25.07.2007

Epilogue

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Après quelques remarques, notamment de Tonton et de Raph, je dois préciser un peu comme Versac l'a fait hier soir. D'abord il va de soi que je suis content de voir les 5 infirmières et le médecin Bulgares libres et revenus à Sofia. Il va de soi que Sarkozy n'a pas pillé l'oeuvre de la Commission.

 Je remarquais juste qu'il y avait dans la communication de victoire que l'on a subie pendant toute la journée d'hier trois mahonnêtetés majeures.

 La première a consisté à faire croire que l'action du Président Français a fait la libération des otages d'Etat Bulgares. Ceux qui ont construit cette libération, en donnant les moyens de plans d'action en Libye, c'est José Manuel Barroso, Benita Ferrero Waldner, et sans doute Louis Michel. Celui qui a sans doute le plus acheminé les négociations, c'est Tony Blair lors de son tour de présidence de l'UE.

 La seconde a été de présenter Cécilia Sarkozy comme une quasi diplomate ("dure en négociation", "elle s'en est très bien sortie", etc) alors que son voyage a été totalement improvisé, selon les propos de Nicolas Sarkozy rapportés par le Canard Enchaîné. Par ailleurs, je m'inquiète un peu de cette démonstration illusoire qui fait croire que le travail des diplomates ne sert à rien, et que tout, absolument tout, rentre dans le cadre du politique, ce qui est absolument faux et dangereux.

 La troisième a été de nous faire imaginer que ce dossier s'est réglé en dix jours.

 

 Au final que dénonçais-je? Les propos de deux journaux pourtant sérieux qui maniaient la prose de Paris Match, et ceux d'un secrétaire d'Etat (Christian Estrosi) nous prenant délibérément pour des abrutis, à moins que ce soit sincère de sa part, mais à ce moment-là je m'inquiète qu'il soit secrétaire d'Etat. 

 J'attends maintenant impatiemment que Cécilia Sarkozy soit auditionnée par la Commission des Affaires Etrangères de la représentation nationale, afin qu'au moins mes représentants puissent savoir le bien-fondé de cette expédition, menée à grands renforts de publicité.

Commentaires

Versac a une mauvaise influence sur toi ! Tu en viens même à critiquer Nicolas Sarkozy ? Incroyable !

Ecrit par : politoblog | 25.07.2007

Non, non, je pense que c'était sincère...

Ecrit par : Emmeline | 25.07.2007

Le pire c'est que je le pense aussi.

Ecrit par : Pierre Catalan | 25.07.2007

....perseverare diabolicum!

Ecrit par : jean louis | 25.07.2007

Au sujet de Muammar Kadhafi, au-delà de tout ce qu'il y aurait à écrire sur ce dictateur, une question ne cesse de me turlupiner : il est au pouvoir depuis bientôt 38 ans et il n'est toujours pas passé au grade de général ! C'est curieux, non ?

Plus sérieusement, toujours à propos du sujet de la note, je vous propose la lecture d'un article écrit par Ruth Berschens pour le compte de Handelsblatt, le quotidien allemand du "monde des affaires" et de la finance.

"ET CECILIA VINT ET REVINT"

"Cécilia Sarkozy déborde de compassion. Cela fait des mois que l'épouse du président français songe avec inquiétude aux infirmières bulgares incarcérées en Libye. "Cette affaire l'a bouleversée. Elle en parlait déjà avant les élections", confie le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, qui, pendant la campagne présidentielle, partageait avec Cécilia un bureau au QG de Sarkozy.

C'en est désormais fini de l'attente impuissante. N'y tenant plus, Cécilia s'est envolée pour la Libye [le 22 juillet] et a dit sa façon de penser à Muammar Kadhafi, le chef de l'Etat : "Ca ne peut pas continuer comme ça, Monsieur le Colonel". Et la dame de l'Elysée a réussi là où les diplomates les plus expérimentés avaient échoué. Elle a tellement ensorcelé le dictateur imprévisible que celui-ci, peu après, a laissé les Bulgares retourner dans leur pays, dans un avion aux couleurs de la République française. Les cinq infirmières et le médecin sont arrivés à Sofia [le 24 juillet], où, dès leur arrivés, ils ont été graciés par Guéorgui Parvanov, le président bulgare.

