04.01.2008
Pas de Vélib JC Decaux en banlieue?
Cela fait (presque) la Une de nos journaux:
Le tribunal administratif de Paris met des batons dans les roues du Vélib en annulant la décision du Conseil de Paris d'étendre le système de vélo en libre service dans une trentaine de communes de la banlieue.
Motif de la décision: l'extension du dispositif parisien à d'autres communes est de nature à «modifier l'objet même du contrat initial » dans la mesure où « elle aurait pour effet de fournir dans chacune de ces communes un réel service de bicyclettes en libre service».
En clair, le contrat initial passé entre JC Decaux et la Ville de Paris, ne peut pas être étendu, sans fausser le jeu de la concurrence. C'est en effet, le concurrent malheureux Clearchannel qui a saisi le juge administratif pour empêcher l'extension du Vélib.
Et c'est bien ce qui énerve au plus au point la Ville de Paris qui entend porter l'affaire devant le Conseil d'Etat. «Cette décision, c'est d'abord le résultat d'une bataille juridique et commerciale entre deux grands groupes: JC Decaux et Clearchanel.»
«Ce soir, nous sommes déçus. Et les communes proches de Paris à qui on offrait le système Vélib, sont les premières perdantes» ajoute t-elle. Le principe, retenu par les élus parisiens le 19 décembre dernier, était clair: la Ville de Paris payait l'installation des nouvelles stations Vélib en banlieue, et en échange percevait l'intégralité des recettes.
A quelques mois des élections municipales, l'extension du Vélib tombait à pic. «Paris souhaite déployer son service Vélib d'abord pour exprimer sa solidarité avec les communes riveraines» explique la Ville de paris. L'occasion pour Bertrand Delanoé de relancer le projet politique d'un « grand Paris », une forme d'intercommunalité intégrant les communes proches de la capitale.
Ce soir, la Ville de Paris veut toujours y croire: «Le projet de déploiement de Vélib reste souhaitable et possible à la fin de l'année 2008, dans l'hypothèse où le Conseil d'Etat annule l'ordonnance.»
Rappelons jouissivement la lettre démago à mort de Pierre-Christophe Baguet, candidat UMP à la mairie de Boulogne, et qui demandait il y a peu à la mairie de Boulogne de se dépêcher de faire venir JC Decaux dans la ville pour étendre les Vélib. J'avais alors pointé la démagogie de la méthode, ou le manque total de compétence de l'auteur de la lettre, en soulignant ce problème de concurrence faussée dans l'appel d'offre.
Cela fait du bien d'avoir raison. J'aime ça. Première résolution pour 2008: continuer à taper sur les types qui déshonnorent ma conception de la démocratie comme ce bien banal PC Baguet.
En attendant, peut-être que les Parisiens sont satisfaits de leur maire qui leur fournit des Vélib sans consultation avec les Conseils Généraux voisins et le Conseil Régional, mais moi je ne le suis pas. De là à dire que Panafieu est meilleure en revanche...
14:40 Publié dans Boulogne | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : paris, vélib, boulogne, dorothée pineau, baguet, démagogie, delanoë, panafieu







Commentaires
Mouais... Le dogme de la libre concurrence pour finalement, au final, voir les balieusards privé de cet outil (qui est bien ou mal la question n'est même pas là), j'avoue que ça me gonfle et me navre un peu.
Je suis de droite, mais les dogmatismes libéraux comme les autres me semblent idiots quand ils pénalisent la vie des gens et quand ils se font au dépit du bon sens.
Pour autant, le vélib, finalement, ce n'est pas grand chose. Surtout dans le Gard... Mais quand même.
Bon weekend à toi
Ecrit par : Falconhill | 04.01.2008
Bonjour
Falconhill, il me semble que vous passez à côté de la réalité: Il ne s'agit pas de dogme, mais bien de situation monopolistique.
Le système VELIB fonctionne avec un système (le transpondeur) et la contrainte d'entretien, récupération etc..
Le système transpondeur reste la propriété de Decaux, c'est à dire que si une ville de banlieue veut installer un "VELIB", elle doit,
soit prendre le système DECAUX et être compatible avec Paris,
soit prendre un autre système et être incompatible avec Paris, ce qui obligerait les cyclistes à changer de monture aux frontières de chaque municipalité!
