18.05.2007

Fillon I, impressions

medium_gvt_fillon.jpg Nicolas Sarkozy et François Fillon on à mon sens réussi à ouvrir la majorité présidentielle et déplacer les clivages, les lignes entre les partis. Je dis bien déplacer plutôt que dépasser, comme le faisait judicieusement remarquer Alexandre Missoffe, de Jusqu'ici tout va bien.
 
 Ouverture évidemment avec Bernard Kouchner, mais surtout avec Jean-Pierre Jouyet, ancien directeur de cabinet de Jacques Delors, Européen réaliste et conaincu, et surtout vraisemblablement sorti de toute ambition démesurée, comme a pu l'être Pierre Mocovici. Ouverture aussi avec Martin Hirsch, qui hors du gouvernement sera chargé de lutter contre les pauvretés. J'ai du mal évidemment à comprendre de quels moyens politiques et financiers pourra jouir monsieur Hirsch, et je comprends mal de voir Bernard Kouchner amputé du codéveloppement et de la coopération, qui vident un peu son poste de son sens.
medium_Juppe.JPG Ouverture avec Hervé Morin, chargé de la Défense, même si là j'ose avouer que je suis là dubitatif, même si je le sais membre de la Commission de la Défense de l'Assemblée Nationale. On peut aussi saluer la volonter de réconciliation avec les Chiraquiens.
 
 L'arrivée d'une génération de Sarkozystes aux passés différents et enrichis de vraies expertises est une bonne nouvelle, même si Valérie Pécresse à la recherche et l'enseignement supérieur est loin de ses domaines de compétence. Xavier Bertrand a l'air solide à son poste résolument tourné vers le dialogue. Et évidemment, Rachida Dati qui saura j'espère utiliser les nombreux travaux de Patrick Devedjian pour réformer la justice en France.
 
 Restent MAM, Juppé, Borloo et Woerth, qui me semblent chacun faire face à des mimedium_Borloo.JPGnistères plutôt compliqués. La répartition nouvelle est sans doute mieux adaptée à la volonté de réformer l'Etat. Reste à voir quelles administrations correspondront avec quels pouvoirs politiques. Mais ce sont des personnalités fortes rompues aux administrations qui sauront sans doute bien gérer leurs difficiles portefeuilles.
 
 Quant à Brice Hortefeux, il hérite d'un ministère qui ne me convient pas, et Philippe Ridet a sans doute raison quand il analyse qu'il est sans doute le seul à pouvoir s'acquitter de cette tâche sans états d'âme. Mais le voir chargé du co-développement ne m'inspire pas beaucoup d'optimisme concernant les engagements de la France à Cotonou en 2000.
 Et puis Besson... C'est la prime à la canaille, mais le poste est intéressant: une sorte d'audit continu de l'efficacité des services de l'Etat. 
 
 
 Le dernier mot à Bernard Kouchner: 
"Je ne dois rien aux partis politiques, rien, dit-il, mais j'ai un devoir d'explication à l'égard des jeunes, de ceux pour lesquels je suis un homme politique différent, de ceux qui ont été en connivence avec moi. C'est à eux que je dois dire pourquoi je ne trahis pas mon camp. Je veux leur dire que, si j'ai accepté ce poste, c'est parce que je mesure les nouvelles inégalités, les nouvelles misères de la planète. J'entends bien continuer à être du côté des opprimés." Il ajoute : "J'espère que mes résultats seront une manière de m'expliquer." Et conclut : "Si, un jour, la situation devenait pour moi inacceptable, je quitterais le gouvernement. Pour cela, je compte sur la vigilance de mes amis."

Commentaires

Euh... Si le co développement échappe aux Affaires étrangères, c'est pour être inséré dans le ministère d'Hortefeux : dans la pensée sarkozyste, la gestion de l'immigration (et donc, selon de l'identité nationale) semble indissociable de la question du co développement. Avec comme idée sous jacente que si les pays dits pauvres s'enrichissent, leur population n'aura plus besoin de venir en France.

Ecrit par : le chafouin | 19.05.2007

Il est quand même étonnant de voir un candidat vouloir " liquider l'héritage de mai 68 " et, deux semaines plus tard, engager Kouchner comme ministre... Quitte à assumer, pourquoi pas Cohn-Bendit aux affaires sociales ?!

Ecrit par : MiKE | 19.05.2007

Et tes impressions sur la santé ?

Rien sur la santé ?

Ni la jeunesse ni les sport... pour un jeune c'est dommage de ne pas t'intéresser à ces sujet... Oui Pecresse à la recherche c'est d n'importe quoi.

Quoiqu'elle est Énarque et à ce titre elle peut tout faire !

Mais Roselyne Bachelot à la santé, à la jeunesse et aux sports faut le faire... Et puis tu fait bien de refuser ce ministère dont l'intitulé ambigu est une hérésie et concentre à lui tout seul tout le programme du FN..

Ecrit par : Farid | 20.05.2007

@ le Chafouin
Immigration et co-développement vont de pair, puisque le premier est sans doute la conséquence de l'autre, mais ils n'ont pas du tout la même échelle!
L'immigration est un problème qui nécessite sans doute des résultats immédiats ou en tout cas sur le court terme, tandis que le codéveloppement s'aménage sur le long terme.

Et avoir Kouchner dans un gouvernement et le priver de la coopération et du co-développement, je trouve ça imbécile!

Ecrit par : Pierre Catalan | 20.05.2007

Que B. Kouchner ne doive rien à aucun parti, c'est bien vrai.

Mais on eût pu imaginer qu'il estime peut-être devoir quelque chose aux citoyens à qui il a expliqué la dangerosité du projet de N. Sarkozy. A vrai dire, voilà un point commun avec E. Besson et H. Morin.

J'en déduis que j'ai plus de chance de devenir ministre de N. Sarkozy, que P. Devedjian :-)

Ecrit par : FrédéricLN | 20.05.2007

Comme disait Johnny: "On a tous quelque chose en nous ... d'Eric Besson"...

tous prêts à se trahir pour "en être"!

Ecrit par : Eric | 21.05.2007

ma liste noire: Hortefeux, Boutin, particulierement a ces postes, et Karoutchi
ma liste grise: Besson et Morin, dont la flagrante recompense ne peut qu'inciter tout opportuniste a faire monter les encheres
bon, il en reste quelques uns, parmi lesquels Darcos, qui est tres bon!

Ecrit par : asophie | 23.05.2007

Ah mais la nommination de Karoutchi a une explication très simple.

Karoutchi est sénateur.
Le premier sur la liste d'attente au Palais Bourbon s'appelle Jacques Gauthier.
Jacques Gauthier a de bonnes chances d'enlever le Conseil Général du 92 dont il est président par interim.
Il devient donc sénateur, et la voie royale est ouverte à Patrick Devedjian, qui aurait préféré un ministère de la justice dont il prépare les réformes depuis 15 ans.

C'est beau la politique...

Ecrit par : Pierre Catalan | 23.05.2007

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