09.05.2007

Aux sources de la démagogie

medium_france.jpg J'ai essayé de nombreuses fois d'expliquer la démagogie ambiante; qui a teinté cette campagne. Qu'elle soit sur la forme, comme le livre "Au nom du Tiers-Etat" de Bayrou, s'accompagnant de la critique des grands médias et des pouvoirs de l'argent, ou qu'elle soit sur le fond; les propos de Sarkozy et Royal sur la BCE, sur Airbus, etc.

 J'avais pu donner comme principales causes à cette démagogie la complexité des problèmes qui se posent. "La politique c'est compliqué", comme dirait l'autre. Face à la difficulté à donner un message clair et honnête sur ces problèmes bien complexes qui devraient souvent nous apprendre l'humilité et nous mettre face à de cruelles réalités, les politiques se dégonflent. Ils font "pschiiiiit". Il faut dire que chat échaudé craint l'eau froide. Les grèves de 1995 ont durablement empêché tout gouvernement de réformer le dixième de ce que Juppé se proposait de faire, le referendum sur le Traité Constitutionnel nous a démontré que les messages les plus simplistes étaient ceux qui passaient le mieux au sein du troupeau.

 Une autre de ces causes étant en réalité non pas la faiblesses de ces politiques paresseux et/ou malhonnêtes et/ou peureux, mais surtout l'inculture des citoyens, et leur instruction. Cette campagne nous a donné l'impression d'un élection à Michuland, un pays où tout candidat doit s'adresser à la ménagère moyenne, en segmentant bien le marché électoral. Le Monde publiait hier les quelques personnes qui ont beaucoup oeuvré à la victoire de Sarkozy; l'un des premiers étant Manuel Aeschlimann, grand expert auprès du candidat en sondages et manipulations d'opinion.

 

 Le vrai souci en réalité c'est l'incompatibilité entre le niveau de formation des électeurs, les problèmes complexes qui se posent aux gouvernants, et la volonté de ces gouvernants de vouloir toujours plus se légitimer face à l'électeur. Une sorte de plébiscite permanent, dont la plus belle illustration sont ces "cote de popularité", et ces conseillers images et communication, spin doctors nécessaire à tout candidat. Il y a bien un vecteur à changer, parmi les trois que j'ai cité plus haut.

 La formation des citoyens est une nécessité pour toute démocratie digne de ce nom. La complexité des problèmes peut être facilitée par de meilleures coopérations internationales, et surtout Européennes. Quant à la légitimation permanente, cela me semble un travers dans lequel il est d'autant plus facile de tomber que les médimedium_bushtirs.gifas n'ont plus clairement l'idée de ce qu'est le journalisme citoyen, que les pouvoirs sont mal compartimentés, tant à un niveau horizontal (les 3 pouvoirs) que vertical (la décentralisation et l'UE), et que les hommes politiques cherchent toujours à donner l'illusion qu'ils protègent.

 

 Il y a là un vrai chantier de vie démocratique, qui va au-delà du slogan "je ferai ce que je dis et je dirai ce que je fais". Nicolas, tu es prêt?

Commentaires

t'as 22 ans toi maintenant?

Ecrit par : asophie | 09.05.2007

mon doigt a ripé... j'ai corrigé.
Sinon, la démagogie, ça t'inspire?

Ecrit par : Pierre Catalan | 09.05.2007

Qu'est ce que tu préconiserais ? Le despotisme éclairé ? Je suis d'accord avec toi pour dire que cette élection a été pathétique sur les thématiques abordées. Le remboursement des lunettes a pris plus d'importance que le traitement du cas iranien. Et les candidats ont abondé dans ce sens. Mais ce côté la politique pour les nuls a permis d'intéresser tout le monde dans cette campagne et je pense sincérement que les taux de participation aussi importants aux deux tours de cette élection sont dus à ces thématiques simples. Les fautifs du côté cucu de la campagne sont les médias, ex: TF1 avec j'ai une question à vous poser, émission durant lesquelles on avait envie de se tirer une balle dans la tête pour mettre fin à ses souffrances. Mais qui d'un autre côté nous ont permis de voir des côtés humains chez les candidats. Sarko qui s'est fait dragué par une mémé ou taclé par un étdudiant en droit. Ségolène Royal qui voulait faire le touché des écrouelles à un handicapé. Les autres fautifs sont les politiques qui doivent simplifier leur discours pour rendre des sujets complexes abordables par tout un chacun. Sarko a su très bien le faire, alors que Royal est restée simplement dans des sujets simples. C'est peut être pour ça qu'il a gagné.

Ecrit par : politoblog | 10.05.2007

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