01.11.2006

Démocratie participative

medium_S_gol_ne_Royal.Pr_sidente_sinon_rien.jpg On parle beaucoup de démocratie participative ces temps-ci. Le fait que la démocratie représentative ne suffirait peut-être pas, et qu'il faudrait inventer de nouvelles institutions pour résoudre le problème de la démocratie en France; le fait qu'un tiers des Français ne votent pas, et qu'un autre tiers vote pour les extrêmes.

 Je vais tenter de faire court et synthétique sur le sujet, mais rien ne m'exaspère plus que d'entendre des hommes politiques présents depuis déjà longtemps dans le paysage politique Français s'interrogermedium__20_20_20_20sarkozy.jpg avec démagogie d'un problème pour la résolution desquels existent déjà nombre d'instruments démocratiques. Ces responsables à vrai dire contribuent à la méfiance des Français à l'égard de ceux qui les administrent. En effet, selon un sondage (sic), 70% des Français disent se méfier des responsables politiques Français (ce sondage dégage une tendance qui certes ne veut rien dire: a t-on déjà vu Français content de ceux qui le gouvernent?).

 Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, pour ne pas les nommer, contribuent à cette confusion plus ou moins malgré eux. Sous couvert de vouloir rendre la vie politique plus intéressante, ces deux-là ne font qu'adapter leurs discours, ce qui a pour conséquence une perception d'attraction/répulsion à lur égard de la part des citoyens, qui ne fait rien pour rendre le débat politique intéressant, mais qui en revanche continue à politiser les Français sans leur donner les outils permettant, avec exigence intellectuelle, d'entrer dans le débat d'idées.

 

 Mais je m'écarte un peu du sujet: ainsi, comment fonctionne la démocratie en France, et pourquoi le problème de la démocratie participative est un faux problème?

 Cemedium_systeme.2.JPG graphique, qui est une théorie sociologique de la gouvernance, montre assez bien quel est notre système politique. Le système repose sur le fait que le gouvernement, pour exercer son pouvoir, reçoit de la part des citoyens, de leurs représentants, ainsi que des associations citoyens ce que l'on appelle des "inputs", qui sont en gros des réclamations, suggestions, doléances, etc, pour rendre ensuite des "outputs", qui sont des politiques et des lois, le gouvernement ayant le pouvoir d'attribution des ressources.

 Au niveau Européen, le système est encore plus vertueux, prenant un peu pour exemple le système de dialogue social scandinave, en le poussant encore plus loin, puisque les rédactions de directives sont faites par la Commission avec le concours et les suggestions des personnes concernées, issues de la société civiles et rassemblées en assocations, syndicats ou lobbies.

 Il existe en plus de cela en France ce que l'on appelle le Conseil Economique et Social, qui a exactement pour tâche de donner au système repésentatif ce pendant participatif qui est nécessaire a bon fonctionnement du sytème politique.

 

 Aujourd'hui, parler de démocratie participative comme le fait Ségolène Royal, c'est nier que le système représentatif marche bien, et c'est se bercer d'idées à propos d'une forme de démocratie sans doute possible au niveau d'un canton Suisse, mais qui ne peut en aucun cas remplacer notre système représentatif. La République Française a été créée sur le principe du mandat représentatif des représentants du peuple, et non du mandat impératif (comprendre; on vote pour un candidat non pour qu'il porte nos idées, mais parce que je partage les siennes). Il me semble que ce qu'il manque surtout à la démocratie Française, c'est de l'éducation civique des citoyens, ainsi qu'un changement de mentalité des responsables politiques (en Norvège, tout est public, jusqu'aux listes des membres de la franc-maçonnerie ou les déclarations d'impôts de chaque citoyen...)

 

 Peut-être les responsables politiques ont-ils compris l'attente de démocratie des citoyens Français. Mais nos deux favoris des sondages (démocratie d'opinion) ont décidé d'y apporter la réponse la plus simple, et la plus dangereuse, justement. Peut-être la hauteur de la tâche d'éducation et d'information est-elle trop élevée pour eux...


