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22.11.2007
Je ne suis pas de droite, finalement.

En ce moment à Montréal, le temps est terrible. Imaginez: la nuit quand vous dormez, il neige. Le matin quand vous vous levez, le temps est calme. Puis quand vous mettez un pied dehors, il se met à grêler et le vent souffle tellement fort qu'il est difficile de mettre un pied devant l'autre, dans une espèce de neige fondue grisâtre, qui font que la ville ressemble à une immense station de ski, sauf que les gens ont pas l'air joyeux comme quelqu'un qui va manger de la poudreuse.
On a donc le temps de réfléchir à plein de questions fondamentales, comme "mais au fait, suis-je droite moi?". J'avais déjà écrit quelque chose de ce goût-là, en expliquant en gros que je voyais le monde politique pas comme un spectre de la gauche à la droite bien aligné et compartimenté, façon années 80, mais plutôt comme une séparation assez nette sur des sujets fondamentaux type libéralisme, intégration européenne, place de l'individu dans la société. Cette séparation, je l'illustrais par le référendum 2005, tout en reconnaissant que cela restait un point de fracture assez insuffisant. Mais la transformation d'un rapport droite/gauche facile et bien pratique est à mettre à l'actif de plusieurs événements:
En premier, l'acceptation par tous les responsables politique de la mondialisation, de la puissance réelle de la France, économique et politique, dans un monde globalisé. Mais aussi des événements qui viennent eux d'un changement de paradigme dans la société même. Une société qui après la Chute de Mur de Berlin a jeté ce que l'on appelle le "consensus permissif" aux orties, en faisant entrer la politique internationale dans l'espace public et le débat politique. Une société qui a accepté et fait sienne, part de son identité, des réformes de moeurs et de structure de pensée, l'IVG, la Peine de Mort... Les années 80, le mouvement gay et lesbien, et plus récemment la question environnementale, tous ces sujets ont été intégrés par la société et l'ont restructurée, jusqu'à un changement de paradigme.
Voilà pourquoi souvent, la ligne morale facile à délimiter auparavant entre "gauche" et "droite" n'existe plus. D'ailleurs, il est intéressant d'observer la pré-campagne Américaine perdre cette ligne de démarcation entre Républicains et Démocrates: le candidat républicain le plus en haut dans les sondages, Rudolf Giuliani, n'a jamais caché ses convictions morales plus libérales, notamment sur l'avortement, les droits des homosexuels, et la peine de mort. En cette matière, nous avons été en France plutôt précurseur.
La ligne économique est donc rapprochée, la ligne morale complexe à trouver, comment toujours trouver ce concept gauche/droite pertinent? Il y a toujours des gens qui réfléchissent en ces termes assez périmés; ils sont ceux qui clament qu'ils sont la "vraie gauche" ou la "vraie droite". Agités plutôt minoritaires lorsque le pays ne traverse pas une crise de confiance, ils ont été auparavant du bon RPR conservateur, qui sait, militants au MIL, ou bien bien coco dans un rapport de confrontation des classes constant. Ceux qui opposent l'ordre à une vision plus libertaire. Aujourd'hui, ils sont autant dirigistes les uns que les autres.
Mais même, ayant accepté tout cela, on continue à parler de droite et de gauche; sans doute pour conserver des termes simples qui permettent à chacun de s'y retrouver dans un paysage politique en recomposition permanente après les bouleversements de paradigmes que j'évoquais. Nous réduirons donc gauche et droite à PS et UMP. Mais je n'en pense pas moins: le simplisme de ces étiquettes n'est pas satisfaisant.
