19/06/2008

Pendant ce temps, à Londres

 Chapeau, mille félicitations et gratitude infinie à Gordon Brown qui vient de sauver le Traité de Lisbonne. La chambre des Lords a ratifié hier le traité de Lisbonne rejeté par 53% des votants irlandais jeudi dernier. Ce faisant, Gordon Brown sauve doublement le traité: il isole de président tchèque Vaclav Klaus qui avait vendredi sauté sur l'occasion irlandaise pour remettre toutes les ratifications en cause, et il permet à la dimension anglo-saxonne de l'Europe de prendre part au projet commun: un pays de la zone euro a dit NON, mais un pays réputé eurosceptique dont tout le monde craignait la réaction, s'est précipité pour dire OUI.

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 On peut rire des responsables politiques, journalistes idéologisés et autres blogueurs qui avaient réagi aux propos de Vaclav Klaus: dans la Constitution tchèque, le président a le devoir de ne pas se mêler de politique nationale, ni même de politique internationale. Il a un rôle représentatif, et si sa position n'est pas aussi effacée que celle du président allemand, elle n'a rien de commun avec celle d'un régime semi-présidentiel comme en France: la République tchèque est un régime parlementaire, et le Premier ministre tolère que le Président s'exprime sur l'actualité politique, rien de plus.

 Les eurosceptiques de tout poil basaient donc de grands espoirs sur Klaus, et à défaut de Klaus, sur son parti et son premier ministre, Miroslav Topolanek. Il faut dire cependant que la situation politique tchèque est beaucoup favorable à l'Europe que ce que l'on entend dans les médias (qui assimilent l'agressivité du président Klaus envers l'Europe à celle de tout le pays). L'électorat de l'ODS (part de Klaus) est plutôt euro-enthousiaste, et une très grosse minorité du parti de droite est pro-européenne. Le parti social-démocrate CSSD est unanimement pro-européen (à l'inverse de son électorat, étonnamment), et les Verts le sont aussi. La ratification parlementaire n'aurait donc pas posé de problème.

 Mais saluons Gordon Brown, donc. Nicolas Sarkozy a beau faire valoir que "sauver le traité de Lisbonne" sera son objectif premier pour sa présidence de l'UE, il me semble que plus de la moitié du chemin vient d'être parcourue. On peut saluer le courage politique du premier ministre britannique, dans une situation délicate après la volée de bois vert des élections municipales, contesté au sein même du Labour, qui a imposé cette ratification rapide. On peut saluer son pragmatisme: Gordon Brown n'est pas connu pour être un grand Européen, mais il a tenu à garantir l'intérêt général. Celui de son pays, et celui de ses partenaires. 

Commentaires

En effet, c'est une très belle action politique signée Gordon Brown. J'avais aussi peur que le "non" irlandais remette en cause l'adoption du Traité dans les autres pays. En particulier dans le Royaume-Uni, pays dans lequel l'organisation d'un référendum ne semblait pas totalement exclu (à moins que je n'aie rien compris). On peut continuer sans les Irlandais, qui ont largement profité des importantes subventions de l'UE avant de lui claquer la porte dans les dents. On ne le redira jamais assez.

Écrit par : marc | 19/06/2008

Qui a dit que les Anglais étaient eurosceptiques?

Écrit par : Eric | 23/06/2008

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