10.07.2007
Sarkozy devrait arrêter de jouer avec l'Europe
Sarkozy devrait arrêter de jouer avec l'Europe, c'est dangereux.
D'un côté, je peux comprendre. Tout est prévu pour 2010. La stratégie de Lisbonne? 2010. Les Accords de Cotonou et l'aide au développement augmentée? 2010. La stabilité des comptes et du déficit public? 2010. C'est un peu compliqué, surtout quand on est la France, d'augmenter aussi sensiblement les dépenses (nouvelles technologies, recherche et développement, tertiaire, co-développement, coopérations, programmes spatiaux...), tout en demandant dans le même temps de réduire les déficits.
D'un autre côté, il y a des pays qui sont très bien partis pour atteindre ces objectifs. Surprise, ce sont les pays scandinaves, qui ont par exemple d'ores et déjà atteint les objectifs de Cotonou, et si mes souvenirs sont bons, également l'objectif de la part de PIB consacrée à la recherche. Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, ces pays n'ont pas pour autant proposé des réformes fiscales assez dogmatiques sur la remise en circulation de l'argent de certains impôts pour créer de la croissance. Les impôts sont plus élevés dans les pays scandinaves qu'en France. Là je deviens évidemment de mauvaise foi: la population est plus petite, l'économie est moins diversifiée, et le territoire est plus petit. Cela doit rendre les choses plus simples.
Mais en même temps, notre cher nouveau Président nous explique que l'euro fort fait perdre de l'argent aux Etats Européens et gangrène les échanges. Je me demande, alors que les pays Européens sont de loin les premiers partenaires commerciaux de la France (Allemagne et Italie en tête), représentant en 2000 60% des échanges, comment l'euro peut avoir une si forte incidence sur notre économie... Surtout qu'étrangement, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne, ça n'a pas l'air d'aller si mal que ça, le commerce.
J'ai la très désagréable impression que Sarkozy joue. Avec l'Europe, et avec le feu. D'ailleurs je ne suis pas le seul. C'est très publicitaire de débouler au milieu d'une réunion de l'Eurogroupe pour plaider un peu de souplesse (alors que la Commission est déjà très souple avec les "Grands" pays de l'UE), et c'est très vendeur, on l'a vu avec les résultats de la présidentielle, de critiquer la BCE et l'euro fort.
J'ai pourtant la faiblesse de croire qu'à force de se présenter comme un super-héros à qui rien ne résiste, Nicolas Sarkozy va provoquer encore plus d'euro-scepticisme qu'il n'en existe déjà. Tous ces dossiers pour lesquels il plaide et pour lequels il est le seul à plaider, sont Européens. Ils nécessitent donc un peu d'esprit d'équipe, un peu d'humilité, et surtout, un peu de diplomatie. Nicolas Sarkozy va à Bruxelles à la hussarde, en prenant les responsables Européens en otage comme un vulgaire Kaczynski. Le message est en substance celui-ci: "faites ce que je demande, assouplissez les règles, sinon les Français vont devenir encore plus méfiants envers vous qu'ils ne le sont déjà, et ce ne sera pas de ma faute parce que moi j'ai compris leurs attentes".
C'est pourtant Nicolas Sarkozy qui veut faire comprendre aux Français que pour vivre en société il faut des règles strictes et sévères, et que ce sont ces règles qui restreignent la liberté qui permettent l'établissement de la liberté (en gros, les feux rouges ou les radars restreignent nos libertés, mais permettent qu'on puisse vivre en société avec le maximum de liberté routière). L'UE est un grande société d'Etats, dans laquelle il y a des règles, afin que chaque Etat puisse jouir de libertés et de bonheurs supplémentaires (si 62% de nos exportations sont à destination Européenne, c'est grâce au marché intérieur...).
Il faut que la France, au même titre que Malte, la Suède ou la Pologne, respecte ces règles. Et ce n'est pas responsable, alors que dans cette "société des nations" (au sens Kantien) chacun fait preuve d'esprit communautaire, de faire renaître l'Europe des intérêts particuliers ("I want my money back!"). Aujourd'hui Sarkozy demande deux ans de sursis, demain Kaczynski demandera encore 5 ans de système de Nice.
Notre président nous prouve donc qu'il n'a encore rien pigé à l'esprit européen. Le plus étonnant, c'est que lorsque c'est Kaczynski qui use d'une diplomatie à la hussarde chacun dénonce la politique du pire, mais lorsque c'est Nicolas Sarkozy, c'est que la France est de retour pour modeler l'Europe. Etonnant, non?
