07.06.2007

Les hommes de paille

bdab14d6218b29542419416baf394587.jpg Il y a quelque chose en politique pour lequel j'ai le plus grand mépris, c'est les changements opportuns d'étiquette, au gré des élections. J'ai de la sympathie pour le social-libéralisme, mais j'éprouve la plus grande réserve à l'encontre de ce PSLE - Nouveau Centre de Hervé Morin, caution pour le ministre de la Défense du gouvernement d'ouverture, pour peser un peu. Un parti-croupion, avec une dizaine de députés, mais aucun militant, favorisé par la volonté du plus fort. Et le plus fort, depuis la réforme du quinquennat et l'inversion du calendrier électoral, ce n'est pas un parti. Ce n'est qu'un homme. Et c'est bien là tout le problème de la succession présidentielle puis législatives.

 Comment voulez-vous que les députés, pour la plupart d'entre eux dépendants de leurs mandats, se consacrent à la noble politique quand le renouvellement de la confiance des citoyens dépend de celle du Président?

 Comment imaginer que les Français, qui ont essayé de s'identifier pendant un an à une personne, qui ont imaginé que les 5 ans de vie politique Français se résumaient à un personnage, pourraient prendre assez de recul pour considérer sereinement les législatives? (Toreador propose un renouvellement de l'Assemblée par tiers)

 Enfin, comment promouvoir les talents, quand la discipline de parti et l'état de Grâce de la présidentielle met en avant les sortants ou les affidés, qui n'ont pour la plupart pour seul argument que "Je suis le candidat du Président".

 

 J'ai donc du mépris pour les hommes à veste usée à force d'être retournée. J'ai du mépris pour M. Baguet, qui a déjà changé quatre fois d'étiquette (UDF en 1997, UMP avant l'élection de 2002, puis UDF après l'élection de 2002, puis UMP en novembre 2006). J'ai du mépris pour Eric Besson, qui a réussi le tour de force de commence la campagne au PS pour la finir à l'UMP.

 Mais j'ai encore plus de mépris pour les candidats qui n'ont strictement aucun objectif politique. Après tout, les inconstants, même incapables, même mauvais, peuvent être un peu guidés par l'envie de rendre service. Quitte à pervertir la fonction à cause du clientélisme.

 Mais à Boulogne, Ségolène Missoffe (Nouveau Centre), ne se présente que pour deux raisons: Pierre-Christophe Baguet le lui a demandé, et elle a pour mission de prendre des voix à Dorothée Pineau.

 C'est pas moi qui le dit, c'est elle: 


Commentaires

Ce n'est pas le vent qui tourne, c'est la girouette ...

Ecrit par : Lancelot | 07.06.2007

Je partage ton mépris.
Mais avec ta chute, tu t'exposes au retour de ballon. C'est pas la Ségo Missoffe qui le dit, c'est le Monsieur qui a entendu le boulanger qui a entendu Mme Missoffe qui le dit...
Pour un mépris au-dessus de tout soupçon, sois vierge!

L'inversion du calendrier électorale est problématique, certes. Mais sinon c'est une dissolution post-élection présidentielle à chaque coup, donc l'inversion était juste pragmatique.

Tant que le Président de la République dominera à ce point -constitutionnellement- nos institutions, l'Assemblée dépendra de son bon vouloir (en gros). Intéressant à première vue (distanciation des 2 échéances), le renouvellement par tiers ne résoudrait rien : le Président dissoudrait.
Alors il faudrait supprimer le pouvoir de dissolution. Changement profond qui entraînerait de nécessaires modifications constitutionnelles qui s'apparentraient à l'érection d'une 6ème République.

Bref, un gros chantier. Pour 2012.

Ecrit par : Charles | 07.06.2007

C'est une Missoffe comme celui que l'on a en Lorraine (famille Wendel-Seillère-pannafieu)?

Ecrit par : erasme de metz | 07.06.2007

Quand j'ai vu la profession de foi du candidat du Nouveau Centre dans ma circonscription, et que j'ai vu marqué "Parti social-libéral européen", je me suis dit : "Enfin un parti fait sur mesure pour moi !"

Et puis, j'ai vu la photo d'Hervé Morin... comme référence.

En politique il n'y a pas que les idées, il y a aussi les valeurs, alors tant pis pour le Nouveau Centre...

Ecrit par : odanel | 07.06.2007

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