Pourquoi donc, ne suis-je pas UMP. J'ai relevé quelques éléments de l'identité de l'UMP. Je dois d'abord préciser que j'ai longtemps pensé que l'UMP à la Sarkozy serait un élément de changement profond dans l'identité de la droite, notamment en termes économiques. Lorsque je passais chez Karl Zero pour poser des questions à Patrick Devedjian, celui-là reconnaissait que les Etats-Unis n'étaient pas réellement un Etat libéral, et que la dénonciation d'une société "à l'Américaine", "libérale", était une caricature: une société et une économie libérales seraient très différentes (au-delà du fait que nos sociétés et systèmes de valeurs sont évidemment différents). J'ai donc longtemps pensé qu'en libéralisme, économique ET politique, l'UMP serait un acteur très fort de changement en France.
J'ai eu tort.
Voici quelques points qui m'éloignent beaucoup de l'UMP.
Les membres de l'UMP respectent l'autorité et pensent que l'ordre vaut mieux que le désordre, je ne le pense pas. Je crois qu'une société doit remettre en question l'autorité et qu'elle doit savoir organiser ses débats, certes, mais toujours débattre. Dans ce cadre, je crois en l'utilité de la société civile et ce que l'on appelle la démocratie sociale, ou la gouvernance. Ce n'est malheureusement pas le cas de la majorité des membres, et surtout des dirigeants de l'UMP, qui ne sont que légitimistes.
Les membres de l'UMP, ou ses dirigeants, croient en une organisation de la société et de ses débats du haut vers le bas (top-down). Je crois que c'est bien plus complexe que ça. Il y a un jeu d'influence entre les citoyens et les dirigeants: les électeurs forgent le candidat qu'ils veulent. Nous avons voulu un Nicolas Sarkozy. Nous avons voulu un type qui nous fasse sentir la paire d'organes virils que nous avons entre les jambes, même si dans la réalité nous ferions mieux de regarder avec lucidité notre état de santé. Nous avons forgé Sarkozy car nous avons changé, dans la société comme un tout, nos paradigmes. De même que nous avons forgé Ségolène Royal, que nous avons voulu ce débat sur l'identité nationale, sur le drapeau. Je dis nous, non pas que j'aie voulu tout ça, mais parce que je suis une part de la société. En échange de cette influence, Sarkozy et Royal ont tenté eux aussi de changer notre processus cognitif: avec chacun son dada. La démocratie participative pour l'une, le "devoir de vérité et de lucidité" pour l'autre. Dans l'ensemble, nous enfantons nos gouvernants, et ce qui les démarquent reste leur capacité à toucher notre processus cognitif, le petit plus qui fait que.
A l'UMP, et à la présidence de la République, on est en effet "à l'Américaine". Une économie protectionniste, qui joue parfaitement perso dans un environnement Européen où il existe des règles. Une économie tournée vers la préservation automatique de ses vieilles bases, plutôt qu'une politique de réforme du marché de travail et de formation tout au long de la vie pour aider cette reconversion économique. Je crois qu'en matière de libéralisme économique (il ne vous aura pas échappé que les deux premiers points concernaient le libéralisme politique), la gauche qui s'auto-qualifie de "social-démocrate" est bien plus libérale que l'UMP!
A l'UMP de Nicolas Sarkozy, on pense qu'on va pouvoir relancer l'économie avec des mesures Keynésiennes, et dépensant plus d'argent, alors que c'est notre marché du travail que l'on doit réformer. Dans la France UMP, on préfère donner de l'argent aux pêcheurs, préserver un emploi de type jurassien, plutôt que de consacrer un vrai budget à la formation tout au long de la vie. Il y a tellement d'autres choses encore... pour moi le cadre de la nation n'est pas pertinent, mais il l'est encore beaucoup à l'UMP. Qu'on siffle la Marseillaise ne fait pas plaisir, mais vaut-il mieux s'élever contre les sifflets, ou chercher à expliquer pourquoi l'hymne Français a été sifflé?