Ah oui, je me souviens pourtant du titre d'un livre écrit par un premier ministre que nous connaissons bien: "La France peut supporter la vérité". Mais en la matière, n'oublions jamais: "Comment gouverner les démocraties s'il faut être populaire pour être élu, et impopulaire pour réformer?". Le premier qui place le mot démagogie dans une phrase a perdu...
10:30 Publié dans Parlons d'Europe | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, UE, Europe, démagogie, populisme, Kaczynski, euro







Commentaires
En fait hier je pensais cela aussi mais je commence a me demander si ce petit homme n'est pas en train de nous tirer l'europe de son cote.
Je ne sais pas ce qu'il a fait mais admet que se presenter avec d'aussi mauvaises nouvelles et stats et ressortir de ce sommet avec le sourire aux levres et la fleur au fusil...
Il fallait il y aller severement !
Ecrit par : Seb | 10.07.2007
Mon cher Pierre,
C'est votre avis qui m'intéresse, le fait que vous ne soyez pas tout seul n'a pas grande importance d'autant que nous savons tous que quand tout le monde pense pareil, c'est que personne ne pense plus. Que Sarko soit bourré de défauts et commette de nombreuses erreurs j'en suis persuadée, mais le seul moyen connu pour ne pas comettre d'erreurs, c'est de ne rien faire.
Chirac, lui était exceptionnel: il ne faisait rien, sauf quand il faisait de grosses erreurs!
Ecrit par : Åbenrå | 10.07.2007
Tout à fait d'accord... Je ne comprends pas comment on peut se dire de la rupture et prôner une augmentation des déficits. Et en ce qui concerne l'Europe, aller pleurer comme ça pour avoir l'autorisation de faire des cadeaux à CHAQUE catégorie de français pour être réélu en 2012, franchement, je ne vois pas où est la rupture avec mitterrand et chirac, là...
Ecrit par : le chafouin | 10.07.2007
Non non, N. Sarkozy n'est pas ressorti de la réuion de l'eurogroupe d'hier "la fleur au fusil", au contraire. Si vous y regardez d'un peu plus près, et si, par exemple, vous prenez les articles publiés par le FT et The Economist, peu suspects d'antisarkozysme systématique, le sommet de l'eurogroupe n'a vraiment pas été un si gros succès que ça.
et même, sur une question précise posée par un journaliste allemand, il a clairement été mis en difficulté :
http://hemicycle.hautetfort.com/archive/2007/07/10/ah-cette-sacro-sainte-independance-de-la-bce.html
Ecrit par : article 33 | 10.07.2007
"Le message est en substance celui-ci: "faites ce que je demande, assouplissez les règles, sinon les Français vont devenir encore plus méfiants envers vous qu'ils ne le sont déjà, et ce ne sera pas de ma faute parce que moi j'ai compris leurs attentes"."
On pourrait dire qu'il la joue à la Chirac, il reste dans son sillage. Mais il la joue aussi à la Thatcher ("i want my money back", comme tu le dis...
"Notre président nous prouve donc qu'il n'a encore rien pigé à l'esprit européen."
Autre hypothèse: c'est toi qui n'a pas tout pigé à Sarkozy (et à l'Europe).
Enfin, tu évoques Kant. Kant et Sarkozy, c'est pas la même éthique, pas la même limonade. Lui, il serait plus proche de Hobbes... voire de Marx. Avec Sarkozy, c'est la lutte des classes qui renaît...
Ecrit par : Eric | 10.07.2007
Ah ça, c'est évident que pour Sarkozy l'homme n'est pas bon au départ.
L'idée de la paix entre les nations de Kant me semble à la base de la construction européenne... Et c'est justement le fait d'arriver à dépasser le stade national pour jouer le jeu de la société des nations qui garantit cette paix. J'ai l'impression que la France est le seul pays Européen à continuer à voir les échanges commerciaux et l'établissement de "champions Européens" d'un oeil agressif envers les 26 autres membres (cf EADS ou l'affaire Enel-GDF).
Je trouve que la stratégie de Sarkozy est assez perverse. Plutôt que d'expliquer qu'il va falloir réformer en se serrant la ceinture, il essaye de démontrer aux Français que c'est "Bruxelles" qui est trop stricte. Avec un gros coup de pub (le Président soi-même vient en Conseil de l'Eurogroupe), qui prend les autres membres en otage.
C'est intolérable.