En fait, en gardant le logiciel de gestion, DECAUX a développé une stratégie monopolistique, la seconde option (incompatibilité) paraissant idiote.
La logique de cette position dominante s'est exprimée dans ce projet de Paris d'implanter ses VELIB dans la petite couronne, lequel projet s'est heurté à la loi, comme le rappelle Pierre.
Lorsque VELIB était en projet, de très nombreux maires de villes de la petite couronne, dont celui de Boulogne, avaient anticipé ces difficultés et suggéré que VELIB fut géré par la Région IdF.
Ceci aurait évité le blocage actuel et les vaines incantations à la Baguet, mais ça aurait reculé l'implantation VELIB à Paris, et les Municipales ...
Comment en sortir?
MICROSOFT a, à une autre échelle, développé cette même stratégie qui mène à l'abus de position dominante, et à ce titre, comme MICROSOFT refusait de donner les codes de ses logiciels qui seuls permettent la concurrence,
MICROSOFT a été lourdement condamné par l'UNION EUROPEENNE et obligé de donner accès.
La solution doit être là: DECAUX doit donner accès à son logiciel transpondeur, qui sera ainsi praticable par tous concurrents,
qui devront bien sûr établir entre eux un cahier des charges et les modalités d'entretien etc sur les "territoires" des uns et des autres.
En fait si VELIB est la contraction de VELO et de LIBERTE, la seconde est à portion congrue.
Ecrit par : jean louis | 05.01.2008
Le Parisien
HAUTS DE SEINE, samedi 5 janvier 2008, p. 2
Boulogne - Sèvres
Le vélo en libre-service, même sans Vélib'
O.D.
LE VELIB' parisien n'arrivera peut-être pas jusqu'à Boulogne, mais les habitants devraient tout de même avoir droit à leurs vélos en libre-service. En effet, la communauté d'agglomération Val de Seine (qui regroupe les communes de Boulogne et de Sèvres) n'a pas attendu le Vélib' pour étudier la possibilité de lancer son propre système. Une possibilité qui reprend tout son sens après la décision du tribunal administratif de Paris d'annuler la mise en place de Vélib' en petite couronne, sur une plainte du concurrent de Decaux, Clear Channel.
Entre 25 et 30 stations
Val de Seine veut profiter du renouvellement de son marché de mobilier urbain, en septembre, pour demander aux sociétés intéressées - a priori Decaux et Clear Channel - de proposer un système de vélos en libre-service. Aujourd'hui, Val de Seine est sous contrat avec Decaux. « Quand nous avons lancé ce marché, nous ne savions pas que Vélib' devait venir en petite couronne, explique François Kosciusko-Morizet, maire de Sèvres et vice-président de Val de Seine. De toute façon, Sèvres n'était pas concerné, puisque nous ne sommes pas limitrophes de Paris. Et puis, nous étions conscients des obstacles juridiques à cette extension de Vélib'. » « Pour nous, cette annulation par le tribunal administratif n'est pas vraiment une surprise », affirme même un élu. Le Vélib' boulonnais pourrait offrir entre 25 et 30 stations sur les deux communes, soit environ 400 vélos. Mais leur emplacement n'est pas encore déterminé. « Les entreprises qui répondront à notre appel d'offres devront nous faire des propositions. » Reste le problème du financement. A Paris, ce sont les recettes publicitaires qui paient Vélib'. Mais Boulogne, ce n'est pas Paris. Sèvres encore moins. « En outre, les règlements municipaux sur la publicité sont de plus en plus restrictifs, pour limiter la pollution visuelle », explique-t-on à la mairie de Sèvres. Bref, si Val de Seine décide de lancer son propre système de vélos en libre-service, ce ne sera pas gratuit. Jean-Pierre Fourcade, le président de la communauté d'agglomération, estimait il y a quelque temps le coût financier « entre 200 000 € et 400 000 € ». Il évoquait également le problème du manque de place sur les trottoirs de la ville pour y installer les stations.
Ecrit par : labyssin | 05.01.2008
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