce que vous pouvez figurer. Ces 55 %, dont certains à gauche, ne devraient JAMAIS être représentés, défendus, au sein du parti de l'Opposition ?
Un leader de la majorité ou de l'opposition, selon vous, ne devrait représenter que les 45 % de bonnes ames ayant voté OUI.
Ecrit par : olyvier | 01.09.2008
c'est un débat sans fin et toujours rouvert par les nonistes. La "représentativité". On met des chiffres à toutes les sauces, des résultats d'élection à toutes les sauces.
53% des Français ont voté (à 85% de participation) pour un candidat qui avait voté OUI en 2005 et promettait un Traité de Lisbonne voté par le Parlement. Cela n'efface-t-il pas le chiffre de 2005?
Ma question est aussi malhonnête que la votre intellectuellement.
C'est mon avis qui est décrit ici. J'estime que le progressisme et la modernité ne résident pas en Mélenchon, Hamon et Emmanuelli. Ni dans le NON au TCE, qui a vu s'allier les conservatismes d'extrême gauche et d'extrême droite autour d'élément anxiogènes construits de toute pièce.
Pour moi la gauche doit être résolument européenne. Accepter le libéralisme et le système du libre-échange. Elle doit pouvoir utiliser ses bienfaits (et ils sont nombreux) pour résoudre les dysfonctionnement que ce système globalisé engendre, comme n'importe quel système engendre des dysfonctionnements.
Ecrit par : pierre catalan | 01.09.2008
J'entends bien que pour vous, la Gauche ceci ou cela... et je ne vous ferai pas le procès du "d'où tu parles ?", n'étant pas non plus particulièrement de Gauche.
Je vous dis seulement qu'un parti, et qu'un pays, ne peuvent passer leur temps à exclure ceux qui ne pensent pas "bien comme il faut".
Sarkozy a peut-être été pour vous la revanche (la vengeance) d'un référendum que vous avez perdu. Il n'en demeure pas moins que ce référendum a eu lieu, et que son résultat fut clair, et que, mal gré que vous en ayez, vous devez l'accepter - et accepter que des gens n'aient pas voté comme vous.
Vous ne pouvez exclure du champs des responsabilités toute personne qui, en conscience, a voté NON.
Je vous parle ici d'une chose dont vous et vos amis européens ne cessent de se prévaloir. Je vous parle de démocratie.
PS : au fait, dans votre système binaire du NON extrêmiste, vous me classez où ?Rouge sanguinolant, ou brun fascisant ? Les deux ? bien sûr.
Ecrit par : olyvier | 01.09.2008
J'admets avoir oublié les dinosaures qui pensent que la France seule serait bien plus à son avantage dans un monde où les échanges et les puissances sont globalisées. Les souverainistes quoi.
Ecrit par : Pierre Catalan | 01.09.2008
"Le pauvre Pierre Moscovici s'est retrouvé à déjeuner tout seul " : pas exactement, ce que l'on lis dans l'article que tu donnes en lien c'est qu'il a déjeuner "presque seul" c'est à dire avec des gens que les journalistes du Figaro n'ont pas reconnus (pas vus à la télé ?) : militants de base ou responsables de fédérations de province ? De toute manière mieux vaut être seul qu'avec Fabius.
Ecrit par : valery | 01.09.2008
Pourquoi tu veux un PS ? Sarkozy fait très bien de la politique de gauche sans qu'on l'y aide, y'a même plus besoins de PS..
Ecrit par : Seb | 02.09.2008
Pierre Catalan, vous bottez en touche. Vous ne parvenez pas à aborder la pensée de l'autre.
Ecrit par : olyvier | 02.09.2008
Que connais-tu des convictions de Martine Aubry et de Laurent Fabius? As-tu lu sa contribution? Et celle de Fabius? Sais-tu ce qu'ils pensent ou bien tu imagines par tes préjugés que Laurent Fabius est un terrible gauchiste tandis que Martine Aubry est sociale-libérale?
Arrêtons un peu ! Lisons ce que les socialistes écrivent. J'ai synthétisé les positions de chacun sur l'Europe et crois-moi Martine Aubry est plus proche de Laurent Fabius que de Gérard Collomb, Manuel Valls ou François Hollande.
Les synthèses sont sur mon blog pour ceux que ça intéresse. Le lien vers la dernière synthèse à partir de laquelle vous pourrez lire toutes les synthèses : http://abadinte.canalblog.com/archives/2008/08/27/10361062.html
Ecrit par : abadinte | 02.09.2008
@ olyvier: je prends la liberté de vous décrypter pierre.