Après ce happy end, la légende commence, entretenue par les hommes du président français. En cherchant bien, on trouve quelques bribes de vérité dans cette histoire. Il est vrai que Sarkozy a envoyé sa femme à Tripoli deux fois en un mois [Cécilia avait effectué un premier voyage le 12 juillet] pour tirer les infirmières des griffes de la justice libyenne. Mais d'autres avaient auparavant fait le gros du travail. Cela fait trois ans que la Commission européenne négocie avec les autorités libyennes, qui accusaient les infirmières d'avoir inoculé le virus du sida à plus de 400 enfants. Un groupe d'Etats occidentaux aurait versé 290 millions d'euros aux familles. Madame Sarkozy n'a pas joué le moindre rôle dans tout ceci.

Les diverses parties ont donc été particulièrement ravies de voir la première dame de France pointer le bout de son nez pour aller chercher les Bulgares en avion officiel. "Sarkozy vole à l'Union européenne le succès des négociations", déclare à Paris un responsable socialiste. Ce dernier exprime ouvertement ce que d'autres, pour des raisons diplomatiques, doivent se contenter de penser. Benita Ferrero-Waldner, la commissaire aux Affaires étrangères de l'Union, a paraît-il fulminé quand elle a pris connaissance du premier voyage en Libye de Cécilia Sarkozy. Bien entendu, l'Elysée n'avait pas jugé utile d'informer au préalable la chef de la diplomatie européenne de la visite surprise de l'épouse du président français en Libye.

Sarkozy s'est donc efforcé d'apaiser la colère de la COmmission. Madame Ferrero-Waldner a ainsi eu le droit d'embarquer à bord de l'avion français. Et le chef de l'Etat français a eu plusieurs conversations téléphoniques avec José Manuel Barroso, le président de la Commission. Tout cela en valait la peine, car Sarkozy a fait dans cette affaire d'une pierre plusieurs coups. Il a trouvé [en plus de reserrer les liens avec la Libye] une occupation raisonnable pour sa femme. Si tout se passe comme il le souhaite, le sauvetage des infirmières Bulgares ne sera que la première intervention humanitaire de Cécilia. Madame Sarkozy devrait à l'avenir voler au secours des femmes et des enfants dans le besoin sur la planète entière."

Ecrit par : Marc Porta | 26.07.2007

Je suis pour ma part rarement influencee par Nicolas Vanbremeersch aka Versac - meme si, c'est vrai, nous avons frequente les bancs de la meme ecole - mais je dois dire pour ma part que cette affaire du deal nucleaire conclu sur le dos de nos partenaires europeens ne me plait pas trop. Aurions-nous oublie qu'il y a un probleme de proliferation nucleaire au Moyen-Orient depuis que l'Iran s'y est colle? Et puis - pourquoi recompenser si ouvertement le regime Libyen d'avoir pris en otage des innocents? Le fait que la France soit payee de retour en contrats industriels suffit-il a fermer l'oeil sur un message envoye aux regimes de la region qui parait singulierement leger, voir complaisant? Et que va en penser nos "partenaires" allemands?

Ecrit par : Julia O'Brien | 26.07.2007

Malheureusement, il n'est pas a son coup d'essai en terme de manipulations
http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=624&Itemid=60

Ecrit par : robert | 30.07.2007

Lu dans le quotidien bulgare Standart :

* "Cécilia Sarkozy a quelque chose de la prêtresse romaine patronne des musiciens et de la musique sacrée qui a vécu au IIIème siècle avant J.-C., à qui elle doit son prénom et dont le poète anglais Geoffrey Chaucer [1342-1400] chante les louanges dans les Contes de Canterbury."

* "Ce sont eux les nouveaux superhéros de l'Europe"

* "Désormais unis, ils suivent les pas des Kennedy"

* "L'amour a été plus fort que tout"

* "Nous devons être reconnaissants aux électeurs français d'avoir choisi Nicolas Sarkozy. S'ils avaient voté pour Ségolène Royal, nos compatriotes seraient toujours derrière les barreaux."

* "Nicolas Sarkozy a su trouver le sésame pour accéder à la maison du colonel Kadhafi. Dans un pays où tout passe par un seul homme, le président français a identifié le point faible du colonel : sa fille Aïcha. Ensuite, la solidarité et l'intuition féminines ont fait le reste. En envoyant son épouse Cécilia, qui a d'abord convaincu Aïcha avant de se retrouver devant le leader lybien, Sarkozy a joué gagnant."

Ecrit par : marc | 06.09.2007

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