30.12.2007

"le coup de foudre présidentiel"

 Jacques Séguéla, en vieux frippé pimpant de la communication, raconte en exclusivité au Figaro comment lui-même personnellement a joué le super entremetteur pour Sarkozy et Carla Bruni. L'article est d'un ridicule presque assumé, et ce d'autant qu'il figure tout de même au chapitre "politique" du journal dont la rédaction est dirigée par Etienne Mougeotte:

 «Nicolas, il était très seul. Ça l'a quand même touché tout ça (le divorce avec Cécilia Sarkozy, ndlr). Il m'a dit : écoute, fais-moi un dîner de copains chez toi avec ta bande, je n'en peux plus d'être seul le soir à l'Elysée. Moi, j'ai voulu lui faire un diner de copains de gauche et donc j'ai voulu y inviter des gens qui fassent un peu réagir et bouger. J'ai pensé à Julien Clerc, qui n'a pas pu venir parce que ce jour-là il chantait, Carla Bruni, et puis deux autres couples», poursuit Jacques Séguéla. «Et j'ai vécu en direct le coup de foudre présidentiel. Ils ne s'étaient jamais vus et je pense qu'ils ne se quitteront plus jamais.»

 Un peu comme au temps du Roi Soleil, où certaines courtisanes étaient introduites au Roi afin qu'il trouVe maîtresse, un peu comme à la Cour, où le lever et le coucher du Roi étaient racontés avec passion et orgueil par les favoris qui avaient pu y assister, voici donc l'histoire, et l'humble point de vue de Jacques Séguéla.

 "Nicolas" (sic), Président de la République, se sent seul le soir dans sa grande maison où il habite parce que les Français ont décidé que c'est lui qu'il leur faudrait pour bien s'occuper d'eux. Et quand le Roi s'ennuie, le Roi veut se distraire. Nicolas le Bien-Aimé a donc chargé Jacques Séguéla de jouer la coquine entremetteuse.

«Ils sont repartis ensemble, mais pas pour ce que l'on croit. Il l'a raccompagnée chez lui (SIC) et je sais qu'il ne s'est rien passé parce que c'était deux heures du matin, et cinq minutes après, Carla m'a téléphoné. Elle m'a dit : ton copain, il est quand même curieux, je lui ai donné mon numéro de téléphone et il ne m'a pas rappelée». Jacques Séguéla sourit : «Il venait de la quitter depuis cinq minutes.»

 Appréciez l'art de la mise en scène: soulignons les bonnes manières de Nicolas le Bien-Aimé, qui, si il est un Roi au coeur brisé, n'en reste pas moins un gendre idéal. Observons comme il faut continuer à appeler notre couple royal en formation par leurs prénoms. Un peu comme Charles et Diana. Observons le magnétisme irrésistible de notre président, qui, croit-on comprendre, s'est tout de même payé le luxe de raccompagner Carla Bruni devant la porte de l'Elysée sans la faire entrer. De là à dire "si ça marche avec Carla Bruni, pourquoi pas avec Angela Merkel sur la BCE?!", il n'y a qu'un pas.

 Le prochain article du Figaro sera sans doute l'interview en première page de la Reine-Mère, qui donnera sa bénédiction au choix de son cher fils, en soulignant toutes les qualités de Princesse Carla. Et ainsi ira la vie, et nous nous rappellerons de cette phase d'un certain Dominique de Villepin, qui disait il y a quelques mois ceci: “Il est élu, mais il pense déjà à autre chose. Rien ne le satisfait, il est comme ces ‘rich and famous’ aux Etats-Unis qui veulent toujours la plus belle femme, la plus belle voiture, la plus belle maison. Il s’en fout de la France et des Français.”

 C'est vrai que toute cette présidence, tous ces types, cette espèce de démonstration permanente, cela fait un peu "revanche du médiocre". Le plus drôle, c'est qu'on finirait par louer les analyses psychologiques de Villepin. Drôle de monde, non?

Commentaires

excellent~! and keep up the good work!
salutations de bucarest,

m.

Ecrit par : mara.d | 30.12.2007

"Ils ne s'étaient jamais vus et je pense qu'ils ne se quitteront plus jamais" : franchement, cette romance présidentielle ne m'intéresse pas trop, au contraire : elle à tendance à faire oublier d'autres choses qui, cela va sans dire, sont beaucoup plus importantes pour la population française. Tout ce que je peux dire sur le sujet, c'est que je doute fort que la belle Italienne fasse un quinquennat !

Ecrit par : marc | 30.12.2007

et en attendant il y a l'Irak, le darfour, la palestine... insignifiant finalement à coté des histoires nombrilistes de notre cher président

Ecrit par : yasmine | 30.12.2007

afin qu'il troue maîtresse

ou

afin qu'il trouve maîtresse ?

Ecrit par : RayonFrais | 30.12.2007

Superfrais!

Ecrit par : RayonFrais | 30.12.2007

héhé, Rayon Frais, ce devait être un lapsus écrit. La force de l'inconscient!

@ Yasmine
Exactement! Mais bon, Sarko a été élu pour remettre la politique dans le quotidien dans le coeur des Français, pas pour des trucs trop sérieux non-plus...

@ Marc
On parie? Moi je dis que de toutes façons il se fera plaquer après ou jute avant une grosse échéance électorale.

@ Mara
BISOUUUUUUUUUUUUUUUUUS!

Ecrit par : Pierre Catalan | 30.12.2007

Du beau conte de fée, de la poudre aux yeux, de l'effervescent pour medias à remplir, de la communication par l'absurde ! :-)))

Ecrit par : monsieur Poireau | 31.12.2007

Déjà 7 commentaires à ce billet et aucun à celui sur le Pakistan. Autant dire que tout le monde est en vacances...

Ecrit par : Ouadou | 31.12.2007

Histoire autant affligeante que le billet était agréable à lire.

Avoir Tom Cruise comme président de la République quand on a été élevé au sein gaulliste, c'est un peu douloureux (et je me dis que si on avait eu Royal, c'aurait été pareil : deux fois plus douloureux)

Bonne fin d'année ami de blog de Boulogne Sur Quebec.

Ecrit par : Falconhill | 31.12.2007

Pierre, je n'aime pas trop parier. A chaque fois, ça ne me porte pas chance. Donc, le temps nous le dira. J'ai quand même un petit truc à rajouter à ce sujet : c'est quand même dingue cette passion du président pour les people ! On a l'impression qu'il lui fallait à tout prix quelqu'un de connu. La preuve : on a parlé de Laurence Ferrari, Carole Bouquet et voilà qu'en définitive c'est Carla Bruni qui est l'élue de son coeur. Il fait ce qu'il veut et s'il y a une chose sur laquelle il faut s'abstenir de polémiquer c'est bien celle-là mais c'est quand même révélateur de la personnalité du président et de son goût pour les stars et paillettes, pour ne pas dire la jet-set : il lui fallait une femme qui fasse la une des médias (il paraît même que certains sondeurs avaient étudié l'impact de cette nouvelle auprès d'un "échantillon représentatif" - heureusement que le ridicule ne tue pas). Pourquoi pas une modeste anonyme, une femme faisant partie de ce qu'on appelle communément les "vraies gens", une femme dont personne n'a entendu parlé et qui n'est ni journaliste, ni actrice, ni mannequin, ni chanteuse ? Pardon, je rêvais...

Ecrit par : marc | 31.12.2007

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