Dire que je ne me sens pas proche de l'UMP ne veut pas signifier que je me sens proche du Parti Socialiste pour autant. Pas de raccourci hasardeux. J'ai juste l'impression d'être coincé dans des définitions des clivages politiques qui ne me correspondent pas. Comme le dit versac, il y a clairement des changements liés à un "fait générationnel". Un fait qui fait primer l'interaction entre les individus, les débats, l'esprit d'ouverture, et l'autonomie de chacun. J'ai l'impression d'être en attente du moment où le dilemme du prisonnier sur le sujet du libéralisme entre la gauche et la droite sera fini.
D'ici-là, en tant qu'Européen convaincu, je crois ferme aux théories des inputs et outputs dans le système politique, à une institutionnalisation de la gouvernance comme moyen de faire des lois qui permettent à chacun d'intervenir dans la prise de décision, dans un accès aux gouvernants le plus ouvert possible. Je crois ferme qu'un jour nous arriverons à combler le décalage qu'il existe entre notre espace public national ouvert à chacun, et un espace public Européen trop complexe et donc technocratisé. Et ce jour-là, qui sait, les partis Français se rendront peut-être compte que les citoyens dont ils participent à organiser la vie politique, sont plus proches de Zapatero que de Chavez, plus proches de Merkell que de Bush.
Plus raisonnables qu'on ne le pense. Plus sages aussi.
23:30 Publié dans Idées, opinions, propositions | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : droite, gauche, démocratie, UMP, PS, démagogie, société







Commentaires
Chouette, le problème de la domination droitière chez les Kiwis s'en trouve presque réglé...
Ecrit par : odanel | 23.11.2007
Amusant, nous nous croisons dans le couloir. Il est vrai que, depuis le mois de juin, je me demandais toujours pourquoi tu servais d'argument à ceux qui trouvaient que le réseau Kiwis penche trop à droite... bref, c'est bien d'assumer ce qu'on est. Cela m'a pris plusieurs années.
Sur les sifflets, je suis sûr que ce n'était pas ton intention, mais comme tu cites Odanel en tant que blogueur expliquant plus qu'il ne condamne, j'espère que tu n'insinues pas par là que ce n'était pas le cas des autres Kiwis. Pour ma part, j'interprète ces sifflets comme l'incapacité d'une société sans projet à faire croire en elle à ses nouveaux membres.
Ecrit par : Criticus | 23.11.2007
salut,
je te rejoins sur le manque d'ampleur des changements lancés par le gouvernement...
et ta conclusion me fait penser que tu es doucement mais surement un "libéral", au sens noble du terme. Respect des individus, éloge de la discussion et de la recherche de solution par le compromis.
à bîentôt !
Ecrit par : LOmiG | 23.11.2007
Ton billet est magnifique. Sincérement, et sans volonté d'aller dans une flatterie facile et imbécile.
Je me suis souvent posé cette question, sans doute devrais je répondre à ton billet sur mon blog. Parce que le sujet est trés interressant, trés pertinent.
Certains disent que "droite et gauche", aprés presqu'une dixieme de 21eme siécle, c'est dépassé. Il existe plusieurs droite, plusieurs gauches, certains qui se confondent et se rejoingnent.
ON le voit aujourd'hui sur le débat sur le pouvoir d'achat. La ligne Seguin Guaino, qui fut la mienne à une époque, appelle à la relance de la consommation, quitte à mettre Maastricht et ses critères par terre. Une ligne plus réformiste appelle à ne pas couler de suite le bateau de la France en creusant encore des trous sur la coque gruyère. Ce ne sont pas forcément les mêmes droites.
Je te rejoins sur beaucoup de points. Je n'ai jamais été UMP. RPR oui, UMP jamais : le 21 Février, quand Bayrou avait dit à la tribune de l'UEM "si tout le monde pense la même chose, c'est que plus personne ne pense plus rien" a été une de mes lignes directrices.
Et le 21 Avril, surtout la manière dont Chirac a mené la France durant 5 ans aprés, a montré par l'absurde qu'un parti unique était quelque chose pouvant ammené à la catastrophe. Parce qu'on gouverne seul, parce qu'on reste entre nous à réfléchir de maniere consanguine : les idées en sortant sont pas forcément trés saine.
