26.05.2007

Un veto Français à Bruxelles dès Juin?

b88904d2548207ce8565d218e869c57f.jpg Lundi Nicolas Sarkozy était à Bruxelles pour rencontrer le Premier Ministre Belge Guy Verhofstadt, mais surtout pour rencontrer Jose Manuel Barroso et affirmer une nouvelle fois l'importance de la relance Européenne et de l'esprit Européen pour son mandat.

 Lors de la conférence de presse, il a clairement mis l'accent, avec le président de la Commission européenne, sur la relance institutionnelle et le traité simplifié. Qui n'est plus un "mini-traité", vous aurez remarqué la finesse diplomatique. L'idée de Nicolas Sarkozy semble progresser, même si Romano Prodi s'est dit contre un énième traité compliquant encore la législation Européenne. 

 Car c'est vrai, le gros avantage de ce TCE de 2005 si difficile à lire pour les électeurs (pauvres choux!), c'était surtout qu'il fondait tous les traités existants en un. Avec le mini-traité, on complique la législation, puisqu'on continue comme avant: le Traité de Nice modifiait le Traité d'Amsterdam sans l'abolir, et ce traité simplifié modifiera Nice sans pour autant l'annuler. Mais bon, c'est vrai que l'objectif premier c'est surtout les réformes institutionnelles, et peu importe le support.

 Le second thème de cette conférence de presse, c'est la Turquie et les négociations d'entrée. Nicolas Sarkozy a délicatement botté en touche sur le sujet, puisque tout en affirmant ne pas avoir changé d'avis sur le sujet, il précise qu'il "ne voit pas l'utilité d'aller poser cette question [...] alors qu'elle ne se pose pas maintenant".  On remarquera la différence entre les propos de campagne (quand le sujet Turc prenait le pas sur tout débat sur l'Europe), et les propos de Bruxelles.

31edf9d35f72026e1f0d20882e0d39cc.jpg Toujours est-il que la Commission, qui dirige, sous mandat du Conseil, les négociations avec les pays voulant adhérer, compte ouvrir deux nouveaux chapitres de négociations (les portant de 35 à 37), en juin prochain. L'ouverture d'un chapitre de négociation nécessitant l'unanimité des membres du Conseil, va t-on vers un premier veto du gouvernement Français, alors même que Nicolas Sarkozy semble militer pour un retour à la méthode communautaire et une généralisation de la majorité qualifiée?

Commentaires

Ton "pauvres choux" est affligeant. En gros, selon toi, il faut avoir fait "Sciences-po" et si possible à Paris pour avoir le droit de donner son avis.

Ben non. On vote.

Et si le minitraité de Sarkozy est merdique, ce n'est pas de la faute aux citoyens, mais à Sarko.

Ecrit par : Nicolas J | 26.05.2007

C'est pas affligeant. Les électeurs voulaient un traité lisible, résultat ils auront plusieurs traités (Rome, Euratom, Maastricht, Amsterdam, Nice, ce nouveau-là) et ce sera encore plus confus.

Je ds "pauvres choux", parce que la partie I était très lisible, et que les tenants du NON ont caressé la paresse des électeurs en les rassurant: "mais oui c'est normal de ne rien comprendre: c'est illisible!"

Belle vision de la politique...

Par ailleurs, si tu considères que la majorité a toujours raison, et que même si l'on propose le meilleur, si le peuple refuse, il faut l'abandonner, et accepter de ne plus en parler, alors en effet, nous n'avons pas la même vision de l'utilité de la politique et des politiques.

Ecrit par : Pierre Catalan | 26.05.2007

Oui, ton "pauvre choux" est coquin! Mais je me souviens qu'à l'époque les gens qui votaient Oui n'avaient pas lu le traité ("je leur fais confiance, ils savent ce qu'ils font", disaient-ils) et ceux qui le lisaient avaient des doutes et votaient Non.
J'ai voté Non, influencé par une personne plus âgée en qui j'avais confiance (les blogueurs sont influençables, avant d'être influents). Mais aujourd'hui je ne suis pas certain de ne pas m'être trompé.
Mais je trouve que le vote Sarkozy est dans la lignée du Non.