Ecrit par : Pierre Catalan | 10.07.2007
Je n'ai ni voté pour, ni jamais aimé le personnage de Sarkozy.
Cela ne m'empêche pas de souhaiter sa réussite pour la France, tout en étant conscient du fossé qu'il transforme en fosse de St Andréas, entre les pauvres et les riches.
Sur le blog des B&B's:
AUTEURS ECONOMISTES: La suffisance est-elle le corollaire indissociable de l’incompétence ?
Elie Cohen, Jacques Marseilles, Olivier Olga-Boulba sont concernés.
Ecrit par : Ozenfant | 10.07.2007
D'un côté, on a jamais autant entendu parler de l'Europe que depuis que Sarkozy est au pouvoir...
Alors c'est vrai que l'on peut critiquer sa méthode, mais je pense qu'elle n'est que de façade. Lors des discussions qui sait réellement quelle fut l'attitude de notre Président. Et puis je préfère voir le président français essayer d'imposer sa vision plutôt que le premier ministre polonais nous ressortir la Seconde Guerre Mondiale.
C'est un problème de méthode, soit mais sur le fond je pense qu'il fera avancer l'Europe, sans doute pas suffisamment mais ce qui faut pour qu'elle ne meurt pas. Et qui sait, peut-être que le style Sarkozy rendra les français plus pro-européens que jamais???
En tout cas plutôt que de le critiquer, je préfère attendre, pour le moment, la méthode choisie pour le mini-traité mise à part, je pense qu'il s'en sort très bien.
Au moins, "la France est de retour en Europe"...
Ecrit par : Sébastien | 10.07.2007
Tout à fait en phase avec le point de vue de Ozenfant ...
Pierre, oui, vous avez très bien compris la position de Sarkozy lorsque vous vous faîtes sont interprête dans la phrase que vous citez en gras. C'est exactement ça. Sarko a voulu tenté via son alliance avec Guaino une synthèse entre le oui et le non. Il a repris dans son discours des éléments de la France du non et ... il a été élu ! Y avait-il d'autre choix pour le président qui serait élu en 2007 ?
Vous affirmez que 62 % de nos exportations sont liées au marché unique, mais dans ce cas, nos 30 milliards de déficit commerciaux sont liés à la politique commerciale libre échangiste que l'on a délégué à l'union européenne. Ce qui compte en la matière c'est le solde !
Je suis tout de même surpris qu'un article sur la politique de sarkozy sur l'Europe ne fasse référence ni à son discours de Strasbourg du 21 février, ni à son monumental discours - toujours de strasbourg - qu'il a fait la semaine dernière !
Si vous dîtes qu'il n'a rien compris à l'idée européenne, c'est que vous n'avez pas lu ces discours. Vous pouvez ne pas être d'accord, mais vous ne pouvez pas dire qu'il n'a pas une vision de ce que devrait être le projet européen.
L'europe ne peut pas se limiter à des contraintes budgétaires. Ca ce n'est pas un idéal, c'est une règle "supralégale" d'essence technocratique. On n'a pas besoin de l'europe pour s'imposer de telles exigences.
Je crois comme sébastien que le discours de Sarkozy-Guaino est le seul qui pourra de nouveau redonner du corps à l'idéal européen et réconcilier les français avec l'europe. Le discours Deloro-bayrouïsto-rocardo-strauss kahnien que vous vous êtes fait une profession de foi de diffuser, on en a vu les résultats!
Il est temps de passer à autre chose. Le discours européen de notre empereur c'est quasiment le seul point positif du sarkozysme. Alors, autant le soutenir ...
Ecrit par : Malakine | 10.07.2007
Bonjour
Ton analyse devient dogmatique, c'est à dire que tu poses comme un dogme la règle ou la façon européenne, et tu perds de vue le tangible, et donc l'analyse objective.
Sur les critères de convergence:
60% et 3%, ils ont été fixés pour l'€uro avec l'indépendance de la BCE, à la demande spécifique des allemands, qui reproduisaient leur modèle.
Cette clause étant impérative, les pays candidats ont tordu leurs chiffres pour y accéder, la Grèce beaucoup, les autres un peu, la France a "bibouillé comptable".
Pour tenir ces critères au delà du passage, il fallait pour la France entamer une profonde réforme de ses structures (commission Pebereau) et réduire considérablement son "tout état".
Les salaires et retraites des fonctionnaires représentent la plus grande partie des dépenses de l'état, et une réduction du nombre ne peut se faire que sur une longue période, et le redéploiement est assez théorique, les inerties très puissantes.