Il lui semble, comme à moi, que l'intégration européenne est désormais un sujet suffisamment important pour provoquer une scission idéologique et il lui (nous) semble que c'est ce qui s'est passé en 2004 au sein du PS.
Fabius, par tactique, en vue des échéances nationales de 2007, s'est démarqué d'une ligne démocratiquement adoptée par les membres du PS: ce ne sont pas des arguments qu'il a avancés dans la campagne pour le non, ce sont des épouvantails à opinion (cf. son entretien dans le monde de mai 2005 pour une trace écrite). Ce faisant il (ne lui prêtons toutefois pas trop, il a été aidé et soutenu par d'autres) a rendu le PS ingérable, et il a mis en lumière cette fameuse partition idéologique: les courants du PS sont devenus incompatibles et inconciliables, malgré l'effort consenti par les tenants du non lors du vote au congrès, pour préserver l'unité du parti.
Aujourd'hui, Pierre appelle de ses voeux la formation d'un parti social-démocrate avec des bases idéologiques solides, dont l'Europe constitue un élément-clef. Et que ceux qui se réclament "de gauche" sans plus de précision, fils de brocanterus et autres qui préfèreront toujours se payer de mots plutôt que de regarder la réalité en face, qui prôneront le repli dans un monde ouvert, qui feront payer par l'ensemble de la société leurs fantaisies irréalistes etc. aillent former, pourquoi pas, le volet modéré du parti de Besancenot. Mais il faut consommer cette scission, autrement le PS ne s'en remettra pas: quand les ténors de l'UMP fanfaronnent qu'ils ont gagné la bataille idéologique (sic), convenez qu'il est temps de réagir.
Par ailleurs, vous avez raison, il est insupportable de se voir reprocher un choix dès lors qu'on vous a donné le choix! Vous avez voté non en conscience, grand bien vous fasse. Mais, à votre avis, quelle est la proportion de vos concitoyens qui ont voté non:
- parce que ça ferait trop plaisir à chirac
- parce que je n'ai rien compris
- parce que j'ai peur de la turquie
- parce que c'est un texte trop libéral
- parce que ça met en péril des libertés fondamentales comme le droit à l'avortement
- parce qu'on attend de moi que je dise oui
- parce que l'euro a rendu la vie chère
- parce que Giscard a dit qu'elle était gravée dans le marbre
- parce que de toute façon il y a un plan B?
A mon faible niveau, j'aime autant vous dire que j'en ai croisé beaucoup plus que d'opposants capables d'argumenter, et ça aussi, il faut le reconnaître.
Ecrit par : asophie | 02.09.2008
Pierre est en mal de carte (plus d'appel, plus de texto...)alors, PS ou Modem?
Ecrit par : goery.92 | 02.09.2008
Sophie, je vous remercie de vous placer sur le terrain de la réflexion.
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La question de la scission : je suis mal placé pour la souhaiter ou la redouter (un minimum quand on ne fait pas partie du PS...) , mais je partage votre opinion selon laquelle le référendum a clivé, et a probablement clivé ce qui devait l'être dans un parti "pluriel". Le référendum n'a fait que révéler l'étendue du désaccord.
On a le choix entre deux maux : la balkanisation de l'opposition ou bien un parti uni en façade, ingérable en réalité.
Il me semble pour ma part que la Démocratie suppose un respect de l'opposition et qu'on ne doit pas souhaiter son éclatement. Il me semble aussi que la politique, c'est à la fois un art des choix, et aussi un art du rassemblement. C'est contradictoire, mais la vie n'est pas un labo pur et parfait. Donc, le fait que la figure d'Aubry rassemble des profils divers, voire opposés sur certaines questions ne me choque pas en soi.
Toute la question est : Aubry saura-t-elle dépasser les contradictions du passé et faire émerger un projet rassembleur ?
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La question de Fabius.
Pardonnez-moi, mais je vois bien que le "tout sauf Fabius" sent sa punition.
Vous dites, comme beaucoup, que Fabius aurait fait un choix électoraliste. Prenez la peine d'interroger votre accusation.
1. quand il a choisi, les jeux étaient loin d'être faits et on annonçait partout la victoire du OUI. Souvenez-vous du triomphalisme des européens. Du OUI dans toutes les langues, etc.
2. Fabius a toujours eu (cf 81-83) une pointe d'euroscepticisme. Il fut même partisan d'une sortie de l'Europe...
On ne peut pas accuser gratuitement sans prendre la peine d'écouter la défense. Sans prendre la peine d'aller contre sa propre conviction, première.
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La question des arguments de l'électeur du NON.
Vous savez, on peut vous la retourner.
Combien d'électeurs ont voté OUI pour des raisons aussi "lumineuses" que "l'Europe c'est l'avenir", et autre "l'Europe c'est la paix"... toutes propositions aussi pensées que l'histoire de la Turquie en Europe.
