04.05.2008
Paroles d'Européens!
Je disais dernièrement que je délaissais mon blog. Pour plein de raisons. D'abord j'en suis un peu las, et ensuite, je suis un peu en manque de temps. J'ai commencé un stage plutôt prenant dans la communication autour de la Présidence Française de l'UE, et me suis consacré avec plein d'autres personnes (d'ailleurs c'est rigolo comme les cercles européens se croisent et se recroisent, pour se recroiser encore!) à la préparation du "Rendez-vous des Européens" qui aura lieu mercredi 7 mai à Lille.
L'objet du rendez-vous est de faire de l'Europe un enjeu grand public dans cette année un peu exceptionnelle pour la France en Europe. C'est aussi de saisir l'occasion pour parler dans le fond des choses du sujet, et que la réforme institutionnelle qui sera (sans doute) ratifiée par l'ensemble des pays européens d'ici fin 2009, soit bien comprise de tous. La réforme elle-même, et ses enjeux.
Depuis 1979, le taux de participation aux élections européenne a été en baisse constante pour l'ensemble des pays de l'UE (prenez le temps de lire l'étude TNS Sofres, elle est super intéressante). Certes, en 2004, le très fort taux d'abstention des 10 nouveaux a singulièrement fait plonger la moyenne. Il n'empêche. La baisse de participation, au-delà d'être symptomatique à tous les genre de scrutins, est très révélatrice en ce qui concerne le scrutin européen: les gens ne savent pas pour quoi ils votent exactement.
En 2004, même dans les pays qui organisaient un scrutin national en même temps que le scrutin européen, le taux de participation pour les élections européennes fut plus bas que l'autre. Seuls les pays où le vote est obligatoire, avec en plus d'eux l'Italie et Malte, ont eu des taux de participations satisfaisants.
Mercredi, avec le Rendez-Vous des Européens, puis encore le 13 juin à Marseille, puis le 21 juin à Lyon avec les Etats Généraux de l'Europe, puis encore les 10-11 octobre à Nantes, le but est de faire entrer dans les têtes que l'Europe, c'est utile. C'est utile pas seulement parce que ça contraint. C'est utile parce que ça ouvre l'esprit, parce que ça change la façon de gouverner aux niveaux national, régional, local. C'est utile parce que cela constitue un modèle alternatif; un modèle diplomatique, un soft power, mais aussi un modèle d'économie de marché mesurée.
Mais un modèle à qui il manque encore nombre de qualités, et qu'il faut perfectionner. La plupart du temps, les perfections à apporter dépendent pour beaucoup des Etats nationaux. Parfois même, on a l'impression que si c'était le niveau communautaire qui gérait directement les choses, ça irait mieux. Comme pour le respect du calendrier de la stratégie de Lisbonne, qui vise à faire de l'Europe l'économie la plus performante et la plus à la pointe d'ici 2010. Comme pour le respect des engagements de Cotonou pour le développement des pays ACP.
Mercredi, l'ordre du jour est aux valeurs des Européens. Avec des plateaux d'invités qui varient les sensibilités politiques aussi bien que les nationalités, l'accent est mis sur l'éducation, sur le respect de la personne humaine, sur la politique étrangère, sur l'environnement, sur nos passés différents en fait si semblables.
Les tables rondes qui se dérouleront entre 16h et 17h30 iront plus au fond des sujets: mobilité en Europe, "Harvard Européen", médias et Europe, l'exportation de la culture européenne est-elle possible?, mémoire commune, internet et l'identité européenne... Les plateaux sont franchement de qualité, et le ton est mis pour que l'interactivité soit le maître-mot du jour.
Les séances d'ouverture et clôture, ainsi que l'entretien de JP Jouyet avec Pierre Sled seront retransmis en direct sur Public Sénat.
A Lille, nous accueillons Bronislaw Geremek, Martin Hirsch, Rama Yade, Xavier Darcos, Lili Gruber, Michel Rocard, Anne-Marie Lizin, Philippe Starck, Daniel Cohn-Bendit, Philippe Cayla (Euronews), Gottfried Langenstein et Jérôme Clément (Arte), John Thornhill (Financial Times), Alexandre Heully (CaféBabel), Jean Quatremer, Richard Descoings (Sciences Po), Monique Canto-Sperber (ENS Ulm), Jean-Louis Subileau, Agatha Ruiz de la Prada, Dominique Issermann, Versac, et encore bien d'autres.
Photo: Olivier Roller.
01:58 Publié dans Parlons d'Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : europe, paroles d'européens, ue, jouyet, bronislaw geremek, martin hirsch, rama yade







Commentaires
Coool, on se voit à Lille (enfin !)
@+
L.
Ecrit par : Lancelot | 04.05.2008
j'y compte bien!
Ecrit par : Pierre Catalan | 05.05.2008
Chouette, j'ai enfin reçu la confirmation que je pouvais participer au délire européen de mercredi !
Ecrit par : Odanel | 05.05.2008
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