Ecrit par : Eric | 26.05.2007

Moi, j'ai voté oui (je l'ai dit plusieurs fois sur mon blog) après avoir étudié le truc.

Je ne regrette pas. Mais quand j'ai vu le résultat, je l'ai analysé, relu le traité, relu les arguments pour et les arguments contre. Je ne sais pas si j'ai compris mais j'ai admis.

Et donc, contrairement à Eric qui a une analyse contraire à la mienne, je le dis : je me suis trompé.

Et je dis non au nouveau mini traité, surtout s'il n'est pas voté par le peuple (ce n'est qu'un détail, mais quand on perd de la souveraineté, ce qui ne me dérange pas et est nécessaire si on fait l'Europe, il faut un accord du peuple).

Je dis non parce qu'il faut se reposer de l'Europe qu'on veut. On peut vouloir une Europe libérale, je suis contre mais ce n'est pas grave. Il ne faut pas que ce libéralisme soit inscrit dans la constitution.

Et par mon boulot (dont je ne peux parler ici, si j'y pense je vous envoie un mail), je constate que les actes actuels de la Commission Européenne en matière de concurrence sont mauvais.

Le vote Sarkozy est bien dans la lignée du non, mais aboutira au oui...

Ecrit par : Nicolas J | 26.05.2007

En fait le drame de ce texte c'est qu'on l'ait appelé "constitution" alors qu'il n'en était absolument pas une...

Ecrit par : Pierre Catalan | 26.05.2007

Si ! C'en était une ! Fallait la prendre comme telle !

Ecrit par : Nicolas J | 26.05.2007

Au fait: Nicolas Sarkozy, il a plaidé pour le TCE à l'époque? Il parlait surtout de la Turquie, si je me souviens bien...
En fait, il avait intérêt à ce que Chirac se plante! Et ça a marché (pour lui). Un Européen convaincu, en réalité...

Ecrit par : Eric | 26.05.2007

Il avait vaguement plaidé pour le TCE... Mais c'est justement 9 ou 10 jours avant l'élection (perdue d'avance) que la nouvelle du départ de Cécilia était tombée. Véridique.

Le hasard.

Ecrit par : Nicolas J | 26.05.2007

A la vérité, ni Bayrou ni Sarkozy n'avaient intérêt à voir triompher le OUI trop fortement.

A moment où le OUI était encore à 66% dans les sondages, ils ont à quelques jours d'intervalle lancé le sujet de la Turquie, ce qui l'a rendu crédible dans la bouche de Villiers etc par exemple.

J'ai souvenir d'avoir vraiment beaucoup vu Sarzy à la télévision. En revanche, très peu les élus locaux ou les députés. A Boulogne, une toute petite poignée d'élus ont fait campagne, dont le maire de l'époque JP Fourcade.

Le secrétaire de circonscription que je ne porte pas dans mon coeur depuis ce moment-là ne s'est même pas donné la peine d'une note explicative ou militante sur le fâmeux blog qui lui a permis d'usurper sa réputation.

Ecrit par : Pierre Catalan | 26.05.2007

Le malheur de Sarkozy, dans sa campagne pour le oui, c'est qu'il a été rendu inaudible par Raffarin. "the yes needs the no to win against the no". A moins que ce ne soit le contraire.

Mais surtout Chirac n'a jamais été un Européen convaincu. Pas comme Mitterrand. Il a trop cassé de sucre sur le dos de la l'Europe pendant toute sa carrière pour que ça ne lui revienne pas en boomerang. Le retour du refoulé, c'était l'émission avec les jeunes. Plus fort que lui: il n'arrivait pas à défendre la constitution (Giscard qui plus est).

Et si c'était le dosage approfondissement/élargissement qui n'était pas le bon, à cet moment précis?

Ecrit par : Eric | 27.05.2007

Comme je le constate sur cet echange, le referendum sur le TCE demeure un sujet passionel en France, meme deux ans apres !