En clair, il n'est possible de réformer la France qu'avec continuité et sur un période longue, et rien n'a été fait depuis 1992, à part la lolf qui permet de ne plus augmenter les dépenses de l'état que de l'inflation, alors qu'il faudrait les réduire.
L'engagement Villepin-Breton de revenir à l'orthodoxie budgétaire des critères de convergence pour 2010 était un mensonge, c'est à dire qu'en le promettant, nos ministres savaient que ce n'était pas possible.
Pour réformer la France, il faut de la croissance: Un régime de diète, seul, ne peut réussir.
La logique et le pragmatisme sont donc présents dans la démarche de Sarkozy:
2010 n'est pas raisonnanble.
Il faut de la croissance pour espérer réussir en 2012.
Pour booster la croissance Sarkozy prend des mesures (tepa)
Donc il faut se fixer un objectif que l'on peut atteindre, pas une pétition européennement correcte.
Enfin sur ces critères de convergence
Depuis le passage qualifiant à l'€uro, 60% du PIB de l'€uroland est hors critères, et ce n'a eu aucunes des conséquences habituelles de mouvement monétaire.
Comme tout dogme, celui-ci est battu en brêche par l'économie et la réalité.
Le seul point économique réel, est que la charge de la dette est désormais le deuxième budget français, et que ce que nous remboursons, nous ne l'investissons pas, même si le remboursement correspond à un investissement passé (et pas à des financements de fonctionnement, ce que je ne sais pas)
La France doit faire un parcours beaucoup plus long et difficile que la plupart de ses partenaires, tant l'état est surdimensionné, et la population fonctionnaire trop importante.
Tout ceci est parfaitement connu de tous.
Sarkozy a le mérite de tomber le masque, j'espère que son équation de relance économique et de réforme va réussir, c'est la meilleure garantie pour l'Europe.
un dernier mot sur la Commission et les pouvoirs qu'elle s'arroge: Elle a contesté en 2001 la fusion Schneider-Legrand, obligeant ces deux entreprises à se séparer sous peine de coercition, au nom d'un autre dogme: la concurreence.
Cette décision non négociable a créé un préjudice irréparable.
Les recours viennent d'aboutir: la Commission est condamnée, elle a agi sans base ni droit, et nous saurons dans les prochains jours si les indemnités atteignent les 1.7 Mlds d'€ demandés.
L'Europe n'est pas un nouvel Empire, avec des euro-crates à sa tête, qui pourraient décider de façon régalienne.
C'est comme ça qu'on a 55% de NON.
jean louis
Ecrit par : jean louis | 11.07.2007
"Il faut que la France, au même titre que Malte, la Suède ou la Pologne, respecte ces règles. "
Non! La France, encore plus que Malte, la Suède ou la Pologne, doit respecter les règles qu'elle a elle-même accepté de fixer! Si on veut être un leader, on se doit d'être exemplaire.
Ceci n'est pas un simple dogme monétariste qui aurait (selon Malakine) coulé l'Europe : si la France veut donner une nouvelle impulsion à la construction européenne, elle doit montrer l'exemple.
Mais n'oublions pas les débats sur l'assouplissement du PSC : beaucoup de pays prônaient que les investissements (recherche, infrastructures...) soient exclues de son champ. On n'a in fine assoupli le pacte que pour mieux prendre en compte la situation éco (récession ; or, la France n'est pas en récession) car le critère de l'"investissement" est très facilement manipulable ; mais l'esprit est là : si les largesses que se permet Paris correspondent à des réformes structurelles qui assainiront profondément nos finances, ça va.
Le débat doit porter sur le caractère structurel ou conjoncturel des dépenses... C'est pas gagné sur ce point, j'en conviens...
Et puis pour aller dans ton sens, Pierre, le Canada comme d'autres pays ont montré qu'on pouvait mettre fin aux déficits et à la spirale de la dette sans pour autant faire sombrer le pays dans la récession.
Effectivement, Malakine, ce sujet ne réconciliera pas les peuples avec l'Europe. Mais ce débat technique est en réalité symbolique, symptômatique : sommes-nous SOLIDAIRES ou non? Les forts peuvent-ils s'astreindre des contraintes qu'ils imposent aux faibles ou non?
Ecrit par : Charles | 11.07.2007
Je ne dis pas que le dogme monétariste a coulé l'europe. Je dis qu'il ne faut pas confondre la fin et les moyens (exactement ce qu'à dit sarko dans son dernier discours). La monnaie c'est un moyen, pas une fin en soi.