La droite aurait du perdre en 2007 : il a vraiment fallu une trés mauvaise gauche, mais c'est un autre débat.
Je crois qu'aprés, chacun, de droite ou de gauche, se positionne en fonction de l'offre politique (ou en crée une autre, mais je me sens pas de créer un nouveau parti là dans l'heure), et en fonction de ses valeurs profondes.
Je pense avoir des valeurs plus de droite que de gauche. Plutot qu'assister, je pense qu'il faut donner les moyens aux gens d'être performant, efficace, autonomne, et heureux. Plus que leur donner un logement, je préfere leur donner les moyens de pouvoir se loger.
Pareillement, je pense que l'homme en tant qu'individu vaut plus que le système. La solidarité ne signifie pas rayer tout individu du collectif. Le FC Nantes a un superbe système de jeu : sans individualité pour le faire fonctionner, ils se sont retrouvés en deuxième division.
En ce sens, je me sens plus de droite que de gauche.
Aprés, il y a la Nation, l'Europe, le Monde. Pas forcément de ton avis, Pierre, mais là encore il y a plusieurs droites, plusieurs gauches. Parfois des objectifs et des réves identiques (je crois que c'est pas loin d'être notre cas), mais avec des moyens différents pour y parvenir.
Et je pense, à la différence de toi, que le cadre de la Nation n'est pas pertinent, mais aussi essentiel. Essentiel pour l'individu, essentiel pour l'Europe qui ne se fera pas sans Nations. Il y a plusieurs droite et plusieurs gauches qui ne sont pas d'accords sur ces points, ca s'appelle le débat.
Enfin, il y a la société. Sur les sifflets, j'en ai un peu marre, c'est vrai, de toujours faire de l'autoflagellation en me demandant "pourquoi ils sifflent, qu'avons nous mal fait ?". Marre d'une tolérance à un seul tenant. Le resepct est réciproque, normalement.
Est ce que je suis de droite ou de gauche ? Je me crois de droite. Mais peut être que rien que le fait de se poser la question montre que les choses ne sont pas si évidentes...
Magnifique billet Pierre. Je ne veux pas monopoliser le truc en parlant de moi, mais simplement te dire que vraiment la question est d'une rare pertinence.
Le libéralisme républicain, peut être est ce quelque chose qui nous uni. Républicain dans un cadre national et européen, qui existe plusieurs républiques, pourquoi pas une "république européenne ?"
Bonne journée et bonne fin de semaine
Ecrit par : Falconhill | 23.11.2007
J'aurais aimé écrire ce billet. Pas pour les mêmes raisons, car nous ne partageons pas les mêmes idées, mais je te rejoins tout à fait sur cette histoire de problème générationnel. Les lignes ne me conviennent pas non plus. Criticuspersisteà vouloir me dire de droite, mais je n'assume pas ce mot car il m'est étranger. Je ne sais pas ce que ça veut dire. Le libéralisme, oui, parce que ça ne veut pas dire capitalisme et que le contraire de libéralisme fait peur. Et que les libéraux, au XIXe, étaient les anarchistes d'aujourd'hui.
Et je ne suis pas sûr que ce clivage soit pertinent pour gérer la société en plus.
En revanche, ton inpout-output, je comprends pas trop. C'est pas déjà comm eça que ça marche?? (saugf qu'en input, il y a souvent l'actualité)
P.S : pour les sifflets, je pense que la condamnation et l'explication ne s'excluent pas l'un l'autre. Expliquer ne veut pas dire accepter. Et comme dit falcon, c'est un peu facile de toujours se retrancher derrière l'explication. D'ailleurs, criticuscomme moi avons tenté d'expliquer.
Ecrit par : le chafouin | 23.11.2007
hummm.... intéressant... je vais tacher d'apporter ma contribution à ta reflexion... loin du tumulte général.