Il n'y a pas un monopole de la raison et de la réflexion, comme autrefois Giscard rappela qu'il n'y avait pas de monopole du coeur.
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Je n'aime pas votre allusion aux parents de Laurent Fabius.
Ca me donne toujours envie de demander d'un air rogue "et ta mère alors...?" si vous voyez ce que je veux dire. Votre mépris, probablement très prisé par les garçons de Saint-Guillaume qui verront là une assurance de conformité, me semble à moi qui a un peu barroudé en dehors, malvenu.
Ecrit par : olyvier | 02.09.2008
Olyvier,
Je ne parle pas du PS en tant qu'opposition, mais en tant que 2ème (peut-être premier?) parti de France, amené à plus ou loin long terme, sous une forme ou sous une autre, à revenir au pouvoir, et c'est dans cette perspective que j'espère sincèrement qu'à l'issue de ces élections internes ils sauront sur quel pied danser. Et, idéalement de mon point de vue, cela suppose que tous les contributeurs prennent leurs responsabilités: Hollande a fait tout ce qu'il a pu pour tenir tous ces courants ensemble et il a surmonté bien des crises, mais ça n'a pas suffi. Je doute qu'Aubry fasse mieux.
Fabius: vous m'avez mal saisie, il n'y a en aucun cas mépris de ma part, mais ironie ça oui à l'égard d'un monsieur qui a cherché à se conformer à une certaine idée du peuple auquel il entendait plaire, selon un raisonnement que l'on pourrait -hâtivement sans doute- considérer justement comme un peu méprisant.
le coup du courage politique, il faudrait aussi le relativiser: si, comme je le crois, l'enjeu pour lui n'était pas le traité, mais la nécessité de se poser, dans la perspective des présidentielles, le oui étant dominant mais non unanime, il y a vu son créneau, avec raison d'ailleurs: lors des primaires, il a été le candidat de ceux qui avaient voté non, ça fondait sa légitimité.
sa conviction, j'espère pour lui qu'elle n'y est pas pour grand chose, parce que les arguments qu'il a donnés (de mémoire, ce n'est pas mon auteur favori: trop libérale, le chômage va augmenter, nous n'aurons plus de service public, les inégalités vont s'aiguiser, et il y a un plan B) sont indignes de lui.
à ce propos, nous n'allons pas rejouer aujourd'hui le débat de 2005, mais je regrette de ne pas vous avoir croisé à l'époque, vous qui, so far, ne nous avez pas expliqué le pourquoi de votre vote; sans être une euro-béate, je vous aurais peut-être convaincu...
Ecrit par : asophie | 02.09.2008
à asophie :
Vous me répondez en politique, et pas sur l'analyse.
Si vous voulez répéter à l'envi que Fabius n'a fait qu'un choix électoraliste, je ne peux pas vous en empêcher. Dites-le, et "passe à ton voisin". Répètez, répètez, ça finira par s'imposer - telle est la nature de la propagande qui préfère toujours les attitudes de pouvoir à celles de la pensée.
Je maintiens seulement que dans une proposition quelconque, si elle est de la forme "x est uniquement cela", si le "cela" est une qualité évidente, inhérente à la nature de x, alors le point interessant est de discuter le "uniquement". Je ne peux vous convaincre ni de ce raisonnement, ni de l'importance d'une question d'esprit en regard d'une posture politique : pour ces deux points, il s'agit de choix intimes... et on ne doit pas avoir le même genre de copains.
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Je crains par ailleurs d'avoir bien saisi que lorsque vous écrivez "un fils de brocanteurs", il y a quelque chose du mépris de classe qui affleure. Paradoxal bien sûr.
(J'ai souvent noté chez les plus acharnés du OUI un discours qui dans sa structure, son goût pour l'uppercut et l'évidence rigolarde, quelque chose qui me rappelait la presse collabo que j'avais étudié d'un peu près quand j'étais étudiant - le "fils de brocanteurs", ça a du Gringoire, mademoiselle, et pardonnez-moi d'avoir dû être explicite, j'aurais préféré que vous n'insistiez pas et vous éviter ce rappel).
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Je trouve tout à fait stupéfiant cette manière d'interroger les raisons de mon NON. Commencez par nous dire pourquoi vous vouliez faire une Constitution européenne... Après tout, la charge de la preuve vous appartient en tant que réformatrice de l'U.E
Mais on sent derrière cette interrogation envers mon choix, non pas une curiosité, un intérêt pour l'autre, mais une mise en cause à peine voilée. Le NON était pour vous si innacceptable que vous n'avez cessé d'en moquer les modalités, d'en salir les partisans, d'en mépriser l'expression. Ouvertement, ou implicitement.