 

Commentaires

"Ces responsables à vrai dire contribuent à la méfiance des Français à l'égard de ceux qui les administrent. En effet, selon un sondage (sic), 70% des Français disent se méfier des responsables politiques Français (ce sondage dégage une tendance qui certes ne veut rien dire: a t-on déjà vu Français content de ceux qui le gouvernent?)."

J'inverserai le raisonnement. C'est parce que les Français n'ont plus confiance dans les politiques que ces responsables tentent de changer leurs discours et leurs méthodes.
Quand tu dis "a t-on déjà vu Français content de ceux qui le gouvernent?"
L'étude récente du Cévipof (sur la corruption) montre que ça n'a pas toujours été comme ça. Tu n'étais pas né, mais dans les années 70 la cinfiance dans la politique était plus grande.
Je pense que le problème n'a jamais été aussi grave et c'est en grande partie dû à la façon de diriger d'hommes comme Jacques Chirac. Même Mitterrand, qui a connu des baisses de popularité, a fini ses deux mandats avec une popularité acceptable. Pour Jacques Chirac, la rupture est définitive depuis 2005 (voire 2003, 2004).

Mais est-ce que la démocratie participative remédie au problème? Si elle n'est qu'un gadget, non.

"Aujourd'hui, parler de démocratie participative comme le fait Ségolène Royal, c'est nier que le système représentatif marche bien, et c'est se bercer d'idées à propos d'une forme de démocratie sans doute possible au niveau d'un canton Suisse, mais qui ne peut en aucun cas remplacer notre système représentatif."

Non, le système représentatif ne marche pas bien. D'une certaine façon, c'est le gouvernement qui fait les lois, pas l'Assemblée, réduite au rang de chambre d'enregistrement. Si on prend l'exemple de la banlieue, on ne peut pas dire que l'action politique marche bien.
Tu parles de canton suisse, mais il me semble que Ségolène Royal donnait des exemples d'application locale de la démocratie participative. Un maire désigne (au tirage au sort) des habitants de la commune pour suivre un projet.
Il est vrai qu'au niveau de dossiers très techniques, faire appel à des gens qui n'y connaissent rien, c'est sans intérêt. (Mais il y a aussi des élus qui ne connaissent rien à un dossier et qui en sont fiers. Exemple Rocard http://crisedanslesmedias.hautetfort.com/archive/2006/01/20/faut-il-breveter-les-logiciels.html
Il était très fier d'avoir mené un dossier sur les brevets de logiciel sans rien y connaître au départ mais en ayant beaucoup bossé...)

Ecrit par : Eric | 03.11.2006

Ce que décrit Ségolène Royal existe déjà alors pour toutes les villes de plus 60000 habitants, puisque c'est l'une des mesures de la loi de décentralisation 2, avec la création de conseils de quartier...
Il ne faut pas assimiler la démocratie locale à la démocratie participative...

Pour le reste, oui, le gouvernement propose eviron 85% des lois qui sont votées mais:
1) rien n'empêche les députés de proposer plus de lois, mais là on entre dans le débat de la discipline de parti
2) On est en régime semi-présidentiel, avec donc un exécutif fort. Le rôle du Parlement n'est donc pas le même que dans un régime Parlementaire.

Ecrit par : Pierre Catalan | 03.11.2006

Je suis arrivé ici par hasard ton blog m'intéresse bien. en tt cas il est bien argumenté.
Puis-je utiliser le fichier sur les sondages que tu mets en téléchargement pour une fiche à faire?

Ecrit par : Jérémy Leroy | 06.11.2006

Bienvenue Jérémy

C'est fait pour ça. Mais attention au plagiat ;)

Ecrit par : Pierre Catalan | 06.11.2006

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