14.03.2007

Au revoir Monsieur Chirac

 Une amie m'a dit hier "Moi j'ai grandit avec l'habitude que c'était Chirac qui gagne à la fin!". Comme Charles, l'élection de 1995 constitue mon premier souvenir politique. Enfin, le deuxième à vrai dire. Le premier c'est l'élection de Jean-Pierre Fourcade en mars 1995 à la mairie de Boulogne. A 10 ans, avec une mère figurant sur la liste DVD de l'époque, je me souviens parfaitement avoir fait le mariole sur le marché de Billancourt pendant que les deux listes de droite, celle de Graziani et celle de Fourcade, rivalisaient de créativité pour draguer l'électeur... jusqu'à chanter des airmedium_02_J_David_Chirac.2.jpgs d'opéra!

 Mais l'élection de Chirac, c'est quelque chose que je ne comprenais pas aussi bien. Il faut dire que mes parents avaient chacun leur candidat, et que c'est mon père qui a gagné le soir du premier tour. Jacques Chirac, j'en avais un vague aperçu aux Guignols. Et puis au fur et à mesure j'ai commencé à m'intéresser à ce monsieur qui a été omniprésent au fur et à mesure que je grandissais.

  Il a eu en 12 ans le temps de marquer son époque; la mienne. On dit de la "génération Mitterrand" qu'elle est la Bof Génération, que dira t-on de la génération Chirac? En attendant, j'ai l'impression d'un bilan mitigé, évidemment. Deux mandats plus tard, la fracture sociale s'est enrichie de nouveaux clivages: urbain/rural, jeunes/vieux, centre/banlieue, nord/sud, obèses/pas obèses, ce qui ont encore les moyens d'influer sur leur propre vie, et ceux dont le destin est déjà en pilote automatique. Avec comme points d'orgue de ces inégalités le 21 Avril 2002, le 29 Mai 2005, octobre-novembre 2005, et la crise du CPE. Chacun de ces événements a dévoilé des malaises profonds, des haines et des fractures sérieuses, au sein de la société Française.

 Face à ces fractures, Jacques Chirac a toujours su garder la dignité et les principes de notre République. Repoussant les appels du pied de la facilité et des bas instincts de l'extrême droite, en se plaçant en garant de l'identité républicaine (ne se fond t-elle pas avec l'identité Française?), en tentant de bousculer sans renverser. Mais avec quels résultats?

medium_i520170530-4Schrank.3.jpg Le 29 Mai 2005, c'est le grief que je peux porter à l'ensemble de la classe politique, qui semble, deux ans après, ne pas avoir encore compris ses erreurs. C'est l'échec du Chirac Européen, c'est l'échec de toute une classe politique qui a trop longtemps cru pouvoir instrumentaliser l'Europe. Le bouc-émissaire parfait; complexe, nécessitant de l'humilité et de la patience. Ils ont cru qu'il n'était pas besoin d'en parler, de lui consacrer sa place, sa bonne place, dans notre démocratie, et dans notre débat public. On dirait qu'encore aujourd'hui, aucune leçon n'a été tirée de l'échec référendaire.

 Le 5 Mai 2002, c'était l'occasion d'appeler au pouvoir un gouvernement plus ouvert, plus intégrateur. C'était aussi l'impérieuse nécessité d'être plus que jamais le président de tous les Français. C'est être Grand, mais c'est aussi être moins réformateur, moins volontaire, qu'on l'aurait espéré avant d'être confronté à l'extrême droite présente au second tour.

 2003, la Guerre en Irak, c'est le Président qui a réussi en menant l'opposition aux Etats-Unis à mettre l'honneur et l'humanité au premier rang des valeurs que l'on doit porter. L'humanité et l'honneur, c'est aussi les discours de reconnaissance de la responsabilité de l'Etat Français dans l'extermination des Juifs, c'est encore le remerciement aux Justes.

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 La présidence de Jacques Chirac aura compté beaucoup d'occasions manquées. De fleurs vénéneuses écloses de quelques graines semées imprudemment, à Cochin, par exemple. Elle aura aussi compté des valeurs inaliénables qui restent intactes après douze ans. La question est de savoir jusqu'où, pour mieux bousculer les conservatismes et les égoïsmes, comme Jacques Chirac l'appelle de ses voeux, on doit aller dans la remise en cause, le bouleversement, le changement de ces valeurs et des ces méthodes.

 Ce sera le choix du 22 avril.

Commentaires

"j'ai grandi".. avec "i"

Ecrit par : Cédric | 15.03.2007

et cet audit de l'Etat que l'on attend toujours...

Ecrit par : asophie | 16.03.2007

Enfin, il était temps de voir M. Chirac, ce président malhonnête, dégager de la présidence qu'il monopolise depuis 12 ans et dont le bilan n'est pas bon. Pauvre France, votre Président Chirac est un taré qui mérite de finir ses vieux jours en prison. Le Mal ne sert jamais le Bien. C'est un salopard et croyez-moi sa réputation n'est plus à faire. Est-ce que l'on aura mieux après...?

Ecrit par : Le violé | 13.05.2007

C'est facile d'avoir des phrases assassines il ne faut oublier que Mr CHIRAC NOUS EVITE DE FAIRE LA GUERRE ET QUE CEUXQUIECRIVENT DES MECHANCETES NE DOIVE ETRE CEUX IRONS SERVIR DE CIBLES DEVANT DES ARMES A FEUX ILS DOIVENT RESTER AU CHAUD ?IL N'PAS SEUL A GOUVERNER ET BIEN SOUVENT DES IDIOTS PAYES A RIEN FOUTRE a par de dormir sur les bancS de l'assemblee JOUENT LES FOUILLES M....... IL A FAIT CE QU'IL PU,PAS TOUJOURS BIEN ENTOURE .J'espere que Mr SARKOSY AURA UNE MAIN DE FER .AVEC MOINS ASSISTANAT ET EN CALMERA PEUT ETRE QUE CERTAINS AURONS QUOI REFLECHIR AU PASSE.EN BON ENTENDEUR SALUT

Ecrit par : barbé | 16.05.2007

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