En attendant... hop dans ma revue de web de la semaine
Ecrit par : marc | 23.11.2007
Je serais en tout cas de lire vos propres positions par rapport à ce clivage, où vous vous placeriez là dedans, tous.
@ Chafouin
En fait, l'institutionalisation d'une gouvernance véritable ne se trouve qu'au niveau Européen. Des consultations avec la société civile n'est pas le réflexe premier en France. C'est souvent bien dommage. Cela éviterait d'avoir des acteurs civils caricaturaux et/ou caricaturés. Et si peu représentatifs.
@ Falconhill
Que répondre?!
Je suis d'accord: mieux l'on se sent avec sa propre identité, d'origine, mieux on se sent avec une identité supplémentaire. Je crois que les Français ont besoin d'être à l'aise avec leur identité et leur culture, ainsi que leur système politique, pour être à l'aise avec l'Europe et cette identité supranationale si particulière.
Mais quand je dis que le champ de la "nation" ne me semble pas pertinent, c'est dans cette attitude ridicule à ramener la plupart des débats à ce qui est "le plus Français", le plus culturellement dans la norme nationale, plutôt que de s'ouvri l'esprit. Exemple sur la reconnaissance des crimes pendant la Guerre d'Algérie.
Encore une fois, je serais très intéressé de lire ton opinion dans l'un de tes billets, sur ta place dans ces clivages politiques compliqués.
@ Lomig
MERCI! Je me crois, politiquement en tout cas, libéral. Economiquement sans doute aussi, mais de façon plus pragmatique.
@ criticus
Je t'ai répondu chez Odanel, mais je t'ai lu. J'ai mis un lien vers l'article d'odanel car il a pointé le phénomène du rejet. Qui est à mon sens la meilleure explication des sifflets.
Ecrit par : Pierre Catalan | 24.11.2007
(attention : commentaire de trois mots rien que pour faire monter Pierre Catalan dans les classements Wikio : merci Faucon)
@Pierre : j'y travaille, mais c'est dur ^___^
(fin du commentaire de trois mots, combien de places gagnées ? ^^)
Ecrit par : Falconhill | 24.11.2007
"Je crois qu'en matière de libéralisme économique (il ne vous aura pas échappé que les deux premiers points concernaient le libéralisme politique), la gauche qui s'auto-qualifie de "social-démocrate" est bien plus libérale que l'UMP! "
C'est ce qu'écrivait Nicolas J. pendant la campagne, et ça il l'avait très bien compris
;-)))
Le "pari" social démocrate c'est que le libéralisme peut entraîner le progrès social, non?
Non, je ne sais pas si tu n'es pas de droite. Mais ce qui est certain c'est que tu n'es pas d'extrême droite. Or, Sarkozy marche souvent à la limite de l'extrême de la droite.
Qu'est-ce que c'est être de droite? Quelqu'un qui me dit: la droite la gauche c'est plus ou moins pareil, cette personne est de droite. Et donc, quand tu dis ceci, tu "redeviens" de droite: "J'avais déjà écrit quelque chose de ce goût-là, en expliquant en gros que je voyais le monde politique pas comme un spectre de la gauche à la droite bien aligné et compartimenté, façon années 80, mais plutôt comme une séparation assez nette sur des sujets fondamentaux type libéralisme, intégration européenne, place de l'individu dans la société."
C'est un peu inexact car dans les années 80 il n'y avait pas seulement un rapport droite gauche. Mitterrand disait (c'est dans les Verbatim d'Attali) que la politique française est divisée en cinq blocs (deux gauches, deux droite et un centre, si j'ai bien compris). Et c'est toujours le cas...
Marguerite Duras disait (je sais, ce n'est pas l'exemple d'une personne très éclairée en politique ... quoique) que la seule question est celle de l'injustice sociale.
Etre de gauche, c'est être plus sensible à cette question...
