30.03.2008

"Le Conseil Municipal, c'est l'armée Mexicaine!"

 Réflexion entendue au sortir du Conseil Municipal de Boulogne, 2eme de la période Baguet, qui s'est tenu vendredi soir. Ce Conseil municipal fut l'occasion d'assister à quelques échanges plutôt drôles, à la stratégie de M. Baguet dont les ficelles sont si grosses qu'on se demande si c'est du à sa vanité ou à de la bêtise.

 

 La nommination des maires-adjoints fut une joie sans partage. "J'ai créé 21 postes d'adjoint, dont 2 ne sont pas encore attribués". 21 postes d'adjoint... et 20 conseillers municipaux délégués. Un Conseiller Municipal délégué est mieux payé qu'un conseiller municipal "lambda" parce que sa charge de travail est alourdie par des Commissions plus lourdes. Pendant la mandature de Jean-Pierre Fourcade, il y a eu jusqu'à 7 conseillers municipaux délégués. On se demande comment justifier cette hausse des salaires du Conseil Municipal... Comptez: 19 salaires d'adjoints à 2700€ par mois, plus 20 salaires de conseillers municipaux délégués (plus de 600€ par mois), plus celui du maire (à peu près 5000€ me dit Wikipedia)... et les 15 conseillers municipaux d'opposition, qui touchent 260€ par mois. Nous ne connaissons pas encore le traitement des futurs très importantes personnes qui siègeront au "Conseil Economique et Social Boulonnais".

 J'affinerai les chiffres quand j'aurai les montants exacts, mais j'ai plutôt donné dans la fourchette basse. Faites le calcul.

 Parce que s'il avait été utile de nommer 20 conseillers municipaux délégués, je ne doute pas que cela aurait été fait auparavant. Non, tout cela a une drôle d'allure. C'est un peu comme si il ne fallait que personne ne se sente trop rabaissé par rapport aux autres. Tous généraux, pas un seul homme de troupe: l'armée Mexicaine!

 Restent ces 2 maires-adjoints fantômes. A pêcher parmi les 15 conseillers municipaux d'opposition, sans doute... il n'y a pas de date pour l'ouverture de la chasse au conseil municipal. Le drôle, c'est que la loi ne permet pas de nommer des conseillers municipaux délégués si tous les postes de maires-adjoints ne sont pas pourvus. Sans doute la préfecture va t-elle taper sur les doigts de M. Baguet.

 

 Et puis il y a la façade donc. Ces 2 fauteuils de maires adjoints apparemment destinés à d'autres élus que ceux de la majorité. Et il y a l'envers. L'envers, c'est qu'il n'y a pas de place, aucune, pour les conseillers municipaux d'opposition, au sein de la Société d'Aménagement et d'Economie Mixte (SAEM) des terrains Renault.

 Goûtez le beau déni de démocratie: il existe 8 places pour les conseil municipal dans la SAEM, et les conseillers généraux des cantons de Boulogne y siègent aussi. Les trois conseillers généraux de Boulogne-Billancourt siègent aussi au Conseil Municipal, dans la majorité de M. Baguet. Cela fait donc 11 élus municipaux prêts à siéger à la SAEM. Et bien: pas un siège pour l'opposition!

 Alors que sous la mandature de M. Fourcade, le chef de l'opposition Pierre Gaborit, était administrateur de la SAEM. Alors que dans les divers voyages, à New-York pour discuter avec la New-York University par exemple, le chef de l'opposition était du voyage.

 L'opposition (PS et Unis pour Boulogne-Billancourt) a rassemblé 56% des voix aux municipales, les terrains Renault ont été le sujet majeur de la campagne, mais pas un seul élu d'opposition ne siègera à la Société d'Aménagement et d'Economie Mixte des terrains Renault.

 C'est beau la démocratie sauce Baguet.

Sa justification?

M. Baguet: "J'aurai besoin de 8 élus de ma majorité pour siéger à la SAEM"

M-H Vouette (PS): "Est-ce à dire que vous ne faîtes pas confiance aux élus d'opposition pour siéger dans l'intérêt des Boulonnais?" 

M. Fourcade: "Mais, Monsieur Baguet, les conseillers généraux y siègent aussi, cela vous fait plus que 8 sièges..."

M. Baguet: "Le Conseil Général n'a rien à voir avec la ville, c'est une administration indépendante!" 

 

 Et vous, comment goûtez-vous d'être pris pour des imbéciles de façon aussi grossière?

 L'armée Mexicaine, mais avec des bras cassés quand même...

Commentaires

Le maire a évidemment écrêté son traitement et, en bon apothicaire, il prétend qu'en versant cette somme au pot commun, + l'énorme "sacrifice consenti" (sic) par les adjoints, il couvrira les frais de son bataillon de très importants. J'ai l'impression que le compte n'y est pas, mais qui suis-je pour en douter...?
A part ça, pour la SAEM, tu es injuste: les élus de l'opposition n'ont qu'à accepter de devenir adjoints et ainsi, nul doute qu'ils pourront y siéger. Baguet n'a eu de cesse de le répéter, il a fait des "efforts d'ouverture" (re-sic, c'est vraiment un cénacle!) que ces esprits bornés de l'opposition n'ont pas voulu reconnaître.
Le maire donne dans le croquignolesque, c'est vrai que c'est nouveau. Allez, affaire à suivre, on va bien s'amuser.

Ecrit par : asophie | 31.03.2008

Pure coïncidence, Mr Estrosi, dans une interview au figaro utilise les mêmes thermes à propos de l'UMP. C'est sur le Mexique est à la mode.

Ecrit par : goery.92 | 31.03.2008

L'immense Labrunye

Pour ceux qui auraient manqué les épisodes précédents, Labrunye est un colistier, maintenant élu conseiller municipal de la liste Baguet.
Le qualificatif d'Immense est né de l'anticipation de Labrunye sur sa propre personne, "historien-chercheur-architecte futur grand nom de l'architecture française lorsqu'il aura atteint la maturité entre 40 et 50 ans"
Je vous assure que je ne galège pas, il l'a écrit!

Avant de devenir cette gloire mondiale de l'architecture, Labrunye s'est rendu célèbre dans son futur milieu, en dessinant sur un coin de table "le projet alternatif de l'ile Seguin" que Baguet n'a pas eu honte de proposer aux boulonnais, et au Figaro (qui illustra grandement sa devise).
Tout ce que l'architecture compte de talents a exprimé son avis sur le brouillon de Labrunye.

Labrunye était aussi celui qui faisait recours contre l'hôtel Crown Plaza de l'ile Seguin, que Baguet voulait déplacer "sur la terre" avec, disait-il l'accord de ses promoteurs.
J'apprends que Labrunye renoncerait à son recours, son élection changeant tout à sa contestation.
L'hôtel restera donc sur l'ile.

On n'a pas fini d'assister à des rétro-pédalages, et de découvrir que les contestations de Baguet sur l'aménagement des terrains Renault n'étaient qu'électorales, non fondées, et ne seront pas.

Ce cynisme est écoeurant: Le mensonge et la démocratie, la fin et les moyens, les abstentions courageuses des tierces parties invoquées (je pense au Conseil Général 92),
bref,
tout ce que je déteste.

Je n'avais pas une grande considération pour cette équipe, ses premiers pas de pouvoir et son attitude pour ses promesses ne vont pas l'améliorer.

Ecrit par : jean louis | 03.04.2008

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