22.01.2008

"c'est pour mes pauvres"

 Je ne sais pas si vous suivez les petite querelles entre Boutin et Amara en ce moment, mais c'est assez rigolo. Les belles images de juin, avec la gentille catho ron-ron et l'énergique rebelle des banlieues, tout sourire pour les appareils photo sont bien finies. Le plan "Espoir Banlieue" a mis définitivement fin au charme, et on comprend bien pourquoi: l'annonce prochaine de tout plein de mesures structurelles et de plus court-terme pour les banlieues rime avec bonne cote de popularité dans une situation où, globalement, les Français semblent se rappeler que les seules promesses de campagne de Sarkozy vraiment honorées sont le ministère de l'immigration et de l'identité nationale, et le bouclier fiscal censé relancer la croissance en moins de deux.

 Exit donc le "travail de longue haleine" via blog de Fadela Amara, exit les bonnes manières, Christine Boutin a décidé de tirer la couverture à elle. Mais paf, la tuile! Elle n'avait pas prévu que Nicolas Sarkozy se trouva bien dépourvu quand l'hiver fut venu, et que un bon coup médiatique le 8 février avec l'annonce du plan banlieue, ça redore un tantinet un blason qui s'effrite.

 Donc voilà, ça semble être le gros bordel entre Sarkozy qui s'approprie le travail de son administration, et l'antithèse ambulante qui va se partager les restes comme des chiffonniers. D'ailleurs, ça a commencé aujourd'hui, Boutin ayant allègrement coupé l'herbe sous le pied de sa médiatique secrétaire d'Etat en ouverture de la journée "Espoir Banlieue" à Vauls en Velin.

 Tout ça fait un peu rappeler le sketch de Devos, "Le Mille-Feuilles". Devos a engagé un pari comme quoi il réussirait à maigrir. Las! Se promenant innocemment dans une vitrine, il voit un mille-feuilles "épais comme ça!". Et comme les clientes de la pâtisserie, dont une religieuse, lorgnent sur son mille-feuilles, il entre dans l'établissement, pour veiller sur son (futur) bien:

  "Et j'ai entendu la religieuse qui disait: 'pour les pauvres de la Paroisse, donnez-moi vingt-quatre nonnettes!' Dans un coin y avait un pauvre qui disait 'excusez-moi est-ce que je pourrais avoir..' la vendeuse: 'Une seconde s'il vous plaît!! Et vous madame?' Une dame: 'moi je prendrai 32 éclairs au chocolat, c'est pour mes pauvres.' Et dans son coin y avait mon pauvre qui disait: 'excusez-moi, est-ce que je pourrais avoir...' la vendeuse: 'une seconde s'il vous plaît! Et vous madame?' Une autre dame: 'pour mes pauvres, je voudrais des chausson aux pommes'. 'Combien?'. 'Douze paires'.

 Et dans son coin y avait mon pauvre qui disait: 'excusez-moi, est-ce que je pourrais avoir...' La vendeuse: 'une seconde, non! Vous voyez bien que TOUT LE MONDE s'occupe de vous!!" 

Commentaires

Je trouve cette séquence politique détestable... Rien à rajouter.

Si. Bien vu de là où tu es. Bien vu.

Bonne soirée

Ecrit par : Falconhill | 22.01.2008

Je crois qu'on ne comprend jamais aussi bien la situation politique d'un pays et ses querelles politiques insupportables que quand on s'en éloigne.
J'veux pas dire que ce que tu dis maintenant est plus pertinent que d'habitude. Non, c'est juste un commentaire en passant.
Mais quand même la Chine, ça t'inspire ?

Ecrit par : Camille | 23.01.2008

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