Pendant le débat présidentielle, Royal s'est indignée d'un mensonge de Sarkozy un peu plus gros que d'habitude. Et tout ce qu'on a retenu c'est qu'elle s'était énervé. Sarkozy a dit: gardez votre calme madame.
Mais un type qui crée un ministère de l'immigration et de l'identité nationale et qui engueule son ami de 30 ans pour qu'il convoque les préfets pour qu'ils fassent du chiffre, on a envie de lui sauter à la gorge. Et, surtout, on a la conviction qu'il sera rangé, dans les livres d'Histoire, à côté des personnages les plus noirs de l'histoire de France récente.
Mais, pour revenir à cette question de l'injustice sociale, je ne pense pas qu'elle soit un marqueur absolu du clivage droite-gauche. En effet, trop souvent la gauche se place dans le bon camp, celui qui fait la morale mais qui n'agit pas en conséquence, et c'est sans doute aussi ce qui explique que la droite est aujourd'hui au pouvoir...
Pour finir, sur la ligne morale, on voit que le mouvement s'est fait de la droite vers la gauche. La droite s'est rangée sur des positions de gauche. Ca avance petit à petit. Mais toujours c'est un peu comme ça.
Ecrit par : Eric | 24.11.2007
Excellent post qui pose en effet des questions très intéressantes sur la manière de percevoir et de placer sur l'échiquier politique. Ce sont toujours des questions difficiles parce que le positionnement des uns et des autres n'est jamais affiché clairement.
Effectivement, de mon point de vue Sarkozy a incarné à un certain moment, dans son oppostion à Chirac, une droite plus libérale et moderne (je pense notamment à ses prises de position sur la discrimination positive) et il a changé de discours un an avant la présidentielle pour retrouver un discours très conservateur, nationaliste et vieille droite, notamment avec le thème de la nation et toutes les thématiques d'Henri Guaino. Il me semble clair qu'à droite le libéralisme est aujourd'hui clairement dominé par une vision très conservatrice de la société. Je ne suis pas sûr que les choses soient mieux engagées à gauche.
Ecrit par : PAC | 24.11.2007
salut Pierre !
en fait si tu es libéral, tu l'es aussi économiquement. L'économie n'est qu'une partie de l'activité humaine : le respect de la liberté individuelle doit s'appliquer aussi à ce niveau. Sous peine de retomber dans l'arbitraire...
ce n'est que mon avis !
Ecrit par : LOmiG | 24.11.2007
C'est marrant Pierre, mais ton billet me fait penser à tous ses enfants de l'immigration qui dans un premier temps disaient "je ne suis pas français mais de tel ou tel pays". Et à leur majorité ont dit avoir le "cul entre 2 chaises" sans pouvoir choisir. Et au final disent "je suis autant français que italien portugais, marocain, etc... j'aime les deux pays. Je suis fait un peu des 2".
Bref, aujourd'hui la majorité d'entre eux estime avoir les 2 cultures, les 2 origines, les 2 identités, et à partir de cela se sont forgés une identité à partir de cela.
Donc bienvenue dans ce monde d'appartenance universel politique. ^^
Ecrit par : Taf | 25.11.2007
hé, hé, oui Taf, je commence à bien comprendre que l'idéal n'est pas tel ou tel parti, mais bien tel ou tel homme.
Un imbécile quelconque me faisait remarquer qu'en critiquant PC Baguet je faisais du mal AU parti (rhétorique bolchévique). Mais je crois que le parti n'est qu'un instrument, et n'a rien d'une fin en soi à respecter. Il est là pour promouvoir les meilleurs pour le bien commun.
S'il ne le fait pas, il est criticable.
A Boulogne, critiquons l'UMP.
Ecrit par : Pierre Catalan | 25.11.2007
Cette analyse est exactement celle que nous faisons au Mouvement démocrate. Après, peut-être n'as-tu pas envie de nous rejoindre, pour diverses raisons, mais il n'en reste pas moins que tu y aurais tout à fait ta place :-)
Ecrit par : kpm | 28.12.2007
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