Et ceci est encore à l'oeuvre.
Je vous réponds toutefois, sur mon NON : ce fut un "choix" de défiance envers la construction européenne, dont j'ai été partisan jusqu'en 1999-2000, cette défiance s'est doublée d'une défiance radicale envers ce que vous représentez (certitudes absolues, sentiment de propriété du pays et du pouvoir, ricanements, procès contre le peuple français, caricature de vos opposants, mépris de l'autre etc).
Ecrit par : olyvier | 03.09.2008
eh bien je suis habillée pour l'hiver!
Ecrit par : asophie | 03.09.2008
Gageons donc que le bonnet tricoté par mes soins ne vous empechera pas de commencer à réfléchir
et qui sait ? aurez-vous même moins froid aux oreilles.
Ecrit par : olyvier | 03.09.2008
Je suis fasciné par la loghorrée d'Olyvier.
Lorsqu'une proposition d'analyse est faite (par Anne Sophie), sur le TCE ou sur Fabius, il l'écarte d'un revers d'incantation, amalgame les arguments, et illustre que le discours des NON
de 2005,
qui ont su regrouper les peurs, les incompréhensions, les rejets, bref, essentiellement les sentiments négatifs,
au détriment de ce qui était aveuglément positif:
Quoiqu'en dise Olyvier et ceux qui se retrouvent en lui, il n'y a pas d'avenir sans l'Europe.
Sur Fabius, je suis d'accord avec Anne Sophie.
Il est trop intelligent pour que la pauvre explication d'Olyvier ait la moindre réalité.
Fabius était, est probablement toujours pro-européen, et sa position noniste s'est toujours accompagnée d'une dialectique proche du grand écart.
Il est vraiment intelligent, et il n'est pas surprenant qu'il ait anticipé les événements qui suivaient le TCE, surtout la présidentielle.
Le OUI avait gagné la consultation interne du PS, et ses concurrents pour la suite étaient tous dans ce camp, en premier Hollande (Royal n'existait pas à cette époque)
Alors deux solutions:
affronter un groupe supérieur en nombre, et perdre
ou changer de terrain, acquérir un groupe, la gauche du PS et négocier.
Fabius a toujours préféré la négociation au combat.
Olyvier a raison sur un point, lorsque Fabius a décidé cette stratégie, le OUI était majoritaire, chez les français et chez les PS,
et je ne crois pas que Fabius avait imaginé ce retournement.
Ensuite, se trouver dans le même camp que Mélenchon, Buffet, Bové, de Villiers, etc... ça a certainement été dur pour Fabius, dont la culture, la compétence et le talent, réels, devaient pactiser avec les effets d'estrades.
Fils de brocanteurs, c'est une définition de Fabius lui même, lorsqu'il ne voulait pas souligner que ses parents étaient des antiquaires huppés.
Olyvier, si mépris il y a, il n'est pas où vous le voyez!
Revenons au PS.
Un parti politique majeur doit-il développer un corpus d'idées, d'idées du 21eme siècle,
ou n'est-il qu'une machine à investiture et à gain du pouvoir, le discours et les valeurs secondaires?
Le PS peut-il ressembler à l'attelage hétéroclite du NON de 2005 (thèse d'Olyvier, correctement qualifiée de rassemblement)
ou bien doit-il faire des choix, les démontrer, et entrainer l'adhésion.
Il y des hommes (et femmes) d'Etat.
Il y en a au PS.
Je ne crois pas qu'ils puissent se résumer, se résoudre, à une tactique réputée gagnante,
pour une courte victoire.
Un parti politique a besoin de souffle, pas d'air chaud.
Ecrit par : jean louis | 03.09.2008
"Pardonnez-moi, mais je vois bien que le "tout sauf Fabius" sent sa punition."
Oui et alors ? Il a fait campagne contre le PS en 2005. Cela méritait des sanctions qui ne sont pas venues. La faiblesse de la direction à faire respecter le vote des militants à l'époque est à mon sens en grande partie à l'origine du PS balkanisé d'aujourd'hui.
En toute hypothèse, quelque soit la coalition dans laquelle sera Fabius, c'est pour une autre qu'il faudra voter. Choisir de se compromettre avec cet individu c'est choisir de placer la tactique avant les idées alors que précisément le PS doit s'affirmer - comme il le fait dans sa déclaration de principe -- et se réaffirmer comme un parti européen et réformiste, là où Fabious par son hold-up manqué a tenté de le faire pencher du côté de la gauche archaïque.
Punition ? Oui, il est plus que temps !
Ecrit par : valéry | 03.09.2008
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