Le problème des européïstes c'est que tout moyen mis en oeuvre par l'europe, est aussitôt érigé au rang de valeur sacrée et est confondu avec le projet politique.
Les deux derniers commentaires ont bien souligné que l'assanissement des finances publiques étaient une nécessité, Europe ou pas.
Ecrit par : Malakine | 11.07.2007
Bonjour Pierre, je suis ravi de revenir sur ton blog et de pouvoir lire tes notes (j'ai internet explorer). Je ne savais pas quel était le problème (je suis novice en matière d'internet) et donc, je ne pouvais pas t'apporter mon aide. Ca fait longtemps que je n'ai plus rien posté chez toi et donc, je recommence à partir d'aujourd'hui (à part le fait qu'avec IE ça ne marchait pas, j'étais en vacances).
Il y a encore quelques mois, je venais sur ton blog pour te contredire. Maintenant, je suis entièrement d'accord avec toi. Rien à redire. Comme quoi les temps changent.
Ecrit par : marc | 12.07.2007
Si ça ne tenait qu'à moi, j'aurais mis IE au placard depuis bien longtemps pour choisir Mozilla Firefox. Mais comme ça ne tient pas qu'à moi, il faut faire avec.
Ecrit par : marc | 13.07.2007
Heureux de te voir de retour Marc!
Je suis ravi de voir que nous commençons à nous entendre, même si j'ai l'impression que nous n'avons jamais été bien éloignés...
Le rapport droite/gauche a t-il beaucoup de sens, nous concernant? ;-)
Ecrit par : Pierre Catalan | 13.07.2007
Il est clair que nos idées ne sont pas si éloignées, même si nous appartenons à des partis différents. Une chose nous rapproche : la passion de l'Europe et la conviction que c'est par le canal européen que les sociétés des Etats-membres pourront être tranformés. Nous sommes tous deux des europhiles.
Non, le rapport gauche / droite n'a pas beaucoup de sens nous concernant. Tu es du centre-droit, je suis du centre-gauche mais c'est bien l'Europe que nous mettons tous les deux au premier plan. Pour autant (et c'est un des rares points de désaccord avec toi), j'ai toujours pensé que le clivage gauche / droite n'est pas dépassé. Pas plus aujourd'hui que dans le passé. Et, n'ayons pas peur des mots, je dirai même qu'il est le garant de la sérénité des débats en démocratie. Il n'y a pas qu'une seule manière de diriger un pays (par exemple, prenons une manière centriste, qui serait équidistante de la gauche et de la droite). Il y a bien plusieurs manières de faire, c'est indéniable. Et la manière qui va prédominer ces cinq dernières années, c'est bien celle de la droite. Il reste des points de clivage importants, que ce soit en ce qui concerne le droit du travail, la fiscalité, les institutions ou encore l'écologie. A mon humble avis, ces points de clivage sont loin de disparaître. A l'heure où l'on parle de "la droite décomplexée", le PS entame sa fameuse "refondation". Cette refondation n'est pas synonymes de négation des valeurs historiques de la gauche mais plutôt d'une adaptation du corpus idéologique socialiste au monde du XXIème siècle. En clair, c'est la lente marche vers la sociale-démocratie (nos voisins européens ont de l'avance sur nous en la matière). Mais il restera toujours des désaccords, c'est certain. Pour autant, j'estime que l'opposition systématique, bornée et stérile est évidemment à proscrire et lorsque la droite et la gauche ont l'occasion de se rejoindre sur certaines idées (comme ce fut le cas pour la loi sur la laïcité, par exemple), je ne vois pas pourquoi nous devrions nous en priver. "L'union fait la force" et c'est en avançant ensemble, sans se tirer dans les pattes et sans constamment tirer la couverture vers son "camp", qu'on parviendra à faire bouger les choses.
Ecrit par : marc | 13.07.2007
"Et la manière qui va prédominer ces cinq dernières années" : quel lapsus ! Cette manière a également prédominé "ces cinq dernières années" mais je voulais naturellement écrire "ces cinq prochaines années".
PS : désolé, il va falloir que je prenne une résolution : celle de relire mes commentaires avant de les poster, et non plus après. Car je trouve cette façon de corriger sans cesse ce que je viens d'écrire quelque peu désagréable. Toutes mes excuses, ça ne se reproduira plus.
Ecrit par : marc | 13.07.2007
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