31.03.2007
Passer de l'unanimité à la majorité qualifiée
C'est le cheval de bataille de Romano Prodi et d'Angela Merkel, et évidemment de tous les pro-européens: il faut impérativement passer de l'unanimité à la majorité qualifiée au Conseil des ministres des l'UE, lorsque celui-ci a à voter pour des textes législatifs relevant de ce système de vote (certains domaines nécessitent l'unanimité, comme l'immigration ou la fiscalité, d'autres la majorité simple, comme le réglement intérieur du Conseil).
Encore faudrait-il savoir quel type de majorité qualifiée. Celle du Traité de Nice, soutenue encore aujourd'hui mordicus par les Polonais, comme le rappelle Jean Quatremer sur son blog à des candidats si certains que la partie I du TCE fait consensus parmi les 27? Ou bien celle du Traité Constitutionnel, qui simplifie vraiment énormément les choses?
Un site très intéressant permet de procéder à des simulations de vote à majorité qualifiée au Conseil selon le système du Traité de Nice. C'est intéressant, ça permet d'observer comme c'est difficile d'adopter un acte législatif, alors même qu'a priori la majorité des citoyens de l'UE est rassemblée, mais qu'en revanche les 255 voix sur 345 au total (pondérées selon la taille du pays) ne sont pas atteintes.
J'ai essayé le système avec le TCE en partant du principe que les votes éventuels des 7 pays qui ne se sont encore pas prononcés correspondraient aux sondages d'opinion relevés. Cela donnerait une ratification au Portugal et en Irlande, et par prudence, j'ai préféré ne pas faire ratifier la République tchèque, la Pologne, le Danemark, la Suède et le Royaume-Uni.
Ainsi, selon ce bon système de Nice, les deux-tiers des pays auraient bien approuvé le Traité. La majorité de la population aussi. Resteraient malheureusement ces 255 voix non conquises.
La démonstration peut paraître spécieuse. C'est juste pour remarquer qu'une fois ce constat fait, il n'y a que deux façons de tirer des conclusions:
- Les pays ayant dit non doivent se plier à la majorité qui a ratifié le texte
- On doit recommencer parce que la voix de la minorité doit être prise en compte dans un consensus
17:40 Publié dans Idées, opinions, propositions, Parlons d'Europe | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : UMP, UE, Europe, Barnier, Sarkozy, UDF, politique







Commentaires
Interessant. La position de Barnier sur le referendum, c'etait personel ou la position officielle de NS? Il me semble que NS n'a jamais clarifie - lui meme - ce point.
Écrit par : Thomas Lefebvre | 01.04.2007
En tout cas il avait bien accepté de venir en tant que porte-parole du candidat Sarkozy.
Nous lui avions d'ailleurs envoyé nos questions deux jours avant, de façon à ce qu'il réponde exactement selon son candidat.
J'espère qu'on pourra vérifier ça bientôt.
Écrit par : Pierre Catalan | 02.04.2007
Pierre, en lisant tes deux derniers paragraphes, je suis un peu étonné. Si je comprends bien, l'UMP est le parti le plus européen de France? Et Nicolas Sarkozy n'a pas toujours besoin de Barnier pour avoir des idées européennes et prononcer de bons discours démago. Je me doute bien qu'il a aussi ses propres idées. A ce propos, que penses tu de son discours de Caen? cf. http://www.taurillon.org/Nicolas-Sarkozy-est-il-germanophobe
Et de son remix nicois? cf. http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/03/la_nause.html
Comme je sais que tu restes à l'UMP sans aimer Sarkozy, j'aimerais bien avoir ton avis sur ces propos décidément très européens. On ne refait pas sa nature profondément européenne...
Écrit par : Cédric | 02.04.2007
Je suis tout aussi outré que toi de ces propos à la con sur l'euro, qui fait plus que caresser les nonistes dans le sens du poil.
J'essaye de faire le distingo entre ce qui est écrit dans le projet de l'UMP, de Sarkozy, et les propos de campagne qui sont lamentables sur l'Europe.
Quant à son discours sur la fierté Française, mise en opposition à la solution finale etc... Mon désarroi est muet mais réel.
Écrit par : Pierre Catalan | 02.04.2007
Hmm, la prochaine fois, faudra inviter Henri Guaino, histoire de couvrir le spectre total de l'europhilie sarkoziste.
Écrit par : Thomas Lefebvre | 02.04.2007
Si ce n'était que la fierté francaise... Ca, tous les politiques francais le font en ce moment. En revanche, la germanophobie, il est pour l'instant le seul...
C'est sur que dans ces conditions le couple franco-allemand et l'Europe seraient dans de beaux draps s'il devient Président... meme si Sarko affiche une belle entente de facade avec Mme Merkel.
Comme je dis toujours, il ne suffit pas d'aller prononcer un beau discours à Strasbourg pour s'acheter une bonne conduite européenne, ni de faire l'apologie d'un TGV Est qui n'est qu'un 3/4 de tgv (soit dit en passant)....
Vive la France, vive Sarko!
Écrit par : Cédric | 02.04.2007
Cedric, "prononcer un beau discours à Strasbourg pour s'acheter une bonne conduite." Beau discours, tu rigoles? Nostalgie des croisades, du colonialisme, beurk.
Écrit par : Thomas Lefebvre | 02.04.2007
Rassure toi Thomas, je pensais de façon plus générale à ses discours dans l'absolu (mis à part ses derniers complètement cons) et aux discours de beaucoup de politiques français...