Ce qui parait evident (et ca l'etait deja du temps de la campagne) c'est qu'il n'y avait pas de Plan B. Il n'y aurait pas de renegociation d'une nouvelle constitution sur une base plus sociale. On voit bien que la volonte politique dans chaque pays, et diplomatique entre pays, n'y est plus. Comme si on ne pouvait pas s'y attendre ! Ceux qui ont vendu cette betise au peuple fancais devrait etre tenu pour ce qu'ils sont: soit des incompetents, soit des menteurs.

Il parait egalement clair, avec 2 ans de recul, que le non a marque un ralentissement de la construction europeenne. Sans compter la reduction manifeste de l'influence de la France. Encore une fois, ceux qui ont promis qu'il n'y aurait pas d'impact tant pour la France que pour l'Europe, au contraire, qu'il s'agirait de l'occasion d'un rebond: a nouveau, ils ont mentis, ou ils auraient du se taire. C'est d'autant plus malheureux que la terre continue de tourner, que l'Inde et la Chine rebatissent leurs puissances passees, et qu'a quelques encablures de nous, la Russie et le Moyen Orient continuent de nous poser aux Europeens de vrais problemes de securite.

A quand une politique commune sur l'Energe? un approfondissement de la politique de defense, en collaboration avec la prochaine administration democrate aux Etats-Unis?

Ecrit par : Julia O'Brien | 27.05.2007

(desole du 2nd Billet)

Quand a la Turquie, les Europeens doivent comprendre que l'Europe et la Mediterranee ont plus que jamais un destin commun. Que les Europeens choisissent la forme d'integration qui sied le mieux a certaines conceptions pseudo-geographiques. L'importance c'est la realite d'une cooperation economique et d'une structure de securite collective - ce qui est deja le cas avec la Turquie n'en deplaise a M. Sarkozy puisque la Turquie est dans l'OTAN depuis 1952 (!) et peut donc invoquer a tout moment l'Article V. Qu'on ne dise donc pas au Francais que la Turquie ne peut entrer dans l'Union Europeenne pour des questions de securite: c'est un mensonge ehonte, les Europeens membres de l'OTAN sont deja solidaires de la securite des turcs depuis 1952.

Ecrit par : Julia O'Brien | 27.05.2007

@ nicolas J: quelle est votre definition du liberalisme?

Ecrit par : asophie | 28.05.2007

@asophie,
Si vous voulez de la lecture, voilà :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liberalisme

Ecrit par : Nicolas J | 28.05.2007

Quant à la Constitution européenne, peu l'avaient lu, encore moins l'avaient comprise, mais beaucoup aimaient la critiquer ! Le mini traité va être une trahison nécessaire faîte aux français. Nécessaire parce que les normes de simplification de fonctionnement des institutions européennes doit être une priorité si l'on veut faire avancer la France et l'Europe. (Ex : les quorum aux Conseil européen). Trahison parce que même si on aura pas un instrumentum unique comme pouvait le promettre le Traité Constitutionnel européen, mais on aura un négotium global qui produira les mêmes effets. Et là je pense alors qu'il est impossible de ne pas passer par un nouveau référendum !

Ecrit par : politoblog | 28.05.2007

@ Nicolas J : avoir fait sciences-po ça aide quand même

Ecrit par : valery | 30.05.2007

@Valery,
C'est sur ! Ceux qui ne l'ont pas fait ne devraient pas avoir le droit de voter.

Ecrit par : Nicolas J | 30.05.2007

Orf, il y a bien des étudiants de Sciences Po qui ont voté non...

Le problème vient plutôt du fait qu'on peut passer le Bac en ayant fait 6 ou 7 ans de biologie, et 0 d'économie, et à peine plus d'éducation civique...

Ecrit par : Pierre Catalan | 30.05.2007

Et vice versa... Les étudiants de sciences po peuvent connaître sciences po et pas le reste. La vie.

Ecrit par : Nicolas J | 30.05.2007

Je n'ai pas dit le contraire d'ailleurs.

Je considère juste que le système éducatif n'est pas bien imaginé pour préparer les citoyens à leur orientation et à l'exercice de leur droit de vote.

Ecrit par : Pierre Catalan | 30.05.2007

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