Quand Sarko ou un autre vient à Strasbourg c'est toujours pour louer l'Europe... pour ensuite la casser sitôt rentré à Paris! Acte fort regrettable. Mais ces insultes sont hors catégorie.
Je m'étonne qu'on n'atteigne pas l'incident diplomatique et que les militants UMP, Pierre en premier, n'interpellent pas leur chef à ce propos. Il faut croire que la perfection de l'identité nationale française dépasse de loin celle d'un peuple qui aurait tous les torts, y compris celui d'avoir perdu. :-(
Écrit par : Cédric | 02.04.2007
Oulah, oulah!
On rencontre le problème éternel du double-langage "être sérieux et coopératif à Bruxelles mais n'être pas assez courageux pour l'expliquer à Paris".
Maheureusement, j'ai eu le tort de croire que la "rupture" pourrait aller jusque là. c'était trop demander.
Oui, je remarque une incohérence chez Sarkozy, à dire "je ne vous mentirai pas" sur ses tracts alors qu'il le fait en ce moment sur l'euro
Oui, j'ai lu sa tirade sur la fierté du peuple Français, en opposition au peuple Allemand soit-disant responsable de la solution finale (ce qui est d'ailleurs un déni d'histoire).
Oui, j'ai bien compris que Bayrou avait votre préférence.
Oui, j'en conviens, Bayrou n'a encore pas dit d'imbécilité sur l'identité nationale.
Par contre non, Bayrou ne ment pas moins sur l'Europe. Au moins Sarkozy a t-il le mérite de vouloir une vraie remise à plat de la PAC.
Pour tout vous dire, j'ai bien senti samedi 24 Michel Barnier gêné aux entournures sur l'identité nationale, la BCE, et le discours pas très euro-enhousiaste de Sarkozy.
J'ai aussi bien compris qu'il ne pouvait pas y faire grand chose.
A partir du moment où Michel Barnier ne peut pas y faire grand chose, je ne vois pas ce que je pourrais y faire.
Avec le Grand Jury Européen, nous essayons de rencontrer les 12 candidats, mais il faut dire que c'est difficile. Si on arrive à rencontrer Sarkozy, on pourra essayer d'aller lui dire notre déception teintée d'un peu d'écoeurement sur la question.
Sincèrement, vraiment, pouvez-vous vous dire emballés par Bayrou? Par l'un des deux autres?
Cette élection me passionne de moins en moins, mais je continue à croire que le projet législatif de l'UMP servira de base aux réformes d'un Sarkozy président.
Écrit par : Pierre Catalan | 03.04.2007
Pour etre honnete, je ne suis emballe par aucun des candidats. Ni par Bayrou, ni par SR, ni par NS (toujours indecis!!!) C'est dommage, on pouvait s'attendre a une autre campagne et j'aurais aime que Bayrou nous en dise un peu plus. Son bouquin est vide de contenu et je regrette d'avoir depense 15€ dedans. Je tape sur Bayrou aussi (surtout chez F. Taha, je vais pas taper sur Bayrou sur un blog UMPiste.) J'ai l'impression que c'est plie pour les debats et c'est pas maintenant que l'on va sortir les violons europhiles. Et je ne parle meme pas du programme du PS. Encore une fois, les elections, c'est pas pour les puristes. En tous les cas, chapeau pour ton independence d'esprit, plutot rare chez les militants de tout bord.
Écrit par : Thomas Lefebvre | 03.04.2007
Ah quelle déception, je suis un "blog UMPiste"! J'aurais préféré être un peu plus profond que ça, hu hu :-)
Je me demande vraiment comment cette élection peut être aussi pourrie. Quel est le dysfonctionnement de notre démocratie qui provoque ce déraillement.
Je me demande au final si ce n'est pas du Tocqueville mutant, notre société. Individualisme avec une espèce de message universel et de caprice de démocrate gâté.
L'impression aussi que si tout le monde, politiques et citoyens, étaient plus exigents et s'entouraient plus d'experts, la démocratie ne marcherait pas mieux.
La démocratie manque de simplicité, elle manque aussi de courage et de culture de l'exigence en France.
Reste à savoir comment changer ça, à part en remettant le système complètement à plat. Mais là encore, comment?
Écrit par : Pierre Catalan | 03.04.2007
En vrac, qques idees, assez d'accord sur la "culture de l'exigence":
1) des journalistes qui ne revisent pas leurs fiches. Par exemple, comme le rappelle Quatremer, lorsque Sarkozy parle de changer la gouvernance de la BCE, il aurait suffit de lui poser la question "comment?" pour en savoir plus. Je prends Sarkozy au hasard, bien sur...;) Encore une fois, la comparaison avec les medias anglophones fait mal. Par exemple, cette itv de SR dans le FT:
http://www.ft.com/cms/s/e69e800a-d277-11db-a7c0-000b5df10621,dwp_uuid=e17a8288-890f-11db-a876-0000779e2340.html
2) Pas ou peu de debats. On va voir ce que l'on va voir mais Bayrou vient de faire un grand coup en proposant d'avoir des debats sur internet. Perso, je trouve la reponse de NS faible: "il faut laisser les Français choisir les deux candidats qui seront sélectionnés pour le second tour." Hmmm, des debats, ca aide a choisir, nan?
3) Les candidats eux-memes?
4) un probleme institutionel: les fonctions presidentielles/gouvernementales/legislatives sont confondues dans une meme campagne.
Écrit par : Thomas Lefebvre | 04.04.2007
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